|
Frontières Par Odette Toulet, Vice-Présidente d’Espaces Marx Aquitaine Bordeaux Gironde Le 7 juin ce sont les élections européennes. Nous ignorons à ce jour quel en sera le résultat. Parler d’Europe, c’est ne pas échapper à la question des frontières multiples. Parler de frontières, c’est à la fois rester dans le sujet qui est ces derniers temps sur le devant de la scène politique et à la fois le déborde. Frontières des langues, frontières des cultures, des religions, des sexes (conditions faites aux femmes, inégalité de salaire à travail égal, etc.). En creux, frontières de l’Histoire à ses différentes époques. Frontières des capitaux, au profit des capitaux, et l’Europe sans « frontière en devient Europe forteresse et sécuritaire. Je livre à la réflexion ce paragraphe concernant la sécurité trouvé dans une présentation du Traité de Lisbonne en quatre parties, au chapitre « Une Europe des droits et des valeurs, de la liberté, de la solidarité et de la sécurité » : l’Europe permet : « Une sécurité accrue pour tous : l’Union verra ses compétences renforcées en matière de liberté, de sécurité et de justice et pourra ainsi lutter plus efficacement contre la criminalité et le terrorisme. De nouvelles dispositions sur la protection civile, l’aide humanitaire et la santé publique visent également à renforcer la capacité de l’Union à faire face aux menaces pesant sur la sécurité des citoyens européens. » Le même paragraphe fait coïncider les nécessités de la sécurité pour tous et les dispositions à prendre du côté de ce qui devrait être le bien-être des citoyens... J’aurais pu choisir l’équivalent dans la partie précédente titrée « Une Europe plus efficace » qui commence aussi par la sécurité. Nous savons que les dispositions prises engageront tant l’avenir de l’Europe que celui de la France. Serions-nous à l’avant-garde avec cette arrestation, à la sortie de l’école d’une cité dite sensible, de deux enfants de 6 et 10 ans avec pour seule cause la possession d’une bicyclette bleue, parce qu’un vol de vélo d’enfant de cette couleur avait été signalé ? Ecoliers ! déjà terroristes ?! Ce serait ça la sécurité que permettrait une Europe des droits et des valeurs ? Le démantèlement des D.D.A.S.S. et des D.D.R.A.S.S. faisant ainsi partie intégrante des nouvelles A.R.S. (Agences de santé) placées sous l’autorité de préfets dont il faudra bien reparler est-elle nécessaire à la sécurité ? Surtout si l’on songe qu’elle a pour effet déjà immédiat la mise à la rue de migrants et le placement d’enfants à l’A.S E. La défiguration de la justice, une protection renforcée ou une atteinte aux libertés ? La libre circulation entravée pour les citoyens de certains Etats quand ils ne disposeraient pas de revenus suffisants (pour qui ?), la circulation passoire du trafic d’hommes et de femmes que l’on dit sans-papiers mis sur le marché du travail, y compris pour des femmes celui du sexe, disent assez clairement que les hommes et les femmes dans l’Europe doivent être au service des capitaux, et que suivant le vote du 7 juin, la situation ne pourrait que s’aggraver. L’industrialisation de la chasse aux étrangers pour raisons de haute sécurité va avoir bientôt un atout de plus. La loi d’orientation de la ministre de l’Intérieur va donner à la police le droit de pirater, le plus légalement du monde, les données informatiques pour lutter contre le crime organisé dans les affaires les plus graves que sont le terrorisme, la pédophilie, le meurtre, le blanchiment d’argent, etc., et l’aide à l’entrée et séjour d’un étranger « dès lors que les faits sont commis en bande ». Allons-nous retourner, à l’inverse, des siècles en arrière si le projet d’un camp style Guantanamo aboutit dans la région de Calais pour contenir les migrants désirant se rendre en Grande-Bretagne (il ne devait plus y avoir de Sangatte...). Comme ce pays - en dehors de l’Europe - est concerné par le désir de nombre de migrants de le gagner, si le projet aboutit, il devrait hériter d’une portion de territoire français dans le camp afin de supporter sa part de frais de la gestion d’une misère innommable ! Ainsi une portion du Calaisis reviendrait aux anglais 442 ans après qu’ils en furent chassés... L’Europe des frontières ne recule devant rien pour contenir les migrants dont elle n’a pas besoin pour précariser le marché du travail, sauf devant l’humour ! Le même Traité de Lisbonne parle de transparence alors que la circulation des capitaux reste libre et cachée. Je n’aime pas la transparence, j’aime la part d’ombre qui donne de la clarté sans éblouir, sans aveugler. Et j’aime les frontières. Celles qui subsisteront toujours entre les hommes et les femmes, les ressentis des hommes et des femmes, entre les langues, les cultures, les pays. Celles à partir desquelles on peut commencer à se connaître, à se parler, à accepter l’autre, les autres, à s’aimer, à penser, à lutter, à choisir. En reprenant une traduction du poème de Paul Celan, auteur de langue germanique : Psaume, je me suis reportée au texte allemand pour traduire littéralement deux vers dans un écart de fait avec la traduction que j’avais sous les yeux qui ne me satisfaisait pas. L’auteur écrit « le Rien » dans un rapport peu fréquent en français. Depuis le début du XIIe siècle, avec le premier troubadour, « le Rien » existe dans la poésie occitane, ce « Rien » que l’auteur allemand avait écrit dans un peut-être écho du Minnesang allemand qui suivit temporellement la première. Et du fait de la culture qui est la mienne ma lecture traduisait mot pour mot les vers de l’auteur. Frontières de la langue allemande, française, occitane. Traversée de la frontière ici plus aisée de l’allemand à l’occitan francisé qu’au français. Voilà un exemple de frontières sur lesquelles s’appuyer pour aller vers l’Europe que nous voulons. Pour finir, pour ceux et celles qui aujourd’hui sont « personne » et le deviendront de plus en plus si l’Europe que nous ne voulons pas advient, ces quelques vers de Paul Celan : « Un Rien nous étions, nous sommes, nous resterons, en fleur : le Rien, la rose de personne » La poésie, comme l’art n’a pas de frontières pour de vrai. Et elle échappera longtemps, à la différence du sport, de réalisations culturelles alliant l’art au tourisme, de projets événementiels dispendieux comme Evento à Bordeaux, aux doigts crochus du capitalisme libéral et de la marchandisation qui n’ont rien à faire de cette part de l’être (lettre) inaliénable en chacun(e). Notes : 1 Europa, traité en bref, trouvé sur le net en tapant Traité de Lisbonne. 2 Paul Celan, Psalm (Psaume), traduction libre. Quelques Photos du FSL33 2009samedi 6 juin 2009Quelques Photos prises au cours de quelques ateliers du FSL33 qui s’est déroulé du Lundi 27 avril au Samedi 2 Mai 2009 à l’Athénée Municipal de Bordeaux : Bloc-Note No 391 - Aquitaine Le 4 Juin 2009jeudi 4 juin 2009Le Sommaire du Bloc-Notes
JUIN 2009mardi 2 juin 2009&&&&&&&&&&&&&&&& Le Sommaire &&&&&&&&&&&&&&&&
Frontièresmardi 2 juin 2009Par Odette Toulet, Vice-Présidente d’Espaces Marx Aquitaine Bordeaux Gironde
Bloc-Note No 263 France et Internationnal - Le 29 mai 2009vendredi 29 mai 2009&&&&&&& L’Agenda &&&&&&&
Bloc-Note No 390 - Aquitaine Le 10 Mai 2009mercredi 13 mai 2009Le Sommaire du Bloc-Notes
MAI 2009mercredi 6 mai 2009&&&&&&&&&&&&&&&& Le Sommaire &&&&&&&&&&&&&&&&
Pour sortir de la crise, construire l’alternativemercredi 6 mai 2009Par Matthieu MONTALBAN, Maître de Conférences en Sciences économiques à l’Université de Bx4, Vice-Président d’Espaces Marx Aquitaine-Bordeaux-Gironde
Bloc-Note No 389 - Aquitaine Le 26 Avril 2009mardi 28 avril 2009&&&&&&&&&&&&&&& L’Agenda : &&&&&&&&&&&&&&&
Le FSL33 2009 : « Résister pour bâtir un autre monde »samedi 25 avril 2009Le 6ème Forum Social Local de Gironde « Résister pour bâtir un autre monde » aura lieu les 27, 28, 29, 30 avril et 2 mai dans les salles de l’Athénée municipal de Bordeaux (Place Saint Christoly)
|
RUBRIQUES :
DERNIERS ARTICLES:
CONTACT: |
Pour pouvoir récupérer les derniers articles du site à l'aide d'un agrégateur de flux rss, il vous suffit d'ajouter l'adresse suivante à votre logiciel:
http://espacesmarxbordeaux.apinc.org/backend.php3