Bloc-Notes No 303 - Aquitaine
Construisons l'espoir, et en 2007 battons la droite et pour réussir à gauche gagnons une majorité anti-libérale au sein de la majorité de gauche à l’Assemblée Nationale ! Meilleurs vœux pour l’année 2007.
Vous trouverez ci-après des informations qui ont été adressées à Espaces- Marx ou qui ont attiré notre attention, et que nous vous répercutons (Période du 20 au 27 Janvier 2007). Désolé pour les oublis. (Les adresses indiquées peuvent n'être qu'un relais et pas obligatoirement l'origine de l'information, et n'ont aucune affiliation à priori avec notre association. Elles ne partagent pas obligatoirement non plus les autres messages répercutés). Ce message n'est pas un spam. Conformément à la loi et aux règlements du CNIL, les messages de prospection associatifs, politiques, caritatifs ou religieux sont seulement soumis à l'obligation d'accès aux données (comme les messages postaux) et ne sont pas considérés comme des messages de publicité commerciale (spams). L'intégralité des Informations sur le site d'Espaces Marx Bordeaux, n'hésitez pas à y consulter aussi le Bloc-Notes National : http://espacesmarxbordeaux.apinc.org/
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95) Marie-George Buffet donne la parole au monde du travail
96) Les députés PCF au chevet des urgences sociales
97) Antilibéraux : Réactions mitigées après la lettre de José Bové
98) Altermondialisme et 2007 : ATTAC se manifeste
99) Ségolène Royal veut relancer un traité européen
100) LES ENJEUX DE 2007 : Perte de repères
101) Le Sarkothon était truqué
102) Extrême droite : Le Pen, candidat des riches
103) Finances : La droite refuse d’enquêter sur les fonds d’investissement
104) Les riches sont-ils trop taxés par l’impôt sur la fortune ?
105) Les services publics s’invitent à la présidentielle
106) Les organisations syndicales s’invitent au banquet Présidentiel (CGC, CFDT, CFTC, CGT,…)
107) Discriminations : Les handicapés veulent être entendus
108) Quel avenir pour les prisons ?
109) À quand la parité effective, partout, en politique ?
110) Faut-il baisser les prélèvements obligatoires ?
111) Sans-papiers : Les deux papas algériens ont retrouvé leurs enfants
112) Éducation : Professeurs motivés... mais en ordre dispersé
113) Un Montpellier-Paris pour sauver la viticulture
115) Droit social : Prud’hommes : les syndicats veulent geler les décrets
116) Précarité : « J’ai travaillé gratuitement pendant deux mois »
117) Droit au logement opposable : encore beaucoup de questions
118) INSEE et rescensement : Des bébés et un travail, l’exception française
119) Les entreprises face au capitalisme : « Des dividendes, contre les emplois »
120) Haro sur la recherche publique
121) Santé : Labos pharmaceutiques en panne d’innovation
122) Brevets : Novartis veut fermer la « pharmacie des pauvres »
123) UNEDIC : Un projet de réforme cadeau pour les employeurs
124) Net économie : L’homme numérique prend le pouvoir au MIDEM
126) Le squat des Pontets devient "le collectif pour l'application de la loi de réquisition"
127) Les cheminots syndicalistes s’adressent aux usagers des trains
128) Qui sont, que font les Amis de l’Humanité ?
129) Sobel : « Nous vivons un traumatisme formidable »
131) « Un choix raisonné » Par Claude Mazauric, historien.
132) « Représenter. Participer. Voter » LA CHRONIQUE DE CYNTHIA FLEURY
133) « Je t’aime, moi non plus » par Jacques Broda, sociologue.
135) LE DROIT « OPPOSABLE » * Chronique n° 2 de Jacques Nikonoff * 9 janvier 2007.
140) « La deuxième mort des déportés » par Eve Line Cherchevsky Blum, fille de déportés
142) [infos-paix] Infos-Paix n°254 du 18 janvier 2007
143) [ATTAC] INFO 560 - FSM 2007 : UNE AUTRE AFRIQUE EST POSSIBLE ! (Extraits)
144) NOUVELLES de la Vallée du CIRON : N° 178 du 19 janvier 2007.
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Le Coin des Blogs et des sites &
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145) [mariegeorge2007] Participez à la campagne
146) Nouveautés sur le site PRS : « Une insurrection civique permanente »
147) Un groupe bordelais bourré d'humour ! : « Sarko et sa Cécilia par les Ignobles »
148) Nouvelles Vidéos cette Semaine sur LTV33 : « LES ENFANTS DE DON QUICHOTTE »,…
149) La Lettre de la Citoyenneté JANVIER FEVRIER 2007 N° 85
151) Le Blog d’Henri Emmanuelli - 17/01/06
152) L’Ormée No 73 : « Pour une dynamique populaire et citoyenne »
154) LA SOMME ET LE RESTE No 9 : « LEFEBVRE UTILE 2 ? »
155) « Les inégalités sous le scalpel des sociologues » sous la direction d’Hugues Lagrange
156) Édouard Glissant, explore les nouvelles mondialités
158) « Peut-on ne pas croire ? » par Jacques Bouveresse
159) Les actes du Colloque : « PASSÉ ET ACTUALITÉ DE LA GUERRE D’Espagne »
160) « Cinquante auteurs en quête de question sociale » sous la direction de Jacques Paugam
161) « Écologie, oligarchie, démocratie : une crise durable et planétaire » par Hervé Kempf
162) « La préférence Sénégal » par Fadel Dia
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Le coin du Théâtre & du Cinéma &
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163) « Cela a été une vraie rencontre entre les deux continents »
164) Europe : Multiples tentatives de recycler le projet de traité constitutionnel
165) Parlement européen : Jeu de chaises musicales
166) Zapatero à l’épreuve d’ETA
167) Migrants indésirables en Russie
168) Le FN organise ses troupes
169) La « flexicurité » à la danoise, un écran de fumée ?
170) Transports : La libéralisation du train avance à petite vitesse
171) Législatives : Élections serbes à hauts risques
172) Blair lâché par ses ministres
173) Italie : L’extension d’une base américaine déstabilise Prodi
174) Kenya : La longue marche du Forum social mondial
175) San Salvador : La gauche latino débat de « l’alternative socialiste »
176) Bolivie : Classe contre classe, L’oligarchie bolivienne veut la peau d’Evo Morales.
177) Moyen-Orient : L’Iran dans la ligne de mire des États-Unis
178) États-Unis : Les nouveaux déserteurs américains
179) Tchétchénie : L’ascension d’un seigneur de guerre
180) Tel-Aviv : La crise de confiance politique s’aiguise en Israël
181) L’état d’urgence perdure au Bangladesh
182) Colombie : Mancuso ou la guerre sale des paramilitaires colombiens
Campagne électorale. Lors de ses voeux à la presse, la candidate affirme qu’elle représente « une gauche de responsabilité et de combat ». C’est en candidate, une candidate en campagne, que Marie-George Buffet a présenté hier ces voeux à la presse. « Et j’ai le sentiment que 2007 est l’année des possibles, que rien n’est figé et tout à construire, que les hommes et les femmes de ce pays ont soif d’avenir ». La veille au soir la candidate de la gauche populaire et antilibérale avait souhaité, sur une même tonalité, « une belle année » aux représentants des associations, du mouvement syndical et du monde de la culture. Aux journalistes, elle souhaite une année « riche en débats, en analyses, en démocratie » et « pleine de rebondissements et d’inattendus ». « Une dynamique populaire qui bouscule à gauche pourrait très sérieusement en faire partie, comme ce fut le cas lors du référendum », espère-t-elle. Comme elle l’avait - annoncé, la campagne de Marie-George Buffet est faite de rencontres sur le terrain. Et c’est sans attendre que devant les médias, elle porte la parole de ceux qui en sont privés, faisant part de ses premières rencontres au Val Fourré, à - Renault Sandouville ou dans sa circonscription de Seine-Saint-Denis. Celle d’une femme qui malgré un CDI loge à l’hôtel, son salaire ne lui permettant pas de se payer un toit. Celle des ouvriers de Sandouville qui n’espèrent plus atteindre les soixante ans, tant le travail à la chaîne les use. Celle d’une jeune diplômée, travaillant chez un équipementier qui emploie 300 interimaires sur 500 salariés, d’une personne âgée contrainte d’aller au Resto du coeur parce que sa pension ne lui permet plus de manger à sa faim. « Leur donnera-t-on la parole dans la campagne, et pourquoi pas au 20 heures ? », demande la candidate antilibérale. « Aux autres candidats, je demanderai d’accepter la confrontation », lance Marie-George Buffet. Elle-même confronte ses propositions avec celles avancées par Nicolas Sarkozy et Le Pen et discute de celles avancées par le PS ou sa candidate. Elle propose de « garantie le droit à la retraite » à soixante ans, expliquant que l’argent des - retraites « s’est envolé », « il circule entre les mains d’actionnaires frénétiques et destructeurs ». Face au discours sur « la valeur travail », elle avance « une autre conception du travail », « qui prend une juste place dans les vies », « un travail comme un droit ». Et elle veut « éradiquer le chômage, lutter sans concessions contre la précarité, ne plus accepter les temps partiels et les salaires partiels imposés à tant de femmes, mettre en place une sécurité d’emploi et de formation ! » Sur la fiscalité, le logement, l’école pour - laquelle elle soutient le mouvement des enseignants de - samedi, la santé, elle prend à contre-pied les propositions de la droite. Marie-George Buffet veut représenter à la fois « une gauche de responsabilité et de combat ». Depuis des années, « on m’a beaucoup demandé entre les deux ce que j’allais choisir, explique-t-elle. Je choisis les deux, ai-je répondu inlassablement, et je vois que j’ai fini par convaincre que cela était cohérent ». « Cette nouvelle voie à gauche, nous pouvons l’ouvrir dès cette année », estime-t-elle. À une question sur l’éventualité d’une candidature Bové, Marie-George Buffet répond que « le temps maintenant est au combat contre Sarkozy et Le Pen. Il faut faire grandir les propositions de la gauche antilibérale. Je me bats dans cette campagne pour défendre le monde du travail et je souhaite rassembler, pas autour de moi, mais autour de ces propositions ». Le premier test véritable sera le meeting du mardi 23 janvier au Zénith à Paris. Un meeting qui devrait - annoncer un premier élargissement de forces et de personnalités antilibérales autour de la candidature de Marie-George Buffet. Avant la mise en place du conseil de campagne samedi 27 janvier, qui associera un large panel de personnalités à la campagne de la gauche antilibérale.
Olivier Mayer. Article paru dans l'édition du 17 janvier 2007.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-17/2007-01-17-844099
=====> « Elle parle pour le peuple »
Rencontre. Dans la maison de quartier de Grande-Borne, à
Grigny (Essonne), 150 habitants ont débattu mardi soir avec Marie-George
Buffet. Alors, convaincue ? « Elle a de très bonnes idées, j’espère
qu’elle va réussir. » Sabrina votera pour la première fois au printemps
prochain. Il y a un an, elle s’est inscrite sur les listes électorales, à
dix-huit ans, tout en pensant que « la politique c’est beaucoup de bla-bla ».
Mardi soir, avec deux amies qui ne sont pas encore en âge de voter, elle est
venue à
Article paru dans l'édition du 18 janvier 2007.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-18/2007-01-18-844168
=====> Des luttes et des colères
En Seine-et-Marne, Marie-George Buffet appelait à multiplier les débats citoyens. « Peut-on séparer l’élection présidentielle des luttes et du débat citoyen si on veut faire émerger une autre voix à gauche ? » Posant cette question mercredi, lors de la « soirée des colères » organisée à Pontault-Combault en Seine-et-Marne, Marie-George Buffet y répondait aussitôt en appelant à organiser ce type de rencontres « pour que la présidentielle ne soit pas volée au peuple ». Des luttes et des colères, il en avait été question dès le matin avec la visite de l’imprimerie JDC de Torcy où elle a apporté son soutien aux salariés qui se battent pour la survie de leur entreprise. Et le soir, c’est un représentant du Réseau Éducation sans frontière qui a lancé le débat. « Au-delà de ce qui nous différencie, je suis là pour parler de la chasse aux étrangers et aux enfants que ce gouvernement a poussée à son paroxysme », expliquait-il. Un sujet pour lequel l’assistance s’est passionnée à travers de très nombreuses questions, interventions et témoignages. « Si Le Pen et Sarkozy font tant de voix dans les milieux populaires, c’est peut-être parce que la gauche n’a pas porté, pendant des années, une politique courageuse sur ce sujet. En apparaissant hésitante, elle a laissé les solidarités se briser et permis aux idées de droite et d’extrême droite d’avancer », analysait Marie-George Buffet, en proposant « à partir d’un débat citoyen de refonder une nouvelle politique de l’immigration ». Car, pour elle, « il faut une gauche qui ait le courage d’aller au bout de ses engagements » J. S. Article paru dans l'édition du 19 janvier 2007. http://www.humanite.fr/journal/2007-01-19/2007-01-19-844246
======> Droit au logement : « Nous essaierons d’enrichir le texte »
Invitée par le « ministère de
http://www.humanite.fr/journal/2007-01-19/2007-01-19-844247
=====> Brèves de campagne
--- Rendez-vous : Marie-George Buffet au Zénith
Le premier grand rendez-vous de la campagne de Marie-George Buffet est fixé au mardi 23 janvier, à partir de 19 heures au Zénith de Paris. Ce sera l’occasion pour la candidate de la gauche populaire et antilibérale
de
mettre en débat ses propositions. Des syndicalistes, des personnalités du monde
associatif, politique, culturel, des militants antilibéraux, des salariés en
lutte apporteront leur propre témoignage, alors que des personnalités
internationales interviendront : Fausto Bertinotti, président de
--- Promesses : Surenchère sur la recherche
En déplacement hier à Saclay (Essonne), où se concentrent
de nombreux centres de recherche, Nicolas Sarkozy a promis « un effort
historique : augmenter d’un quart le financement de la recherche publique,
soit 4 milliards d’euros ». Dans une tribune parue en décembre dans la
revue
--- Couac : Montebourg suspendu après un dérapage
Le porte-parole de la candidate socialiste avait provoqué un silence gêné sur le plateau de Canal Plus, mercredi soir, en déclarant : « Ségolène Royal n’a qu’un défaut, c’est son compagnon », avant de se reprendre en ajoutant que « c’était pour rire ». Ségolène Royal n’a guère goûté « l’humour » du député de Saône-et-Loire et l’a suspendu de sa fonction de porte-parole. « Je lui ai dit que ses propos étaient déplacés. Je veux que mon porte-parole traite du fond », a ainsi expliqué la candidate socialiste. Montebourg est toutefois maintenu dans le groupe de travail sur les institutions du PS.
--- Sondage : Sarkozy battrait Royal
Selon un sondage CSA publié hier dans le Parisien, Nicolas Sarkozy devancerait Ségolène Royal au premier tour avec 30 % des voix contre 29 %. Jean-Marie Le Pen est crédité de 15 %, François Bayrou de 9 %, Olivier Besancenot de 4 %, Marie-George Buffet, Arlette Laguiller et Philippe de Villiers de 3 %, Dominique Voynet de 2 % et Nicolas Dupont-Aignan de 1 %. Au second tour, le candidat de l’UMP battrait celle du PS par 52 % contre 48 %. 26 % des personnes interrogées déclarent vouloir s’abstenir, voter blanc ou nul à ce second tour. Article paru dans l'édition du 19 janvier 2007.
http://www.humanite.fr/journal/2007-01-19/2007-01-19-844245
- Voir le site : http://www.humanite.fr et le site des Amis de l'Humanité : http://www.amis-humanite.com/ - 32, rue Jean JAURES 93528 Saint Denis Cedex tél. 01 49 22 74 17 fax: 01 49 22 74 00
Les élus communistes déposent deux textes pour lutter contre les délocalisations et revaloriser les retraites des invalides. Mettre fin à deux scandales qui font l’actualité. C’est l’ambition des deux propositions de loi que les députés communistes et républicains ont cosignées et rendues publiques, mardi, à l’occasion de leurs voeux à la presse. La première, défendue par Jacques Desallangre (apparenté PCF), propose des mesures pour « lutter contre les délocalisations et favoriser l’emploi ». L’autre, rédigée par Daniel Paul et Alain Bocquet, président du groupe, propose « la revalorisation des pensions de retraite pour les personnes invalides ». Les deux textes seront débattus lors de l’ultime « niche » des députés communistes pour cette législature, le 23 février (séance réservée aux initiatives des groupes). En commission, la droite a rejeté, mercredi, ces propositions. Depuis l’affaire Michelin en 1999, les députés communistes et apparentés n’ont cessé de tirer la sonnette d’alarme sur les délocalisations et licenciements boursiers, avec une première proposition à cette époque, a rappelé Jacques Desallangre. Elle avait permis de déboucher sur le vote par la gauche du volet antilicenciement de la loi de modernisation sociale, abrogé depuis par la droite. Le texte des députés reprend des dispositions avancées dans de précédents projets, comme la définition plus restrictive du licenciement dit « économique ». Il en exclut les licenciements boursiers en déclarant « dépourvu de cause réelle et sérieuse » le licenciement collectif lorsque « l’entreprise ou sa filiale a réalisé des bénéfices » les deux années précédentes ou « a procédé à un transfert d’activité » vers un pays étranger. Jacques Desallangre s’appuie notamment sur le cas de Nexans, à Chauny (Aisne), dans sa circonscription, avec la suppression de quarante emplois, alors que le cours du titre a fait un bond spectaculaire. Un droit de réintégration des salariés est créé ou, à défaut, la « restitution sociale » par l’entreprise des charges et salaires dus à un fonds d’indemnisation des salariés jusqu’à leur retour dans l’emploi. Il instaure par ailleurs, pour prévenir les délocalisations vers les pays à bas salaires, « un fonds de rééquilibrage » de la concurrence alimenté par un « prélèvement sur les biens importés » correspondant à « la différence des coûts salariaux avec le pays exportateur ». Ce fonds serait reversé aux organismes sociaux et à l’aide au développement. Le second texte s’appuie sur le cas de travailleurs en invalidité qui, plus celle-ci est survenue tôt dans leur carrière, se voient amputé à la retraite jusqu’à 50 % et plus de leur pension, elle-même souvent très réduite par rapport à leur ancien salaire. 700 000 personnes sont concernées, dont les revenus dépassent parfois à peine 300 euros, a rappelé Daniel Paul. Il propose que, dans tous les cas, les pensions de retraite ne soient jamais inférieures aux pensions d’invalidité. Sébastien Crépel. Article paru dans l'édition du 18 janvier 2007.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-18/2007-01-18-844166
- Voir le site : http://www.humanite.fr et le site des Amis de l'Humanité : http://www.amis-humanite.com/ - 32, rue Jean JAURES 93528 Saint Denis Cedex tél. 01 49 22 74 17 fax: 01 49 22 74 00
S’appuyant sur une pétition, le syndicaliste paysan
voudrait relancer le débat sur sa candidature. Pas franchement enthousiaste,
c’est pour le moins ainsi que l’on pourrait qualifier la réaction de Claude
Debons à la dernière lettre de José Bové. Estimant comme un « immense
succès » les 15 000 signatures en neuf jours recueillies en faveur de sa candidature,
le syndicaliste paysan indique qu’il pourrait être de nouveau
« disponible » pour incarner une candidature unitaire antilibérale.
Et il appelle les élus à lui offrir leur parrainage, Olivier Besancenot et
Marie-George Buffet à retirer leurs candidatures et les collectifs unitaires à
« se préparer à mener campagne » sur son nom. Animateur du collectif
national pour des candidatures unitaires antilibérales, Claude Debons, qui ne
se retrouve pas dans la candidature de Marie-George Buffet, est l’un des
initiateurs de la réunion nationale du week-end prochain. Mais cette réunion ne
peut, - selon lui, se tenir sur la base de la pétition pour la candidature de
José Bové, contrairement à ce que celui-ci propose. « Comment la dynamique
unitaire antilibérale peut-elle s’exprimer à l’occasion des prochaines
échéances électorales ? » interroge Claude - Debons avant de
souligner : « Il n’est pas sûr que rajouter une candidature
supplémentaire soit le meilleur moyen d’intervenir dans cette période et surtout
de préparer l’avenir ». Pour lui « la base doit rester le texte
stratégique et les 125 propositions adoptés par les collectifs ». La
lettre de José Bové ne soulève pas plus d’enthousiasme à
Jacqueline Sellem. Article paru dans l'édition du 17 janvier 2007.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-17/2007-01-17-844097
=====> Antilibéraux : Les Girondins joueront collectif
Unité. Malgré des divergences, les militants des
collectifs du département restent ensemble. Gironde, correspondant régional.
Les collectifs antilibéraux girondins qui se réunissent ces derniers jours
décident pour l’essentiel de poursuivre l’activité et la démarche engagée pour
certains de longue date. Du moins pour les prochaines élections législatives et
sur la base des 125 propositions communes. « Quant à la présidentielle, et
à l’issue des discussions de décembre, chaque participant garde son opinion et
choisit individuellement de contribuer ou non à la campagne de Marie-George
Buffet », confirme Sébastien Laborde, l’un des responsables départementaux
du PCF. La diversité des prises de positions exprimées lors des discussions de
décembre autour d’une candidature commune persiste. Participant au collectif
universitaire, étudiant et militant associatif, Rémy Lafon se dit très déçu.
« En raison de l’attitude du PCF et de
Alain Raynal. Article paru dans l'édition du 18 janvier 2007.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-18/2007-01-18-844170
=====> Antilibéraux : faut-il désespérer de l’unité ?
Gauche. Clémentine Autain et Yves Salesse livrent leurs
réflexions sur la campagne électorale et la période qui suivra. Dans la
perspective de la réunion nationale des antilibéraux qui ne se reconnaissent
pas dans la candidature de Marie-George Buffet, les 20 et 21 janvier prochain,
les contributions se multiplient. Après Claude Debons et Éric Coquerel, le
responsable du Mars (l’Humanité du 11 janvier), Yves Salesse livre sa vision de
l’avenir des collectifs unitaires. Selon lui, la direction du Parti communiste
« vient de porter un coup sans doute définitif à notre tentative de
candidature unitaire pour 2007 ». L’ancien candidat à la candidature
estime que la dynamique unitaire « ne se concrétisera pas pour l’échéance
2007 ». « C’est terrible, mais nous ne devons pas le cacher »,
insiste-t-il. « Nous étions trop fragmentés pour construire un rapport de
forces suffisant (...), constate Yves Salesse. Il nous faut donc construire une
nouvelle force, un nouvel espace, je dirai : "un nouveau regroupement
politique". » « Ce ne peut être tout de suite »,
précise-t-il. « Notre bataille immédiate doit être de faire distinguer
ceux qui portent la démarche du rassemblement et ceux qui l’ont brisée. »
« Ce regroupement (...) doit être esquissé dans notre activité d’ici
l’automne : sigle, matériel national pour nos campagnes, association de
financement », souligne-t-il. Comme Claude Debons, il préconise la tenue
d’assises à ce moment. Il considère que la volonté de la direction du PCF
« de préparer une campagne commune pour les législatives » est
« un piège » pour « minimiser sa responsabilité dans le sabotage
qu’elle vient d’opérer » et « nous annexer dans la réélection de ses
députés ». Selon Yves Salesse, une candidature à l’élection présidentielle
« présenterait des avantages indiscutables » au titre desquels il
cite « la mise en oeuvre de notre capacité de nuisance », « un
contre efficace à la récupération du PC », et la « possibilité de
faire un score supérieur à lui et à
=====> Un appel des « communistes unitaires »
Région parisienne. 200 communistes mettent en débat la constitution d’une association autonome. Environ 200 communistes de la région parisienne, pour l’essentiel des membres du PCF en désaccord avec la candidature de Marie-George Buffet, se sont réunis samedi à Saint-Denis afin de lancer un appel à la constitution d’une - association. « Nous cherchons la - façon de maintenir l’espoir antilibéral, l’alternative, de mettre en échec le bipartisme », écrivent-ils dans un texte. Ils appellent donc à « imaginer un espace autonome », qui soit à la fois un « lieu d’échange, de débat, de production d’idées mais aussi et indissociablement un lieu d’initiatives et d’actions politiques », a précisé Gilles Alfonsi membre du Conseil national
du PCF, dans son « introduction personnelle ». Positionnée sur le « communisme politique », l’association se veut ouverte à toutes celles et ceux qui se sentent proches de cette sensibilité, adhérents ou pas au PCF. Les promoteurs de cet « espace unitaire » cherchent avant tout à préserver une force communiste susceptible de travailler en tant que telle avec les collectifs - antilibéraux. Pour eux, le succès de la pétition en faveur de José Bové atteste de l’espoir suscité par une candidature antilibérale unitaire. Si certains ont appelé à « ne pas rester spectateurs » de cette initiative, d’autres craignent la dispersion des forces antilibérales. Des réunions devaient se tenir en province avant l’organisation dans les prochaines semaines d’une réunion nationale. P.M. Article paru dans l'édition du 15 janvier 2007.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-15/2007-01-15-843954
- Voir le site : http://www.humanite.fr et le site des Amis de l'Humanité : http://www.amis-humanite.com/ - 32, rue Jean JAURES 93528 Saint Denis Cedex tél. 01 49 22 74 17 fax: 01 49 22 74 00
L’organisation entend affirmer ses analyses sur le néolibéralisme dans la campagne électorale. Entretien croisé avec ses deux nouveaux co-présidents, Aurélie Trouvé et Jean-Marie Harribey, suivi d’extraits du manifeste de l’association. ATTAC fait peau neuve. Pour sortir de deux années noires de crise interne et redevenir un « mouvement populaire tourné vers l’action », l’organisation altermondialiste a modifié son fonctionnement. Basta la présidence très contestée de Jacques Nikonoff qui, suite à des fraudes avérées lors de sa réélection, a été contraint à la démission en août. Composé en majorité des « refondateurs », le nouveau conseil d’administration élu début décembre a tranché : les décisions et les grandes orientations seront désormais prises de manière collégiale. Et pour ébaucher cette nouvelle page dans l’histoire d’ATTAC, deux nouvelles têtes assurent la coprésidence. La première s’appelle Aurélie Trouvé. À vingt-sept ans, cette ingénieure agronome et chercheuse en économie, jusque-là responsable du comité de Côte-d’Or, symbolise la volonté de rénovation d’ATTAC. À ses côtés, Jean-Marie Harribey, membre du conseil scientifique et maître de conférences en économie à l’université de Bordeaux IV. Face à la chute du nombre d’adhérents et les finances déficitaires de l’organisation, les deux présidents se retroussent les manches. Premier défi de taille : injecter les préoccupations du mouvement altermondialiste dans le débat d’idées des campagnes présidentielle et législative. Pour ce faire, sort aujourd’hui en librairie un Manifeste altermondialiste d’une centaine de pages pour « construire un monde solidaire, écologique et démocratique ». C’est le fruit à petit prix (2,50 euros) d’un travail de réflexion de neuf mois des adhérents, comités locaux et commissions nationales, synthétisé lors de l’université d’été 2006 à Poitiers. « Tout donne à penser que la question d’une alternative au néolibéralisme ne sera pas la caractéristique première des programmes des principaux candidats, peut-on lire dès l’avant-propos du texte, également disponible sur Internet. En plus du livre édité chez Mille et une nuits, une version abrégée de quatre pages a été tirée à 100 000 exemplaires. À l’instar d’une initiative similaire lors de la présidentielle de 2002, le texte se veut un panel plus abouti des conséquences néfastes du néolibéralisme du local à l’international, tant en termes sociaux, économiques, politiques, culturels qu’écologiques. Mais pour la version 2007, l’organisation a axé sur la proposition d’alternatives concrètes. Sont ainsi lancées en pature citoyenne 105 propositions pour « scier les sept piliers du néolibéralisme ». Fidèle à la conception de convergence des luttes, le conseil d’administration a officiellement décidé de ne pas donner de consigne de vote. Reste que plus d’un an et demi après la victoire du « non » au projet de traité constitutionnel européen, pour lequel elle affirme avoir « joué un rôle déterminant », ATTAC aimerait profiter des débats électoraux pour retrouver un dynamisme de fond. Christelle Chabaud
====è Une page s’est-elle tournée à ATTAC ?
--- Aurélie Trouvé. La collégialité devient le mode de fonctionnement non contesté de l’organisation. Le nouveau conseil d’administration est une équipe rajeunie, féminisée, avec une diversité de compétences... À nous d’en profiter. De notre fonctionnement en interne découlera aussi notre capacité à restaurer la confiance avec le reste du mouvement altermondialiste. Les relations doivent se renouer dans la construction - d’événements.
--- Jean-Marie Harribey. La situation d’ATTAC a été clarifiée par des élections légitimes entachées d’aucune irrégularité. La période difficile, due à la crise interne mais aussi plus généralement aux questionnements sur la place de l’altermondialisme aujourd’hui, est derrière nous. Désormais de nouveaux défis se posent. Après une dizaine d’années d’existence, une mutation s’amorce dans le mouvement altermondialiste. L’attitude critique de dénonciation des méfaits du néolibéralisme ne suffit plus. Il faut élaborer progressivement des propositions à l’échelle locale, européenne et mondiale pour réellement mettre à mal cette phase du capitalisme où tout a été subordonné aux exigences des marchés financiers. Le livre se veut symbole de cette avancée et tente une mise en cohérence synthétique des propositions déjà formulées.
===è Justement, le Manifeste altermondialiste est sorti ce matin en librairie (lire ci-contre). Pensez-vous pouvoir lui frayer une place dans la campagne - électorale ?
--- Jean-Marie Harribey. Cela sera plus difficile encore que lors de la bataille contre la réforme des retraites ou le traité constitutionnel européen car il y a une focalisation politique et médiatique sur les candidats officiels. ATTAC n’est pas un parti politique, ne se présentera pas aux élections présidentielles et ne soutiendra aucun candidat. En revanche, par des interventions publiques, des soirées, des conférences... nous allons tout faire pour mettre la démocratie, les objectifs sociaux et écologiques au centre du débat politique. Evidemment nous saisissons l’opportunité de la proximité des élections pour avancer nos idées. Mais dans notre esprit, cela va au-delà des échéances de 2007. Poser les fondements d’un autre ordre international, abattre les sept piliers du néolibéralisme, ne sont pas des enjeux qui vont se résoudre en 2007. Avec ce Manifeste, nous mettons un document en débat sur la place publique qui n’est pas seulement un prêt-à-penser pour construire clé en main.
Aurélie Trouvé. Le but du Manifeste est aussi de briser
le carcan politicien, en y injectant la question internationale par exemple.
Tout porte à penser que cette dernière sera absente de la campagne électorale.
Or dès juin, le nouveau président devra représenter
===è En filigrane tout au long du livre, vous alertez sur la mise en danger de la démocratie...
--- Jean-Marie Harribey. Si l’on veut revivifier la démocratie, il faut inventer de nouvelles articulations entre les formes de représentations politiques nécessaires à l’expression démocratique et des formes d’interventions plus directes dans laquelle l’intervention citoyenne est possible. Particulièrement malmenée par le néolibéralisme, on n’évoque jamais l’absence de démocratie dans l’entreprise. Or, c’est un point essentiel pour remettre en cause ce qui fait le coeur du système capitaliste, c’est-à-dire le pouvoir des actionnaires. La réduction du temps de travail est ainsi intéressante dans le lien entre l’obtention de droits sociaux et les exigences démocratiques car elle a pour vertu de donner du temps pour l’insertion des citoyens dans la vie de la cité. La démocratie, ça prend du temps.
--- Aurélie Trouvé. Il est anormal que les citoyens aient
autant de difficultés à faire entendre leur avis sur la vie économique de
===è Que pensez-vous des annonces gouvernementales sur le droit au logement opposable, qui fait partie des mesures que vous préconisez ?
--- Aurélie Trouvé. C’est une avancée mais il faut faire attention à ne pas être enfermé dans une vision idéaliste du droit au logement. Il faut faire attention que cette problématique de société ne retombe pas sur les élus locaux, que cela ne devienne pas un moyen de concentrer les compétences sur les communes, en particulier les plus pauvres. La responsabilité de l’Etat est de premier plan. Le droit au logement opposable doit s’accompagner d’un travail sur l’équilibre de l’aménagement du territoire, et d’un véritable service public national du logement.
===è Comment expliquer le recul des régulations publiques ?
--- Jean-Marie Harribey. La place qu’accorde le néolibéralisme aux services publics se révèle de plus en plus rabougrie du fait de l’ouverture à la concurrence et à la menace de restriction de capacité budgétaire, par application du nouveau dogme sur la diminution des impôts et les prélèvements obligatoires. De manière logique, le tarissement partiel des recettes publiques oblige alors à diminuer les dépenses publiques et donc à restreindre l’offre en matière de services publics. Les privatisations des postes, des télécommunications, du transport ferroviaire ou dernièrement de l’énergie sont dans ce sens des cas d’école.
--- Aurélie Trouvé. Un certain nombre de tâches étant ainsi renvoyées dans la sphère domestique, les femmes se retrouvent à jouer le rôle d’amortisseur social de la suppression des services publics. Dans la même veine, elles servent également de variable d’ajustement pour les entreprises en cas de ralentissements de l’activité économique. Par le temps partiel et plus largement la précarisation du travail, on fragilise les femmes.
===è Qu’entendez-vous par « dénaturation » des politiques publiques ?
--- Aurélie Trouvé. La dénaturation correspond à une libéralisation de l’économie, c’est-à-dire à une déréglementation, à une levée de tous les obstacles pour les actionnaires et pour les spéculations financières. Le but : que les grands propriétaires de capitaux soient gagnants.
--- Jean-Marie Harribey. ATTAC s’est créée sur l’idée de la taxe Tobin, sur les transactions de change. Progressivement, cette idée s’est élargie pour aboutir à celle de taxes globales. Celles-ci ont pour but, étant prélevées à une échelle internationale, de financer les biens publics et la protection des ressources vitales. Les taxes globales sont un moyen concret et opérationnel pour rebâtir un ordre international qui mette au premier rang la préservation des besoins essentiels et inaliénables. C’est une idée qui progresse.
====è Au moment où beaucoup d’entreprises délocalisent, vous expliquez qu’il est possible de relocaliser. Que préconisez-vous ?
--- Jean-Marie Harribey. Nous voulons montrer que la fermeture d’entreprise, décidée par des investisseurs internationaux, n’est pas une fatalité. Il faut trouver un équilibre entre un échange libéral international et un protectionnisme forcené. La délocalisation doit redonner un sens au territoire. Le capitalisme de cette fin de XXe siècle a fait éclater l’unité du corps social. Il s’agit donc de retrouver une forme de cohésion sociale sur le plan politique, économique, démocratique et culturel.
--- Aurélie Trouvé. Il faut des mesures restrictives sur le pouvoir de délocalisation de certaines entreprises mais cela passe aussi par des mesures d’encouragement de l’économie solidaire et des circuits courts. Dans l’agriculture, on peut aider les coopératives qui vendent des produits locaux. Au niveau international, nous proposons une régulation politique des marchés tout en accordant le droit à la souveraineté alimentaire, en particulier pour les pays du Sud. Dans cette nouvelle régulation politique des marchés, il faut une suppression des subventions aux exportations, qui ruinent les agricultures du Sud.
===è Quel rôle devrait jouer l’Europe ?
--- Jean-Marie Harribey. La vague d’élargissement bat son
plein et nous pensons qu’il faut la subordonner à une augmentation du budget
européen. Nous proposons de placer
--- Aurélie Trouvé. On a un processus original, en lien
avec le manifeste, qui se traduit par une recherche de propositions
d’alternatives communes avec les autres ATTAC d’Europe, malgré des divergences
liées à des cultures et des histoires différentes. Prochainement, nous allons
lancer un projet de document commun avec les autres ATTAC d’Europe. Une série
de propositions est en cours d’élaboration et nous souhaitons que
l’anniversaire des 50 ans du traité de Rome soit une des occasions de les
porter sur la place publique. On ne peut que regretter le peu d’impact que le
non à
===è Vous insistez beaucoup sur les liens entre enjeux sociaux et environnementaux. Quelles sont vos analyses sur cette nouvelle préoccupation ?
--- Jean-Marie Harribey. C’est un des fils conducteurs du manifeste et une des préoccupations essentielles des comités locaux d’ATTAC. Les dangers écologiques menacent la planète et l’espèce humaine. Cette prise de conscience s’articule avec l’aspect social. La dégradation écologique touche les plus pauvres. S’il y a une élévation du niveau des mers consécutives au réchauffement climatique, ce sont les régions côtières les plus pauvres du monde qui seront noyées les premières. Cela exige de redéfinir radicalement le développement. Au sein d’ATTAC et de l’altermondialisme, le débat reste ouvert. Il y a ceux qui préconisent la décroissance, et ceux qui disent que ce mot d’ordre n’est pas adapté à l’humanité entière et qu’il faut redéfinir le développement sur d’autres bases. L’une des responsabilités de l’altermondialime du XXIe siècle sera de réussir cette articulation-là, sinon la transformation sociale sera bancale.
===è Le Forum social mondial s’ouvre samedi à Nairobi. Que peut-on en - attendre ?
--- Aurélie Trouvé. Ce Forum se tient dans un pays africain, on ne peut que s’en féliciter. Au niveau mondial, le processus s’étend. Au niveau européen, il y a une certaine pause. Pour le Forum de 2008, nous comptons bien toucher l’ensemble des pays européens et associer ldes acteurs sociaux. Ces forums se limitent à des débats et des discussions sans initiatives concrètes. Ce sont des rendez-vous indispensables pour la poursuite du mouvement et pour la recherche d’alternatives.
--- Jean-Marie Harribey. Depuis la création du FSM à Porto Alegre en 2001, il y a eu une prise en compte de tous les aspects de l’altermondialisme et des mouvements sociaux dans tous les continents. Une délégation d’ATTAC sera présente à Nairobi. Aujourd’hui, la question de la finalité des forums sociaux reste d’actualité. Doivent-ils rester un lieu de débats généraux ou peut-il y avoir une étape supplémentaire, lieu d’élaboration de mesures et d’actions alternatives concrètes alternatives ? C’est l’enjeu du quatrième jour du forum qui doit se saisir de la question des campagnes et des mobilisations futures.
Entretien réalisé par Christelle Chabaud et Ixchel Delaporte
Article paru dans l'édition du 17 janvier 2007.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-17/2007-01-17-844123
=====> Pour poser les fondements d’un autre ordre international, abattre les sept piliers du néolibéralisme (les grands axes du manifeste)
w Une mondialisation solidaire contre le libre-échange et la libre circulation des capitaux
w Une planète durable car la nature n’est ni un réservoir inépuisable ni un dépotoir
w L’intervention citoyenne contre la mise sous tutelle de la démocratie
w Des biens publics mondiaux et des services publics contre les politiques publiques au service des propriétaires du capital
w Une sécurité économique et sociale face au pouvoir des actionnaires
w La coopération contre la guerre permanente et les politiques sécuritaires
w La diversité culturelle contre le formatage des esprits
Article paru dans l'édition du 17 janvier 2007.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-17/2007-01-17-844092
=====> Manifeste altermondialiste Tout de suite, des actes significatifs pour engager la rupture avec les politiques néolibérales. (Extraits)
Un nouveau gouvernement sera constitué après les élections présidentielle et législatives du printemps 2007. Au-delà des propos de campagne, ses premiers actes concrets témoigneront de son orientation réelle. ATTAC est consciente de la difficulté de mettre en oeuvre des mesures visant à « changer le monde », donc de rompre avec le néolibéralisme. Nombre d’entre elles, en effet, se situent en rupture avec des décisions et des traités européens et internationaux. Ce qui ne signifie pas qu’un gouvernement soit impuissant à ce niveau. En s’appuyant sur des mobilisations populaires dans son pays et dans les autres, il peut utiliser les institutions existantes comme autant de tribunes, et les procédures comme autant de moyens d’action. S’il ne s’agit pas de tout faire tout de suite, les mesures prises immédiatement doivent indiquer le chemin à suivre. L’expérience du gouvernement Jospin, en mai 1997, est, de ce point de vue, pleine d’enseignements. En signant le Pacte de stabilité, en privatisant France Telecom et en acceptant la fer- meture de l’usine Renault de Vilvoorde, ce gouvernement, dès son installation, avait signalé sans ambiguïté qu’il se moulerait dans la logique - néolibérale. Le gouvernement issu des élections de 2007 sera placé dans une situation similaire. Aura-t-il la volonté politique de prendre une série de premières décisions ne laissant aucun doute quant à sa détermination de rompre avec cette logique ? Parmi beaucoup d’autres, huit mesures, non exclusives, mais toutes nécessaires, auraient une portée symbolique et pratique considérable, et montreraient aux citoyens qu’une page est enfin tournée, sans possible retour en arrière.
--- 1. Refus de
--- 2. Arrêt du processus de libéralisation du marché de l’énergie (dernière phase pour les particuliers, le 1er juillet 2007). Mise en place d’un service public de l’énergie fondé sur l’égalité de traitement des usagers par une péréquation des tarifs.
--- 3. Mise en place de taxes globales à l’échelle française, sans attendre qu’elles soient adoptées à l’échelle européenne et mondiale.
--- 4. Mise en oeuvre d’une réforme fiscale instaurant une fiscalité écologique pour réduire les émissions de gaz polluants et rééquilibrant impôts indirects et impôts directs au profit de ces derniers.
Dans ce cadre, il faudrait, notamment : augmenter le nombre de tranches du barème ; imposer tous les revenus financiers ; relever l’impôt sur les sociétés sur bénéfices distribués, de sorte que ceux-ci soient plus fortement imposés que les bénéfices réinvestis ; introduire un taux zéro de TVA sur produits de première nécessité et demander à l’Union européenne de le généraliser.
--- 5. Instaurer un revenu décent assurant la dignité de tous, notamment des personnes handicapées, assorti d’une protection sociale attachée à la personne et non à la situation professionnelle.
--- 6. Faire du droit au logement un droit opposable devant la justice et créer, avec les moyens adéquats, un service public du logement, dont la première tâche sera de lutter contre la spéculation foncière et immobilière.
--- 7. Rendre illégaux les accords dérogatoires au Code du travail et revenir au principe, dit « de faveur », selon lequel tout accord d’entreprise doit être plus favorable aux salariés que l’accord de branche, ce dernier devant lui-même leur être plus favorable que la loi.
--- 8. Créer un observatoire national de surveillance et de suivi de l’empreinte écologique - qui mesure la pression des activités humaines sur les ressources naturelles - afin de placer la question écologique au coeur de l’action citoyenne. Cet observatoire sera indépendant du gouvernement, doté de pouvoirs d’enquête, de moyens et de capacités d’expression propres.
Article paru dans l'édition du 17 janvier 2007.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-17/2007-01-17-844093
=====> chronologie
w Décembre 1997. Ignacio Ramonet, directeur du Monde diplomatique, appelle à la création d’une « Association pour la taxation des transactions financières et l’aide aux citoyens ».
w 2001. Premier Forum social mondial à Porto Alegre, au Brésil.
w 2004. Premières divisions sur le positionnement politique d’ATTAC focalisées lors des élections européennes autour de la liste « 100 % altermondialistes ».
w 2006. Un rapport de René Passet, président d’honneur de l’association, prouve l’existence de fraudes dans la réélection de la direction d’ATTAC. Le président est contraint à la démission.
w Décembre 2006. Un nouveau conseil d’administration est élu. Il met en place une direction collégiale et une coprésidence incarnée par Aurélie Trouvé et Jean-Marie Harribey. Article paru dans l'édition du 17 janvier 2007.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-17/2007-01-17-844134
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PS. La candidate souhaite « un nouveau référendum en France en 2009 ». Ségolène Royal, candidate socialiste à l’élection présidentielle, en déplacement hier à Luxembourg, a souhaité un nouveau référendum « sur un traité qui permette aux institutions européennes de fonctionner » en 2009. « Je suis prête à prendre des risques politiques », a-t-elle déclaré à l’issue d’une rencontre avec le premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker. Selon ses déclarations, une refonte en profondeur du traité constitutionnel européen n’est plus à l’ordre du jour, mais la candidate ntoutefois pas soumettre au vote des Français le même texte que celui qui avait été rejeté en 2005. Le projet socialiste ne dit rien de plus, refusant « une ratification du traité constitutionnel européen tel qu’il a été rejeté le 29 mai », et propose « l’élaboration d’un traité strictement institutionnel qui organisera efficacement les pouvoirs. Une fois renégocié, un tel traité sera soumis au peuple par référendum ». « Je ne veux pas que les Français pénalisent les pays européens qui se sont déjà prononcés », assène la candidate socialiste. Le nouveau traité institutionnel, qui serait soumis à référendum, laisserait donc intacts les principes libéraux des traités précédents. Or c’est là que le bât blesse, même si Ségolène Royal souhaite voir inscrit dans ce traité « fondamental de base » (le terme « traité constitutionnel » est abandonné) « un volet social et que les droits des travailleurs soient pris en considération en Europe ». Il faut une « déclaration sociale plus engageante », complète Jean-Claude Juncker. Selon Ségolène Royal, « la présidence française au second semestre 2008 va constituer une échéance très importante » dans ce processus. G. M. Article paru dans l'édition du 18 janvier 2007. http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-18/2007-01-18-844169
=====> Royal contre la hausse des impôts
Parti Socialiste. la candidate à la présidentielle se prononce pour un simple rééquilibrage des prélèvements obligatoires. Ségolène Royal, a pris le contre-pied de François Hollande sur la question de la fiscalité. Alors que le premier - secrétaire du PS s’est déclaré favorable, en cas de victoire lors des échéances électorales, à une hausse des impôts pour les revenus se - situant au-delà du seuil de 4 000 euros nets par mois et par personne, la candidate socialiste a affirmé qu’« il n’y aura pas de fiscalité nouvelle qui sera interprétée comme un élément qui décourage le travail et l’effort ». Expliquant « que la question fiscale est au service d’un projet national », elle a précisé ses intentions. « II faudra rééquilibrer la fiscalité, l’alléger sur le travail, et peut-être la renforcer sur le capital si l’on veut résorber les déficits », soutient-elle. « Mais, prévient-elle, cela se fera sans augmentation des prélèvements obligatoires, dans une autre répartition ». Autrement dit, hors de question, en cas de victoire à la présidentielle, d’augmenter les - impôts, même pour les plus aisés, comme a semblé le suggérer François Hollande. Ségolène Royal a enfin annoncé avoir confié une mission sur la fiscalité à Dominique Strauss-Kahn et au député fabiusien, Didier Migaud, « pour établir un diagnostic et des propositions sur l’efficacité de la dépense publique » et « sur les réformes du système de prélèvements favorables à l’emploi, au pouvoir d’achat, à la justice sociale, à l’efficacité économique et à l’innovation ». Si la candidate a pris soin de ménager le premier secrétaire de son parti, en se déclarant « comme François Mitterrand, (...) respectueuse de la liberté d’opinion », son entourage n’en a pas fait de même. Ainsi, le numéro 2 du PS, François Rebsamen qui est également son codirecteur de campagne, a prévenu que la « candidate a sa liberté, son rythme de campagne, sa stratégie et rien ne l’en fera dévier ». Et de conclure par un rappel à l’ordre : « Le premier secrétaire du PS, lui, est le gardien vigilant du projet mais il ne faut pas aller plus loin que le projet ». Ces divergences entre socialistes ont fait le bonheur de la droite. Ainsi, L’UMP a dénoncé la « fiscacophonie actuelle du Parti socialiste ». Le parti présidé par Nicolas Sarkozy et la plupart de ses dirigeants ont réaffirmé leur engagement en faveur de nouvelles baisses de l’impôt sur le revenu et sur l’ISF. Pierre-Henri Lab. Article paru dans l'édition du 15 janvier 2007. http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-15/2007-01-15-843951
=====> « Trou d’air » PAR MAURICE ULRICH
Ça patine, ça rame, ça s’embourbe. Polémique hier sur les patrimoines respectifs du couple Hollande-Royal et de Nicolas Sarkozy assujettis à l’ISF, l’impôt sur la fortune. Ségolène Royal accuse l’UMP de méthodes de « racailles » et somme son candidat de rendre derechef son patrimoine public. Écoutes téléphoniques à la réunion du bureau national du PS : un portable laissé ouvert a permis à notre honorable confrère le Monde de suivre l’intégralité des débats. On a la pénible impression d’un scénario de série B à l’américaine entre deux candidats. Coups bas, ragots, bruits de salle de bains pour ne pas dire pire. La campagne socialiste, affirmait hier l’ancien ministre Daniel Vaillant, « ne traverse pas de trou d’air ». Venant de ce proche de Lionel Jospin, sans doute faut-il comprendre que c’est une manière d’en douter. Car l’impression se généralise au PS que la campagne ne décolle pas et qu’après la muraille de Chine, il serait bon que l’on s’échine. Même son de cloche, a dit le portable inconnu, au bureau du PS. On doit être capable d’« imposer nos idées » aurait martelé Manuel Valls, un autre proche de Lionel Jospin. Mais lesquelles ? Hier, Ségolène Royal a revendiqué le droit de prendre du recul sur les 35 heures, elle a plaidé pour leur assouplissement pour les salariés qui veulent travailler plus. Elle a également réaffirmé qu’il fallait donner « de l’agilité » aux entreprises confrontées à la concurrence internationale, c’est-à-dire à toutes, puisqu’au fond c’est désormais le cas de toutes. « Agilité » pour souplesse et flexibilité... En clair : facilités pour licencier. S’il y a trou dau PS, si l’on s’embourbe comme hier dans des combats de marigot avec les crocodiles de la droite, c’est faute de propositions fortes face à la politique libérale.
C’est dire qu’il faut aller réellement à la confrontation des projets, des idées, des propositions. Mais pas seulement, comme le disait également Daniel Vaillant, entre la candidate socialiste et celui de l’UMP. Entre tous les candidats, démocratiquement. La gauche du « non » au référendum n’a pas pu se rassembler. Mais quand Ségolène Royal, comme elle l’a fait hier, se prononce pour un nouveau référendum, en France, en 2009, sur un traité institutionnel pour l’Europe comme l’a proposé du reste Angela Merkel, la chancelière conservatrice allemande -, quand elle écarte en même temps toute refonte en profondeur du traité rejeté l’an passé, c’est toute la gauche du « non », et au-delà même, toute la gauche qui est interpellée. Sur le fond. Et sur la forme... Il y a en France des millions d’hommes et de femmes qui, quelles que soient les péripéties de ces derniers mois, ne peuvent se retrouver dans la campagne telle qu’elle se déroule actuellement. José Bové proposait une nouvelle rencontre avec Marie-George Buffet et Olivier Besancenot. Pour Marie-George Buffet le temps n’est plus de discuter de candidatures, mais il est plus que temps, il est urgent de rassembler contre la droite, de faire en sorte que de véritables propositions alternatives viennent dans le débat public. Ces propositions existent. Au PCF, chez ATTAC, dans les collectifs antilibéraux. Ces propositions n’ont pas disparu après le référendum, après tout le travail accompli depuis au sein de la gauche antilibérale. Les Français ont le droit de les connaître.
Certains « moyens candidats », déclarait hier un responsable d’une chaîne publique, se plaignent de ne pas être bien traités : « Mais il n’y a rien pour l’instant dans leur agenda qui puisse nous amener à les suivre... » Vraiment ? Tandis que Nicolas Sarkozy au Mont-Saint-Michel posant seul face à la mer tel Chateaubriand sur les remparts de Saint-Malo, cela valait le déplacement...
Par Maurice Ulrich. Article paru dans l'édition du 18 janvier 2007.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-18/2007-01-18-844215
=====> Pendant ce temps-là, à Luxembourg...
À moins de cent jours du premier tour, la campagne électorale traverse une zone grise. Les coups tordus visent à aiguiser l’appétit des gazettes autant qu’à faire oublier le débat dont les citoyens sont privés. La fiscalité est la clé de voûte de toute politique sociale. Qu’à cela ne tienne, on nous sert de prétendues révélations sur l’ISF payé par le couple Hollande-Royal, après nous avoir saoulés de commentaires sur la mésentente cordiale régnant entre la candidate et le premier secrétaire du PS à propos de l’impôt sur le revenu. L’inquiétude des militants socialistes devant le mutisme de Ségolène Royal au moment où Sarkozy fait son show porte de Versailles ? Le Monde publie un compte rendu de la discussion « interne » au bureau national, transmise par un participant qui a obligeamment laissé ouvert son téléphone portable...
Et pendant ce temps-là, à Luxembourg, la vraie politique continue. Ségolène Royal voudrait que les Français corrigent leur vote du 29 mai 2005, puisque, à l’en croire, le vote « non » aurait « pénalisé » les autres Européens. Un nouveau référendum serait convoqué en 2009 sur un texte rendu plus attractif, par l’ajout de quelques modifications cosmétiques - une tonalité plus sociale ? -mais ne remettant en aucune manière en cause les traités antérieurs qui fondent l’orientation libérale de l’Union européenne. Et que précisément la majorité des Français et des électeurs de gauche ont rejetée. La candidate socialiste emboîtant les pas d’Angela Merkel et de Dominique de Villepin, qui militent pour
une relance du processus constitutionnel, et aussi de Nicolas Sarkozy, favorable pour sa part à l’adoption d’un « mini-traité », un consensus menace la souveraineté populaire et l’aspiration à une autre Europe.
Article paru dans l'édition du 18 janvier 2007.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-18/2007-01-18-844236
======> François Hollande dénonce le danger sarkozyste
Au lendemain de la désignation du candidat UMP, le premier secrétaire du PS a fait de ses voeux une condamnation de la droite. Il est le candidat sortant, du pouvoir sortant, de la majorité sortante, de la politique sortante. Si bien que le "tout est possible" de Nicolas Sarkozy, c’est tout ce qui a été fait depuis 2002 », a déclaré François Hollande, à l’occasion de ses voeux à la presse. Au lendemain de la désignation du candidat UMP. « Il est le candidat de la continuité de toutes les décisions prises, de tous les échecs, de tous les reculs ». Il est le candidat d’un gouvernement qui « a battu un triple record » : celui de « l’endettement public », celui du « déficit commercial », et de « la violence aux personnes ». Et d’énumérer les projets du ministre candidat : abaissement du bouclier fiscal de 50 %, ce qui revient à supprimer l’impôt sur la fortune ; baisse de l’impôt sur les sociétés ; mise en cause de la progressivité de l’impôt sur le revenu ; taxation sur la consommation ; démolition des 35 heures, limitation du droit de grève ; contrat unique de travail. « Bref, tout ce que demandent le patronat et les clientèles de l’UMP ».
Le dirigeant socialiste a dénoncé le « tour de passe-passe » auquel - Nicolas Sarkozy s’est livré pour « convaincre qu’il a changé de passé, de présent, voire même d’identité ». Tour de passe-passe et « captations d’héritage » : « Pauvre Jaurès, s’il avait su qu’un jour son nom serait cité dans un congrès de la droite française. Le malheureux ! S’il croit aux forces de l’esprit, je crains que le sien n’ait été, hier, chahuté ». - Sarkozy est donc, selon le PS « un candidat dangereux », par sa - méthode, par sa politique, par ses soutiens. François Hollande a mis en scène la candidature Ségolène Royal face à la droite, en rappelant les quatre priorités qu’il appartiendra le moment venu à la candidate de mettre en musique : emploi et pouvoir d’achat ; éducation et formation ; environnement ; démocratie institutionnelle et sociale. Il est aussi revenu sur la polémique activée par Jean-François Copé, ministre du Budget, présentée médiatiquement sous l’angle d’une prétendue mauvaise entente entre le premier secrétaire et la candidate sur la fiscalité. Il a persisté sur la suppression des cadeaux fiscaux au-dessus du seuil de 4 000 euros mensuels nets par contribuables, et a précisé que des allégements pourront en revanche concerner les 80 % des contribuables se situant au-dessous de ce seuil. Mais pas question « d’augmenter les prélèvements obligatoires », a-t-il répété. Dominique Bègles.Article paru dans l'édition du 16 janvier 2007.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-16/2007-01-16-844027
=====> Ségolène Royal sur le terrain antifrontiste
Parti socialiste. La candidate avait choisi, mercredi
soir, Toulon pour un premier meeting hautement symbolique. Toulon (Var), envoyé
spécial. Ségolène Royal avait choisi non par hasard Toulon pour son premier meeting
départemental de candidate. Son objectif est inscrit dans l’un des deux
éléments d’analyse socialiste du 21 avril 2002 : des électeurs populaires
qui avaient choisi soit l’abstention, soit le vote lepéniste par rejet d’une
façon de faire de la politique, avec le sentiment de compter pour du beurre,
assorti d’une désespérance sociale. Le second élément étant, selon la direction
du PS, la dispersion de candidatures à gauche, problème que ce parti, avec le
MDC et le PRG, a cette fois apparemment réglé. Toulon,
Orange, Marignane : autant de terres d’expérimentation du Front national
avec, comme devait le rappeler Michel Vauzelle, président de la région PACA,
une fréquentation entre la droite dite républicaine et l’extrême droite qui
perdure en dépit d’une sévère défaite infligée par la gauche aux régionales de
1998 et 2004 dans ces mêmes bastions. Symbole encore : il faut remonter à
la campagne de François Mitterrand de 1981 pour trouver les traces d’un meeting
socialiste à Toulon. Si la candidate n’a pas évoqué publiquement la polémique
sur son patrimoine qui s’était amplifiée au cours de la journée, les Varois
l’avaient cependant à l’esprit, y voyant sans autre forme de procès un coup de
Jarnac en provenance de
http://www.humanite.fr/journal/2007-01-19/2007-01-19-844251
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Corinne Lepage ne sait pas où elle est : de droite
ou de gauche ? Amnésie ou changement de cap ? La principale
responsable de CAP 21, pour l’heure toujours candidate à la présidence de
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-17/2007-01-17-844096
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Dimanche dernier, toute
http://www.humanite.fr/journal/2007-01-19/2007-01-19-844244
======> Le spectre de 1981 hante l’UMP
Le défilé des soutiens à Sarkozy, seul en lice pour l’investiture
de l’UMP, dissimule mal la persistance de divisions qui pourraient coûter cher
au candidat de la droite. Sous le regard ébahi des voyageurs bousculés, une
foule bruyante s’engouffre dans la rame de métro à la station Montparnasse. À
la vue des autocollants « avec Sarko », des passagers esquissent une
moue. Porte de Versailles, la marée humaine quitte la rame. Un vieil homme
rougeaud et bedonnant lance une tonitruante injure sexiste à l’adresse de
Ségolène Royal. La charmante attention est accueillie par des rires gras.
Dehors, le défilé des militants brandissant pancartes et banderoles s’étire
autour du Parc des expositions. Au prétexte de la casquette ministérielle de
Nicolas Sarkozy, des CRS sont venus prêter main-forte au service d’ordre. Sous
le hall 1 du Parc des expositions, tout est prêt pour la grande messe. Les
militants écoutent distraitement les ministres et hiérarques de l’UMP qui se
succèdent à la tribune. Thuriféraires de toujours et récalcitrants fraîchement
ralliés louent les qualités du candidat de la droite, « seul capable de
faire gagner (leur) famille politique ». Et comme pour conjurer les vieux
démons, les mots « union » et « rassemblement » reviennent,
lancinants, à chaque intervention. « Qui sème la division récolte le socialisme »,
prévient l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin, symbole de la défaite
de 2004 et du camouflet référendaire de 2005. Et de mettre en garde, à l’instar
de nombreux intervenants, contre « le vent mauvais de 1981 ». Ralliée
de dernière minute, Michèle Alliot-Marie dit avoir « évalué les
risques » que sa candidature aurait fait courir à la droite. « Deux
conceptions de la société, deux visions de
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-15/2007-01-15-843949
======> Sarkozy ajuste son costume de président
Le candidat de l’UMP promet qu’il a « changé »
mais il tend la main aux électeurs frontistes et multiplie les annonces de
réformes antisociales. Un amalgame des discours « à
Le discours qui se voulait « fondateur » du
désormais très officiellement candidat de l’UMP, Nicolas Sarkozy, ne s’est révélé
être qu’un amalgame de la série des discours « à
Grégory Marin. Article paru dans l'édition du 15 janvier 2007.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-15/2007-01-15-843950
=====> « Pourquoi nous dénonçons le danger Sarkozy »
Présidentielle. De
--- « Une société qui méprise les pauvres »
Mimouna Hadjam, porte-parole d’Africa, 4 000 de
« Sarkozy aurait dû choisir une basilique pour son
intronisation, comme pour le sacre des rois. Je reste confiante sur l’issue de
l’élection présidentielle, sachant que le personnage est tellement répressif,
dictatorial que les électeurs ne le porteront pas au second tour. Même si les
gens, à l’intérieur de la famille de droite, ont envie qu’un politique les
rassure, tant la situation économique et sociale est désastreuse. Je reste
persuadée que les Français ne voudront pas d’un président de
--- « Trop assoiffé de pouvoir » Charles Berling, comédien.
« Nicolas Sarkozy est quelqu’un qui est tellement assoiffé de pouvoir qu’à ce point, le pouvoir est chez lui la chose prioritaire. Les gens comme lui divisent les citoyens au lieu de les réunir. J’ai pu le mesurer au cours d’actions auxquelles j’ai participé. Je pense qu’un homme politique doit être là pour pacifier, réunir et pas pour monter les gens les uns contre les autres et les opposer. Ca ne veut pas dire qu’il ne dit que des conneries mais, pour un homme politique, c’est un défaut majeur. »
--- « Pour les riches et par les riches » Gérard Mordillat, Réalisateur
« Si je m’en tiens à la définition première de la démocratie qui est le gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple, Sarkozy sera le gouvernement des riches par les riches pour les riches. Ce qu’on appelle libéralisme, avec tout ce que recouvre ce mot, sera développé et approfondi avec toutes les menaces que cela porte pour le droit du travail, les minorités et, au bout du compte, les libertés publiques. Sarkozy c’est le goût de la force, l’autoritarisme, le menton en l’air, donc le néofascisme. J’aimerais bien d’ailleurs à l’occasion que l’on compare ses discours à ceux de Mussolini au moment de la marche sur Rome. Le vrai danger n’est pas Le Pen, qui n’a ni les moyens ni la capacité de gouverner, mais bien Sarkozy, qui nous promet un avenir radieux pour les gens de Neuilly et terrible pour les gens de Saint-Denis. »
--- « L’horreur des lois Sarkozy » Jean-Michel Carré, réalisateur.
« Au cours de ces trente dernières années, à travers mes films, j’ai toujours essayé de donner la parole à ceux qui ne l’avaient pas, que l’on n’écoutait pas, qui étaient stigmatisé. Tout le contraire, en somme, de ce que fait Sarkozy. Sur les prisons (un sujet que je connais bien), il fait tout ce qu’il ne faudrait pas faire. Idem sur la prostitution (sur laquelle je travaille) : les lois Sarkozy, c’est l’horreur ! Obligées de se cacher, les filles sont de plus en plus fragiles. Résultat : on voit réapparaître les mafias, les proxénètes. Le pire, c’est que tout cela part d’un « bon sentiment » : c’est comme ça qu’on nous fait avaler la pilule. Venant de finir un film sur Poutine, je me rends compte que, plus on s’approche du pouvoir, plus on s’éloigne de l’humain. Et je ne vois pas comment on peut voter pour quelqu’un qui n’a aucun regard humain. On l’a vu avec les émeutes il y a un an. Alors qu’on a affaire à des gens qui n’ont plus que la violence pour se faire entendre, lui a répondu « Karcher ».
Pas de discussion, pas d’analyse, pas de compréhension. Que de la répression. On enferme les uns pour protéger les autres. Or, ça, c’est tout sauf la démocratie. Mais je ne crois pas que ce soit un mot qui revienne souvent dans ses discours... »
--- « Attention danger » Charle Rey, ex-salarié de Thomé-Génot.
« Suite à la liquidation de mon entreprise
Thomé-Génot à Nouzonville dans les Ardennes, Nicolas Sarkozy n’a pas hésité à envoyé
250 CRS pour assiéger la ville, faire gazer la population, femmes, enfants, et
des personnes âgées, pour faire stopper la lutte des ouvriers qui ne
demandaient que leur dû. Dans les Ardennes, Sarkozy a fait parquer 20 salariés
de Thomé-Génot à
--- « Il se tient très mal » Juliette, chanteuse.
« Tout à l’heure, je suis allée chez mon marchand de
journaux et je lui ai demandé s’il avait un journal où il n’y ait pas Sarkozy
sur la couverture. Son omniprésence est insupportable. Cet homme est fatiguant.
Je trouve que l’élection du président de
Propos recueillis par Victor Hache, Sébastien Homer, Jean Roy
Article paru dans l'édition du 15 janvier 2007.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-15/2007-01-15-843989
=====> EDITORIAL PAR MICHEL GUILLOUX Le loup et l’agneau
Comment se faire passer pour l’agneau quand on n’est et
n’a été que loup ? Il était périlleux l’exercice d’équilibriste auquel
s’est livré le candidat de l’UMP à l’élection présidentielle lors de la
grand-messe à 3,5 millions d’euros convoquée hier à Paris. Belle démonstration
de démocratie interne déjà, la consultation des militants a abouti à introniser
le ministre de l’Intérieur à 98 % des voix. Ils n’avaient le choix qu’entre
dire « oui » ou s’abstenir... Il est vrai que, de ce côté-là, on ne
goûte guère le « non »... La seule surprise, dans ce contexte, est
venue de la participation : un adhérent sur trois, selon les chiffres
officiels, a préféré voter avec ses pieds. C’est dire que jusque dans son
propre camp, le candidat a encore du chemin à parcourir pour rassembler. Ce
qui, en creux, se lisait dans les mises en garde d’un Jean-Pierre Raffarin à
« ceux qui » seraient dévorés par les envies de division », ou
l’événement qu’aurait constitué l’absence d’« incident » à la venue
sur place du premier ministre. Car on a beau faire, plus l’homme pressé voulait
aligner de phrases sur son prétendu « changement », sur l’appel à
« tous les Français », sur la « République réelle » qu’il
incarnerait, plus le naturel revenait au galop. Après tout, devant ce
public-là, que le candidat enfin officiel soigne sa droite, quoi de surprenant.
Il est même une phrase que l’on partagera, une fois n’est pas coutume, avec ce
prétendant à l’Élysée : « Quand on pense que la politique ne peut
rien régler en cinq ans, à quoi ça sert la politique ? » Car au-delà
de ses propres troupes, comment incarner un changement de cap quand on a été de
tous les gouvernements de ces cinq années insupportables ? Et qu’aucun de
leurs membres ne manquait hier ? le ton était
donné avec un François Fillon, lui l’artisan de la casse des retraites,
accusant la gauche de vouloir « paupériser
=====> UMP. Sarkozy cultive le mélange des genres
Première conférence de presse des porte-parole de Nicolas
Sarkozy, hier, au siège de campagne du candidat UMP, rue d’Enghien, dans le 10e
arrondissement de Paris. Plusieurs questions portaient sur la démission du
candidat de son poste de ministre de l’Intérieur pour « devenir candidat à
temps plein ». Nicolas Sarkozy, qui est déjà candidat « à temps
plein » depuis son arrivée place Beauvau, avait annoncé qu’il quitterait
ses fonctions avant l’élection, sans préciser de date. Précision du deuxième
porte-parole, le toujours ministre de
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-18/2007-01-18-844171
=====> Villepin fait un pas vers Sarkozy
Matignon. Le premier ministre émet le voeu d’un
« nouveau projet institutionnel » européen. Dominique de Villepin
s’est d’abord voulu consensuel : « 2007 marquera un profond
changement » auquel il contribuera en défendant « les valeurs »
de sa famille politique qu’il entend « faire gagner », et en mettant
« son expérience au service du débat » qu’il souhaite « le plus
riche et le plus serein possible ». Tout cela « dans un esprit de
rassemblement », puisque, bien entendu, « l’unité est la condition de
la victoire ». Le premier signe, peut-être, d’un prochain soutien au
candidat investi - dimanche par l’UMP, pour - lequel il n’a toutefois pas voté
mais qu’il doit rencontrer dans la semaine afin d’évoquer le rôle qu’il
pourrait jouer dans la campagne. Malgré le vote des Français le 29 mai 2005, le
premier - ministre a plaidé pour la mise en chantier d’un « nouveau projet
institutionnel » européen, qu’il faudrait à nouveau soumettre au
référendum. Considérant que le « "non" nous a affaiblis »,
il appelle
=====> Chirac veut son « machin »
Environnement. Le président organise une conférence le 2
février pour soutenir son projet d’ONUE. Jacques Chirac avait relancé l’idée en
septembre 2006 à l’assemblée générale des Nations unies, à New York
(États-Unis) : créer une Organisation des Nations unies pour
l’environnement (ONUE). Il devrait appeler les chefs d’État et de gouvernement
à soutenir cette initiative les 2 et 3 février prochain, lors d’une Conférence
pour une gouvernance écologique mondiale, à Paris. Son ancien premier ministre
Alain Juppé en a livré les objectifs, hier, en tant que président du comité
d’honneur. Autour de lui six membres : Hubert Védrine, ancien ministre des
Affaires étrangères de Lionel Jospin, Nicolas Hulot, président de la fondation
du même nom, le climatologue Jean Jouzel, le sociologue Edgar Morin ainsi que
Laurent Stefanini, ambassadeur délégué à l’environnement, et Bertrand Collomb,
président du groupe Lafarge. Uniquement des Français pour une initiative qui se
veut internationale, remarqueront les sceptiques. Pourquoi cette conférence
dite « citoyens du monde » ? Parce qu’il est « possible
d’inverser la tendance (du changement climatique et des désordres
environnementaux) à condition d’une action collective », a déclaré Alain
Juppé, sans craindre de s’approprier la formule des altermondialistes :
« du local au mondial ». Une soixantaine de pays seront représentés à
Paris, dont une cinquantaine par leurs ministres. Le président de
V.D. Article paru dans l'édition du 17 janvier 2007.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-17/2007-01-17-844119
=====> « Sortir de la confusion » PAR PIERRE LAURENT
La droite en campagne fait désormais feu de tout bois.
Dans son discours dimanche à la porte de Versailles, Nicolas Sarkozy avait
tenté de troquer ses habits de combat habituels contre toute une panoplie de
bons sentiments, d’émotions feintes, de références lyriques aux grandes
traditions de
au contraire, a besoin d’une autre voix qui n’hésite pas à défendre des propositions en rupture avec les dogmes qui guident la politique budgétaire depuis des années. Lors de ses voeux à la presse, Marie-George Buffet a appelé hier à faire émerger au coeur du débat présidentiel les propositions de cette « gauche du combat et de la responsabilité ». Elle a prévenu qu’elle ne transigerait pas dans ce débat essentiel sur les moyens à mettre en oeuvre pour réussir une politique nouvelle à gauche. Il devient en effet de plus en plus évident que, face à la confusion et aux brouillages entretenus par une campagne exagérément bipolarisée et insuffisamment contradictoire, l’audace et la clarté des propositions alternatives est une condition du rassemblement à gauche. Cette ambition de clarté et de rassemblement monte de toute la société. Les acteurs les plus divers exigent des candidats des prises de position qui sortent du flou et des approximations. Le manifeste d’ATTAC, la démarche de l’Observatoire international des prisons sur la condition pénitentiaire, le débat relancé sur la recherche... chaque jour apporte son lot d’interpellations directes aux candidats, à leurs programmes, à leurs projets. Le débat présidentiel gagnerait beaucoup à se mettre à ce niveau, ce qui suppose la confrontation directe des projets à laquelle se refusent pour le moment les deux candidats les plus médiatisés. Article paru dans l'édition du 17 janvier 2007.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-17/2007-01-17-844158
=====> De Jaurès à Guizot
L’héritage de Jean Jaurès n’est la propriété exclusive de
quiconque, c’est une affaire entendue, mais que Nicolas Sarkozy convoque la
mémoire du fondateur de l’Humanité, figure emblématique de l’histoire du
socialisme français, au service de son projet politique, relève de l’imposture.
C’est bien davantage qu’une captation d’héritage, car tout le monde a le droit de s’inscrire dans la lignée humaniste de Jaurès,
de mener, comme il le fit, un combat intransigeant pour les droits du monde du
travail. Cet héritage-là mériterait d’être au contraire partagé plus largement
qu’il ne l’est malheureusement aujourd’hui. « Je n’ai jamais séparé
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-16/2007-01-16-844024
======> Nicolas Sarkozy roule toujours à droite
UMP. Le candidat à la présidentielle doit pour accéder au
second tour séduire au-delà de son camp. Certains aspects de son discours de
dimanche visaient cet objectif. Au moment où il a pris la parole, dimanche,
devant les milliers de militants réunis à la porte de Versailles, à Paris,
Nicolas Sarkozy savait que la paix est toujours fragile au sein de l’UMP. Seul
en lice, le candidat a été élu certes avec 98,1 %, mais par 69 % des adhérents.
Sur un effectif de 337 000, seulement 233 779 ont voté, et 229 303 l’ont
choisi. Ce qui donne une estimation de l’opposition interne : 107 697.
Même s’il réussit à établir une cohérence dans son équipe entre fidèles,
soutiens de fraîche date et derniers ralliés par pragmatisme, et même s’il
réussit à contenir les appétits du dernier carré chiraquien et villepiniste, le
président de l’UMP aura fort à faire. Dans un premier temps, pour rassurer dans
ses rangs. Dans un second temps, pour séduire au-delà de son camp. « Je
veux être le président d’une France réunie », n’a-t-il cessé de clamer
dimanche, comme pour marquer la première étape de cette conquête d’un électorat
qui n’est pas le sien, y compris à gauche. Parce qu’il est conscient depuis des
années qu’il est en campagne, que tout « se jouera comme toujours en
France à 51-49, c’est-à-dire sur les marges » (le Figaro du 11 avril
2006), Nicolas Sarkozy a cherché sans vergogne à rebondir sur des thèmes chers
à la gauche. Le candidat de l’UMP, après avoir organisé en tant que ministre de
l’Intérieur la traque des enfants scolarisés d’immigrés clandestins, se
découvre aujourd« petit Français de sang-mêlé », « fils
d’immigré ». Un CV plus acceptable que celui d’avocat spécialisé en droit
immobilier, ou maire d’une ville totalisant péniblement 3 % de logements
sociaux, pour s’adresser au « travailleur » que « longtemps la
droite a ignoré » et que « la gauche, qui jadis s’identifiait à lui,
a fini par trahir ». Est-ce « la voix de Jaurès », que selon le
candidat UMP « la gauche n’entend plus », qui dit « refuser la
lutte des classes » ? C’est bien Nicolas Sarkozy, qui oppose
« le travailleur » à « l’assisté », qu’il voit « s’en
tirer mieux que lui pour boucler ses fins de mois sans rien faire », le
travailleur au « patron qui a conduit son entreprise au bord de la
faillite » et part « avec un parachute en or ». Le candidat UMP
aurait « changé », mais reste fidèle à sa méthode, adaptant son discours
à chaque catégorie pour mieux récupérer les voix des Français mis dos à dos.
Nicolas Sarkozy dit vouloir « être le président de l’augmentation du
pouvoir d’achat ». Mais a-t-il « changé » quand il propose les
mêmes recettes aux Français, qui « pourront gagner davantage quand ils
travailleront plus » ? Le 19 décembre 2006, avant d’être sacré
candidat officiel de l’UMP, Nicolas Sarkozy estimait « nécessaire de
porter à la fois le changement et la continuité ». Mais son discours
« fondateur » est loin d’être inspiré de Jaurès. On peut toujours
chercher ce fameux passage : « Nous voulons que
=====> Le petit « Napoléon » dans la presse européenne
Les journalistes s’inquiètent de l’accession au pouvoir
du candidat Sarkozy, « pro-américain et libéral » Un
« show » pharaonique. Le nombre de participants au congrès
d’investiture de Nicolas Sarkozy dépasserait 82 000, selon les organisateurs,
qui se basent sur le stock de badges distribués. « Près de 100 000
personnes » étaient attendues, pouvait-on lire dans la publication de
l’UMP le Magazine de l’union du 2 janvier. Une estimation « revue et
corrigée » à la baisse en cours de semaine par Roger Karoutchi, qui avait
pronostiqué 30 000 à 50 000 participants, avec l’espoir d’en accueillir plus
que le nombre de visiteurs pour le congrès fondateur du RPR de Jacques Chirac
(50 000) en 1976. L’observation des rangs, parfois clairsemés, du Parc des
expositions de la porte de Versailles, hormis là où l’organisation avait
concentré la presse, incite à plus de prudence : les visiteurs n’excédaient
pas 60 000 personnes. Qu’importe, la presse, elle, était bien représentée. Plus
de 500 journalistes étaient accrédités, dont 150 de la presse étrangère, et de
nombreux Européens. Hier, ils accordaient une large place à l’événement dans
leurs colonnes. Les quotidiens danois Jyllands-Posten et norvégien Dagbladet
sont allés jusqu’à comparer son grand « show » d’investiture au sacre
de Napoléon. Dans les pages de certains, on sent poindre l’inquiétude. Pour le
Financial Times, Nicolas Sarkozy doit « démontrer qu’il est un homme
politique cohérent, qui est plus qu’un brillant populiste, avec du flair pour
l’auto-promotion », alors que le journal intellectuel tchèque Lidove -
Noviny le juge « pro-américain et - libéral ».
=====> Mégalomanie sur internet
Nicolas Sarkozy a paraît-il toujours rêvé d’être
journaliste. Mais comme il est un peu tard pour se lancer dans une nouvelle
carrière, il s’est offert une chaîne de télévision, NSTV, pour Nicolas Sarkozy
Télévision. Son site de campagne inauguré dimanche, www.sarkozy.net, a en effet
tout d’un bouquet de chaînes de télé, les présentateurs en moins. Concocté par
le publicitaire François de
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-16/2007-01-16-844031
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Le candidat du Front national confirme son intention de
supprimer progressivement l’impôt sur le revenu. Après s’être autoproclamé de
centre droite, Jean-Marie Le Pen se voit en candidat
des « cités ». « Beaucoup ne supportent pas Sarkozy, et on
s’apprête massivement à voter pour moi », divague le candidat d’extrême
droite dans un entretien au Parisien Dimanche. Difficile pourtant d’imaginer
que la déferlante d’inscriptions de jeunes des quartiers populaires sur les
listes électorales ait été motivée par le discours antisocial et de repli
identitaire du leader nationaliste, alors qu’un certain nombre d’entre eux
subit quotidiennement des discriminations. Le plus âgé des candidats à la
présidentielle démontre, par ailleurs, que le Front national n’aime pas la
solidarité nationale. « Je propose un plan qui, par étapes, déboucherait
sur la suppression de l’impôt sur le revenu », avance-t-il. Quid des
populations en difficulté pour lesquelles cette modeste répartition des
richesses reste un des derniers remparts contre l’exclusion totale. Si
l’électorat frontiste est en partie issu des catégories les moins favorisées, ce sont pourtant les plus aisées qui bénéficieraient de sa
politique. « La chasse aux riches peut satisfaire les âmes égalitaires,
mais décourage ceux qui participent de façon efficace à l’activité économique.
(...) Dans l’immédiat je suis donc partisan de la soustraction de l’habitation
principale du montant de l’ISF (impôt sur la fortune - NDLR) », lâche le
milliardaire, compréhensif à l’égard de Johnny Hallyday. Enfin, Jean-Marie Le
Pen s’égare faussement dans ce qu’il a fait une de ses spécialités : les
déclarations nauséabondes. S’il évite habilement de se laisser piéger par les
journalistes sur
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-15/2007-01-15-843956
=====> Nice. Peyrat : Le Pen au second tour
Alpes-Maritimes, correspondant régional. Considérant que « le FN appartient à la grande famille de droite » et s’étant promis de « toujours combattre les alliés du FLN et du Vietminh » (sic), Jacques Peyrat, maire (UMP) de Nice, a indiqué dans une récente interview à Nice-Matin qu’il voterait Le Pen, en cas de duel au second tour de l’élection présidentielle entre Ségolène Royal et le candidat d’extrême droite. Une prise de position qui n’a rien de surprenant de la part du sénateur des Alpes-Maritimes, de nouveau candidat l’an prochain au siège de maire, même s’il n’obtient pas l’investiture de l’UMP. Après avoir été longtemps l’un des lieutenants de Le Pen pendant une vingtaine d’années, cet avocat âgé aujourd’hui de soixante-quinze ans a fondé, en 1994, suivant l’exemple de Jacques Médecin, son parti niçois baptisé l’Entente républicaine. Puis, juste après avoir été élu maire, en 1995, Jacques Peyrat s’est laissé convaincre par Alain Juppé, alors premier ministre, d’adhérer au RPR tout en continuant d’affirmer qu’il était partisan de « l’union de toutes les droites ». Plus trouble est l’absence de réaction des dirigeants de l’UMP parmi lesquels le ministre et président du conseil général, l’ultra-sarkosyste Christian Estrosi. Un silence qualifié « d’insupportable » par le conseiller municipal communiste Robert Injey, tandis que le socialiste Patrick Mottard appelle la droite parlementaire « à réagir vertement ». Philippe Jérôme. Article paru dans l'édition du 18 janvier 2007. http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-18/2007-01-18-844172 - Voir le site : http://www.humanite.fr et le site des Amis de l'Humanité : http://www.amis-humanite.com/ - 32, rue Jean JAURES 93528 Saint Denis Cedex tél. 01 49 22 74 17 fax: 01 49 22 74 00
Des auditions seront lancées par les députés sur le rôle de ces fonds en France. La commission des Finances a toutefois rejeté l’idée d’une enquête parlementaire. L’activité des fonds d’investissement sera bien au menu des dé- - putés. Hier, la commission des Finances de l’Assemblée nationale, à l’unanimité, a retenu l’idée d’audi- tionner, dès le mois de février, le Collectif LBO (salariés victimes de LBO), l’AFIC (investisseurs en capital) et le fonds CDC Investissement (Caisse des dépôts). L’objectif sera d’examiner les conséquences, en termes d’emplois, des pratiques de LBO (endettement avec effet de levier). En revanche, la proposition du groupe communiste, à l’initiative de son président, Alain Bocquet, et défendue par Jean-Claude Sandrier, de créer une véritable commission d’enquête parlementaire sur le sujet (voir l’Humanité d’hier) n’a pas été retenue. Pierre Méhaignerie, président de la commission des Finances, a plutôt proposé une mission d’information qui serait renvoyée à la prochaine législature, du fait des élections maintenant trop proches. Le PS aurait de même préféré une mission d’information à une commission d’enquête.
===è ils coupent tout ce qui est social
Pour Philippe Matzkowski, animateur du Collectif LBO,
« il s’agit certes d’une avancée, mais une commission d’enquête aurait
certainement plus de poids. Il s’agit de connaître exactement les conséquences
sociales de ces pratiques financières. » Des dizaines de salariés
s’étaient rassemblés à cette occasion hier devant l’Assemblée. Madeleine
Talagrand, déléguée syndicale CFDT à VVF, explique : « Notre société,
spécialisée dans le tourisme social, a ouvert son capital, en juil-let 2006, au
fonds ACTO (Groupama). » « Ils utilisent aujourd’hui nos villages de
vacances pour spéculer », précise-t-elle. « Pour rembourser la dette
utilisée au rachat des parts de VVF, les dirigeants d’ACTO dénoncent les
accords d’entreprise, les RTT, multiplient les contrats saisonniers, diminuent
les budgets sociaux », lance la représentante syndicale. « À TDF,
nous subissons notre deuxième LBO. De 1998 à 2006, les effectifs ont fondu de 3
600 à 2 600 sa- lariés », explique Gérard, syndiqué à
Sébastien Ganet. Article paru dans l'édition du 18 janvier 2007.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-18/2007-01-18-844183
=====> Le débat parlementaire touche les fonds
La commission des Finances de l’Assemblée va décider si elle crée une commission d’enquête sur les fonds d’investissements. Les fonds d’investissements vont-ils s’ouvrir au débat politique ? De la création ou non, demain, d’une commission d’enquête parlementaire « sur la place et le rôle des fonds d’investissements dans l’économie » dépendra, pour partie, la réponse. La commission des Finances de l’Assemblée nationale statue en effet, mercredi 17 janvier à 11 heures, pour en décider. Sous l’impulsion du Collectif LBO, le texte demandant la création de la commission d’enquête a été déposé et enregistré le 5 décembre 2006 à la présidence de l’Assemblée nationale par le groupe communiste et républicain. Le texte propose qu’un travail d’investigation parlementaire soit réalisé « sur les méthodes d’acquisitions des entreprises » via la technique dite de LBO (endettement avec effet de levier - cf. encadré) et sur « les conséquences de telles pratiques sur l’emploi, les salaires et les conditions de travail ». Le projet de résolution prévoit également que la commission d’enquête planche sur des « solutions alternatives qui pourraient être mises en oeuvre à partir de la constitution d’un pôle financier public ». Pour le Collectif LBO, « la création de cette commission d’enquête est une nécessité », indique Philippe Matzkowski. Délégué syndical CGT à Eurofarad (électronique de défense), il est l’un des animateurs du Collectif LBO (lire sa tribune en page 16). « La question des LBO doit être soumise au débat politique », insiste-t-il, ajoutant qu’il s’agit d’une « question de démocratie sociale ». « Bien souvent, les salariés sont mis au pied du mur une fois que les opérations financières sont lancées et produisent leurs effets », explique-t-il. « Les fonds d’investissements pressent l’entreprise rachetée pour rembourser la dette, récupérer un maximum de trésorerie et embellissent les comptes pour la revendre souvent à un autre fonds avec une plus-value, et ce en deux ou trois ans », ajoute le syndicaliste.
Bien qu’il ait convenu du problème lors de ses
« voeux aux forces vives », Jacques Chirac « ne se prononce pas
aujourd’hui », relève dans un communiqué le Collectif LBO. « Le
Président n’a effectivement pas à prendre position sur une commission d’enquête
qui relève du pouvoir législatif », aurait répondu Julien Carmona,
conseiller économique auprès de la présidence de
Les membres du Collectif LBO organisent demain un rassemblement devant le palais Bourbon de 10 heures à 12 heures. Ce matin, ils rencontrent des parlementaires du PS et rencontreront les parlementaires UMP et UDF dans l’après-midi. Le rendez-vous avec les représentants du groupe communiste est fixé pour mercredi.
Sébastien Ganet. Article paru dans l'édition du 16 janvier 2007.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-16/2007-01-16-844022
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===è Les exilés du fric égratignés
Suisse. L’expatriation de Johnny Hallyday fait réagir. Le pays évoque l’idée d’une taxation plus élevée. Genève, correspondance particulière. Le ton monte en Suisse. Le débat sur les arrangements fiscaux accordés aux étrangers fortunés résidents (les désormais fameux forfaits) s’est en effet emballé dans le pays après l’annonce de l’exil fiscal de Johnny Hallyday à Gstaad et les déclarations fracassantes du député français Arnaud Montebourg. Reprise par la gauche helvétique (notamment par les communistes romands d’À gauche toute !), la charge contre les forfaits fiscaux a porté dans une opinion au pouvoir d’achat stagnant depuis des années et déjà secouée par les scandales des rémunérations des grands patrons. Même la nouvelle ministre fédérale de l’Économie, la démocrate-chrétienne Doris Leuthard, a tenté de rebondir sur la vague. Elle a surtout comparé la situation d’un exilé fiscal (comme Johnny) à celle d’un Suisse fortuné comme le tennisman Roger Federer, Helvète bon teint domicilié à Bâle et qui, de ce fait, est bien plus lourdement taxé. Il n’empêche. Le Conseil fédéral a réagi illico, pour rappeler sa ministre à l’ordre et mettre l’accent sur l’apport financier positif desdits forfaits (accordés dans l’ensemble à moins de 4 000 personnes, installées pour la plupart sur les bords du Léman, et qui rapportent au total près de 300 millions d’euros).
Ceux-ci sont d’ailleurs accordés, rappelle le
gouvernement, par des cantons souverains en matière de fiscalité (il y en a
26). Or un sondage récent révèle que près de 60 % des Suisses, se disent plutôt
opposés à l’octroi des forfaits. De leur côté, les cantons n’ont pas manqué de
voir leur intérêt dans ce débat.
Ramine Abadie. Article paru dans l'édition du 18 janvier 2007.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-18/2007-01-18-844167
===è LES ENJEUX DE 2007
Les riches sont-ils trop taxés par l’impôt sur la fortune ?
Après la divulgation de l’assujetissement de la candidate socialiste à l’impôt de solidarité sur la fortune, les opposants à cette taxation peinent à produire la moindre étude sérieuse. Rappel des faits : Une rumeur selon laquelle Ségolène Royal et François Hollande auraient monté une Société civile immobilière (SCI)
pour échapper à l’impôt sur les
grandes fortunes circulait depuis plusieurs mois sur Internet. Le député de
l’Aveyron Jacques Godfrain (UMP) l’a relayée et François Hollande a porté
plainte contre lui. Mardi, la candidate socialiste, dénonçant « une
campagne de racaille », a divulgué le montant de son patrimoine et annoncé
qu’elle était, avec son compagnon, assujettie à l’impôt sur la fortune.
« Je suis aisée et je pense normal de payer l’impôt sur la fortune »,
a-t-elle affirmé. Hier, les principaux candidats à l’élection présidentielle
ont déclaré leur patrimoine. Quatre d’entre eux font partie de ses 400 000
foyers fiscaux redevables de l’ISF. Que représente vraiment l’ISF ? Le
paiement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) est l’une des questions
fiscales les plus sensibles politiquement. La droite, dans une certaine mesure,
n’a pas tort quand elle argue que cet impôt, finalement, ne rapporte pas
grand-chose. Elle en profite alors pour avancer l’idée de sa suppression. Son
rendement est effectivement faible. Du fait de nombreuses exonérations et
niches fiscales, la collecte de l’ISF ne rapporte que 3 milliards d’euros au
budget de l’État en 2005, soit moins de 1 % des recettes fiscales
(source : direction générale des impôts). En France, 394 518 redevables
sont assujettis à l’ISF. Le plus intéressant est de relever l’argument
classique de la droite française. L’annonce médiatique de l’exil fiscal de
Johnny Hallyday en Suisse avait arraché des larmes à Nicolas Sarkozy, le
président de l’UMP expliquant que Johnny avait parfaitement raison car il
« y a un problème en France » sur la fiscalité des hauts revenus. Le
Parti socialiste est lui-même embarrassé. François Hollande n’a-t-il pas
déclaré qu’il fallait que « l’ISF joue son rôle de cohésion sociale, sans
pour autant favoriser l’évasion ». L’argument de la fuite des entreprises
et des talents vers d’autres pays aux traditions fiscales plus accueillantes
est une légende largement entretenue. Elle est d’autant plus entretenue que les
partisans de la suppression de l’ISF sont incapables de sortir une seule étude
sérieuse qui prouverait les dégâts économiques provoqués par l’ISF. À ce
propos, le SNUI (Syndicat national unifié des impôts) relève plusieurs points.
D’une part, les biens professionnels sont exonérés. En ce sens, rien ne laisse
donc penser que l’activité économique puisse être affectée par l’ISF (le
Conseil des impôts, dans son rapport de 2004, « La concurrence fiscale et
l’entreprise », ne dit pas autre chose). D’autre part, le rapport du
sénateur Philippe Marini (UMP), intitulé « Impôt sur la fortune ;
éléments d’analyse économique pour une réforme de la fiscalité
patrimoniale », reconnaîtrait lui-même que les évasions fiscales sont
limitées (0,12 % des redevables de l’ISF en 2003). Par ailleurs, une étude de
=====> Le patrimoine des candidats
Tour d’horizon des chiffres rendus publics. La polémique
sur le patrimoine de Ségolène Royal a braqué les projecteurs sur les biens
personnels des principaux candidats. Quatre d’entre eux sont assujettis à
l’ISF. Ségolène Royal et François Hollande se sont acquittés de 862 euros au
titre de l’impôt sur une fortune qu’ils déclarent estimée à plus de 900 000
euros, principalement en biens immobiliers (un appartement de
http://www.humanite.fr/journal/2007-01-19/2007-01-19-844256
=====> « Le caviar et
La dernière péripétie de la vie politique française n’est
pas très éloignée de la catégorie, que l’on croyait disparue, du comique
troupier : M. Arnaud Montebourg a déclaré de Ségolène Royal qu’elle
n’a « qu’un seul défaut, son compagnon ». Il a donc été sanctionné
d’une suspension d’un mois de ses fonctions de porte-parole. Il vaut mieux en
pleurer qu’en rire. D’ailleurs, le Parti socialiste n’a pas l’exclusivité de la
veine comique. Hier, messieurs Villepin et Sarkozy ont partagé un déjeuner
qualifié de « chaleureux et amical »... Il y a quelques jours encore
ces deux-là en étaient au duel jusqu’au dernier sang. Ce n’est donc pas un
chapeau qu’avale le premier ministre mais la vitrine complète du chapelier. Et
il ne manque pas de sel non plus de voir l’amicale des anciens premiers
ministres (messieurs Balladur, Juppé et Raffarin) gambader de conserve. On
pourrait encore rire des habits historiques qu’a enfilés dimanche dernier
Nicolas Sarkozy, les empruntant tour à tour à Zola, Jaurès, Blum, Guy Môquet et
bien d’autres qui nous sont si chers : ces habits-là sont trop grands pour
lui... Et curieusement personne ne se réclame de Thiers, Pétain, Massu, que sais-je
encore, qui sont laissés de côté avec ingratitude par
leur propre famille... Bref, qui peut croire que, visité par un souffle
nouveau, M. Sarkozy a troqué son atlantisme viscéral pour
l’internationalisme jauressien ? Qui peut croire que l’ardent soldat du libéralisme
pur et dur et le prophète du salut par le marché s’est converti à la cause des
travailleurs, des exploités et des opprimés ? Ne le croient que ceux qui
ont la foi du charbonnier... Les états-majors politiques dévorent chaque jour
leurs plats de sondages. Il y a pourtant deux enquêtes d’opinion pour
lesquelles ils n’ont pas manifesté assez d’appétit. La première, parue dans les
colonnes de Libération lundi dernier, indique que 34 % des personnes
interrogées souhaitent un duel Royal-Sarkozy au deuxième tour, ce qui signifie
que 66 % ne le souhaitent pas. Autrement dit, deux
Français sur trois écartent cette perspective de leur horizon. L’autre enquêt
publiée dans le Parisien, parle d’elle-même : plus de 80 % des Français
sont « fatigués » de la place occupée dans les médias par les
candidats du PS et de l’UMP. Il y a peut-être, au coeur de ces deux
investigations, les prémices d’un véritable tremblement de terre politique. Et
le débat ouvert sur les patrimoines, et la méthode par laquelle il a surgi sur
le devant de la scène, n’est certainement pas de nature à modifier la donne.
L’attaque qui a visé le couple Royal-Hollande a été portée par un individu sans
visage, à l’oeuvre à l’abri de l’anonymat d’Internet. C’est absolument
détestable et méprisable.
http://www.humanite.fr/journal/2007-01-19/2007-01-19-844310
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Firmi. C’est dans cette localité de l’Aveyron qu’a eu lieu
samedi un premier meeting pour installer la défense des services publics dans
le débat électoral. Aveyron, correspondant régional. Après Guéret dans
Le sénateur PS et fondateur de PRS, Jean-Luc Mélenchon prend appui sur le rejet massivement exprimé par la consultation des habitants de Firmi pour qualifier « d’état d’insurrection civique » cette volonté populaire et citoyenne de ne plus céder. Tout en précisant qu’il ne dit pas pour qui voter à gauche, il appelle à battre électoralement ceux qui veulent appliquer cette directive postale, « les mêmes qui privatisent EDF, GDF, et autres ». Pour le secrétaire national du PS aux services publics, Christian Martin : « Le dépérissement des services publics n’est pas une fatalité, pour cela il est nécessaire de changer la loi, donc de changer de majorité. » Le débat de la présidentielle, annonce-t-il, doit être celui de la clarification des positions respectives. « En fonction du maintien ou du démantèlement des services publics, les choix de société ne sont plus les mêmes. » Être clair à gauche aussi, ajoute-t-il, en stoppant les attaques contre les services publics, en s’engageant à les moderniser. Aller plus loin que la défense de l’existant, et se lancer dans un grand plan de reconquête et de modernisation des services publics, tel est l’enjeu que met en avant Marie-Claire Culié, membre du Conseil national du PCF en charge de ces questions. « Les services publics doivent devenir des droits inaliénables pour tous les citoyens, souligne-t-elle, et donc un levier de transformation économique et sociale qui rend possible la mise en place d’une - société progressiste. » Elle développe les conditions incontournables pour une telle visée, à savoir : servir obligatoirement l’intérêt général contre les profits ; revenir sur des privatisations et élargir à de nouveaux services publics comme ceux de l’eau, du médicament, du logement, de la petite enfance ; assurer la démocratisation de ses services. « Il n’y aura pas de démocratie réelle, participative, sans rendre le pouvoir au peuple. » (1) Fédération nationale des collectifs de défense et de développement des services publics. Alain Raynal. Article paru dans l'édition du 15 janvier 2007.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-15/2007-01-15-843958
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Syndicats. L’organisation des cadres va adresser une « interrogation écrite » aux candidats.
Décidément, la formule de Nicolas Sarkozy « travailler
plus pour gagner plus » ne fait pas recette parmi les syndicats. Hier, ce
fut au tour du président de
http://www.humanite.fr/journal/2007-01-19/2007-01-19-844249
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Les salariés revendiquent leur place dans le débat
présidentiel, pour le syndicat chrétien.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-18/2007-01-18-844165
=====>
Le syndicat prépare une « expression publique » pour la campagne électorale.
Lors d’un point de presse, Bernard Thibault a rappelé
hier que
=====>
Syndicalisation. Pour faire entendre les attentes
sociales, la confédération choisit de relancer une campagne d’adhésion.
« Continuer à poser la question du syndicalisme n’est pas contradictoire
avec la période électorale ». Au contraire, a développé hier Bernard Thibault,
secrétaire général de
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-16/2007-01-16-844034
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François Chérèque invite les candidats à se garder les slogans simplistes.
François Chérèque a profité du meeting national organisé
par
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Les principaux candidats ont réagi aux propositions de
l’Association des paralysés de France. Quelle approche du handicap pour la
prochaine législature ? UMP, UDF, PS, Verts et PCF ont répondu, hier
matin, à l’invitation de l’Association des paralysés de France (APF), auteur
d’une plate-forme de propositions (lire notre édition du vendredi 12 janvier).
Si le bilan de la loi du 11 février 2005 est jugé « globalement
positif » par la présidente de l’APF, Marie-Sophie Desaulle, l’association
souhaite que ce texte soit le dernier du genre. « Arrêtons les lois
spécifiques, ayons le réflexe handicap », a-t-elle résumé, prônant
« une politique transversale et intégrée du handicap ». Une formule
qui n’a pas trouvé d’opposition parmi les cinq représentants de candidats à la
présidence de
Pour contribuer au débat, l’APF a créé un blog : www.reflexe-handicap.org
Ludovic Tomas. Article paru dans l'édition du 18 janvier 2007.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-18/2007-01-18-844173
=====> Des moyens pour les handicapés à l’école
Éducation. Le Collectif pour le droit à l’école des enfants handicapés regrette les difficultés d’application de la loi du 11 février 2005. Souvent, l’urgence à légiférer dépasse de beaucoup l’empressement des autorités à appliquer les lois déjà votées. Grande cause nationale en 2003 et priorité affichée du président Chirac, le handicap ne semble malheureusement pas échapper à ce triste adage. Réunis hier au Sénat, l’association pour adultes et jeunes handicapés (APAJH), des organisations syndicales enseignantes et des associations de parents d’élèves, rassemblées au sein du Collectif pour le droit à l’école, ont en effet pointé les difficultés dans l’application de la loi du 11 février 2005, qui prévoit l’inscription de l’enfant handicapé dans l’école la plus proche du domicile. Manque d’information, effectifs spécialisés insuffisants, déficit de formation sont les trois principaux écueils mis en avant par le collectif, qui évalue à environ 160 000 le nombre d’enfants et d’adolescents handicapés scolarisés (et entre 10 000 et 15 000 ceux qui ne le sont pas). « Il y en avait seulement 87 000 en 2002, c’est donc un réel progrès, note le SE-UNSA. Le problème, c’est que le nombre d’enseignants spécialisés, lui, n’est passé que de 36 000 à 37 000 pendant la même période. » L’accompagnement, souvent indispensable, des élèves en situation de handicap, n’est, lui non plus, pas à la hauteur. « Sur 4 800 postes d’auxiliaires de vie scolaires (AVS), seuls 4 500 sont aujourd’hui occupés, et pas forcément à temps plein », fustige Marc Douaire, du SGEN-CFDT. Pire, ces AVS sont aujourd’hui remplacés par des emplois de vie scolaire (emplois aidés Borloo), « emplois précaires, payés au SMIC, sans formation ni perspective d’emploi ». Réclamant au contraire « une politique ambitieuse », le collectif a donc formulé cinq « priorités » : information ; formation ; recrutement ; effort sur les enseignants référents, qui coordonnent la scolarisation ; et enfin renforcement du partenariat entre le monde enseignant et les personnels de santé. Le tout sous « le pilotage du ministère de l’Éducation », qui aurait, selon les membres du collectif, plutôt tendance à « se défausser de ses responsabilités » sur les toutes nouvelles maison départementales des personnes handicapées. Alexandre Fache. Article paru dans l'édition du 17 janvier 2007.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-17/2007-01-17-844118
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Invités lors des états généraux de la condition pénitentiaire à se prononcer sur une future réforme des prisons, les candidats à la présidentielle ont rendu leur copie. Les faits. Le 14 novembre dernier, les états généraux de la condition pénitentiaire faisaient le bilan de la consultation inédite menée, pendant plusieurs mois, auprès de magistrats, avocats, personnel pénitentiaire, associations, mais aussi de quelque 15 000 détenus. Au final, dix propositions, devant servir de socle à une future réforme pénitentiaire, ont été formulées (lire encadré). Et aussitôt soumises à l’appréciation des candidats à la présidentielle. Une manière d’inviter ces derniers à s’engager publiquement sur la question cruciale des prisons. Et à prendre date. Après deux mois d’attente, l’ensemble des réponses ont été présentées hier. Il y a ceux qui adhèrent - totalement. Celui qui y va à reculons. Celui qui dit non. Et celui qui ne répond pas. Invités par les organisateurs des états généraux de la condition pénitentiaire (1) à se prononcer sur une future réforme des prisons, les principaux candidats à l’élection présidentielle ont rendu leur copie. Des réponses - sorte de profession de foi - qui ont été présentées hier lors d’une conférence de presse au Sénat. Tous ont joué le jeu. Sauf un : Philippe de Villiers, dont les associations n’ont jamais eu de nouvelles. « Le silence est sa seule position, a déploré Robert Badinter, ancien garde des Sceaux et parrain de l’opération. Apparemment, il n’y a pas de prison en Vendée ! » Sur les neuf autres, sept d’entre eux souscrivent pleinement aux dix propositions formulées par les états généraux en novembre dernier. C’est le cas de Ségolène Royal, qui, étonnement, ne parle plus d’encadrement « à dimension militaire » pour les jeunes délinquants. « Il faut rompre avec la politique du "toujours plus d’enfermement" qui veut nous faire croire que "plus de prison... c’est plus de sécurité" », écrit la candidate socialiste. À ses yeux, « le système pénitentiaire fonctionne aujourd’hui dans une contradiction permanente : à l’écart des règles et exigences de la société libre, il est supposé permettre aux personnes détenues de retrouver le chemin d’une vie responsable et respectueuse du droit ». Pour y remédier, elle s’engage donc à « mettre en oeuvre » l’ensemble des propositions des états généraux. Même approbation pour Marie-George Buffet. « Si le peuple français me confie des responsabilités, je ferais miennes les propositions du manifeste des états généraux de la condition pénitentiaire, promet la secrétaire nationale du PCF. Ces principes - devront être inscrits dans une nouvelle loi pénitentiaire qui devra être adoptée très rapidement par le Parlement qui sera issu des prochaines élections. » La candidate antilibérale préconise, en outre, de s’interroger « sur le sens de la perpétuité et des peines de sûreté supérieures à quinze ans ». François Bayrou, Olivier Besancenot, Dominique - Voynet ou encore Corinne - Lepage, adhèrent tout autant aux préconisations des états généraux. Que ce soit sur le contrôle externe des prisons, sur la nécessité de faire de la préparation à la sortie l’une des missions fondamentales de l’administration pénitentiaire, ou encore sur le respect des droits des détenus. Au fond, seules deux - réponses sortent du lot : celles de Jean-Marie Le Pen et - Nicolas Sarkozy. Le patron du Front national rejette en bloc les propositions. Et l’idée de consacrer la privation de - liberté comme une sanction de « dernier recours » lui soulève carrément le coeur. « Déjà beaucoup de délits ne sont pas sanctionnés par la détention », s’insurge le leader frontiste. Qui prône, au contraire, un « grand programme de construction de prisons et de rénovation ». Une vision immobilière de la question pénitentiaire pas vraiment éloignée de celle du président de l’UMP. « Depuis vingt-cinq ans, écrit Nicolas Sarkozy, ce sont les gouvernements de droite qui ont le plus agi en faveur des prisons. » Comprendre : qui ont augmenté le nombre de places. Et de rendre un hommage appuyé aux vagues de construction successives : Chalandon, Méhaignerie, Perben... Des propos qui ont laissé Robert Badinter dubitatif : « S’il suffisait d’aligner les mètres carrés de cellules pour régler le problème, les États totalitaires seraient les champions de la condition pénitentiaire ! », a commenté hier l’ancien garde des Sceaux. Pour le reste, Nicolas Sarkozy répond à côté. Lui qui n’a eu de cesse, ces dernières années, de durcir la justice pénale et de honnir les « juges laxistes », se paie même le luxe de regretter « le trop grand recours à la détention provisoire » ! Il propose de réserver celle-ci aux « cas d’atteinte ou de menace à l’intégrité physique ». Commentaire agacé de Badinter : « Il y a des entreprises criminelles très organisées dont la gravité - sociale est bien supérieure à celui qui se laisse aller à la violence sur un trottoir... » Au final, les états généraux se veulent optimistes. « Pour chacun des sept candidats qui ont signé la déclaration, souligne l’analyse des réponses, cet engagement ne constitue pas un consensus à minima mais témoigne d’une volonté claire de rupture avec le fonctionnement actuel de nos prisons, d’un accord sur le diagnostic posé sur notre système carcéral et sur les fondements de la réforme à accomplir. » Les associations assurent qu’elles seront - attentives tout au long de la campagne présidentielle. Et promettent de solliciter les candidats aux législatives - sauf ceux du MPF de Philippe de Villiers ! - pour qu’ils s’engagent tout autant. Laurent Mouloud. Article paru dans l'édition du 17 janvier 2007. http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-17/2007-01-17-844104
=====> Les dix propositions
w La peine privative de liberté doit être une sanction de dernier recours.
w Les personnes dont l’état de santé, psychique ou physique, est incompatible avec la détention doivent être libérées (...) Les auteurs d’infraction souffrant de graves troubles psychiatriques doivent être pris en charge dans des structures de soins adaptés.
w Les règles en prison doivent être conformes aux principes d’une société démocratique.
w Reconnaissance de l’ensemble des libertés et droits fondamentaux des personnes détenues, à l’exception de la liberté d’aller et venir, et des droits qu’une décision de justice leur aurait retirés.
w La loi organise et garantit le droit à la santé, à l’hygiène, au maintien des liens familiaux et des prestations sociales, à l’éducation, au travail, à la formation et l’insertion sociale et professionnelle des personnes détenues.
w Les sanctions disciplinaires respectent le principe du procès équitable et sont susceptibles de recours.
w Instauration d’un organe de contrôle extérieur.
w La préparation et l’accompagnement du détenu à la libération sont des missions fondamentales de l’Administration pénitentiaire.
w Le Parlement doit évaluer les politiques pénitentiaires.
w La loi doit prendre en compte la condition des personnels pénitentiaires.
Article paru dans l'édition du 17 janvier 2007.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-17/2007-01-17-844100
=====> « Consensus républicain »
L’opinion de Robert Badinter, parrain des états généraux.
---- Comment appréciez-vous les réponses des candidats ?
Robert Badinter. Si l’on analyse les réponses, on s’aperçoit que la grande - majorité des candidats adhèrent totalement à nos propositions. On retrouve l’ensemble des sensibilités de gauche, auxquelles s’ajoutent François Bayrou et Corinne Lepage. C’est ce que j’appellerai le socle du changement. Concernant Nicolas Sarkozy, il refuse d’adhérer à notre - déclaration. Cependant, il fait sien plusieurs points essentiels. Il est notamment d’accord sur le principe d’une loi pénitentiaire et sur l’instauration d’un contrôle extérieur des prisons. Certes, il refuse de s’engager sur le fait - marqué politiquement - de faire de la prison la sanction de « dernier recours ». Mais sur la nécessité d’améliorer le sort des personnes détenues, il est d’accord. Il existe donc un consensus républicain. Quel que soit le vainqueur de la présidentielle, il y aura donc nécessairement une transformation, si ce n’est de la politique pénale, du moins des conditions pénitentiaires. Car je n’imagine pas qu’après cette prise de position - publique les candidats se - dérobent...
---- Comment allez-vous poursuivre votre action ?
Robert Badinter. Notre démarche ne se limite pas aux élections présidentielles. Nous réitérerons l’opération pour les législatives. Chaque candidat, par le biais de son parti, sera ainsi invité à prendre publiquement position. Nous aurons ainsi une prise de position claire et - solennelle de la part de l’ensemble du Parlement qui reste, au demeurant, celui qui adopte les lois. Ces promesses, faites sur la base de propositions précises, engageront ceux qui les ont faites. Quels que soient les nouveaux président, premier ministre et garde des Sceaux, ils auront notre visite, nous ne les quitterons plus. La question de la condition pénitentiaire est une urgence - humaine brûlante. Il faut y remédier immédiatement. La discussion au Parlement doit intervenir dès la rentrée 2007. Elle doit être la priorité de l’action de tout gouvernement. On n’a donc pas fini de nous retrouver.
Propos recueillis par L. M. Article paru dans l'édition du 17 janvier 2007.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-17/2007-01-17-844102
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Faute d’innovation audacieuse et de proportionnelle à
toutes les élections,
===è La proportionnelle, sésame de la parité
Le projet contient quand même quelques avancées, avec l’élection des exécutifs des régions et des villes de plus de 3 500 habitants à partir de listes à obligation paritaire. Quant à l’élection des conseillers généraux, elle se fera désormais sur la base d’un titulaire et d’un suppléant de sexe opposé pour être valide. Le projet prévoit également de renforcer les sanctions financières à l’encontre des partis qui ne respecteront pas la parité dans la répartition des circonscriptions aux législatives de 2012 ! Pour de nombreux et de nombreuses parlementaires, les propositions ne vont pas assez loin. Elles restent notamment en deçà des propositions formulées par la délégation sénatoriale aux droits des femmes (voir ci-dessous) et de certains des quatorze textes déposés par des sénateurs et des sénatrices, avant que le chef de l’État et le gouvernement ne se décident à inscrire un projet de loi sur ce sujet à l’ordre du jour. En particulier, le texte gouvernemental laisse de côté les demandes des sénatrices communistes Hélène Luc et Annie David d’étendre le scrutin à la proportionnelle qui, seul, « permet véritablement la parité ». Pourtant l’élection des conseils régionaux, des conseils municipaux des villes de plus de 3 500 habitants et du Parlement européen l’ont bien montré : les progrès les plus spectaculaires obtenus grâce aux nouvelles obligations de parité décidées par la gauche en 1999 et 2000 (révision constitutionnelle puis loi sur la parité proprement dite) ont en effet été enregistrés dans ces instances élues à la proportionnelle intégrale. Entre les renouvellements des conseils régionaux de 1998 et de 2004 (c’est-à-dire avant et après les lois sur la parité), le pourcentage de femmes est passé de 27,5 % à 47,6 % en leur sein. Chez les eurodéputé(e)s français(e)s, l’avancée est remarquable aussi, avec une féminisation passant de 21 % en 1989 à 43,6 % en 2004. Quant aux communes de plus de 3 500 habitants, la part de femmes est aujourd’hui de 47,4 %, contre 30,1 % dans celles de taille - inférieure. Le secret de tels résultats ? Un scrutin de liste proportionnelle, avec obligation d’alternance stricte entre les candidats de chaque sexe. En - revanche, dans les scrutins uninominaux comme les législatives, les recettes à base de pénalités financières ont montré leurs limites. L’UMP, l’UDF et, dans une moindre mesure, le PS préfèrent payer des amendes plutôt que de respecter la loi. Moins de 20 % de candidates ont été présentées par les deux partis de droite à la députation en 2002 et 34,6 % par le PS. À l’inverse, le PCF et les Verts donnent l’exemple avec respectivement 44,7 % et 49,2 % de candidates. Les partis représentés à l’Assemblée ont déboursé 6,7 millions d’euros de pénalités prises sur leur part de financement public pour s’être délestés de leurs obligations, dont 4,3 millions pour la seule UMP. Ce qui n’empêche pas le parti de Nicolas Sarkozy de - recommencer, en décidant de ne présenter que 30 % de candidates titulaires cette année. Résultat, en dépit de la loi, seulement 12,2 % des députés sont des femmes. Une proportion qui n’a quasiment pas bougé en dix ans (10,9 % en 1997). Idem pour les conseillers généraux, eux aussi élus au scrutin uninominal. Les femmes - représentent 10,9 % de ceux renouvelés en 2004, à peine plus qu’en 1998 (8,6 %).
===è Régression gouvernementale
Reste le Sénat, un cas à part avec un mode de scrutin
mixte, proportionnel ou majoritaire, selon le nombre de sièges à pourvoir par
département, depuis la loi sur la parité de 2000. Grâce à l’introduction de la
proportionnelle, la proportion de femmes est - passée de 5,3 % à 16,9 % entre
1998 et 2004. Une évolution freinée par le long cycle de renouvellement de
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-18/2007-01-18-844176
=====> Des recommandations parlementaires souvent ignorées
Le gouvernement a laissé de côté de nombreuses propositions de la délégation sénatoriale aux droits des femmes, saisie du projet de loi. Créées par la loi en 1999, les délégations parlementaires (une par - assemblée) aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes font part de leurs - recommandations au gouvernement. Celle du Sénat, présidée par Gisèle Gautier (UMP), a remis les siennes à l’occasion de la venue en - discussion du projet de loi sur la parité. Si certaines sont reprises dans le texte, d’autres ont été purement et simplement ignorées. Voici quel-ques-unes des propositions versées au débat par la délégation : abaisser de 3 500 à 2 500 habitants le seuil d’application du scrutin de liste avec obligation de parité pour les élections municipales ; étendre la portée de la disposition du projet de loi tendant à doter le conseiller général d’un suppléant de sexe différent, en prévoyant que le suppléant sera appelé à remplacer le titulaire dans tous les cas de vacance du mandat, et non uniquement dans l’éventualité d’un décès ; instituer une limitation du cumul des mandats dans le temps en limitant à trois le nombre de mandats consécutifs de même nature ; mettre en place des dis- positions destinées à faciliter l’exercice d’un mandat, ce qui permettra aux femmes de mieux concilier celui-ci avec leur vie professionnelle et - familiale ; prévoir, en faveur des élu(e)s locaux, un dispositif de dédommagement systématique des frais de garde d’enfants, ou d’assistance à des personnes dépendantes, liés à l’exercice du mandat ; assurer une application effective des dispositifs de formation prévus en faveur des élu(e)s locaux ; faciliter la réinsertion professionnelle des élu(e)s à l’issue de leur mandat, grâce à la validation des acquis de l’expérience et à l’extension aux autres élu(e)s du mécanisme de suspension du contrat de travail déjà prévu pour les parlementaires ; améliorer le régime de - retraite des élu(e)s locaux, en autorisant ceux qui cessent leur activité professionnelle au cours de leur mandat à cotiser aux - régimes facultatifs de retraite ; établir des statistiques précises concernant la présence des femmes au sein des assemblées délibérantes des établissements publics de - coopération intercommunale (EPCI) ; instaurer la parité au sein des assemblées délibérantes et des exécutifs des EPCI. Article paru dans l'édition du 18 janvier 2007. http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-18/2007-01-18-844177 - Voir le site : http://www.humanite.fr et le site des Amis de l'Humanité : http://www.amis-humanite.com/ - 32, rue Jean JAURES 93528 Saint Denis Cedex tél. 01 49 22 74 17 fax: 01 49 22 74 00
Pour Jean-Marc Durand, spécialiste de la fiscalité, dirigeant du PCF, l’allégement des charges contribue à la régression économique et sociale. Il plaide pour une part plus grande des impôts progressifs dans les recettes de l’État. Les faits. Il aura suffi d’un entretien accordé par François Holande sur l’arrêt des allégements fiscaux au-delà de 4 000 euros mensuels net par contribuable célibataire - 8 000 euros pour un couple sans enfant, et 12 000 euros pour un couple avec deux enfants - pour que la droite, en particulier Jean-François Copé, lance une polémique : « Le PS veut augmenter les impôts sur les couches moyennes », s’est-il écrié, relayé par une partie des médias. Lesquels ont aussitôt cru déceler une friture sur la ligne entre la candidate et le premier secrétaire. La droite ne pouvait évidemment pas attaquer les ambiguïtés réelles du PS sur l’impôt sur les revenus financiers. Le résultat est néanmoins un coup de projecteur sur les propositions socialistes, au moment où Ségolène Royal est accusée de trop prolonger sa « phase d’écoute » au détriment de propositions concrètes. Hier, François Hollande, taclé la veille par Dominique Strauss-Kahn rêvant toujours d’un parti réformiste à tendance sociale libérale, a précisé : « La candidate arbitrera » sur le placement du curseur. Deuxième point : selon lui, le PS ne veut pas augmenter les prélèvements obligatoires ni l’impôt sur le revenu, mais entend revenir sur les avantages accordés aux deux tranches supérieures. Il faut, a-t-il dit, une « réforme fiscale globale, plus juste et plus efficace visant à rendre du pouvoir d’achat, et réformer l’ensemble des prélèvements ». D. B.
===è Le PS vient de relancer le débat sur la fiscalité en se proposant de revenir sur les baisses d’impôts pour les contribuables les plus aisés. Nicolas Sarkozy veut au contraire aller plus loin. Comment vous positionnez-vous dans ce débat ?
--- Jean-Marc Durand. Le PS ne peut pas ne pas constater qu’il y a un besoin de recettes supplémentaires pour l’État, sauf à s’engager dans des restrictions budgétaires terribles pour l’avenir. Et la fiscalité est en effet un moyen de peser sur le montant de ces recettes. De manière évidente, il faut revenir sur la réforme- fiscale engagée par la droite depuis son arrivée au pouvoir, mais aussi sur des réformes qui ont été portées depuis une vingtaine d’années. Cette logique de « défiscalisation » est en effet à l’oeuvre depuis le milieu des années quatre-vingt. Il y a besoin de redonner à la fiscalité toute sa place dans le financement des budgets publics.
===è Ségolène Royal pose d’emblée une limite en affirmant que la fiscalité ne doit pas « décourager le travail », et pour Dominique Strauss-Kahn, il est hors de question d’augmenter les prélèvements obligatoires...
--- Jean-Marc Durand. Avec ces déclarations, on se situe
dans la même logique, celle du toujours moins. Une logique mortifère,
contribuant à l’assèchement des recettes, à la mise en difficulté des budgets
publics et sociaux, donc à une incapacité grandissante pour la sphère publique
d’intervenir dans le développement économique et social du pays. Ceux qui
gagnent le plus à la baisse des prélèvements, ce sont les financiers, en aucun
cas les citoyens du pays, ni la capacité d’adaptation, de développement du
pays. On peut évaluer le montant total des allégements de charges fiscales et
sociales, depuis le milieu des années quatre-vingt, à environ 400 milliards
d’euros. Soit, à une dizaine de milliards d’euros près, le montant de
l’augmentation de la dette publique de
===è Quelle autre type de - réforme préconisez-vous ?
--- Jean-Marc Durand. Il s’agit de redonner au produit des impôts progressifs une part beaucoup plus importante dans les recettes de - l’État. Pour cela, on peut jouer sur le taux et sur l’assiette. Il faut revoir la progressivité de l’impôt sur le - revenu, par un plus grand nombre de tranches (on pourrait le doubler), et porter le taux sommital à 55 %. S’agissant de l’ISF, il faudrait en multiplier le taux par deux, voire par trois. Quant aux droits de succession, que Sarkozy veut supprimer, il faut redéfinir une progressivité plus étalée, permettant de ne pas prélever trop fortement sur les petits patrimoines, par exemple en tenant compte du niveau de vie des bénéficiaires de la succession, et par contre, une imposition plus forte pour les transmissions les plus élevées.
L’impôt sur les sociétés devrait être soumis aussi à un impôt progressif, au lieu du taux unique actuel (33,33 %), tout en lui faisant jouer un rôle incitatif : la progressivité serait modulée en fonction de la part des bénéfices réinvestis par les entreprises dans le développement de l’emploi, de l’outil industriel et de la formation, par rapport aux bénéfices distribués.
===è Vous voulez aussi faire évoluer l’assiette pour augmenter le rendement de l’impôt. Comment ?
--- Jean-Marc Durand. En ce qui concerne l’impôt sur le revenu, il faudrait intégrer au barème les revenus issus des cessions de parts sociales, donc des plus-values financières réalisées. Supprimer aussi le crédit d’impôt instauré par Jean-Pierre Raffarin, en remplacement de l’avoir fiscal, sur les revenus de capitaux mobiliers. Pour ce qui est de l’impôt sur les sociétés (IS), il faudrait revenir sur les dispositifs dérogatoires (niches fiscales, amortissements dégressifs, etc.) qui en rognent considérablement l’assiette. Et qui font que, au final, le taux de l’IS, officiellement de 33,33 %, n’est en réalité que d’environ 15 %. Élargir l’assiette implique également de faire sauter le « bouclier fiscal », dont les plus gros bénéficiaires ne sont pas plus de 95 000 personnes, soit 10 % des revenus les plus élevés en France. La taxe professionnelle devrait, par ailleurs, participer à une réorientation de l’économie, en s’appliquant aux placements financiers. Enfin, je veux souligner que le moyen d’élargir l’assiette et d’augmenter finalement le produit des recettes fiscales passe par le retour à un bon niveau de salaires, à la création d’emplois. Entretien réalisé par Yves Housson. Article paru dans l'édition du 16 janvier 2007. http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-16/2007-01-16-844033
=====> Revue de programmes
Que proposent les principaux partis et candidats à l’élection présidentielle ?
Le parti de Nicolas Sarkozy reste dans le flou. Il
suggère de « configurer notre système fiscal en fonction de nos valeurs en
encourageant notamment le travail, la prise de risque, la famille ». À
l’instar du traité constitutionnel européen, le projet législatif de l’UMP
propose de graver la politique fiscale dans le marbre de notre Constitution en
y introduisant « un taux maximum de prélèvements obligatoires à l’échelle
de la nation ». « La piste de l’exonération totale ou partielle de la
résidence principale » dans le calcul de l’ISF est avancée pour les
ménages qui « n’ont pas de fortune » par ailleurs. L’impôt sur les
sociétés serait également réduit. Ces deux dernières dispositions figurent
également dans les objectifs du Front national qui veut baisser la taxation des
entreprises jusqu’à seulement 10 % du bénéfice. Jean-Marie Le Pen, qui rêve
d’une disparition pure et simple de l’impôt sur le revenu (lire l’Humanité
d’hier), commencerait par - diminuer le nombre de tranches (quatre, de 0 % à 20
%). À l’UDF, le - programme fiscal est pavé de bonnes intentions dont les mots
clefs sont « stabilité », « harmonisation », « simplification »
et « écologie ». Concernant l’ISF, François Bayrou est - partisan
d’« un prélèvement de seulement 1 pour 1 000 sur les patrimoines au-dessus
de 750 000 euros, (qui) - rapporterait 3 milliards, à peu près l’équivalent de
l’ISF - aujourd’hui ». Le Parti socialiste veut rendre la « fiscalité
plus redistributive et plus transparente ». La méthode : instaurer un
« impôt citoyen » né de la fusion de l’impôt actuel sur le revenu et
Pour Marie-George Buffet, unes des visées de la grande
réforme fiscale à mener est « d’aller vers le doublement de la part des
prélèvements progressifs dans les recettes budgétaires, et de réduire
corrélativement le poids des contributions proportionnelles, comme
Article paru dans l'édition du 16 janvier 2007.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-16/2007-01-16-844032
=====> Royal contre la hausse des impôts
Parti Socialiste. la candidate à la présidentielle se prononce pour un simple rééquilibrage des prélèvements obligatoires. Ségolène Royal, a pris le contre-pied de François Hollande sur la question de la fiscalité. Alors que le premier - secrétaire du PS s’est déclaré favorable, en cas de victoire lors des échéances électorales, à une hausse des impôts pour les revenus se - situant au-delà du seuil de 4 000 euros nets par mois et par personne, la candidate socialiste a affirmé qu’« il n’y aura pas de fiscalité nouvelle qui sera interprétée comme un élément qui décourage le travail et l’effort ». Expliquant « que la question fiscale est au service d’un projet national », elle a précisé ses intentions. « II faudra rééquilibrer la fiscalité, l’alléger sur le travail, et peut-être la renforcer sur le capital si l’on veut résorber les déficits », soutient-elle. « Mais, prévient-elle, cela se fera sans augmentation des prélèvements obligatoires, dans une autre répartition ». Autrement dit, hors de question, en cas de victoire à la présidentielle, d’augmenter les - impôts, même pour les plus aisés, comme a semblé le suggérer François Hollande. Ségolène Royal a enfin annoncé avoir confié une mission sur la fiscalité à Dominique Strauss-Kahn et au député fabiusien, Didier Migaud, « pour établir un diagnostic et des propositions sur l’efficacité de la dépense publique » et « sur les réformes du système de prélèvements favorables à l’emploi, au pouvoir d’achat, à la justice sociale, à l’efficacité économique et à l’innovation ». Si la candidate a pris soin de ménager le premier secrétaire de son parti, en se déclarant « comme François Mitterrand, (...) respectueuse de la liberté d’opinion », son entourage n’en a pas fait de même. Ainsi, le numéro 2 du PS, François Rebsamen qui est également son codirecteur de campagne, a prévenu que la « candidate a sa liberté, son rythme de campagne, sa stratégie et rien ne l’en fera dévier ». Et de conclure par un rappel à l’ordre : « Le premier secrétaire du PS, lui, est le gardien vigilant du projet mais il ne faut pas aller plus loin que le projet ». Ces divergences entre socialistes ont fait le bonheur de la droite. Ainsi, L’UMP a dénoncé la « fiscacophonie actuelle du Parti socialiste ». Le parti présidé par Nicolas Sarkozy et la plupart de ses dirigeants ont réaffirmé leur engagement en faveur de nouvelles baisses de l’impôt sur le revenu et sur l’ISF.
Pierre-Henri Lab. Article paru dans l'édition du 15 janvier 2007.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-15/2007-01-15-843951
=====> Quand le porte-parole désinforme
En alimentant une polémique à propos de la proposition de
François Hollande de revenir sur les baisses d’impôt à partir d’un revenu
mensuel de 4 000 euros (voir l’Humanité de samedi), Jean-François Copé, le
porte-parole du gouvernement, a été pris en flagrant délit de désinformation.
D’abord par la direction de
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-15/2007-01-15-843953
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À Vitry et à Ivry, la mobilisation des enseignants, des
parents, des élus a porté ses fruits. Deux pères de famille ont échappé à
l’expulsion. Ce n’est pas en Algérie que Hocine Ghafsi s’est retrouvé, mardi
matin, mais chez lui, à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), où sa famille séjourne
depuis 2003. Sans papiers, ce père de trois enfants a été remis en liberté,
après avoir passé une semaine en centre de rétention à Créteil. Il devait être
expulsé vers son pays d’origine mais une décision rendue par le tribunal
administratif de Melun a annulé l’arrêté de reconduite à la frontière (APRF)
dont il faisait l’objet. Au cours de cette même audience, Ali Taleb, lui aussi
père de famille résidant à Ivry, et lui aussi défendu par un mouvement de
solidarité, a bénéficié de la même décision de justice. Ce jour-là, se
trouvaient aux côtés de ces deux hommes des militants de
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-18/2007-01-18-844194
=====> Un rouage de plus dans la machine xénophobe
Expulsions. Depuis le 1er janvier, il est encore un peu plus facile d’expulser les étrangers sans titre de séjour. Une nouvelle abréviation vient d’apparaître dans le vocabulaire déjà passablement ésotérique du droit des étrangers : l’OQTF, l’obligation de quitter le territoire français. Enfant de la loi du 24 juillet 2006 relative à l’immigration et à l’intégration, cette disposition peut être assortie, par les préfectures, à toute décision de refus de titre de séjour prise après le 1er janvier 2007. Elle n’est pas automatique, mais quand elle est prise, elle est valable un an, elle est précisée par la désignation du pays de destination et elle rend l’éloignement forcé exécutoire au bout d’un mois. Ce délai doit permettre soit d’organiser le départ, soit de déposer un recours auprès du tribunal administratif contre les trois décisions : refus, choix du pays et obligation de partir. Les associations de défense des étrangers (1) qui en expliquaient le fonctionnement, avant-hier, insistaient sur le caractère parfaitement dérogatoire au droit de cette disposition et dénonçaient le laps de temps excessivement court pour trouver association et/ou avocat pour organiser un recours qui doit être formulé et motivé avec une telle précision que seuls des spécialistes peuvent s’en dépêtrer. En effet, si le recours est mal formulé et si l’on n’a pas précisé qu’on apporterait, dans les quinze jours, un mémoire complémentaire, le dossier risque de faire l’objet d’une « ordonnance de tri » : il sera refusé sans véritable examen et sans entretien complémentaire. Après, il n’y a plus aucune solution de repêchage, même pas en centre de rétention. Si l’étranger est arrêté avant que le tribunal ne se soit prononcé sur son dossier, il sera conduit en centre de rétention et le juge, unique, aura soixante-douze heures pour rendre sa sentence. Dans les deux cas de figure, les juges se prononceront sur la situation de l’intéressé au moment où la préfecture a décidé le rejet de sa demande. Si, entre-temps, il s’est marié, a eu des enfants, a trouvé une promesse d’embauche, rien de tout cela n’entrera en ligne de compte. Si le refus de titre de séjour, après le 1er janvier, n’est pas assorti d’une OQTF, l’étranger n’est pas en sécurité pour autant. Il tombe alors dans le droit pénal pour séjour irrégulier sur le territoire et encourt, alors, un an de prison et trois ans d’interdiction du territoire. Pour compliquer encore les choses, il faut savoir que les arrêtés de reconduite à la frontière existent toujours et que les préfectures les utilisent pour les refus de séjour liés à la circulaire sur les enfants scolarisés. Une déviation du droit, selon les juristes des associations, qui s’interrogent aussi sur la compatibilité de ces dispositions avec le droit communautaire et fustigent une atteinte systématique au droit à une justice et une défense équitables. (1) Avocats pour la défense des droits des étrangers, Fédération des associations de soutien des travailleurs immigrés, Droits d’urgence, CIMADE, GISTI, LDH, MRAP.
Émilie Rive. Article paru dans l'édition du 18 janvier 2007.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-18/2007-01-18-844195
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Décidées à agir, les fédérations syndicales sont divisées
sur les dates.
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Agriculture. À l’initiative du collectif Paysans
toujours, cinq tracteurs vont traverser
http://www.humanite.fr/journal/2007-01-19/2007-01-19-844252
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L’immigration a amorcé une légère baisse entre 2004 et
2005, après s’être ralentie entre 2003 et 2004. Une inflexion qui serait due
essentiellement à la diminution du regroupement familial, selon le rapport
annuel de
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-15/2007-01-15-843970
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Ils critiquent la réforme de l’indemnisation des
conseillers. Dans un bel élan unitaire, les unions régionales CGT, CFDT, CFTC,
FO, CFE-CGC, UNSA et Solidaires ont demandé hier au gouvernement de ne pas
promulguer les décrets d’application d’une réforme de l’indemnisation de
l’activité prud’homale. Ce texte, inséré dans la loi sur la participation du 30
décembre, prévoit notamment le plafonnement du temps consacré à la rédaction
des jugements. Cela « remettrait en cause la qualité des décisions des
conseils des prud’hommes », ont déclaré les syndicats lors d’une
conférence de presse. « Les conseillers élus devraient rédiger leurs
jugements en trois heures, alors qu’ils ne bénéficient que de six semaines de
formation par mandat de cinq ans, et que les affaires sont de plus en plus
complexes », ont-ils ajouté. Les syndicats demandent l’ouverture des
négociations portant, entre autres, sur la reconnaissance et l’indemnisation de
« toutes les activités juridictionnelles et administratives et des frais
de déplacement ». Ils envisagent un rassemblement « uni-taire »
devant le ministère de
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-18/2007-01-18-844184
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Embauchée en CNE puis en formation payée par les ASSEDIC, cette salariée a été remerciée brutalement après avoir refusé des heures supplémentaires. Cette fois-ci, elle se retrouve de l’autre côté de la barrière. Conseillère prud’homale CGT à Paris depuis 2002, et plus jeune conseillère de France avec ses vingt-neuf ans, Myriam Attieh-Calderon vient de saisir les prud’hommes de Créteil pour rupture abusive de CNE (contrat nouvelle embauche), dans une affaire l’opposant à la société World GSM. Cette petite entreprise de vente de téléphones portables par Internet, basée dans le 15e arrondissement de Paris, embauche la jeune femme le 4 septembre dernier, en CNE. « Je connaissais la précarité liée à ce contrat, mais après un an et demi de chômage, ma priorité était de travailler », raconte Myriam Attieh-Calderon. Première entorse, elle passe ses journées à répondre aux appels téléphoniques des clients, alors qu’elle a signé un contrat pour un poste d’administratrice des ventes. Après dix jours de travail, la directrice de la société, Mme Ainouz, lui propose de l’intégrer à un dispositif de formation financé par les ASSEDIC. Cette « action de formation préalable à l’embauche » (AFPE) prévoit que le chômeur suit une formation de trois mois maximum dans l’entreprise, laquelle, « si le niveau requis est atteint », doit ensuite l’embaucher en CDI ou en CDD d’au moins six mois. Un système plus qu’intéressant pour la société : elle perçoit jusqu’à 1 500 euros des ASSEDIC en compensation des frais de formation, et ne verse rien au chômeur qui continue de toucher son allocation chômage. « Je ne voulais pas entrer dans ce dispositif puisque j’avais déjà un contrat de travail, affirme la jeune femme. Mais je n’ai pas eu le choix. Le 18 septembre, nous avons signé une convention AFPE pour deux mois de formation. Comme une AFPE est normalement préalable à l’embauche, la directrice a déchiré le CNE et nous avons signé un nouveau CNE qui devait commencer le 6 novembre, à l’issue de ma formation. »
===è FORMATION SUR LE TAS
En fait de formation, la salariée affirme qu’elle a simplement « travaillé deux mois gratuitement », en se formant « sur le tas ». Mais fin octobre, un litige l’oppose à la direction. « Mme Ainouz et son frère, PDG de la société, ont convoqué la dizaine de salariés pour nous informer que nous n’aurions plus qu’une heure de pause à midi, ce qui signifiait 42 heures de travail par semaine au lieu des 39 prévues dans le contrat, raconte Myriam. J’ai accepté à condition de récupérer ces heures, ce qui m’a été refusé. Le 30 octobre, j’envoie à Mme Ainouz un e-mail de protestation. Le lendemain, elle m’adresse une lettre mettant fin à la formation, me reprochant mon comportement et mon incapacité à apprendre. Si j’étais si nulle, pourquoi m’avoir gardé deux mois, pourquoi mversé 500 euros de prime en tout ? » Contactée par l’Humanité, la directrice n’a pas souhaité s’exprimer sur cette affaire.
===è la société a occulté deux CNE signés
En mettant fin à l’AFPE, la société a occulté l’existence des deux CNE signés, qui n’ont pas été rompus selon la procédure légale de licenciement. Par ailleurs, le statut de conseiller prud’homal impliquait une demande d’autorisation de licenciement auprès de l’inspection du travail. Autant d’éléments portés devant les prud’hommes par Myriam, qui demande des indemnités pour rupture abusive de contrat et pour travail dissimulé pour la période de deux semaines entre la signature du premier CNE et celle de l’AFPE. La jeune femme a également alerté les ASSEDIC sur l’utilisation abusive du dispositif AFPE par World GSM. Les ASSEDIC ont saisi leur service de prévention des fraudes et alerté l’agence ANPE à l’origine de la convention. La semaine dernière, lors de l’audience de conciliation aux prud’hommes, Mme Ainouz n’a pas voulu transiger. L’affaire passera en septembre en bureau de jugement.
Fanny Doumayrou. Article paru dans l'édition du 16 janvier 2007.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-16/2007-01-16-844035
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HABITAT. Le texte, présenté hier matin en Conseil des ministres, suscite de multiples interrogations de la part des associations et des autres acteurs du logement. Jean-Louis Borloo souhaite en faire un moyen de pression pour maintenir un rythme élevé de construction de HLM en France. Jacques Chirac voit dans ce nouveau droit « un progrès social tout à fait considérable » et un « formidable levier pour l’action ». Toutefois, et pour nombre d’associations, le projet de loi sur le droit au logement opposable, présenté hier matin en Conseil des ministres, suscite plus de questions qu’il n’apporte de réponses.
===è Inquiétudes sur le financement
« Pour sortir de la crise du logement, il ne suffit
pas de mettre en oeuvre des mesures juridiques. Tout d’abord, il faut
s’interroger sur les raisons de cette crise. Depuis de nombreuses années,
l’État se désengage financièrement du logement, les aides à la pierre
s’amenuisent, les cadeaux fiscaux se multiplient et la spéculation immobilière
sévit avec force. Il faut analyser cet ensemble d’éléments et prendre des
mesures en conséquence », explique ainsi Jean-Pierre Giacomo, président de
===è Droit au logement ou à l’hébergement ?
Ce projet de loi n’est qu’« une étape d’un processus
qui devra être accompagné, à court terme, par des mesures concrètes pour son
effectivité », souligne
Cyrille Poy. Article paru dans l'édition du 18 janvier 2007.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-18/2007-01-18-844190
=====> Le logement « grande cause nationale » ?
L’Union sociale pour l’habitat (USH), qui regroupe les organismes HLM, demande aux candidats à la présidentielle de faire du logement social « une grande cause nationale ». Il s’agit, selon Michel Delebarre, président de l’USH, de « faire du logement social un élément central de solidarité et non un facteur de ségrégation et d’exclusion ». L’USH refuse ainsi de « réserver les HLM exclusivement aux plus pauvres », y voyant un facteur de « ségrégation aggravée » qui mettrait en difficulté les « ménages pour lesquels les loyers privés sont trop élevés ». Elle précise par ailleurs que « moins de 10 % » des familles logées en HLM dépassent les plafonds de ressource.
Article paru dans l'édition du 18 janvier 2007.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-18/2007-01-18-844191
=====> « De belles promesses électorales sans lendemain »
HABITAT. Responsable du logement pour le parti communiste, Nadine Garcia critique le projet de loi sur le droit au logement opposable du gouvernement. Entretien. Le projet de loi sur le droit opposable au logement (DLO), rédigé à la hâte après injonction présidentielle, devait être présenté aujourd’hui en Conseil des ministres. Vieille revendication des associations et de la gauche, le DLO donnerait, à terme, la possibilité aux personnes privées de logement d’un recours devant les tribunaux administratifs.
--- Que pensez-vous du projet de droit au logement opposable annoncé par le gouvernement ?
Nadine Garcia. Le droit au logement opposable peut constituer une avancée importante vers un droit au logement pour tous. Jack Ralite, membre du Haut comité pour le logement des personnes défavorisées, l’a défendu au Sénat, en novembre 2005, face à une droite hostile. Mme Vautrin, lui avait alors répondu qu’« une proclamation de l’opposabilité du droit au logement serait aujourd’hui prématurée et irréaliste ». Le projet du gouvernement fait reposer l’opposabilité sur les collectivités locales avec le risque réel d’aggraver les inégalités territoriales. Car il paraît évident que les communes qui ont historiquement fait le plus d’efforts pour construire des HLM seront les premières pénalisées, puisque ce sont elles qui attirent le plus de demandeurs de logement. Pendant ce temps, Neuilly plafonne à 2,6 % de logement sociaux au lieu des 20 % obligatoires... Le droit au logement doit être opposable à l’État et à lui seul. À lui d’assurer une juste répartition territoriale des HLM - en rendant inéligibles les maires qui ne respectent pas la loi SRU et les 20 % de logements sociaux - et un financement suffisant.
--- Dans l’État actuel du projet, ce droit s’appuie sur les logements du parc social. Comment analysez-vous cette préférence ?
Nadine Garcia. C’est une vision libérale qui réserve le logement social aux plus pauvres. Or le logement social doit être le garant du droit au logement pour tous, de la mixité sociale, de la sécurité pour chacun de n’être jamais à la rue et de ne pas se ruiner pour avoir un toit décent. Alors que presque 70 % des personnes vivant en France remplissent les critères pour accéder aux HLM, le gouvernement préfère donner plus d’argent aux logements privés et intermédiaires, inaccessibles aux deux tiers des demandeurs ! Limiter le droit au logement opposable au parc social, c’est le restreindre à 4,6 millions de logements sur les 12 millions que compte le parc locatif existant.
--- Certains juristes font valoir l’inapplicabilité de ce droit au logement opposable, qui ne serait que purement incantatoire. Partagez-vous ces doutes ?
Nadine Garcia. Aujourd’hui la pénurie de logements sociaux est estimée entre 600 000 et 900 000 unités. Il y a près de 100 000 SDF et 9 millions de mal-logés. C’est le résultat d’une politique ultralibérale ! Passer d’une logique d’objectif à une logique d’obligation de résultat serait une bonne chose si l’État se dotait de moyens financiers suffisants et d’outils publics efficaces pour briser la spéculation foncière et immobilière. Sinon, ce ne sont que de belles promesses électorales sans lendemain. Entretien réalisé par Cyrille Poy. Article paru dans l'édition du 17 janvier 2007.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-17/2007-01-17-844116
=====>
Article paru dans l'édition du 17 janvier 2007.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-17/2007-01-17-844115
=====> Le relogement des SDF se met doucement en place
Don quichotte. Plusieurs situations de blocage étaient
encore évoquées, hier, dans plusieurs grandes villes de province. Paris n’est
pas
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-16/2007-01-16-844051
- Voir le site : http://www.humanite.fr et le site des Amis de l'Humanité : http://www.amis-humanite.com/ - 32, rue Jean JAURES 93528 Saint Denis Cedex tél. 01 49 22 74 17 fax: 01 49 22 74 00
Beaucoup de naissances, un taux de fécondité de deux
enfants par femme,
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-17/2007-01-17-844122
=====> Nouvelle photographie de
W
w Il y a eu en 2006 en France 830 900 naissances (+ 2,9 %) et 531 100 décès (- 1,3 %).
W La fécondité était de 2,0 (1,94 en 2005), soit « très probablement » le premier rang européen, mais le nombre de femmes entre 20 et 40 ans, qui sont à l’origine de 95 % des naissances, continue de diminuer (- 28 000).
w 52,8 % des nouveau-nés ont une mère de plus de 30 ans. L’âge moyen à la maternité est de 29,8 ans.
w En 2006, les femmes de 35 ans avaient en moyenne 1,69 enfant, soit moins que leurs aînées au même âge, mais jusqu’à présent les Françaises ont rattrapé leur retard.
w Le vieillissement se poursuit : 16,2 % de la population a 65 ans ou plus (14,6 % en 1994) et 25 % moins de 20 ans (26,7 % en 1994).
w Le nombre de mariages est à son plus bas niveau depuis 1995 : 274 400 mariages célébrés en 2006, soit 8 800 de moins qu’en 2005.
w Dans 8 mariages sur 10, les deux époux se marient pour la première fois, mais cette proportion continue de reculer au profit des remariages.
w Les Français se marient de plus en plus tard : la femme à 29,1 ans en 2005, l’homme à 31,1 ans. Il y a dix ans, c’était 2,2 ans plus tôt.
w 60 500 pacs (pactes civils de solidarité) ont été conclus en 2005, 50 % de plus qu’en 2004. Au total, depuis leur création en novembre 1999, 263 000 pacs ont été contractés. 33 600 ont été dissous.
w L’INSEE a recensé 14 600 personnes sans abri vivant véritablement dans la rue, soit une augmentation de 3 800 personnes par rapport à 1999. Mais ces personnes ne constituent qu’une partie de la population sans domicile, dont l’INSEE avait estimé le nombre à environ 86 000 en 2001.
w La population vivant en habitation mobile terrestre, qui comprend des gens du voyage mais également des travailleurs pauvres, est estimée à 106 000 personnes dont 105 000 en métropole, en baisse d’environ 24 000 par rapport à 1999.
w
w La population active s’est féminisée (47,5 % contre 46,1 % en 1999) et est plus diplômée qu’en 1999, avec une proportion d’actifs ayant au moins le niveau du baccalauréat en hausse de plus de huit points en six ans. Elle est également plus âgée, avec plus de 10 % des actifs âgés de plus de 55 ans contre moins de 7 %, parce que les premières générations nombreuses du baby-boom sont désormais quinquagénaires.
w Parmi les personnes ayant un emploi, qui représentent près de 90 % des actifs, le travail à temps partiel a connu « une très légère augmentation » chez les hommes et un petit recul chez les femmes avec moins de 29 % contre 31 % en 1999.
w Début 2005, le taux de chômage ressort à 11,7 % de la population active, selon les enquêtes
de recensement annuelles
(10,1 % selon l’enquête emploi).
w Les femmes restent davantage frappées par le chômage que les hommes (13,2 % contre 10,2 %) mais l’écart de taux de chômage entre les deux sexes s’est réduit de plus d’un point entre 1999 et 2005.
w Quant aux taux d’emploi,
ils restent encore loin des objectifs fixés en 2000 au sommet européen de Lisbonne, notamment pour les seniors (55-64 ans) avec 37,4 % en moyenne en métropole contre un objectif européen de 50 %.
Article paru dans l'édition du 17 janvier 2007.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-17/2007-01-17-844121
- Voir le site : http://www.humanite.fr et le site des Amis de l'Humanité : http://www.amis-humanite.com/ - 32, rue Jean JAURES 93528 Saint Denis Cedex tél. 01 49 22 74 17 fax: 01 49 22 74 00
===è Sublistatic : « Trois fois rachetés... puis jetés à la rue »
Révélation. En menaçant de polluer leur usine pour sauver leurs emplois, les 223 salariés licenciés chez Sublistatic dénoncent ces opérations financières qui ruinent des pans entiers de l’industrie. Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), envoyé spécial. Longtemps, ils n’ont pas reniflé l’odeur du fric. Pas question ou, en tout cas, pas vraiment la question. Les salaires et, même, les bonnes années, des primes : ça tombait, ça roulait, c’était bien, c’était tout. « On est comme tout le monde quand on reçoit de l’argent, confesse aujourd’hui Michel, trente et un ans d’ancienneté. On est des ouvriers, on a bossé, on prend ce qu’on nous donne et on est contents. » Puis, leur entreprise, Sublistatic, à Hénin-Beaumont, inventeur du procédé d’impression par héliogravure de « papier transfert » pour la confection textile, a fini en dépôt de bilan fin juillet 2005, avant d’être mise en liquidation judiciaire avec cessation d’activités le 15 janvier. Depuis le dépôt de bilan, les 223 salariés revisitent la dernière décennie, avec un gros filet d’amertume au coin des lèvres, et, dans les crânes, le sentiment d’avoir été bernés. « Quand on entend parler d’une LBO maintenant, on a tous les warnings qui s’allument et qui clignotent, ricane Jean-Philippe comme pour ne pas avoir à en pleurer. Il y a même des sirènes qui sifflent dans nos têtes. Avec les LBO, on sait maintenant que ça sent le roussi pour les salariés. »
===è Une jacquerie contre les LBO
À travers leur menace de polluer leur usine en profondeur en déversant sur le sol des milliers de litres d’encre et de solvants (lire l’Humanité d’hier), les ouvriers de Sublistatic, licenciés officiellement depuis lundi, tentent en désespoir de cause d’obtenir une perspective de reprise partielle et d’arracher au moins une prime « supra-légale » de 100 000 euros par personne. Mais ils participent aussi à une des premières jacqueries en France contre un système qui, parfaitement légal certes et en pleine expansion à l’échelle du pays, commence à produire ses effets destructeurs pour l’emploi : connu sous les appellations barbares de « leverage buy-out » (LBO) ou « management buy-out » (MBO), le mécanisme de rachat d’entreprises par des groupes financiers et des fonds d’investissements gomme des morceaux entiers du paysage industriel. Dans leur histoire, assez longue malgré tout, pour des temps raccourcis par les guillotines de la finance, les « Sublistatic » ont subi trois LBO, opérées sous la houlette de fonds d’investissement, mais financées, sans aucun apport de fonds propres, par les seules promesses de dividendes à venir.
===è Des dividendes, contre les emplois
Prospère filiale du groupe VEV, l’ex-Lainière de Roubaix, Sublistatic est, à travers une MBO, cédé une première fois en 1991 : à Hénin-Beaumont, les quatre principaux dirigeants de l’usine montent un holding financier qui s’empare de la majorité des actions. « En tant qu’inventeurs du procédé de papier transfert, nous étions un des fleurons de l’ancienne Lainière de Roubaix et, étranglés par leurs dettes au début des années quatre-vingt-dix, ils ont choisi de nous vendre pour les éponger, raconte Joël Dhesdin, cadre chez Sublistatic et spécialiste pour l’intersyndicale de l’histoire financière de l’entreprise. Notre direction a alors expliqué qu’on risquait d’être rachetés par des concurrents et qu’il fallait que les salariés participent à l’opération financière. Environ 175 employés sont entrés dans ce montage. Pour nous, c’était simple : il s’agissait d’assurer la pérennité de l’usine. Mais dès l’année suivante, on a commencé à recevoir des offres de fonds de pension... » En 1994, Sublistatic est revendu, avec de fortes plus-values par le management et quelques miettes pour les salariés ayant investi dans leur entreprise, toujours sous forme de LBO par le fonds Europe Capital Partners (groupe LBO France). « En fait, comme salariés, on a été trop performants, reprend l’expert. Les dividendes, pour nous, ce n’était vraiment pas l’objectif, mais comme les dirigeants de l’époque avaient la majorité des actions, ils pouvaient vendre après quelques années seulement s’ils le décidaient. Et on s’est retrouvé avec des plus-values, peut-être bonnes, mais qui allaient contre nos emplois. » Même topo, en pire, en 2002. « Cette année-là, c’était comme si on avait roulé sur l’or, nos résultats étaient si exceptionnels qu’on avait touché des primes exceptionnelles elles aussi », témoigne Karine Capron, secrétaire adjointe au comité d’entreprise. « Alors que ces dernières années, on produisait environ 40 millions de mètres de papier transfert, on en avait vendu près de 120 millions en 2002 », précise encore son collègue de l’UNSA, Philippe Frémaux. Fin 2002, LBO France décide de vendre Sublistatic au mieux de sa forme. Et hop ! Nouvelle LBO montée par Acland Capital Investments. « C’était nos meilleurs résultats depuis une bonne vingtaine d’années, explique Joël Dhesdin. Et nos actionnaires les avaient attendus pour nous revendre au prix fort ! À chaque LBO, ça a toujours été le même phénomène : pas de projet industriel, peu d’investissements et beaucoup de dividendes ! Acland nous a payés cher et nous a délaissés quand les quotas sur les exportations asiatiques ont été baissés. C’était le moment où il aurait fallu investir mais, eux, ils ne s’intéressaient qu’aux plus-values financières. » À partir de ce moment-là, rongé jusqu’à l’os par les vautours de la finance, Sublistatic était bon pour la casse, passée à la moulinette du tribunal de commerce...
===è Des poursuites judiciaires en perspective
Devant l’ampleur de ce pillage institutionnalisé, les 223 victimes cherchent aujourd’hui le moyen approprié de poursuivre les coupables en justice et, plus globalement, de désamorcer ces bombes lancées contre l’industrie. Des soupçons de montage frauduleux pèsent déjà sur les opérations de LBO effectuées lors des rachats successifs de Sublistatic. « D’une manière générale, je ne vois pas comment on pourrait faire l’économie d’une loi sur ces mécanismes purement financiers, avance Philippe Frémaux. On ne va pas interdire aux fonds de pension ou d’investissements de racheter des usines, mais on doit quand même garantir qu’ils ne vont pas tous nous mettre au chômage pour faire leur beurre à bon compte. Il faut les contrôler un peu quand même et voir ce qu’ils font dans les usines qu’ils rachètent. Si la première chose qu’ils taillent, ce sont les investissements, mieux vaut les arrêter tout de suite pour sauver l’usine... »
Thomas Lemahieu. Article paru dans l'édition du 16 janvier 2007.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-16/2007-01-16-844087
=====> Reprise du travail chez General Motors
Salaires. Après une semaine de grève, les salariés du site
de Strasbourg ont obtenu une augmentation de 75 euros au 1er juin 2007. Hier,
ils ont voté la fin du conflit. Strasbourg (Bas-Rhin), envoyé spécial. Plus tôt
dans la matinée, les dernières propositions de la direction avaient déjà fait
voler en éclats l’unité syndicale affichée depuis le début du conflit. Malgré
l’opposition de
===è un conflit d’une rare intensité
« Nous pensons qu’avec 75 euros, on ne peut pas dire qu’on a perdu, cela fait une hausse comprise entre 2,9 % et 5,2 % en fonction des salaires, explique Mohammed Brahimi, délégué CFDT et secrétaire du comité d’entreprise. On veut sortir du mouvement la tête haute. » La direction de General Motors proposait, au départ, une augmentation générale à la date anniversaire du salarié de 0,8 %. « C’est tout de même très positif, concède Ménouba Arbouche. Cela fait bien longtemps que l’on n’a pas eu une telle hausse. » Une « victoire » obtenue après un conflit d’une rare intensité dans l’usine qui produit des boîtes de vitesses. 90 % des 700 ouvriers de la production étaient en grève, des cadres et des techniciens ont débrayé. Ces deux derniers jours, une barricade de fortune faite de palettes, de bacs de plastique, de grosses poubelles empêchait l’entrée et la sortie des camions de livraison. Jour et nuit, plusieurs centaines de salariés se sont relayés pour empêcher les chaînes de production de tourner. Certains ont dormi sur place.
===è le Chantage de la direction
Hier matin avant le vote, les visages étaient fatigués,
les voix avaient du mal à se faire entendre par-dessus la sono installée sur le
piquet de grève. « Ça devient dur, cela fait une semaine qu’on a arrêté le
travail et on n’a pas l’habitude de cette situation », confiait un ouvrier
d’une quarantaine d’années. Et ce, malgré les messages de soutien adressés par
le conseiller général PS, les responsables locaux du PCF ou encore
« C’est du chantage, la situation de Strasbourg est
particulière. L’usine est l’une des seules rentables en Europe (avec un site
tchèque) et rapporte des dizaines, voire des centaines de millions d’euros par
an à la maison mère, assure David Poirot, de
http://www.humanite.fr/journal/2007-01-19/2007-01-19-844260
=====> Les salariés de l’usine Sublistatic maintiennent la pression
Un projet de redémarrage partiel est à l’étude, mais les licenciés veulent surtout une prime de 100 000 euros. Envoyé spécial. Au petit matin, hier, les gars se gèlent gentiment devant l’usine. L’occupation de Sublistatic continue, à la dure, entre bidons d’encre et feux de pneus. Un ouvrier n’y tient plus : il veut se jeter un café brûlant dans le gosier. Mais, à l’accueil, un cri strident le stoppe net dans son élan : Martine nettoie l’usine et, avec elle, il est tout bonnement hors de question de marcher tant que c’est pas sec. En arrière toute et, dans la bise, les gaillards sortent l’arsenal de blagues : « Ah ça, Martine, elle est avec nous et heureusement ! Car, quand on l’énerve, elle peut coller la frousse à 200 CRS... » En un clin d’oeil, la plaisanterie conjure le spectre d’une intervention policière dans cette usine que les salariés menacent toujours de polluer en déversant des milliers de litres d’encre et de solvants.
Pour l’heure, les « Sublistatic » maintiennent la pression. D’autant que, jusqu’ici, cette modalité d’action, spectaculaire et sensationnaliste, a permis de détourner l’itinéraire de leur enterrement programmé ce lundi. Hier, en fin d’après-midi, une nouvelle réunion, organisée dans la discrétion, devait rassembler les salariés, les représentants des collectivités territoriales et les autorités préfectorales. Plusieurs pistes de poursuite de l’activité sont désormais explorées : un redémarrage en SCOP ou une reprise partielle par le groupe roumain Fian System. Sur le volet social, les ouvriers revendiquent toujours une prime exceptionnelle de 100 000 euros. « On va demander au préfet et à la région de discuter sérieusement de notre prime, promet Philippe Frémaux avant de rentrer en négociation. Ils continuent de se renvoyer la balle : à les écouter, c’est toujours aux autres de financer, mais ça ne peut plus durer. » Pour l’heure, d’après l’intersyndicale UNSA-CFTC-CGT, le conseil régional se serait d’ores et déjà engagé à financer toutes les formations demandées par les salariés licenciés chez Sublistatic. T. L. Article paru dans l'édition du 16 janvier 2007. http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-16/2007-01-16-844023
=====> Les salariés de Metzeler contre le plan social
Automobile. L’équipementier a annoncé 310 suppressions d’emplois sur son site de l’Eure. Une partie de la production pourrait être délocalisée. Charleval, Fleury-sur-Andelle (Eure), envoyée spéciale. Quelques boutiques ont tiré leur rideau, accroché à leur porte une affichette en - solidarité et fermé pour une heure. Des curieux, à la sortie de la boulangerie, reconnaissent et saluent un voisin, un parent. Dans la petite vallée très industrielle de l’Andelle, à une trentaine de kilomètres de Rouen, on dit que « quand Metzeler tousse, c’est la - vallée qui s’enrhume ».
===è Délocaliser vers
Samedi matin, entre Charleval et Fleury-sur-Andelle
(Eure), près de 800 personnes, salariés et élus locaux, militants du PCF et de
====è les actionnaires « ont tout pompé »
Nombreux sont les salariés à craindre, à terme, une fermeture du site. « Du jour où cette entreprise a été - reprise par des actionnaires, ils ont tout pompé », estime Frédéric, dix-huit ans d’ancienneté et nostalgique d’une « boîte familiale où les - patrons étaient aussi impliqués que nous ». Metzeler, qui, selon son site Internet, emploie 10 000 personnes dans le monde, réparties dans 30 usines, et réalise plus de 900 millions de dollars de chiffre d’affaires, est, depuis 2000, la propriété du fonds d’investissement CVC. « On a des chefs intérimaires, - raconte Dominique, cinquante et un ans, dont trente-cinq passés dans l’usine. Le directeur actuel est là pour une mission de huit mois. Ils ne connaissent rien au produit, il y a des tonnes de - déchets. » L’ouvrière, brune, coupe courte, quelques discrètes mèches violettes, est en dépression depuis trois mois. « C’est presque devenu l’armée, on n’a plus de pause-café, de cigarettes, c’est le stress toujours, et en plus, on ne sort rien de bon. »
===è L’appel aux politiques
Un peu à l’écart, le long du trottoir, sans autocollant
ni banderole, Sonia, quinze ans d’ancienneté, lâche doucement son
amertume : « On veut tout nous enlever dans la vallée, avec ces
actionnaires qui s’en mettent plein les poches et puis je n’ai rien contre les
étrangers, mais, à la fin, y en a marre. Ils prennent tout notre boulot. Et le
gouvernement s’écrase. » « Non, non, à la délocalisation », le slogan
résonne jusqu’à la banderole du syndicat SUD, « pour le droit au travail
en France », et un - comité de mobilisation qui prône l’interdiction des -
licenciements. L’appel aux politiques est omniprésent. « Au-delà de la
direction de Metzeler, il faut mobiliser les politiques pour inverser la
tendance », explique Patrick Bridoux, délégué FO. Conforté par Alain Le
Guen (CGT) : « Ou
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-15/2007-01-15-843964
=====> Régularisation des anciens salariés de Modeluxe
Blanchisserie. Les dix-huit sans-papiers de Chilly-Mazarin licenciés ont été régularisés par la préfecture de l’Essonne. Ils demandent à être réintégrés .
Ils sont tous volontaires pour la photo. Tout sourire,
ils se prêtent à l’exercice dans le hall d’entrée de
Tous ne pensent qu’à une chose désormais : retrouver
du travail. « C’est vraiment dur, on ne sait pas comment on va manger,
reprend Ibrahima. On est là pour travailler, pas pour dormir ou faire des
bêtises. Si je ne peux pas envoyer de l’argent au pays, comment on va
faire ? » Sa jeune femme de dix-neuf ans, enceinte, vit au Mali.
Malgré des conditions de travail difficiles, les 18 de Modeluxe demandent leur
réintégration dans la blanchisserie. « Puisqu’on a nos papiers, on veut y
retourner, explique Idrissa. La direction (*) a bien profité des avantages des
sans-papiers. » Pour l’instant et selon
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-16/2007-01-16-844040
=====> « Trahis par le leader mondial de la bagagerie »
Textile. Les salariés du site d’Hénin-Beaumont ont
manifesté, hier, en Belgique, devant le siège européen de Samsonite. En
attendant l’audience au tribunal la semaine prochaine. Oudenaarde (Belgique),
envoyée spéciale. Dans la zone d’activité, qui longe
===è « Samsonite, c’est pas fini »
Les hommes tiennent une banderole, « Samsonite, c’est pas fini », plusieurs femmes sont ceintes d’une écharpe blanche, fabrication maison, qui dénonce les « voleurs » et les « voyous ». Au-delà d’un timide « tous ensemble », quelques slogans émergent du froid et de la bruine. Debout près de sa femme, elle aussi salariée chez Energyplast, Marcel, vingt-trois ans d’ancienneté sur le site du Pas-de-Calais, arbore un tee-shirt bleu EDF, sur lequel est écrit « Samsonite nous a trahis ». « Trahis » est peint en lettres rouges sanguinolentes. Résumé du sentiment général.
« Nous avons été trahis par le leader mondial de la
bagagerie », reprend Jean-Marc Mairesse qui dénonce une
« multinationale qui a préféré nous livrer à des voyous ». Arguant
d’une baisse de son chiffre d’affaires après le 11 septembre 2001, Samsonite a
cédé son unique usine française le 1er septembre 2005 à deux associés,
détenteurs d’une holding basée au Luxembourg, pour reconvertir le site de
fabrication de valises en production de panneaux photovoltaïques. « Le
résultat, c’est une catastrophe », estime
===è SOUPIRS ET DÉSABUSEMENT
Près de deux heures plus tard, la délégation reçue par
des représentants de la direction européenne de Samsonite sort enfin. Les
visages sont tendus. « Ils disent attendre l’audience au tribunal la semaine
prochaine. Ils sont prêts à nous recevoir à nouveau ensuite. Mais ils ne sont
pas fermés. » Soupirs, questions, inquiétude et désabusement. Rendez-vous
est pris pour le 23 janvier, quand devant les juges du tribunal de grande
instance de Paris, l’avocat des salariés tentera de
les convaincre de casser les contrats de cession du site. Là, ce ne sont pas
deux, mais trois bus qui débarqueront sur l’île de
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-17/2007-01-17-844107
=====> Grève massive à General Motors
Automobile. Les salariés du site strasbourgeois refusent d’être rémunérés à la « performance » et que leurs temps de travail soit annualisé. Strasbourg, envoyé spécial. Plus de 90 % de grévistes parmi les ouvriers, des débrayages parmi les autres catégories de salariés, des syndicats soudés : l’usine General Motors (GM) de Strasbourg, site spécialisé dans la fabrication de boîtes de vitesses qui emploie 1 500 salariés, connaît depuis le 11 janvier le conflit social
le plus dur de son histoire.
« C’est la première fois qu’on voit les cadres cesser le travail par
solidarité avec les salariés des chaînes de production, note Memouna Abouche,
de
livrés lundi une forte proportion de cadres et employés du centre technique de l’usine. Pour ces derniers, le jeu est risqué : la direction leur demande désormais de remplacer les ouvriers sur les chaînes de production, sans qu’ils aient aucune formation pour cela, et leur statut ne les met pas à l’abri d’un licenciement s’ils refusent. Cette tentative de diviser les différentes catégories d’employés ne semble pas entamer la détermination des grévistes. « Nous avons calculé que chaque ouvrier rapporte, par heure, 75 euros de valeur ajoutée à GM ; nous demandons seulement que, sur ce montant, 1 euro de plus soit reversé aux ouvriers, pour aboutir à une augmentation mensuelle de 100 euros », souligne Memouna Abouche. De nouvelles rencontres entre l’intersyndicale et la direction étaient prévues hier soir. Paul Falzon. Article paru dans l'édition du 17 janvier 2007. http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-17/2007-01-17-844111
=====> Gustave-Roussy continue la lutte pour la réintégration
HÔPITAL. La direction a lancé lundi le plan de licenciement des 54 salariés du centre anti-cancer, pourtant refusé par la justice. La bataille continue à l’Institut Gustave Roussy de Villejuif (Val-de-Marne) entre la direction et les salariés chargés du ménage et de la restauration de ce centre anti-cancer. Fin décembre, 54 salariés sur les 204 dont les contrats avaient été transférés à des entreprises sous-traitantes en septembre 2005, à des fins d’économies, ont gagné en cour d’appel leur réintégration parmi le personnel de l’institut (voir l’Humanité du 5 janvier). La justice a en effet estimé que les tâches de ménage et de restauration ne pouvaient être externalisées car elles font partie de la prise en charge globale des patients. Mais la direction de l’institut refuse d’appliquer cette décision et argue de ses difficultés budgétaires pour préparer le licenciement pour motif économique des 54 réintégrés. Lundi après-midi en comité d’entreprise extraordinaire, la direction a ainsi présenté ses arguments économiques, en vue du plan social. « Elle a refusé de revenir sur le choix de l’externalisation, qui visait à économiser 2 millions d’euros sur cinq ans », raconte Christine Pourre, secrétaire CGT du CE. En face, les représentants des salariés ont adopté à l’unanimité une résolution mandatant la secrétaire du CE pour ester en justice, pour étendre le bénéfice de la réintégration aux 150 autres salariés transférés de force vers les sous-traitants ISS et Medirest. Déjà 44 d’entre eux ont envoyé un courrier en ce sens au DRH et déposeront un dossier aux prud’hommes avant la fin du mois. Tous ces « transférés » avaient une garantie d’emploi et de maintien des acquis pendant quinze mois chez leur nouvel employeur, période aujourd’hui écoulée. Ils risquent donc de voir leurs salaires revus à la baisse et d’être licenciés, car le but de l’opération était avant tout de réduire les effectifs. « Nous multiplions les moyens de pression sur la direction, pour la forcer à renoncer à l’externalisation », résume Christine Pourre. Hier après-midi, les organisations syndicales devaient rencontrer la direction et lui apporter une pétition de 650 signatures en faveur de la réintégration. En attendant, les 54 réintégrés sont payés mais l’institut leur interdit de prendre leur poste de travail. Ils se réunissent tous les matins dans les locaux syndicaux. Pendant ce temps, ISS et Medirest les ont remplacés mais en partie seulement, et par des employés pas formés. « Il y a régulièrement des loupés par exemple dans les chambres stériles, où il y a des procédures d’habillage-déshabillage à respecter », déplore Christine Pourre. « La direction de l’institut devra assumer s’il y a un pépin. » Faute de budget suffisant de la part de l’État, l’institut présente un déficit de 15 millions d’euros. En décembre, la direction avait annoncé son intention de supprimer 150 postes sur 2000, et d’externaliser le service de stérilisation centrale (18 postes). Fanny Doumayrou. Article paru dans l'édition du 17 janvier 2007.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-17/2007-01-17-844106
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Un rapport rend les organismes publics et les universités
responsables du faible investissement français dans les innovations industrielles.
En matière de transfert industriel, la recherche française serait inefficace.
Et la faute en reviendrait principalement aux organismes publics et aux
universités. C’est du moins le diagnostic d’un rapport de l’Inspection générale
des finances et de l’Inspection générale de l’administration de l’éducation
nationale et de la recherche, publié dans le Monde daté d’aujourd’hui. Un
rapport, introuvable hier, qui a irrité associations et syndicats de
chercheurs, accusés d’engloutir l’argent de l’État sans en faire profiter le
monde économique. Que ce soit en terme de partenariat, de dépôt de brevet ou de
création d’entreprises, les chercheurs du secteur public feraient peu d’effort
pour valoriser leurs travaux auprès des industriels « en dépit des mesures
prises depuis la loi sur l’innovation et la recherche de 1999 ». « Si
on peut partager le constat d’un retard de
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Santé. En 2006, les firmes pharmaceutiques ont produit peu de réelles nouveautés, et intensifié leurs efforts de marketing et de publicité, selon la revue Prescrire. Il y a le « palmarès des médicaments », avec sa « pilule d’or », son « tableau d’honneur » et ses simples « cités au palmarès » des progrès thérapeutiques. Il y a aussi les « palmes du conditionnement », récompensant les mieux conçus, du point de vue pratique et de la sécurité des usagers. Il y a enfin le « palmarès de l’information » distinguant les firmes pharmaceutiques pour la qualité des infos qu’elles acceptent de donner à ceux qui souhaitent évaluer leurs produits. Comme chaque année, la revue Prescrire remettait hier ses prix, devant la presse et des représentants de laboratoires.
===è Distinguer vrais et faux progrès
Fruit d’un travail d’expertise au long cours, réalisé par les équipes de la revue, composées de professionnels (médecins, pharmaciens, etc.), en toute indépendance vis-à-vis des labos, dans le but d’apporter aux soignants des connaissances fiables. Avec ces prix, comme avec les analyses rigoureuses qu’elle produit à longueur d’année à destination des toubibs, Prescrire exerce une sorte de veille citoyenne sur la santé publique. Distinguer vrais et faux progrès, véritable information santé et publicité déguisée, s’impose en effet devant l’évolution de l’industrie pharmaceutique, comme l’a montré Pierre Chirac, l’un des rédacteurs de la revue, en dressant un « bilan thérapeutique » de 2006. Vingt-trois nouvelles substances seulement, nombre de « fausses nouveautés ». L’an dernier, le marché du médicament aura été « peu novateur et peu orienté vers l’intérêt des patients », analyse Prescrire, confirmant une « panne d’innovation » durable. Ce qui n’empêche pas le secteur pharmaceutique de rester fort attractif pour les actionnaires : à défaut de progrès réel, « une bonne stratégie marketing peut rendre un médicament sans avantage particulier finalement très lucratif pour les firmes », pointe Pierre Chirac. La crise de l’innovation se conjuguant avec une certaine crise de confiance des citoyens patients et coïncidant avec l’arrivée à échéance des brevets de leurs produits les plus juteux, les firmes cherchent en effet la parade, notamment, « en réclamant des prix sans rapport avec le progrès thérapeutique » et, de plus en plus, en tentant de « maîtriser complètement le système d’information sur les médicaments ». En témoignent leurs efforts, multiples et variés, pour contourner l’interdiction légale de la pub grand public sur les médicaments de prescription. « Prélancements en fanfare » de certains produits (contre l’obésité, pour le sevrage tabagique) sur les sites Internet des firmes qui les commercialisent, « communications » sur des troubles de santé par des labos qui vendent des médicaments censés les traiter... Ou encore, dernière tentative en date, lancement de programmes dits « d’aide à l’observance » de leurs traitements par les malades chroniques, grâce auxquels les labos pourraient accéder directement au chevet des malades pour veiller à ce qu’ils absorbent bien leurs produits. Des programmes contrevenant clairement à l’interdiction de la publicité mais que le gouvernement tente pourtant de légaliser via un projet de loi actuellement en discussion au Parlement (voir l’Humanité du 3 janvier). Dénonçant ces « dérives », Pierre Chirac concluait en invitant les pouvoirs publics à « défendre l’intérêt public » en réorientant le système d’innovation « vers une réponse aux besoins réels de la population et en encourageant les progrès tangibles », en garantissant, aux soignants et aux soignés, l’accès à une - information objective sur les traitements thérapeutiques.
Yves Housson. Article paru dans l'édition du 19 janvier 2007.
http://www.humanite.fr/journal/2007-01-19/2007-01-19-844267
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Médecins sans frontières lance une campagne contre la multinationale du médicament suisse qui a décidé d’attaquer l’Inde, principal producteur de médicaments génériques et bon marché. L’histoire semble se répéter. En 2001, 39 compagnies pharmaceutiques avaient attaqué en justice le gouvernement sud-africain dans le but d’annuler une loi qui diminuait le prix des médicaments. Sous la pression de nombreuses associations, ces laboratoires avaient finalement retiré leurs plaintes. Aujourd’hui, le suisse Novartis récidive mais cette fois-ci contre la législation indienne sur les brevets. Médecins sans frontières s’alarme des conséquences négatives pour des millions de malades dans le monde en cas de victoire de Novartis. L’ONG a mis en ligne sur son site (1) une pétition pour forcer cette entreprise à abandonner ses poursuites. Annick Hamel de MSF nous explique les enjeux de ce procès dont la prochaine audience aura lieu le 29 janvier.
===è Sur quelles bases le laboratoire suisse Novartis attaque-t-il l’Inde ?
Annick Hamel. En 2005, l’Inde a dû se mettre en conformité avec certaines règles de l’Organisation mondiale du commerce relatives à la propriété intellectuelle. Cela concernait notamment la délivrance de brevets pour les médicaments. Le gouvernement indien a donc fait voter une loi nationale mais les parlementaires ont précisé dans ce texte que seuls les médicaments apportant de réelles innovations pourraient être brevetables. C’est cet article-là que Novartis conteste.
===è La loi indienne contrevient-elle aux règles de l’OMC ?
Annick Hamel. Pas du tout, puisque l’OMC elle-même annonce qu’un médicament doit être nouveau et inventif pour qu’il soit considéré comme une innovation. L’OMC édicte des principes. Il appartient ensuite à chaque pays de les transcrire dans sa législation. L’Inde ne fait qu’interpréter un principe de l’OMC. Mais ce qui s’est passé, c’est que le laboratoire Novartis s’est vu refuser un brevet sur un de ses médicaments anticancéreux (le glivec), une molécule qui existait déjà en Inde sous la forme d’un médicament générique. La modification réalisée sur le glivec n’a pas été jugée suffisamment innovante pour mériter un brevet. Novartis a fait appel de ce refus et, de manière à éviter que cette défaite se répète, a décidé de remettre en cause la loi indienne.
===è Pourquoi les brevets sont-ils tant recherchés par les entreprises ?
Annick Hamel. Une compagnie qui détient un brevet dans un pays peut empêcher d’autres fabricants de produire ou de commercialiser ce médicament dans ce pays pendant toute la durée du brevet qui, selon les règles de l’OMC, est de vingt ans minimum. Cela donne ainsi la possibilité aux compagnies de vendre leurs médicaments à un prix élevé dans tous les pays où elles détiennent des brevets, puisqu’il n’y a, localement, aucun autre concurrent. Près de 10 000 demandes de brevet sont en attente en Inde.
===è En cas de victoire de Novartis, quelles peuvent être les conséquences pour les patients consommateurs de génériques indiens ?
Annick Hamel. Leur vie est en jeu. Les médicaments produits en Inde sont parmi les moins chers au monde. Plus de 50 % des médicaments utilisés dans les pays en développement pour traiter les malades du VIH (sida) proviennent de ce pays, véritable « pharmacie des pauvres ». Ces médicaments sont également utilisés pour soigner 80 % des 80 000 patients malades du sida suivis dans les programmes de MSF. L’utilisation de génériques indiens a permis de ramener le coût du traitement de 10 000 à 200 euros par an et par patient. Deux millions de personnes atteintes du sida dans le monde en développement reçoivent actuellement un traitement. Ces patients ont accès aux plus vieux antirétroviraux. Mais tous les malades ont besoin de changer de médicaments au fil des années car l’organisme s’adapte et résiste. Pour obtenir des nouveaux médicaments innovants à des prix abordables, ils devront attendre la fin de la durée du brevet, soit vingt ans. mourront avant. (1) www.msf.fr
Entretien réalisé par Damien Roustel. Article paru dans l'édition du 15 janvier 2007. http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-15/2007-01-15-843969
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Pour abaisser le coût du travail, deux économistes
proposent que l’État paie un tiers des cotisations patronales d’assurance
chômage. Réduire de 25,7 à 14,5 milliards d’euros par an, soit 11,2 milliards
d’euros d’économies, le montant des cotisations UNEDIC versées par les
employeurs : tel est l’axe central d’une réforme de l’assurance chômage
proposée par deux économistes, Bruno Coquet et Arnaud Sylvain, dans le dernier
numéro de la revue Sociétal, liée au cercle patronal l’Institut de
l’entreprise. En décembre 2005, les gestionnaires de l’UNEDIC avaient annoncé
une négociation pour « remettre à plat » le système. C’est dans cette
optique que les deux chercheurs, par ailleurs employés par le ministère de
l’Emploi, avancent un projet qui ne devrait pas déplaire à la partie patronale,
puisqu’il s’agit d’« alléger jusqu’à près de 50 % le poids de l’assurance
chômage sur le coût du travail des secteurs marchands ». Comment les deux
auteurs accomplissent-ils cette prouesse ? Leur scénario est d’abord basé
sur une baisse du taux de chômage à 8,5 %, ce qui permettrait d’économiser 2,5
milliards d’euros. Ils proposent ensuite une refonte complète des règles de
calcul des durées et des montants d’indemnisation, jugées
« complexes, confuses, inéquitables ». En remplacement des quatre
« filières » existantes, qui donnent droit à tant de mois
d’allocation à condition d’avoir travaillé tant de mois minimum, et qui créent
des effets de seuil, ils proposent que la durée de l’allocation soit
directement proportionnelle au temps travaillé : dix heures de travail
donneraient droit à huit heures d’indemnisation, ce qui dans certains cas
serait moins favorable que le calcul actuel. De plus, les salariés ayant
travaillé à temps partiel seraient pénalisés puisqu’on comptabiliserait leurs
heures et non plus leurs mois de travail. La période d’activité minimale
requise pour ouvrir des droits serait donc rallongée (huit mois pour un mi-temps). Le montant de l’allocation ne serait plus
calculé en pourcentage du salaire antérieur, mais correspondrait au SMIC plus
45 % de la partie du salaire excédent le SMIC, ce qui instaurerait un
plafonnement pénalisant les chômeurs dont le salaire était supérieur à 1 950
euros. Globalement, ces mesures de « simplification » feraient
économiser sur le dos des chômeurs 2,5 milliards d’euros, que les auteurs
compensent par une amélioration de l’indemnisation des précaires : ils
pourraient toucher une allocation à partir de quatre mois de travail, contre
six mois actuellement. Enfin, 0,7 milliard serait économisé en alignant le
régime des intermittents sur celui, moins favorable, des intérimaires. Mais
l’essentiel des 11,2 milliards d’euros de réduction des cotisations patronales
serait financé par l’État, selon un raisonnement bien tordu. Alors que
l’assurance chômage a été créée pour le secteur privé caractérisé par
l’insécurité de l’emploi, les auteurs jugent injuste que la fonction publique
n’y participe pas. Selon eux, les salariés du privé financent par leurs impôts
la protection de l’emploi des fonctionnaires, l’ascenseur doit donc être
renvoyé. Pour ne pas toucher au pouvoir d’achat des fonctionnaires, ils
proposent la création d’une cotisation patronale dans la fonction publique, qui
rapporterait 8 milliards d’euros à l’UNEDIC, tandis que les employeurs privés
ne paieraient plus que 14,5 milliards d’euros au lieu de 25,7. Il s’agit donc
d’une fiscalisation du financement de l’assurance chômage, dans l’esprit de