Bloc-Notes No 318 - Aquitaine
« Face au grave échec de la gauche à l’élection présidentielle, ne laissons pas tous les pouvoirs entre les mains de Nicolas Sarkozy. Agissons dans nos circonscriptions pour qu’un maximum de députés de gauche soit élus, et notamment ceux porteurs d’un projet de transformation sociale et se réclamant de la gauche populaire et antilibérale soutenus par le PCF. La force communiste, le mouvement antilibéral, reste un atout pour l’avenir ! » Dominique BELOUGNE.
Vous trouverez ci-après des informations qui ont été adressées à Espaces- Marx ou qui ont attiré notre attention, et que nous vous répercutons (Période du 12 au 19 mai 2007). (Les adresses indiquées peuvent n'être qu'un relais et pas obligatoirement l'origine de l'information, et n'ont aucune affiliation à priori avec notre association. Elles ne partagent pas obligatoirement non plus les autres messages répercutés). Ce message n'est pas un spam. Conformément à la loi et aux règlements du CNIL, les messages de prospection associatifs, politiques, caritatifs ou religieux sont seulement soumis à l'obligation d'accès aux données (comme les messages postaux) et ne sont pas considérés comme des messages de publicité commerciale (spams). L'intégralité des Informations est sur le site d'Espaces Marx Bordeaux, n'hésitez pas à y consulter aussi le Bloc-Notes National : http://espacesmarxbordeaux.apinc.org/
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1) « A.G. du Forum Social Local de Gironde »
2) Les Rencontres Philosophiques d’Espaces Marx : « L’individu est-il antisocial ? »
3) Appel à cotisation et à soutien des activités d’Espaces Marx (2007)
4) [ATTAC33] Prochaine(s) réunion(s)
5) Les rendez-vous des Amis du Monde Diplomatique
7) [RESF33] Rassemblement pour refuser l’ouverture de la chasse à l’enfant
8) Gauche populaire et antilibérale, Collectifs antilibéraux : Changer vraiment la vie
9) [PCF33] Initiatives des Communistes en Gironde et en Aquitaine,…
10) [Palestine33] Invitation à rencontrer Mona & Lina …
11) Rassemblement de soutien avec la CGT SOGERMA
12) Le Café économique de Pessac : « Comment va la France ? »
13) Les Soirées Débats d’UTOPIA : L'AVENIR EST AILLEURS
14) Editions Bastingage : inédites conjugaisons éditoriales
15) [MC2A] Porte2b, Porte bénin/bordeaux
16) calendrier CoorCiTal avril 2007 – Extraits
17) 56e édition de CLINS D'OEIL : GOODBYE BAFANA
18) [ANDROMAC] Concert de soutien pour ALLEZ LES FILLES
19) Exposition des arts visuels à Prignac et Marcamps
20) QUEL AVENIR POUR LE FESTIVAL D'UZESTE MUSICAL ?
21) Exposition de Peintures: PAPAGREBOU
22) LES IMACHINASONS DE PATRICK DELETREZ
23) comité Anti-G8 de Bordeaux : « G8 Juin 2007 Rostock »
24) Kino Session Newsletter #10
26) Centre Jean Vigo : 7ème Printemps des Ciné Concerts
27) Solidarité ! Kadidja risque la prison pour s'être opposée à une expulsion
28) BABEL CAUCASE La caravane... SOIXANTE ARTISTES S'EN VONT EN CARAVANE A ... GROZNY...
29) CapcMusée : Musée d'art contemporain de Bordeaux – Avril 2007
30) À SUIVRE... Exposition / Hélène Gerster - À part ça
31) Fête de l’Humanité 33 : Du 25 au 27 mai 2007, la fête battra son plein !
32) [EEF] Chantiers de Solidarité Internationale 2007-2008
33) [ARLP] Appel des 9 fontaines 2eme édition - 25 et 26 mai
36) CAF : Mesure autoritaire et discriminatoire
37) Gironde : L’influence communiste aide la gauche à résister
38) RESF : La solidarité n’est pas un délit
41) Fête de l’Humanité33 25, 26, 27 mai 2007 : Rachid Taha
42) « Souriez ! » La chronique d’Hervé LECORRE, Ecrivain
43) SOLECTRON : Canejan n'a peut-être pas dit son dernier mot
44) SOGERMA SERVICES : Travailler plus pour gagner autant
45) Communiqué de presse de la LCR Gironde du mercredi 9 mai 2007
46) ESCLAVAGE : Commémo-cacophonie
47) SANTE : Pénurie de soignants à l'hôpital Saint-André
48) PARTI SOCIALISTE, Anziani : « Rousset doit rester à la CUB »
49) MOUVEMENT DEMOCRATE : Accouchement dans la douleur
50) BORDEAUX : 2000 manifestants dans les rues
51) MANIFESTATIONS ANTI-SARKOZY : Jusqu'à six mois ferme
52) 3e CIRCONSCRIPTION : Noël Mamère enfin adoubé par les Verts
53) ELECTION PRESIDENTIELLE : La CUB s'ancre à gauche
54) FILIERE LASER ET OPTIQUE : Une Cité de la photonique va sortir de terre à Pessac
55) AGGLOMERATION : Le rideau s'entrouvre sur une compétence culturelle
56) Présidentielle : Une droite dure s’installe à l’Élysée
57) PCF : Des députés, un groupe communiste pour résister et agir
59) Décryptage : Les cinq raisons de la défaite
62) Sept syndicalistes commentent le résultat
63) Centristes : Une chimérique troisième voie
64) Sarkozy : De la « valeur travail » à la « valeur argent »
65) La CGT en tête des élections professionnelles
66) Dialogue social : Les syndicats s’opposeront à tout passage en force
67) Solidarité : Première victoire pour François Auguste
68) Développement : « Le commerce équitable promeut la paix »
69) Banque : Avis de tempête sur le financement du logement social
70) [LDH] 7 mai 2007 - Election présidentielle : « L’avenir reste entre les mains des citoyens »
71) Journée du 10 mai : La mémoire des chaînes brisées
72) Automobile : PSA confirme 4 800 suppression de postes
73) Aéronautique : la « base » maintient la pression, les actionnaires se gobergent
74) Universités : Procès politique contre des étudiants lyonnais
75) La Lettre d’Henri Emmanuelli : L'invité de Christophe Barbier, LCI - 09/05/07
76) Newsletter de la Ville de Blanquefort : EquiWeb
77) [Survie Info] n° 20 Mai 2007
78) [cesarelibre-infos] Brésil: Bernard-Henri Lévy intercède pour Cesare Battisti
79) « Le devoir d’audace » Par Jean-Luc Mélenchon, sénateur socialiste de l’Essonne.
81) APRES L’ELECTION DE NICOLAS SARKOZY (Mars GR)
82) « Reconstruire, c’est l’urgence » par Christian Picquet (LCR unitaire)
83) « Quelle situation après les élections présidentielles ? » par Pierre Khalfa, mai 2007
86) Ce que dit vraiment Jean Jaurès
87) (Témoignage) 8 Mai 1945 : PRINTEMPS CRUEL, ESPOIRS DE LIBERTE, ENSEIGNEMENTS par Sadek HAJERES
88) [infocom-ldh] Appel à rejoindre la LDH
90) Convergence No 270 : « Vacances :Le SPF donne un coup de pouce aux familles »
91) AU SOMMAIRE DE L’HUMANITE DIMANCHE DU JEUDI 10 MAI 2007
92) Le guide de l’économie équitable
94) Le pillage oublié des archives françaises
95) Paul Ricoeur, « autonome »
96) Ombres et lumières des Renaissances italiennes
97) [RESF33] Compte-rendu réunion RESF33 9 mai 2007
98) Rapport au Conseil national du 9 mai 2007 Joëlle Greder
99) Berlin : Victoire des métallos allemands
100) Russie : La lutte syndicale russe sort de l’hiver
101) Belfast : Irlande du Nord : un bond en avant
102) Allemagne : Délire sécuritaire avant G8
103) Turquie : À Ankara, la présidentielle renvoyée au suffrage universel
104) Royaume-Uni : Le soldat Blair rompt les rangs
105) Pologne : Affaire Geremek : le bras de fer se poursuit
106) Serbie : La crise politique s’aiguise à Belgrade
107) Génériques : Lula contre les trusts pharmaceutiques
108) Mexique : Punis pour défendre leur terre
109) Derrière le scandale Wolfowitz, la crise de la Banque mondiale
110) Bogota : La guerre sale colombienne a toujours droit de cité
Le Lundi 14 Mai à 20h Prochaine Assemblée Générale à l’Athénée Municipale de Bordeaux – Salle réservée par Espaces Marx – Nous y poursuivrons la discussion sur le sens et l’utilité d’un FSL à l’éclairage du FSM de Nairobi et nous évoquerons la préparation du G8 en Allemagne - Pour tout renseignement sur les marches ou le programme du G8 : http://www.euromarches.org - Pour contacter le FSL33, et recevoir les compte rendus des premières A.G. écrire à FSL33 c/o ATTAC 33 2, Place Saint Pierre Boite postale 142 33008 Bordeaux Cedex ou par Mel à <fsl33.07@free.fr> et pour le Forum : fsl33@ml.free.fr .Pour s'inscrire fsl33Infos-request@ml.free.fr avec en objet subscribe. Concernant Les sites officiels du FSL33: le nouveau site www.fsl33.net (Le site : http://fsl33.free.fr pour 2003) - Adresse électronique Contact : <fsl33.07@free.fr> ou Marie-Thérèse ELIAUTOU <eliotoumarie@free.fr>
Le Mardi 15 Mai à 20h30 à l’Athénée Municipal de Bordeaux, Animées par Philippe CAUMIERES et Dominique JOBARD, Professeur de Philosophie Accueillent Laurent BOYER, Professeur Agrégé de Philosophie interviendra sur le thème : « L’individu est-il antisocial ? » - « Alors que la possibilité de vivre et de se réaliser comme individu est le résultat d’une longue histoire occidentale que l’on peut faire remonter aux pratiques de la confession et de la méditation (en passant par l’émergence de la conscience de soi, l’usage personnel de la raison et le développement du droit), l’individualisme apparaît toujours comme un défaut, ou même un vice, en ce qu’il semble désagréger le corps social et constituer alors une menace. On dresse alors le portrait de l’individualiste à l’image de l ‘égoïste, replié sur lui-même, narcissique, indifférent aux autres et à ce qu’il leur doit, posant ses droits avec arrogance et méprisant ses devoirs. Mais c’est oublier la part fondamental de libération ou d’émancipation que constitue l’individualisation de nos existences modernes. Et s’il existe des droits de l’homme, ce n’est pas pour défendre une humanité abstraite mais des individus singuliers. Ce que l’on reproche alors à l’individu, ce n’est pas son individualisme mais plutôt son égoïsme et surtout son ignorance de ce qui le fonde comme individu, c’est-à-dire des processus socio-historiques qui le dépassent. Dès lors, comprenons que l’individu, bien loin d’être antisocial peut être considéré comme fruit du social auquel il emprunte ses figures. Ainsi, à charge de la société et de la politique de construire les conditions d’une liberté véritable de tous les individus. Sans cet idéal, inséparable d’un élan collectif, tout projet politique tend vers le totalitarisme. La réflexion de cette rencontre visera à éclairer cette tension : comment établir le libre jeu des différences individuelles tout en conservant l’unité sociale qui assurerait ce libre jeu ? L. Boyer. » Après un bref aperçu historique, présentation des thèses de Corcuff et de De singly - Contact : bordeauxphilo@yahoo.fr - Contact : espaces.marxbx@tiscali.fr - Entrée libre.
Si vous le jugez utile, Espaces Marx vous appelle à soutenir ses activités en 2007 : Ses prochaines initiatives qui font d’Espaces Marx sur Bordeaux, une véritable Université Populaire même si elle n’en porte pas le nom. Nous avons terminé l’année 2006 avec 265 adhérent(e)s et 2005 avec 263 adhérent(e)s soit 21 de plus qu’en 2004 et 55 soutiens. Vous êtes 116 à avoir payé votre cotisation 2007 dont 9 Nouvelles adhésions. Ces chiffres reflètent une certaine vitalité qu’il faut continuer d’entretenir et enrichir de votre participation. Si vous avez déjà répondu à cette sollicitation nous vous en remercions. Adhésion : http://espacesmarxbordeaux.apinc.org/article.php3?id_article=59
Contact : Espaces.MarxBx@tiscali.fr
====> CHAQUE MARDI DE 18h30 A 20h - PERMANENCE AU LOCAL D'ATTAC 33 : 2, PLACE SAINT-PIERRE A BORDEAUX - Adresse electronique : bordeaux@attac.org - Adresse postale : ATTAC 33 BP 142 33008 BORDEAUX CEDEX - Tel : 05 56 44 08 05 - Adresse du site web : www.attac33.net ou http://www.local.attac.org/attac33/ - Pour s’abonner au nouveau p’tit grain d’attac33 écrire à ptitgrainattac33@free.fr avec subscribe dans le sujet - ATTAC international : http://www.attac.org
====> GROUPES DE PROXIMITE : -- ATTAC BASSIN Jean-Pierre DOUSSE 06-62-39-66-88 jpdousse@aol.com - ATTAC BORDEAUX Marie-Thérèse ELLIAUTOU 05-56-40-33-29 eliotoumarie@free.fr Maurice VILMONT 06.14.66.67.29 -- ATTAC JEUNES Rémi LAFON 06.33.78.54.09 rlafonpuyo@club-internet.fr -- ATTAC JALLES Jean-Luc GASNIER 05-56-57-58-79 jean-luc.gasnier@wanadoo.fr Le groupe des Jalles se réunit tous les 1er mardi du mois à partir de 20h 30, à la salle de l'ABC de Blanquefort. -- ATTAC GRAVES : Josiane MEYNARD 05-56-37-04-46 josianemeynard@aol.com et Josette TOUZET 05.56.04.18.39 jojotouzet@laposte.net le groupe des Graves organise une réunion publique en principe tous les 1er mardi du mois à partir de 20h30, à la salle des éclaireurs près du château de Thouars à Talence. -- ATTAC EN LIBOURNAIS François POUL 05-57-25-39-88 attacenlibournais@wanadoo.fr francois.poul@neuf.fr ATTAC en Libournais se réunit le 1er Mardi de chaque mois (Réunion Publique), à partir de 20h30, à la Bourse du Travail, Rue Giraud 33500 LIBOURNE -- ATTAC MEDOC Gérard THIEBAUT 05.56.09.50.32 lesguillobaut@club-internet.fr -- ATTAC SUD GIRONDE Catherine PEYTERMANN 05-56-65-50-29 attac.sudgironde@free.fr réunion une fois par mois (lundi ou mardi) à Saint Macaire, salle de la mairie http://adiu.free.fr/attac -- ATTAC NORD GIRONDE Jean-Noël Fouchier 05-57-58-18-97 fouchier.cecchin@free.fr
====> COMMISSIONS : SANTE Annie DESCOT 05.56.65.70.83 anniedescot@voila.fr – GROUPE MEDITERRANEE Véronique VILMONT 05.56.24.17.22 veronique.vilmont@numericable.fr - AGCS / OMC / SERVICES PUBLICS Denise CASSOU 05-56-25-72-23 d.cassou@free.fr - OGM / AGRICULTURE Jean-Luc GASNIER 05-56-57-58-79 jean-luc.gasnier@wanadoo.fr – ATELIER ECONOMIE et POLITIQUE (en collaboration avec Espaces Marx) Jacques TOISER 06.07.38.34.23 Jacques.toiser@free.fr - RELATIONS NORD-SUD / SOLIDARITES INTERNATIONALES Maurice VILMONT 06-14-66-67-29 mauricevilmont@yahoo.fr - GROUPE LOGEMENT Brigitte DURAFFOURG 06-20-59-53-22 brigitte-duraffourg@mairie-libourne.fr - FSL33 Maurice VILMONT 06-14-66-67-29 mauricevilmont@yahoo.fr
=====> Gironde - mai 2007
---Mercredi 16 mai à 20h30, au Grand café de l’Orient, place Descazes, à Libourne, rencontre autour d’un article du Diplo du mois - Contact : M.Coutaux - Tél. : 05 57 25 20 37
--- Vendredi 18 mai à 20h30, au Parci Parla, 62, rue Abbé de l’Epée à Bordeaux, rencontre autour d’un article du Diplo du mois - Contact : Parci Parla - Tél. : 05 56 01 12 86
--- Vendredi 25 mai à 20h30, au Relais Gascon, 24 rue de Certes, à Audenge, café débat autour d’un article du Diplo du mois. Contact : F. Taupy - Tél. : 05 56 03 67 42
Voir les Sites :
- www.amis.monde-diplomatique.fr
- http://www.monde-diplomatique.fr
SOIRÉE CONFERENCE – DEBAT le MARDI 15 MAI 2007 de 20h à 22h au CREPS Aquitaine. Salle B Entrée Libre
« LE SENS DES PRATIQUES D’EVALUATION DANS LE CHAMP DE L’ANIMATION SOCIOCULTURELLE » L’évaluation peut être une source d’enrichissement collectif pour développer son action. Elle peut aussi devenir manipulation selon le sens que l’ « on » décide de lui attribuer et selon les pratiques mises en œuvre en son nom. A partir de repères et d’expériences variées, cette notion sera abordée de manière constructive tout en réfléchissant aux écueils inhérents à cette problématique, notamment dans le contexte socio-économique actuel. Conférencier : Alain COZZOLI Accompagnement et conseils en ressources humaines - Cette conférence s’inscrit dans le cadre du programme de formation permanente des animateurs mis en place par le service public Jeunesse et Sports. Le calendrier de ces conférences peut être consulté sur le site du CREPS. - From: "Jean Claude Marque" <jc.marque@creps-aquitaine.fr>
=====> DATES à RETENIR :
--- Permanences du RESF33 : Les permanences du réseau ont toujours lieu les lundis à 18h30, au pub St Aubin (angle Victoire - cours de la Marne), et sont ouvertes à tous les membres du réseau !
--- Prochaine réunion RESF : mercredi 6 juin à 20h à ALIFS, 9 cours Pasteur
--- Concert de Solidarité St Michel : 29 juin
=====> Grand rassemblement devant la préfecture le 23 Mai à 17h
édifiant et pas étonnant... Pour la première fois, la préfecture refuse de recevoir le RESF33 pour parler de la situation d'une famille. Nous avions demandé une audience pour parler de la situation de la famille Inoughi (deux enfants nés en France dont un scolarisé en maternelle). Jusqu'à maintenant, la préfecture avait toujours accepté de nous recevoir et de nous entendre. Mais cette fois, la situation a changée et la préfecture nous envoie une fin de non recevoir : un rappel du refus de séjour pour la famille. Nous ne devons pas laisser passer ça. Si la préfecture ne veut plus nous entendre, nous devons aller lui crier ce que l'on a à lui dire jusqu'à ce qu'elle nous ouvre les portes. C'est très important, nous devons réussir ce rassemblement. De celui-ci dépend la situation des Inoughi bien sûr. Mais aussi de toutes les autres familles que nous aurons à défendre dans les prochains jours, les prochaines semaines, dans les prochains mois.
Faisons de ce rassemblement une réussite. Venez tous et prévenez vos contacts pour qu'ils viennent eux aussi.
LA PREFECTURE DOIT NOUS ENTENDRE. Rassemblement le 23 mai à 17h devant la préfecture puis marche à 18h30 jusqu'au parvis des droits de l'Homme pour procéder au parrainage républicain de la famille pour le RESF33, julie fradelizi
=====> [RUSF33] Les permanences :
Permanences :
- à Bordeaux2 (Victoire) : le mardi de 12H30 à 14H30 au local de Sud Etudiant (place André Meunier)
- à Bordeaux3/Bordeaux4 : le mercredi de 13H00 à 15H00 au local du comité de mobilisation (face à l'amphi B400 à Bx 3)
- sur le site Bordeaux 1 : le jeudi de 12H30 à 13H45 en salle 101 (bat. A22) - L'équipe de RUSF 33 (rusf33@gmail.com) - Site : http://rusf33.blogspot.com/ - From: rusf33@gmail.com
=====> Sur le site du RESF33 : http://resf33.free.fr/
Retrouvez sur le site tous les dossiers suivis en cours. Signez la pétition en ligne sur RESF ! http://resf33.free.fr/spip.php?article48 – Contacts : resf33@laposte.net et Site : www.resf33.free.fr
=====> Des pétitions sont actuellement sur le site national :
--- Pétition : LA SOLIDARITE NE DOIT PAS DEVENIR UN DELIT !
Arrêt des poursuites contre les militants de RESF et Florimond Guimard.
http://www.educationsansfrontieres.org/?page=article&id_article=4861 ou
http://www.valplan.info/petitions/index.php?petition=3&pour_voir=oui&lettre=6
– From : <resf33@laposte.net>
Législatives : 10 juin – 17 juin
=====> Face au grave échec de la gauche à l’élection présidentielle, Ne laissons pas tous les pouvoirs entre les mains de Nicolas Sarkozy, Faisons élire le plus grand nombre possible de députés résolus à s’opposer à la droite !
--- 1ère circonscription : Vincent MAURIN, Fabien GAY, suppléant (Bordeaux-Nord, Caudéran, Le Bouscat-Bruges)
Candidats soutenus par le collectif antilibéral de Bordeaux-Nord et par le PCF.
--- 2ème circonscription : Véronique VILMONT, Michel DUBERTRAND, suppléant (Bordeaux)
Candidats du collectif antilibéral de Bordeaux Centre-Bordeaux Bastide, soutenu par le PCF.
--- 3ème Circonscription : Jean-Jacques PARIS, Michèle PENICHON, suppléante (Bègles, Talence, Villenave d’ornon, Bordeaux 6éme canton) Soutenus par les Collectifs de Villenave d’Ornon, du 6éme Canton de Bordeaux, et par le PCF.
--- 4ème circonscription : Max GUICHARD, Josy BOUALY, suppléante (Carbon-Blanc, Cenon, Floirac, Lormont)
Candidats soutenus par le PCF et des collectifs antilibéraux de la Rive droite.
--- 5ème circonscription : Conchita CIMBRON, Jean-Claude CONTE, suppléant (Blanquefort, Le Pian, Macau, Parempuyre, Castenau, Pauillac, Lesparre) Candidats antilibéraux soutenus par le PCF.
--- 6ème circonscription : Michèle ISTE, Philippe LOZANO, suppléant (Mérignac, St Médard en Jalles)
Candidats soutenus le collectif antilibéral de la 6ème circonscription et par le PCF.
--- 7ème circonscription : Cathy DAGUERRE-POLO, Marc DEHOUSSE, suppléant (Gradignan, La Brède, Pessac)
Candidats soutenus les trois collectifs antilibéraux de la 7ème circonscription et par le PCF.
--- 8ème circonscription : Anne-Marie KOLLI, Nicolas MAYER, suppléant (Arcachon, Audenge, Bazas, Belin-Beliet, Captieux, Grignols, La Teste, Saint-Symphorien, Villandraut) Candidats soutenus par les collectifs antilibéraux de la 8ème circonscription et par le PCF.
--- 9éme circonscription : Pierre AUGEY et Jean-Paul PETIT suppléant (Auros, Cadillac, Créon, Langon, La Réole Monségur, Podensac, St Macaire, Sauveterre de Guyenne, Targon) Candidats des collectifs antilibéraux soutenu par le PCF.
--- 10éme circonscription : Patrick AUBISSE, Claire CATALO, suppléante (Libournais) Candidats de la gauche antilibérale unie, avec le soutien du PCF.
--- 11ème circonscription : Véronique LAVAUD, Sébastien LABORDE, suppléant (Blaye, Saint André de Cubzac, Coutras)
Candidats antilibéraux soutenus par le PCF.
=====> Les réunions des Comités d’initiatives et de soutien pour les élections législatives
--- Dans les onze circonscriptions de la Gironde sont présent(e)s des candidat(e)s soutenus par la plus part des Collectifs Girondins antilibéraux et par le PCF.
--- 3e Circonscription : Candidat(e)s Jean-Jacques PARIS et Michèle PENICHON. Avec le soutien des Collectifs de Villenvae d’Ornon et du 6e Canton de Bordeaux et des Sections du PCF concernées. Le Comité béglais d’animation de la campagne se réuni tous les jeudis soir à 18h30 au siège de la section du PCF, place du Prêche. Il est bien entendu ouvert à toutes et à tous. Il tient une permanence tous les Mardi de 16h à 19h au siège de la Section du PCF à Bègles. Cinq comités de campagnese sont mis en place. - Secteur Langevin - Secteur Monmousseau, Dorat, Paty - Secteur Mairie-Bourg – Secteur Argous, Mussonville, Thorez - L’organisation de distributions et rencontres devant les entreprises et dans les quartiers populaires a été mise en route. Inscrivez-vous ! - Contact : Henri Rossignol : 05 56 85 18 8 ou 06 81 07 53 10 - Comité de quartier de Bègles (Secteur Monmousseau, Dorat, Paty) – Contact : Jean-Jacques Paris. - Comité de Quartier de Bègles (Argous, Mussonville, Thorez) – Contact Annie Guilhamet 05.56.85.32.86 <guilhamet.annie@wanadoo.fr> ou Guy David 05.56.49.03.50
- Tous les Mercredi et Samedi matin Point Rencontre au Maché de Bègles
- Tous les samedis point rencontre au LIDL de Villenave d’Ornon
- Tous les Dimanche point rencontre au Maché de Talence
--- 5e circonscription : Candidats Conchita Cimbron et Jean-Claude Conte. Ils ont dors et déjà le soutien des Collectifs antilibéraux de la circonscription, et du PCF. Ensuite, ce comité de soutien se réunira tous les mercredis à 19h dans la même salle à Castelnau de Médoc.
Deux grands week-ends de diffusion du journal de Campagne
• Samedi 12 mai aux marchés de Lesparre et Pauillac
• Dimanche 13 mai au marché de Castelnau
• Mercredi 30 mai au marché de St-Vivien
• Samedi 2 juin au Leclerc de Lesparre et Intermarché de Pauillac
• Dimanche 3 juin aux supérettes d’Hourtin et St Laurent
Un Comité de soutien s’est mis en place : Président : Francis Gardelle, 159, allée Genest, 33290 Le Pian Médoc. Contact : Alain au 06 15 12 7 10 ou <fitte.patricia@wanadoo.fr>
--- 7e Circonscription : Candidat(e)s Cathy POLO-DAGUERRE et Marc DEHOUSSE. Avec le Soutien des 3 collectifs antilibéraux de la circonscription et des Sections du PCF concernées. – Contact pour se joindre au Comité de Soutien : Cécile Berniès
525 Chemin des Marguerites 33140 CADAUJAC - Tél. : 06 87 02 68 40 - Fax : 05 56 72 66 33 - Courriel : bernies@free.fr –
--- Le Comité d’animation départemental des Comités de soutien à la candidature de Marie-George BUFFET va tourner maintenant son activité vers le soutien aux candidat(e)s aux élections législatives de rassemblement de la gauche populaire et antilibérale. - Pour s’associer à la campagne des élections législatives adresser votre signature à : comitesoutienmgb33@free.fr
--- Points rencontres à Bordeaux : Tous les mardis de 18 h à 20h salle Son Tay et Tous les mercredis à 10 h 30 marché Stéhelin à Caudéran, et au marché frontalier de Caudéran à Eysines au Migron le dimanche matin.
--- Comité de Bordeaux-Sud Permanence à la Salle Son Tay tous les mardis de 18h à 20h.
=====> N’hésitez pas à faire parvenir au journal Les Nouvelles de Bordeaux et du Sud-Ouest les initiatives, débats, compte-rendus (courts), photos, nouveaux collectifs... Donnez les coordonnées (mails, sites, blogs) ainsi que les numéros de téléphone et/ou adresses pour élargir la participation. Merci. Christine TEXIER, Rédactrice en chef de l’Hedomadaire, Les Nouvelles de Bordeaux. Contact : <Christine.Texier@wanadoo.fr> ou <nouvelles.so@numericable.fr>
=====> Les collectifs en Gironde (28)
« Ambarès-Ambès, St-Louis de Monferrand-Ste-Eulalie » [Roland Vasquez 05 56 38 81 96 - <vazquezroro@aol.com>],
Arcachon Bassin [<christian.darriet@free.fr>, <Jpdousse@aol.com>],
Bordeaux-Nord (1ère circonscription) [francoise.nouqueret@orange.fr, nicolas.nercam@free.fr],
Bordeaux Centre et Bastide (2ème circonscription) [mcrossignol@free.fr,
c.mellier@mairie-bordeaux.fr],
Bègles [Niangsamba@aol.com, j.paris@cg33.fr],
Carbon-Blanc [mbecerro@modulonet.fr]
Cenon [Max Guichard 06 64 44 33 10],
Cestas [<pierre.pujo@neuf.fr>],
Cheminots de Bordeaux [<jmaingue@numericable.fr>]
Coutras [sebastienlaborde@wanadoo.fr],
Créon [collectifcreonnais@gmail.com],
Floirac [menedezmig@tele2.fr, christophe.simon@club-internet.fr],
Gradignan [collectifantiliberal.gradignan@voila.fr],
Hauts de Garonne [jacques.martinet5@free.fr],
IEP (Sciences_Po_Bx) [Guillaume ROUYER <guitouuu@gmail.com>]
La Brède [<cecile.bernies@laposte.net>],
Landes Girondines []
Langon [<pierre.augey@wanadoo.fr>],
Libourne [collectiflibournais@wanadoo.fr, adecarlo@libertysurf.fr, patrickaubis@tele2.fr],
Mérignac 6éme Circonscription [d.esnault@club-internet.fr, rgairin@wanadoo.fr, sg.ezquer@orange.fr, joel_girard@hotmail.fr],
Pessac [odette.eyssautier@wanadoo.fr],
Podensac [<lionel.c5@wanadoo.fr>],
Ste-Foy la Grande [cac-33@wanadoo.fr],
St-Sulpice et Cameyrac [psandeau@galilee.fr],
Villenave d’Ornon [aile-insertion@wanadoo.fr, jean-claude.laulan@wanadoo.fr], Sud Gironde [m.hilaire@wanadoo.fr, <francisdaspe@wanadoo.fr>],
St-Caprais [<jpdpetit@wanadoo.fr>],
St-André-de-Cubzac [georges.bouilly@wanadoo.fr],
Talence [michel.cahen@free.fr],
Tresse []
Universités [comite2007UnivBx@free.fr, Remi LAFON rlafonpuyo@club-internet.fr, <Dominique.Belougne@tiscali.fr>]
Val de l’Eyre [],…
et "Collectif Dépatemental Gironde" <girondeunite2007@yahoo.fr> ou <au-contact33@ras.eu.org> ou <mdubertrand@pcf.fr> ou <niangsamba@aol.com>
====> Le Blog http://www.alternativeagauche2007.org/
- Contact : <girondeunite2007@yahoo.fr> ou <au-contact33@ras.eu.org> ou <mdubertrand@pcf.fr> ou <niangsamba@aol.com>
=====> Des Blogs Girondins :
http://gironde.gauchepopulaire.fr
http://soutienunivbx.gauchepopulaire.fr
http://coutras.gauchepopulaire.fr
http://fonfon.gauchepopulaire.fr
Législatives : 10 juin – 17 juin (Voir les initiatives des collectifs et de la Gauche populaire et antilibérale)
======> Les Réunions organisées par le PCF
Voir le site : http://33.pcf.fr/
--- La Section du PCF du Bassin d’Arcachon et des Landes Girondines tient une permanence à BIGANOS tous les mardi de 17h30 à 19h30 et le premier Samedi de chaque mois de 10h à 12h. Contact : <christian.darriet@free.fr>
=====> 25, 26, 27 mai à Villenave d’Ornon : Fête de l’Humanité 33
K2R RIDDIM sur la grande Scène Vendredi 25 Mai à 22h30
Rachid TAHA sur la grande Scène Samedi 26 Mai à 22h30
Georges MOUSTAKI sur la grande scène le dimanche à 17h.
http://www.fetehuma33.org/
--- A partir du 18 mai à 9h du Matin : montage de la Fête
Le long week-end de l’Ascension (18, 19 et 20 mai), une semaine avant la fête, sera consacré au montage des structures : ouverture du terrain le 18 mai à 9h. Tous les bénévoles disponibles sont invités à venir aider au montage. Tél : 05.56.91.45.06
---- Invitez avec la vignette-bon de soutien
Vous souhaitez recevoir des vignettes pour les proposer : 05 56 5 91 06 (Cathy Rizaldos ou Laure Vignau).
La vignette permet de venir à la fête pour 9 euros au lieu de 15 euros (elle coûte euros et permet une entrée à tarif réduit de 5 euros). Entrée gratuite sur présentation de la vignette accompagnée d’un ticket spécial pour les sans emploi.
Location : Fnac, Carrefour, Géant au 0892 68 36 22 (0,3 €/min) www. fnac.com / www.humanite.fr / www.fetehuma33.org
Et aussi : Affiches, affichettes, flyers disponibles à la Fédération, 15, rue Furtado à Bordeaux, ou dans les sections.
=====> Section de Bordeaux du PCF33 : Déjà l’été
Sortie dimanche 8 juillet, à « Aqualand ». Déjà ? Oui, les communistes bordelais proposent cette sortie dans un parc de loisir dès maintenant. Elle s’adresse à tous ceux qui n’ont que rarement l’occasion de prendre un peu de bon temps et ne partiront pas en vacances. Et comme cela coûte plus cher que d’aller à la plage, ils s’y prennent assez tôt, afin que la question financière ne soit pas un obstacle, que le paiement puisse se faire en plusieurs fois. Et pour que d’autres, moins défavorisés, participent à une collecte pour y aider. Prix de la sortie : Adultes 25 euros - Enfants (jusqu’à 12 ans) 17 euros - Réservation au : 06 63 81 77 05 ou 05 24 60 31 17
Horaires : Départ à 9 h des Aubiers, 9h15 au Grand Parc, 9h30, crs Edouard Vaillant. Retour à 18h30.
=======> "Laissez-les grandir ici !"
Signez la pétition de RESF : Chacun d’entre vous a eu l’écho, dans la presse, à la télévision, au cinéma du film produit par un collectif des 350 cinéastes Laissez les grandir ici et de la sortie de la pétition qui porte le même titre. C’est un renfort de la plus grande importance qui doit, selon nous, trouver le relais le plus large possible auprès de toutes celles et de tous ceux qui depuis des mois et des mois se sont lancés dans la défense des enfants étrangers menacés de bannissement. http://www.pcf.fr/spip.php?article1453
http://www.educationsansfrontieres.org/spip.php?article4633
=====> AIRBUS et EADS : Un défi pour la politique européenne
Déclaration commune de Marie George Buffet – Lothar Bisky – Gregor Gysi Oskar Lafontaine – Francis Wurtz
1. Power 8 est inacceptable. Nous demandons le retrait.
Il est inacceptable de remettre en cause des emplois, des sites, des compétences avec en ‘plan de sauvetage’ d’Airbus qui n’apportera aucune solution aux problèmes posés. Il n’est pas acceptable que les actionnaires privés se dérobent de leur responsabilité au moment où il faut engager des moyens pour les investissements d’avenir après avoir tiré d’énormes dividendes de l’immense succès de l’A320. Il n’est pas acceptable que les Etats actionnaires de désaisissent depuis 2000 de leur responsabilité de gestionnaires au profit de ces mêmes actionnaires privés. La Constitution allemande est à prendre au sérieux : « Propriété oblige. Son usage doit contribuer en même temps au bien de la collectivité ». http://www.pcf.fr/spip.php?article1449
======> École : Le réseau École vient de lancer un espace de publication, d’information et de commentaires sur un blog. Reseau-ecole@listes.pcf.fr
À découvrir sur : http://ecoledavenir.gauchepopulaire.fr/index.php
======> Les lettres de secteurs d’activités
--- La Lettre du RAPSE n° 17, contact : Rapseinfo@rapse.org
--- Le bulletin du réseau École Contact : mmilekitch@pcf.fr ou bcalabuig@pcf.fr
--- La Lettre janvier-février 2007 du groupe de travail Commerce équitable-Économie solidaire. Ce mois-ci dans la lettre : http://new.pcf.fr/spip.php?article1395
======> Hors Série de l’Humanité 10 € «L’Affiche Rouge, la véritable histoire du groupe Manouchian» et son DVD de 70 minutes réalisé par Jorge Amat avec l’Historien Denis Peschanski.
=====> PCF 33 : Communication
Sur le site du PCF : www.gironde.pcf.fr
• Tous les tracts à disposition (nationaux, départementaux, des collectifs...), toute l’actualité, les dossiers…
• Toute l’actualité
• Les dossiers
Vous souhaitez envoyer des infos sur le site ? : communication@gironde.pcf.fr - Vous voulez contacter le PCF33 : contact@gironde.pcf.fr
=====> Le programme du PCF, Quatre engagements pour une politique de gauche qui change vraiment la vie est disponible à la Fédération du PCF 15, Rue Furtado à Bordeaux. Tél : 05.56.91.45.06 – Email : contact@gironde.pcf.fr - Vous le trouvez aussi sur le site du PCF : www.pcf.fr.
=====> PCF 33 : Souscription exceptionnelle Pour battre la droite et réussir à gauche.
Nous souhaitons, au regard des enjeux, donner un nouvel élan à la souscription. Chèques à l’ordre de : ADF PCF 33. Renvoyer à : PCF « souscription » - 15, rue Furtado – 33800 Bordeaux.
=====> Souscription exceptionnelle pour l’élection présidentielle
Nom ............ Prénom ........ Adresse ............ Je verse ...........€
Par chèque libellé à l’ordre de « Mme Borvo, mandataire financier de Marie-George Buffet » ou à l’ordre de «ANF» (Association Nationale de Financement) Conformément à la loi, un reçu ouvrant droit à une déduction d’impôt vous sera adressé (66 % de votre versement).
=====> Le Journal « l’Humanité » gratuit pendant 6 mois
pour des milliers de jeunes dans le cadre de l’opération lancée à la Fête de l’Humanité «Libres échanges» où déjà 4000 jeunes se sont inscrits pour recevoir le quotidien gratuitement pendant 6 mois. Vous aussi, faites découvrir le journal à des jeunes autour de vous. En le recevant, ils pourront aussi écrire dans l’Humanité chaque semaine et sur le site Web à tout moment.
Nom-Prénom....... Adresse..... Tél. ..... Mobile.... Email....
Retourner à : Les Nouvelles de Bordeaux - l’Humanité «Libres échanges» - 15, rue Furtado - 33800 Bordeaux qui transmettra au journal.
====> Vous souhaitez « militer » pour battre la droite en 2007 et construire un vrai changement à gauche, contactez le PCF au 05.56.91.45.06 ou contact@gironde.pcf.fr – Voir aussi le site www.pcf.fr
======> Participer à la Campagne de Marie-George BUFFET : <http://www.mariegeorge2007.org>
====> Pour des candidatures unitaires de la gauche antilibérales en 2007-2008
http://www.alternativeagauche2007.org/
- From : <contact@gironde.pcf.fr>
Elles sont agricultrices en Cisjordanie à Irtha prés de Tulkarem, en France pour quelques jours elles proposent de venir débattre de leur situation de femmes, de mère, d’agricultrice, de résistante. Elles résident prés de la ligne verte et du mur et sont actives dans le groupement des femmes de leur village. Elles sont porteuses d’un témoignage très fort - Lundi 14 mai 18h 30 Salle paroissiale 64, rue de Dijon à Bordeaux Bastide … Palestine33 les accueille, Leur vie est une leçon de courage , Venez les écouter et les encourager dans leur combat
- From: samiamallie@wanadoo.fr
Mardi 15 mai à 14h00, Au le Tribunal de Grande Instance rue des Frères Bonnies
La CGT SOGERMA demandera l’annulation de l’accord signé par FO et la CGC imposant aux salariés de travailler 39h00 payés 35h00. Alors que le discours de notre président de la république prône le « travailler plus pour gagner plus », la réalité pour les salariés de la SOGERMA sera tout le contraire, puisqu’ils devront travailler plus pour pas un rond de plus. L’Union Départementale CGT appelle l’ensemble des syndicat de la Gironde à se mobiliser pour soutenir les camarades de la SOGERMA, et appelle à un rassemblement devant le Tribunal d’Instance. Soutien aux camarades de la SOGERMA - From: "Olivia Wallig" <olivia.wallig@bordeaux-bs.edu>
Cher(e) ami(e), Le Café économique organise son débat mensuel le mardi 15 mai à 18h, à la brasserie le Boeuf sur la Place (Pessac centre). Le thème est d'actualité : Comment va la France ? Avec Michel Cabannes, économiste (Bordeaux 4) et Christophe Pébarthe, historien (Paris 8). À la veille des élections législatives, quel est l'état économique de la France? Retraites, 35h, fiscalité, Sécurité sociale, quel diagnostic? Existe-t-il des marges de maoeuvre pour le nouveau gouvernement? La France peut-elle encore mener une politique économique ou est-elle condamnée à s'adapter à la mondialisation? Dans l'attente de vous voir mardi prochain. Amitiés Corinne Pébarthe, présidente du Café économique
- From: "Keynes J.-M." <cafe_economique@yahoo.fr>
=====> BLUSH Lundi 14 MAI à partir de 18h UNE SOIRÉE avec le chorégraphe Wim VANDEKEYBUS
Proposée par Le Cuvier de Feydeau – Centre de développement chorégraphique d’Aquitaine et le TnBA, pour son premier passage à Bordeaux. - 18h : Rencontre avec Wim VANDEKEYBUS animée par Irène FILIBERTI (critique danse), autour de l’oeuvre du chorégraphe - 20h : projection du film « BLUSH », réalisé par Wim VANDEKEYBUS - Achetez vos places à l’avance, à partir du Samedi 5 Mai - Depuis vingt ans, Wim Vandekeybus, à l’instar des autres grands chorégraphes flamands Jan Fabre, Alain Platel ou Anne-Teresa de Keersmaeker, a inventé une danse saturée et libre. Une danse faite de sauvagerie animale, de cavalcades stupéfiantes, de sauts vertigineux, de rafales et de convulsions. Depuis 1986 et la création de sa compagnie Ultima vez (« dernière fois » en espagnol), Wim Vandekeybus n’a eu de cesse de surprendre, apportant musique live et cinéma grand format sur les plateaux, confrontant le mouvement au texte avec une énergie rebelle et, pour tout dire, contagieuse, qui étonne et ravit !
=====> UN ESPOIR AU CAMBODGE Mardi 15 Mai à 20h30 SOIRÉE-DÉBAT : Un espoir au Cambodge
Organisée par l’Association POUR UN SOURIRE D’ENFANT Aquitaine.
Projection unique du film suivie d’un débat avec Martin DE ROQUEFEUIL, président de PSE Aquitaine, et des membres de l’association. Contacts PSE Aquitaine : 06 67 16 65 03 ou pseaquitaine@hotmail.com - Tarif unique : 3,50 euros
Achetez vos places à l’avance, à partir du Samedi 5 Mai.
http://www.cinemas-utopia.org/bordeaux/bordeaux.php
En ces temps de confrontation électorale, Bastingage vous invite à surfer sur ses inédites conjugaisons éditoriales et prometteuses invitations printanières : * 11, 12 et 13 Mai 2007 : Salon du Livre à Bazas, un des plus beaux patrimoines aquitains, avec les auteurs René Antona "Et pourtant l'aube se leva", Bruno Dumas "Julia, Ici et là-bas", et Maïlys François "Si tu ne vas pas au Monstre". * Samedi 12 Mai, 17 heures, au Festival Créations croisées, franco-portugaises, de Panoramixe,à Bordeaux, Christian Sallenave, Directeur des Editions Bastingage, est invité en tant que sociologue pour parler de la double identité. * Suite des conférences rencontres de Maïlys François dans le collèges de l'Académie de Bordeaux sur son premier roman "Si tu ne vas pas au Monstre". * Invitation de Bruno Dumas à l'émission littéraire d'Isabelle Mamère sur France Bleue Gironde. * Samedi 26 mai, à la Fête de l'Humanité, à Villenave d'Ornon, René Antona est invité à parler de son livre "Et pourtant l'aube se leva" sur les grandeurs de la Résistance populaire et anonyme jamais médiatisée, et Christian Sallenave, sociologue est invité à une table ronde le dimanche 27 mai 2007,sur la Précarité et ses traductions politiques à travers deux ouvrages édités à Bastingage "La précarité n'est pas encore ce qu'elle était" et "Les J'accuse de Zola et de Péguy". * Le samedi 7 juillet, La Nuit du Livre, à Meilhan sur Garonne, invite les Editions Bastingage en son bel écrin de convivialité autour des livres et de leur lecture en fête. * La Librairie Olympique, à Bordeaux, a invité les Editions Bastingage à présenter son fond éditorial durant la semaine de Lire en fête. * Les Editions Bastinage sont enfin diffusées à un tarif similaire à celui des autres éditeurs, dans un premier temps sur l'ensemble des points de vente d'Aquitaine et de Midi-Pyrénées. Ces lecteurs heureux élus se rajoutent aux 175 librairies sur tout le territoire français, en Suisse, au Québec et en Belgique,qui diffusent nos livres depuis maintenant deux ans et demi, et diffuseront, nous l'espérons, nos cinq prochains auteurs prometteurs et leurs livres enchanteurs, polar, photos, romans, périples en Europe et en Afrique ! Cordialement Bien à Vous - Site http://www.editionsbastingage.com - From: Editions Bastingage <editionbastingage@yahoo.fr>
--- Rencontre débat : « Le Bénin en création » le Lundi 14 Mai à Porte2A à 19h Animé par Jean-Nornert Vignondé, du groupe de recherche du CELFA, en présence des artistes.
--- DANSE/SHANGO, « Ce putain de Dieu », Solo de Vincent HARISDO le Mardi 15 Mai Porte2A à 20h30 d’après l’adaptation de l’œuvre de Manuel Zapata Olivella et du Texte « Le corps de la mémoire » de Mohamed Kacimi, plasticien et poète marocain. Entrée 5 euros.
--- DNSE « Le secret de Oshun », création de Vincent Harisdo avec les super-anges le Mercredi 16 Mai Porte2A à 20h30 – Une tribu nomade composée d’hommes qui conteraient individuellemnt et collectivement l’histoire d’un mythe, celui d’Oshun ou comment des hommes deviennent étranger à eux-mêmes et sombre dans la folie. Entrée 5 euros.
- Migrations Culturelles aquitaine afriques, 16, rue Ferrère, Bordeaux
Tél : 05 56 51 00 78 – Fax: 05.56.51.00.83 - "MC2A Asso" mca.association@libertysurf.fr - From : <guylenoir@wanadoo.fr>
--- Mardi 15 mai : à partir de 18 heures, Manifestation sur les cours de la Libération et Gambetta
--- Mardi 12 juin : à partir de 18 heures, Permanence de rue au Forum à Talence (en face de l'église) Bernard Conte
--- Le Site-blog DAZIBAO TALENCE : C’est le prolongement de Dazibao Journal citoyen talençais
PANORAMA DES 5 DAZIBAOS (journal citoyen talençais) :
http://adecats.free.fr/dazibao.html
SITE ADECATS : http://adecats.free.fr
BONNE LECTURE
--- Renseignements : CoorCiTal, 29 rue Raoul Voignier 33400 Talence
coorcital@wanadoo.fr - téléphone : 0556040491
blog du journal dazibao : http://dazibao.talence.over-blog.com
site : http://velocital.free.fr site : http://talenceouest.free.fr
site : www.talence.org site : http://adecats.free.fr
lien avec Locale Télévision gironde : www.ltv33.com
Bien informés les hommes sont des citoyens, mal informés ils deviennent des sujets. Alfred Sauvy, sociologue - From: "alainmuraine" <alainmuraine@wanadoo.fr>
=====> Au programme de cette 56e édition de CLINS D'OEIL : D’après les mémoires du geôlier de Nelson Mandela. Afrique du Sud, 1968. Vingt-cinq millions de Noirs vivent sous la domination d’une minorité de quatre millions de Blancs. Sous le régime brutal de l’Apartheid imposé par le gouvernement du Parti National, les Noirs n’ont ni droit de vote, ni liberté de mouvement, ni le droit de posséder des terres, des entreprises ou même un logement, et ils n’ont pas accès à l’éducation. Déterminés à garder le pouvoir, les Blancs interdisent tout regroupement, association ou manifestation d’opposition ; ils obligent les leaders noirs à s’exiler ou les emprisonnent à vie sur Robben Island. James Gregory, un Afrikaner blanc typique, considère les Noirs comme des sous-hommes. Ayant grandi dans une ferme dans le Transkei, il a appris à parler le Xhosa dès son plus jeune âge. Cela fait de lui l’homme idéal pour devenir le gardien de prison chargé de surveiller Nelson Mandela et ses camarades sur Robben Island : il parlera leur langue et pourra les espionner à leur insu. Ce plan va cependant se retourner contre ceux qui l’ont conçu. Au contact de Mandela, Gregory commence à questionner le système de l’Apartheid et devient progressivement le défenseur d’une Afrique du Sud libre et démocratique. Goodbye Bafana raconte la relation aussi surprenante que profonde qui se noue entre ces deux hommes et à travers leur amitié unique, on découvre l’éveil d’une conscience.
=====> films ¬ débats ¬ 4,50€
=====> Intervenants :
--- DOMINIQUE DARBON est professeur des universités en Sciences Politiques à l’I.E.P. et au C.E.A.N. (Centre d’étude d’Afrique noire) de Bordeaux. Il travaille depuis le début des années 1980 sur l’Afrique australe et notamment l’Afrique du Sud. Il est diplômé de l’Institut d’Études Politiques de Bordeaux, Docteur en Études africaines, Docteur en Sciences Politiques, membre Comité national CNRS, responsable de l’Axe « Dynamiques locales de la mondialisation » (MSH/A), et coordinateur du Programme de recherche « Modèles et transferts dans la mondialisation des Afriques » (MSH/A, 2002-2006). Auteur de :
- L’Afrique du Sud, puissance utile, écrit avec Michel Foucher (Belin, 2000)
- L’après Mandela : enjeux sud-africains et régionaux, sous la direction de Dominique Darbon (Karthala, 1999)
- La création du droit en Afrique, écrit avec J. du Bois de Gaudusson (Karthala, 1997)
- La nouvelle Afrique du Sud, sous la direction de Dominique Darbon (Hérodote,
1996)
- Ethnicité et nation en Afrique du Sud : les imageries identitaires, sous la direction de Dominique Darbon (Karthala, 1995)
- La république sud-africaine : état des lieux, sous la direction de Dominique Darbon (Karthala, 1993).
--- BENOIT DUPIN est professeur d’Histoire-Géographie, spécialiste de l’Afrique du Sud, doctorant au C.E.A.N., prépare une thèse sur « La construction de la nouvelle nation sud-africaine » et une biographie de de Nelson Mandela dans l’Encyclopédie Universalis.
--- LAURENT FOURCHARD est historien, chercheur à la Fondation Nationale des Sciences Politiques C.E.A.N. de Bordeaux, et spécialiste de l’Afrique du Sud.
--- FRÉDÉRIC LE MARCIS est anthropologue, Maître de conférences à Bordeaux 2, et spécialiste de l’Afrique du Sud. Auteur de nombreux articles sur l’A.F.S. et de « L’Empire de la violence. Un récit de vie aux marges d’un township », in
Afflictions. L’Afrique du Sud de l’apartheid au sida (sous la dir. de D. Fassin), Karthala, 2004.
--- ELIKIA M’BOKOLO est écrivain, historien, directeur d’études à l’École des
Hautes Études en Sciences Sociales, enseignant à l’Institut d’Études Politiques de Paris et à l’Institut de Relations internationales et stratégiques. Il est producteur à Radio France internationale (« Mémoires d’un continent », émission hebdomadaire d’histoire africaine), il est également consultant à l’Unesco (sur les problèmes de culture, du développement, de la paix et des sciences sociales) : Enseignement et recherche dans des universités étrangères (Université de
Lisbonne, 1999; New York University, French Institute, 1998; Trinity College,
French Studies, Cambridge, 1998. Auteur de :
- L’Afrique au XXe siècle : le continent
convoité (Le Seuil, 1985) ? L’Afrique noire. Histoire et civilisation (Hatier, 1992)
- L’Afrique entre l’Europe et l’Amérique, la place de l’Afrique dans la rencontre des deux mondes (Unesco, 1995) ? Au coeur de l’ethnie, avec Jean-Lou Amselle (La Découverte, 1999).
--- MARIANNE SEVERIN est docteur en Sciences Politiques, chercheuse associée au C.E.A.N., et spécialiste de l’Afrique du Sud. Auteur de :
- « Qui gouverne la nouvelle Afrique du Sud
- Elites, réseaux, méthode de pouvoir » in L’Afrique du Sud, dix ans après. Transition accomplie
- (I.F.A.S.-Karthala), Ph. Guillaume, N. Pejout,A.Wa Kabwe-Segatti ? Biographie de Thabo Mbeki pour L’Encyclopedia Universalis ? Les réseaux ANC (1910-2004)
- Histoire de la constitution du leadership de la nouvelle Afrique du Sud, thèse de doctorat en Sciences Politiques au C.E.A.N.-I.E.P. de Bordeaux.
=====> Les Séances :
--->Andernos ¬ Cinéma Le Rex Dimanche 13 mai > 21 h
Lundi 14 mai > 14 h
---> Cestas ¬ Cinéma Le Rex Lundi 14 mai > 20h45 Débat Avec Marianne SEVERIN
---> Léognan ¬ Espace culturel Georges Brassens Mardi 15 mai > 20 h 30 Débat Avec Dominique DARBON
=====> L’opération Clins d’oeil, soutenue par le Conseil général de la Gironde et la Direction régionale des affaires culturelles d’Aquitaine, vise à diffuser des oeuvres récentes ou inédites dans une vingtaine de villes de la Gironde. Ces films vous donneront, au travers de la fiction ou du documentaire, un point de vue différent sur les grands sujets de notre époque ou plus simplement vous révéleront un cinéma singulier, accessible à tous. Certaines séances seront suivies de rencontres-débats,en présence d’intervenants divers, d’universitaires, de réalisateurs... Conception graphique : Lisa Morand 05 56 94 59 26
====> Renseignements : Association des cinémas de proximité de la Gironde [ACPG]
Place de la Ve République - 33600 Pessac ? 05 56 46 06 55 - Coordination départementale : Jean-Louis Ribreau
====> Séances scolaires : Sur demande du 10 au 23 janvier - Tel: 05 56 80 10 28
ANDROMAC / Vendredi 18 MAI Concert de soutien pour ALLEZ LES FILLES à la MAC / Domaine Universitaire à 21h / 5 euros - Ayant appris qu'une incontournable et indispensable association bordelaise était en difficulté, il nous a pris l'idée d'organiser un concert de soutien pour la cause... Il y aura donc :
Mustang Twisters (Punk Rock psychedelique)
Sharitah Manush (folk rock psyche country)
Sub Robot (Rock Noise)
Jimbo Farrar (Post Rock)
La plupart de ces groupes sont sur le site de la démothèque d'Allez les Filles: http://alfdemo.free.fr/
La MAC Domaine Universitaire/ En face du Village 4/ Pessac 33 Tram ligne B/ Arrêt UNITEC
http://andromac.asso.free.fr - From: ANDROMAC <andromac.asso@gmail.com>
Du 9 au 28 mai 2007 Avec Fabrice LASSORT, Jeanne DUCHEIN, Kimo KOPCZYNSKI
- From: "lassort.fabrice@voila.fr" <lassort.fabrice@voila.fr>
Remis en cause par le département de la Gironde, le projet Compagnie Lubat / Uzeste Musical sera l'objet du prochain « Atelier arts, cultures & société d¹Espaces Marx », le Lundi 21 Mai à 18h30 au Garage Moderne (1 rue des Etrangers, Bordeaux Bacalan).
Lire les éléments du débat dans "La lettre d'Uzeste Musical" :
http://www.uzeste.org/a/index.php/UzesteMusical-UUPPPC/HomePage
Lire les contributions de : BERNARD LUBAT (citoyen artiste enjazzé, Uzeste), JEAN-MICHEL LUCAS (docteur d¹Etat ès sciences économiques et maître de conférences à l¹université Rennes), PASCAL CONVERT (plasticien, vidéaste, Biarritz), ANDRE MINVIELLE(musicien, Toulouse), JACKY LIEGEOIS (peintre, professeur d'arts plastiques, Le Mans), CLAUDE GUDIN (biologiste, professeur à l'école Centrale, poète - Aix en Provence), MICHEL MOMPONTET (grand reporter France 2, Paris), FRANCIS MARMANDE (journal Le Monde), CHANTAL BORDES (professeur de musique, Uzeste), RENÉ MARTINEZ (conteur, Anglet), PHILIPPE LACCARRIÈRE (musicien, directeur de festival, Boissy-le Cutté), LIONEL LEFORT (directeur des affaires culturelles, Chalette-sur-Loing), PASCAL FAVIER (conseiller parlementaire, Lille)... sur http://www.uzeste.com
-- Compagnie Lubat de Gasconha - 4 rue Faza - 33730 Uzeste téléphone : 05 56 25 38 46 - télécopie : 05 56 25 36 12 - From: Compagnie Lubat <cie.lubat@uzeste.com>
Du 2 au 28 mai – Vernissage le jeudi 3 mai à 18h30 à La Morue Noire 7,Bis Allée de Franc à Bègles – Ouvert tous les jours de 14h à 19h – Contact : 05.56.85.75.84 - From: lamoruenoire@wanadoo.fr
http://www.nuitsatypiques.org/Publish/newsletter/16/newsletter.htm
=====> Le programme de la 16ème édition est en ligne (Du 26 au 29 Juillet 2007)
Depuis leur création, les Nuits Atypiques sont en perpétuelle transformation et ne suivent pas une route d’avance toute tracée, mais vagabondent au gré de leurs curiosité et de leurs envies, libres de renaître différentes chaque année.
Au cœur de cette 16ème édition,
* L’envie de conserver l’essentiel : l’humain, la proximité, l’échange.
* L’envie de continuer à explorer des territoires artistiques singuliers, de faire découvrir et entendre des musiciens, d’ici et d’ailleurs …. Les artistes invités s’inscrivent dans des démarches éloignées des facilités consensuelles. Ils viennent d’Occitanie, du Pays Basque, du Japon, d’Albanie, des Etats-Unis, du Brésil, d’Iran, de Hongrie ou enc ore de Palestine. Ils chantent en occitan ou en rom, jouent du koto ou du tombak, de la vielle ou du luth. Ils puisent tous dans leur langue, leur culture et leurs traditions pour inventer un langage d’aujourd’hui et exprimer leur propre subjectivité.
* L’envie de tisser des liens avec d’autres univers, celui des mots, du théâtre et de la littérature, autour de l’œuvre de l’écrivain chilien Luis Sepúlveda ou de l’image, avec des projections de documentaires et de films de fiction.
* L’envie, enfin, de continuer à penser, réfléchir, se cultiver, faire sens lors de rencontres-débats.
Plus d’Infos : http://www.nuitsatypiques.org/
=====> LES IMACHINASONS DE PATRICK DELETREZ EXPOSITION ET PERFORMANCES SONORES
à l'Estanquet des Arcades à Langon du 30 Avril au 30 Mai
"Patrick Deletrez “plasticien, mécano-bruitaliste” et créateur des “Imachines à sons”, triture l’espace à coups et contretemps de percussions, raclements, explosions." Vous êtes chaleureusement invités au vernissage le lundi 30 avril à 19 heures Performances sonores à 21 heures...
Samedi 19 Mai avec Denis Charolles et Gyorgy Kurtag
Samedi 26 Mai avec Isabelle Loubère et Jacques Edouard
Mercredi 30 Mai avec Jacques Edouard et Gyorgy Kurtag
L'exposition est ouverte les vendredi, samedi et dimanche à partir de 15h.
Accueil des scolaires sur rendez-vous. Quelques dates sont encore disponibles.
Entrée libre - Renseignements au 05 57 98 08 45
Venez nombreux ! - From: newsletter@nuitsatypiques.org
Bonjour, Le comité Anti-G8 qui existe depuis quelques semaines organise un départ pour Rostock, lieu où se dérouleront le sommet du G8 et le contre sommet, du 2 au 8 juin 2007. Nous essayons d'affréter un moyen de transport pour s'y rendre à moindre frais (bus probablement), et aimerions savoir combien de militants seraient intéressés pour s'y rendre. Nous cherchons également des soutiens financiers afin de pouvoir prendre en charge les frais de déplacement. Merci d'adresser vos réponses rapidement à comiteantig8bdx@gmail.com ou à Charlie (06 81 52 28 04). Pour participer à l'organisation, n'hésitez pas à rejoindre le comité qui se réunit tous les mercredis soir à 20H au bar "Le P'tit rouge", rue Clare à Bordeaux. Fraternellement, Le comité anti-G8 comiteantig8bdx@gmail.com - Pour tout renseignement sur les marches ou le programme du G8 : http://www.euromarches.org - From: "Comité Anti G8 Bordeaux" <comiteantig8bdx@gmail.com>
--- KINO MEMO - Kino Session #09
Prochaine session : le 16 mai 2007 à l'o7 Café - 7, rue du Parlement Ste Catherine à Bordeaux - Deadline : le 8 mai 2007 - Thème : le voyage dans le temps - Contrainte : un plan séquence de 30 secondes
--- PROJECTION DE PERVSAN Kino Session vous invite à la projection de son premier film produit dans des conditions professionnelles et réalisé par Allan S. Tirloy, membre actif de la communauté Kino et lauréat du concours de scénario Coupé Court 2006. MARDI 15 MAI à 20H30 au MEGARAMA Bordeaux-Bastide - La soirée sera résolument sous le signe du pays du soleil levant, avec quelques petites surprises japonisantes à venir découvrir - Venez nombreux !!
--- DIFFUSION DE KINOS A LA FOIRE INTERNATIONALE
Le Festival VIVA, créé cette année dans le cadre de la Foire Internationale de Bordeaux, est un projet artistique à part entière qui s’adresse à tous les publics et promet le multiple, le foisonnant, le multi générationnel, VIVA sera aussi un lieu d’échanges pour et entre les professionnels grâce au Forum des Arts Vivants. Ce colloque aura cette année pour thème général « Quelle culture pour quels publics ? » Tables rondes et plénières rythmeront cette journée lors de laquelle professionnels et institutions pourront s’exprimer sur ce thème. Vous pourrez y (re)découvrir une sélection de Kinos sur le thème du fantastique, histoire de vous échauffer un peu avant la Session 09... MERCREDI 16 mai,à partir de 16H00 au Parc des Expositions de Bordeaux
--- KINO LOGO
Le concours de détournement de notre logo est fini ! Les votes sont donc désormais ouverts pour élire le visuel du futur sticker collector Kino Session. Rendez-vous dès maintenant sur www.kino-session.com pour découvrir les créations des participants et voter pour votre favori ! www.kino-session.com
- From: Kino Newsletter <newsletter@forum.kino-session.com>
Bonjour à tous, il fait beau!! 2 infos: chacun prendra ce qui l'intéresse
1-/ la galerie Condillac ferme définitivement le 30 juin 2007 comme chacun sait, c'est le meilleur des magasins de matériel beaux Arts; le + compétent, le plus sympa, le plus.... liquidation totale des stocks et déjà, il n'a plus beaucoup de choix si vous avez besoin d'un petit stock, magnez-vous et faites suivre aux autres dont j'ai perdu les adresses
2-/ à talence, la fête continue jusqu'à demain soir: balades en calèches, poney, boomerang, manège, stands..... loto avec de "vrais" lots (pas le kilo de sucreou la cuisse de dinde habituels!) et bien sûr, avec son Café terrasse, la Librairie Georges où, commeaux Galeries (bip) il se passe toujours quelque chose
voili; vous ne saviez pas quoi faire; vous voila occccccuppppés
- From: asteggiano@asteggiano.org
Du 9 mai au 8 juin, dans 12 lieux dans la ville, alliance de la musique et du 7ème art : 12 films, 12 accompagnements musicaux. Mercredi 25 avril avait lieu au Centre Jean Vigo* à Bordeaux - dont la structure de type associatif, salle « Art et Essai », est une des rares en Aquitaine à être classée « Recherche » - la conférence de presse du 7ème printemps des CinéConcerts à d’Alain Juppé et du directeur du Centre Jean Vigo, Alain Marty. Elle permet de revisiter, pour la 7ème année consécutive, les classiques du cinéma muet. Chaque projection est agrémentée de nouvelles partitions musicales interprétées en direct et d’horizons très divers (jazz, classique, électronique, rock, création métal indus, orgue… )
--- Les lieux
Lieux « non classiques » chers aux Bordelais, empreints et riches de l’Histoire de leur ville (qui postule actuellement à son classement à l’UNESCO pour son patrimoine) : église Saint Louis, base sous-marine (construite pour les Allemands, lors de la guerre de 39-45, en lien avec le Mur de l’Atlantique), Grand Théâtre de Victor Louis, Cour Mably (ancien cloître)… Par la magie du cinéma, certains de ces lieux, adaptés au choix du film, pourront être le temps d’un soir le témoin « symbolique » d’événements de l’Histoire : ainsi,
- vendredi 31 mai, à la base sousmarine, « Arsenal » d’Alexandre Dovienko (Ukraine, 1929) grand film du réalisme soviétique dont le noyau du scénario relate l’insurrection des ouvriers de l’arsenal de Kiev, en janvier 1918, contre le gouvernement central nationaliste d’Ukraine.
--- Les inédits
Ces inédits sont des « Premières » au niveau national. Ainsi l’an dernier, « Le Cirque » de Charlie Chaplin (1928) avait pour fond sonore, pour la première fois en France, l’accompagnement musical que souhaitait Chaplin (d’après ses notes) mais qu’il n’avait jamais entendu de son vivant, interprété par l’ONBA, dirigé par Timothy Broch (compositeur américain, musicologue). Cette année, la « Première » nationale sera consacrée,
- vendredi 10 mai au Palais des Sports, au « Chevalier à la
Rose » de Richard Strauss. L e 26 janvier 1911, Strauss dirige à l’Opéra de Dresde la création du « Rosenkavalier ». Puis Robert Wiene, directeur artistique et dramaturge de la société de films autrichiens Pan-Film a eu l’idée de « Der Rosenkavalier » et en dirige le tournage, entre juin et août 1925 à l’atelier cinématographique de Schönbrunn à Vienne. Richard Strauss fait donc, 15 ans après sa création, une adaptation de son opéra qui sera interprétée par l’ONBA, sous la direction du chef d’orchestre autrichien, Bernolt Heller, spécialiste de Strauss, seul à avoir des droits sur la partition musicale du film.
- Vendredi 25 mai, « La malle aux Cartoons » dans le magnifique cadre en plein air de la Cour Mably, les premiers Walt Disney créés avant Mickey et ses amis, avant 1928, accompagnés au piano par Jacques Cambra.
- Jeudi 7 juin, église Saint Louis, « Le lys brisé » (Broken Blossoms, D.W.Griffith, 1919), accompagné à l’orgue par Thierry Escaich, nommé « compositeur de l’année » aux Victoires de la Musique Classique (2003 et 2006). Griffith, grand réalisateur du cinéma américain qui a le plus influencé le cinéma mondial. Il a presque tout inventé : les grands genres, du film policier au western, il a montré l’importance du montage parallèle, celle du gros plan, a mis fin à la fixité de la caméra et rappelé la nécessité d’un cadrage rigoureux. Il annonçait la fin d’un cinémathéâtre, celui de Méliès.
- Vendredi 8 juin, au square Jean Vauthier, sur le parvis du TNBA : « l’Univers de Chomon » , e n partenariat avec l’Institut Cervantès de Bordeaux, suite de petits films du « Méliès espagnol », Segundo de Chomon, un des maîtres du cinéma d’animation. Né à Terruel (Espagne) en 1871, c’est avec ce metteur en scène que fut mise au point la technique du « tour de manivelle » grâce à laquelle les objets semblent se déplacer, mus par on ne sait quel magicien. Juxtaposant le cinéma, la narration visuelle et la musique, interprétée en direct par le grand compositeur, Jordi Sabatès, le tout enrichi d’un troisième langage artistique, celui de l’illusionisme, grâce à un magicien, incroyable créateur de poésie éblouissante, Jesus Julve « Hausson ».
--- Accessible à tous
Bien d’autres moments privilégiés seront offerts aux Bordelais. Le Printemps des Cinéconcerts se veut être une manifestation de transmission de la Culture et de l’Education Populaire. Pour cela, le prix de l’entrée demeure fixé à 5 €. Cette manifestation est bien « un moment privilégié », pour reprendre les propos de Marie- George Buffet - lors de son interview du mois d’avril des « Cahiers du Cinéma » et dans « l’Humanité » - « qui permet à l’individu en construction d’être en contact avec des pratiques culturelles ». Françoise Sourbé * 6, rue Franklin à Bordeaux. www.jeanvigo.com
- Article paru dans l'Hebdomadaire "Les Nouvelles de Bordeaux et du Sud-Ouest " le Jeudi 10 Mai 2007 - No 1689 - Abonnement 19,90 Euros pour l'année - Contact : nouvelles.SO@wanadoo.fr - Tél : 05.56.91.45.06 - Adresse : 15, Rue Furtado 33800 BORDEAUX
Kadidja, habitante de Saint Denis et militante de l’association de chômeurs et précaires Apeis, risque jusqu’à 5 ans de prison et 18 000 euros d’amende ! Son crime ? Le délit de solidarité ! Elle est accusée d’entrave à la circulation d’un aéronef, pour s’être opposée à une expulsion.
=====> Les faits. Le 29 novembre, à l’aéroport de Roissy, Kadidja prend un avion pour Bamako au Mali pour retrouver sa famille paternelle. Alertée par des jeunes du syndicat Sud Etudiant à l’enregistrement de l’expulsion imminente d’un jeune sans papiers, elle prend l’initiative de s’interposer à cette expulsion : récupère un paquet de tracts, et part discuter lors de l’enregistrement avec les autres passagers pour demander à parler avec le commandant de bord et lui signifier le refus de voyager avec un expulsé. Une fois dans l’avion, les choses se précisent : un sans papiers est présent entouré par des policiers. Le commandant ne se manifestant pas, Kadidja appelle les autres passagers à ne pas attacher les ceintures, un nombre important de passagers soutient cette action de solidarité. La police intervient et menace de 3 mois de prison l’homme, qui finalement accepte sous cette pression de partir. La police relève l’identité de la militante. A son retour du Mali, le 24 décembre, la police des frontières interpelle Kadidja et se voit accusée d’avoir « entravé volontairement la circulation d’un aéronef. Son jugement devrait avoir lieu en avril.
=====> Ne pas accepter l’inacceptable !
L’action de Kadidja est un acte juste, comme la défense du droit universel de libre circulation et du droit de liberté d’opinion et d’expression. Nous ne laisserons pas un acte de solidarité être puni ! Nous exigeons la relaxe de Kadidja et l’abrogation des dispositions répressives à l’encontre des défenseurs des droits de l’homme considérés comme des délinquants par une frange politique et une certaine justice.
=====> Nous signons la pétition de soutien : http://www.apeis.org/article.php3?id_article=370
Nous laissons un message de solidarité à Kadidja : http://www.apeis.org/article.php3?id_article=371
Apeis Coordination Nationale 8, rue de Verdun 94800 Villejuif
http://www.apeis.org - Merci de faire suivre ce mail à vos contacts.
- From: APEIS: <apeis@freesurf.fr>
Ca fait longtemps qu'on doit vous dire... Nous partons à la mi avril dans le Caucase, une caravane de 60 artistes, au sens larges, marionnettistes, musiciens, voltigeurs équestres, cuisiniers, cinéastes, plasticiens, et puis syndicalistes, archéologues, chirurgiens et autres rêveurs.. Des camions, des roulottes, une fête foraine bretonne, des jeux, un semi remorque plein de cadeaux et de bazar, Partout, des spectacles, du cinéma, des ateliers, des parades et caranavals - Cinq étapes dans le Caucase trois en Géorgie, une en kabardino balkarie, et puis.... GROZNY où nous serons avec les enfants danseurs de Daymokh, le théâtre dramatique tchétchène, et les enfants et jeunes de Spasiom pakalenie, asso pour jeunes handicapés de guerre, ayant pour beaucoup sauté sur les mines - A Grozny, Jane Birkin nous rejoindra pour un concert exceptionnel..A Tbilissi et Grozny, Lojo sera là aussi. Et toute la route, nous serons accompagnés par Arte, France Musique et d'autres medias - Une fête aura lieu le 13 avril au Théâtre du Soleil, à Paris; pour lancer la caravane, qui part le 15 avril de Paris - Vous pouvez consulter notre site www.babelcaucase.com qui retransmettra toute la caravane (voir Babel Téloch et Les ondes, télé et radio qui marchent déjà, et notre gazette !) ou charger le dossier sur notre autre site habituel marcho.net (pas très actualisé !) Tout le monde est bénévole bien sûr... Nous avons trouvé un peu de sous (CCFD, Secours catholique, Ministère de la culture, attendons des réponses de ECHO et de la ville de Paris) mais avons bien du mal à boucler le budget – Voilà peut-être pouvez vous nous aider à relayer l'info : - le Convoi syndical vient sur la caravane, avec un semi remorque à remplir : nous cherchons des aires de jeux, des jouets, des instruments de musique et puis des jeux traditionnels populaires qu'on voudrait faire repeindre pas des artistes avant le départ. Pas de jouets cassés ou de vieux livres, non, de vrais cadeaux... et aussi des oeuvres d'art.. Une collecte est lancée sur France Musique déjà (Couleurs du monde) - nous lançons une souscription pour les kilomètres à parcourir.. 12 000 kilomètres ! par véhicule bien sûr ! alors offrez nous des kilomètres ! ou aidez nous à trouver qui nous aide à avancer...! (je joins la souscription) Dans l'attente de vos questions, vos nouvelles... de vos conseils, de vos coups de main ! pour Babel Caucase, Mylène Sauloy
=====> La caravane Babel Caucase embarque pour 1 mois de spectacles et rencontres de Paris à Grozny, en passant par la Georgie et la Kabardino-Balkarie. Musiciens, marionnettistes, danseurs, voltigeurs équestres, cuisiniers, infographistes, réalisateurs, chercheurs, plasticiens et peintres partent à la rencontre des artistes et publics du Caucase. Camions, roulottes, semi-remorque et caravanes trimballeront nos artistes sur les routes. Les kilomètres s’enchaîneront, frontière après frontière, pays après pays, spectacles après spectacles. Participez à l’aventure en leur offrant quelques kilomètres de route de plaine ou de montagne, asphaltée ou boueuse, de jour ou de nuit. Babel Caucase est un évenement Marcho Doryila avec la Bizz’art Nomade, Jane Birkin, Lo’jo… Retrouvez les, jours après jours, sur http://www.babelcaucase.com.
Nom …………………………………. Prénom………………………………. Email ………………………………….
Je désire souscrire au projet Babel Caucase, je joins un chèque de …….€
qui permettra à un camion de parcourir………...…km. Mon adresse email vous permettra de me tenir informé de l’évolution du projet et de la caravane dans le Caucase. J’adresse ce courrier à : Marcho Doryila - 30 sentier des grimettes 92 190 Meudon…. (ordre chèque : Marcho Doryila) - From: Marcho Doryila <marchodoryila@yahoo.fr>
=====> Les autres Expositions
--- Chohreh Feyzdjou, Tout art est en exil - Du 9 février – 2 septembre 2007, galerie Ferrère 2ème étage. Œuvres du Fonds National d'Art Contemporain en dépôt au CAPC. L’ensemble de l’œuvre et le fonds d’atelier de Chohreh Feyzdjou acquis par l’Etat en 2002, sont présentés au CAPC. Cette exposition permet de percevoir enfin la grande diversité du travail de l’artiste iranienne décédée en 1996. Elle trouve naturellement sa place au CAPC qui est dépositaire depuis 2003 de cet important fonds et qui a mené un travail d’inventaire et de recherche sur l’ensemble des pièces découvertes. Les nouveaux éléments qui ont été révélés, jettent un éclairage nouveau sur cette œuvre singulière. Catalogue publié par le Centre National des Arts Plastiques et Isthme Editions.
--- Off Set #1 : Mathias Schweizer, Vasareline, Entrée du musée
Le CAPC lance un nouveau cycle d'expositions consacrées au design graphique.
Off Set, c'est le nom de ce laboratoire, invitera chaque année deux studios ou créateurs émergents, sur une proposition d'Etienne Bernard. Le premier épisode est consacré à Mathias Schweizer, (1974, Suisse, formé à l'école d'Art de la Chaud-de-Fonds, Prix fédéral du Design, ancien membre de Graphistes Associés à Paris). C'est l'occasion d'y découvrir ses tribulations graphiques et typographiques, ses réalisations de commande et ses projets de recherche personnels. L'exposition de Mathias Schweizer, Vasareline, propose un point de vue critique sur les systèmes de communication visuelle. Entrée du musée
=====> Visites : Visites commentées par Myrtille Bourgeois, Gratuites, sur présentation du billet d'entrée les samedis et dimanches, 16 h - Visites sur RDV pour les groupes auprès du Département des publics 05 56 00 81 78 - Tous les jours sauf les lundis et jours fériés - Tarif : 46€ du mardi au vendredi, 61€ les samedis et dimanches
======> CAPC : Musée d’art contemporain de Bordeaux - Entrepôt Lainé 7, rue Ferrère F-33000 Bordeaux - Information du public : Tél. : 05 56 00 81 50 - Fax : 05 56 44 12 07 - Visites commentées : sam. et dim. 16 h. capc@mairie-bordeaux.fr - www.bordeaux.fr - Information du public : - Tél. : 05 56 00 81 50/94 - Tél. groupes : 05 56 00 81 78 - From: "PLANTIER Martine" <m.plantier@mairie-bordeaux.fr>
Du 12 avril au 19 mai 2007 À SUIVRE... présente une exposition de Hélène Gerster « À part ça » - Exposition jusqu'au 19 mai 2007. Du mardi au samedi de 16H à 19H et sur rdv. Le travail de Hélène Gerster ne se résume pas par une orientation ciblée sur un propos unique ; il s’y trouve un travail sculptural de la forme et des matériaux, les déclinaisons d’un élément de base, les jeux de mots et de situations ; les observations transcrites sous la forme de textes. C’est avant tout un aller-retour entre une attitude de vivre et la forme qu’elle donne à ses travaux artistiques. Un objet l’amène à une idée et vice et versa. Cela résulte en un réseau d’interpénétrations et de rebondissements. L’observateur du travail peut tisser des liens par thème, par idée ou par forme et parcourir ainsi le travail de Hélène Gerster. Marie-Ève Knoerle. extraits de rêveries actives - câbles électriques | dimensions variables | 2000 - À SUIVRE... 91-93 rue de Marmande 33800 Bordeaux Nansouty 05 56 94 78 62 / 06 84 69 12 70 - Nous répondre : asuivre@asuivre.fr - From: "À Suivre... lieu d'art" <asuivre@asuivre.fr>
Comme chaque année, l’arrivée de la vignette est l’un des moments forts de la préparation de la fête. Elle est tout d’abord le point de départ effectif de sa popularisation. Elle donne les informations nécessaires aux habitués, concerts, dates... et permet d’engager une bataille des plus importantes, l’autofinancement et la réussite d’une des plus grandes initiatives populaires de la région. Populariser la fête, son fonctionnement, son sens est presque aussi important que la fête en elle-même. Les milliers de contacts établis dans nos quartiers, nos cités, nos entreprises, nos familles permettent, et c’est d’actualité, de poser en grand les questions de choix politiques, de décisions, de constructions, de vivre ensemble. Si elle permet une entrée à tarif réduit, elle aussi et surtout un bon de soutien à notre presse. La proposer largement, c’est faire connaître notre presse et les enjeux qui y sont liés. N’hésitons pas en premier lieu à la faire connaître et à la proposer aux personnes proches de nous de la diffuser. La qualité du plateau cette année avec les artistes internationaux que sont Rachid Taha et Georges Moustaki, l’ambition des débats avec la présence d’acteurs nationaux et européens (50e anniversaire du Traité de Rome) pour lesquels sont contactés notamment Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité, Gilles Savary (député européen) et l’actualité politique brûlante après la présidentielle et juste avant les législatives, font de cette fête 2007 un événement incontournable. Alors bonne diffusion ! Sébastien Laborde
=====> Au programme :
K2R RIDDIM sur la grande Scène Vendredi 25 Mai à 22h30
Rachid TAHA sur la grande Scène Samedi 26 Mai à 22h30
Georges MOUSTAKI sur la grande scène le dimanche à 17h.
http://www.fetehuma33.org/
--- A partir du 18 mai à 9h du Matin : montage de la Fête
Le long week-end de l’Ascension (18, 19 et 20 mai), une semaine avant la fête, sera consacré au montage des structures : ouverture du terrain le 18 mai à 9h. Tous les bénévoles disponibles sont invités à venir aider au montage. Tél : 05.56.91.45.06
---- Invitez avec la vignette-bon de soutien
Vous souhaitez recevoir des vignettes pour les proposer : 05 56 5 91 06 (Cathy Rizaldos ou Laure Vignau).
La vignette permet de venir à la fête pour 9 euros au lieu de 15 euros (elle coûte euros et permet une entrée à tarif réduit de 5 euros). Entrée gratuite sur présentation de la vignette accompagnée d’un ticket spécial pour les sans emploi.
Location : Fnac, Carrefour, Géant au 0892 68 36 22 (0,3 €/min) www. fnac.com / www.humanite.fr / www.fetehuma33.org
Et aussi : Affiches, affichettes, flyers disponibles à la Fédération, 15, rue Furtado à Bordeaux, ou dans les sections.
- Article paru dans l'Hebdomadaire "Les Nouvelles de Bordeaux et du Sud-Ouest " le Jeudi 29 Mars 2007 - No 1683 - Abonnement 19,90 Euros pour l'année - Contact : nouvelles.SO@wanadoo.fr - Tél : 05.56.91.45.06 - Adresse : 15, Rue Furtado 33800 BORDEAUX
Bonjour, Pour info voici 2 chantiers de Solidarité Internationale 2007-2008 à diffuser. Démarrage mai-juin. Plus d'info en PJ. Merci d'avance, Olivier Gallet
Permanent Régional Aquitaine Eclaireuses, Eclaireurs de France
permanent.aquitaine@eedf.asso.fr
--- CHANTIER INTERNATIONAL AU BRESIL 2007 - 2008
Devenez acteur d'un projet au Brésil en préparant et réalisant des activités en lien avec l'agriculture et la construction avec le mouvement des paysans sans terres.
Pour cela :
- Être motivé(e).
- Avoir entre 18 et 25 ans.
- Intégrer une équipe de 4 à 5 personnes.
Mais aussi :
- Participer à trois week - end de formation.
- S'engager une fois par semaine (rencontre, événement, animation).
- Prendre et assumer une responsabilité. ( communication, relation partenaire, dossiers, plannification...) DEMARRAGE avril 2007 REALISATION JUILLET 2008
Pour tout renseignements vous pouvez nous joindre au 05 56 86 41 57, demandez Olivier (horaires de bureau)
--- CHANTIER INTERNATIONAL AU NIGER 2007 - 2008
Devenez acteur d'un projet au Niger en préparant et réalisant des activités en lien avec les problématiques écologiques et les besoins des populations locales.
Pour cela :
- Être motivé(e).
- Avoir entre 18 et 25 ans.
- Intégrer une équipe de 4 à 5 personnes.
Mais aussi :
- Participer à trois week - end de formation.
- S'engager une fois par semaine (rencontre, événement, animation).
- Prendre et assumer une responsabilité. (communication, relation partenaire, dossiers,plannification...) DEMARRAGE avril 2007 REALISATION JUILLET 2008
Pour tout renseignements vous pouvez nous joindre au 05 56 86 41 57, demandez Olivier (horaires de bureau)
- From: Olivier Gallet <permanent.aquitaine@eedf.asso.fr>
Merci de diffuser cette invitation autour de vous.
Venez en famille, entre amis ou seul, passer une journée festive en plein air le samedi 26 mai 2007 dès 11h00 pour L'appel des 9 Fontaines - 2ème édition à Bostens (40). Lors de cette journée se mélangeront des activités de découverte de l'environnement, des performances artistiques, des débats et des concerts. Le vendredi 25 mai à 19h30, lors de la soirée d'ouverture, nous projetterons Notre pain quotidien, un film documentaire de Nikolaus Geyrhalter, au cinéma
Le Royal à Mont de Marsan. Le film sera suivi d'un débat en présence de différents professionnels d'associations nationales de défense de l'environnement.Ci-joint vous découvrirez l'affiche et le programme complet de L'appel des 9 Fontaines - 2ème édition avec un plan d'accès pour vous rendre à Bostens (40) qui se trouve à 15 km de Mont de Marsan. Vous trouverez également ci-dessous le programme détaillé du forum-débat ayant lieu dans l'après-midi.
Pour une version imprimable des tracts et affiche et plus d'informations sur la journée www.asso-arlp.org
Samedi 26 mai 2007
=====> Forum-débats (sur l'Airial de Larousse)
--- 14h00 : La frénésie des projets d’infrastructures de transport en Aquitaine : A 65, Contournement de Bordeaux, Transnavarraise, triplement RN10 et A63, RN21, LGV, projets de carrière,… (Représentants d’associations aquitaines)
--- l4h30 : Les transports aujourd’hui : bilan environnemental
o Faire face à la crise pétrolière et au réchauffement climatique (Paul Sindic, cadre juridique, ancien administrateur d'Elf Aquitaine, spécialiste des questions d'énergie, développement et échanges)
o Transport routier et effet de serre (Daniel Delestre, administrateur du Réseau d'Action Climat, vice-président de la SEPANSO)
o Infrastructures nouvelles et crise de la biodiversité (Christophe Coïc, président de Cistude Nature)
o Questions/débats : 30min
--- 15h30 : Les transports aujourd’hui : bilan économique
o Les autoroutes, des projets adaptés à l’économie du 21eme siècle ? (Julien Milanesi, doctorant en économie à l’université de Pau et des Pays de l’Adour)
o Questions/débats : 15min
--- 16h00: Les transports de demain
o L’abandon des transports inutiles (Victor Pachon, Collectif des Associations de Défense de l'Environnement, Pays Basque et Sud des Landes)
o Les nouveaux modes de transport (Paul Sindic, cadre juridique, ancien administrateur d'Elf Aquitaine, spécialiste des questions d'énergie, développement et échanges)
o L’alternative ferroviaire (Eric Halgand, CGT Cheminots, membre du Conseil Economique et Social régional d'Aquitaine)
o Le développement local (André Cazetien, ancien maire de Mourenx)
o Questions/débats : 30min
--- 17h15 : Intervention de clôture : « Comment les riches détruisent la planète » (Hervé Kempf, écrivain)
--- 18h15 : Retour au village
- From: "Julien Milanesi" <julienmilanesi@yahoo.fr>
Suites du Colloque du 31 mars 2007, organisé par l’IHS 33, sur le thème : « Revendications et stratégies industrielles, l’exemple de l’aéronautique, il y a 40 ans la lutte des Dassault Passé, expériences et avenir »
* 2 films réalisés en 2 DVD sur ce Colloque au prix de vente de 13 € chacun port compris
* La revue « Aperçus » qui fera le compte-rendu des débats du Colloque. Prix de vente 7 € port compris.
A réserver dès aujourd’hui
Bon de réservation
A renvoyer d’urgence à IHS-CGT 33 Bourse du Travail 44 cours Aristide Briand 33075 Bordeaux Cedex
Nom, prénom : Tél. : Adresse :
* Je désire recevoir le numéro des « Aperçus » sur le compte-rendu du Colloque du 31 mars 2007 au prix de 5 € + 2 € de frais de port(Ce numéro d’Aperçus n’est pas à régler par les adhérents de l’IHS qui le recevront normalement avec leur abonnement). 7€
* Je désire également recevoir le 1er DVD reprenant le film présenté à l’ouverture du Colloque au prix de 10 € + 3 € de frais de port 13€
* Je désire recevoir le 2ème DVD contenant la tonalité des débats et des interviews au prix de 10 € + 3 € de frais de port 13€
Pour 2 DVD port compris (23 € au lieu de 26 €) 23 €
Total à régler :
* Je joins à ce bon de réservation un chèque libellé à « IHS-CGT ».
* Je désire adhérer à l’Institut CGT d’Histoire Sociale de la Gironde ou m’informer pour le faire. Nous vous contacterons (2).
* Ce colloque a été un succès sur tous les plans :
* Médiatique : plusieurs reportages télé et dans la presse écrite, revues professionnelles, des collectivités locales dont la « Une » du journal « Sud-Ouest » avec une page entière de reportage avec une affichette « Sud-Ouest » dans les kiosques à journaux.
* Participation de 430 personnes.
* Deux films magnifiques de l’IHS CGT 33 ont été réalisés spécialement pour le Colloque par le cinéaste Frédéric PLENARD, édité en deux DVD pour la mise en vente publique.
* Des interviews et des débats très pluralistes et d’un contenu très élevé entre syndicalistes et plusieurs personnalités publiques très diverses, que ce soit dans les films ou dans les débats du Colloque, avec un sociologue renommé, professeur à l’Université de Bordeaux II, d’un représentant de la Communauté chrétienne, du Maire honoraire de la ville de Bègles, des responsables syndicaux de Dassault CGT, CFDT et de FO (dans le film), du Président du Conseil régional, du Président du Conseil Economique et Social Régional, d’un Directeur actuel de Dassault (dans le film), des Secrétaires généraux de l’UD CGT et du Comité régional CGT et des actuels responsables syndicaux CGT de Dassault et des Métaux CGT et CFDT. Les débats du Colloque, très bien animés par un journaliste du journal Sud-Ouest (spécialiste des questions de l’industrie aéro), ont permis après le film, en 1ère partie, un débat sur le conflit des « Dassault » de 1966 / 1967 qui dura 3 mois et, en 2ème partie, un débat sur l’avenir de l’aéronautique.
* 48 partenaires ont soutenu l’organisation du Colloque (collectivités locales, personnalités, entreprises, commerçants, associations, syndicats, etc.)
* Un budget de 13 000 € a été engagé pour réaliser ce Colloque.
* Satisfaction générale des personnes ayant participé au Colloque.
On ne voulait pas un Colloque « passéiste ». Il ne l’a pas été, car il a ouvert un débat sur l’avenir industriel et l’Aéronautique aujourd’hui, tout en s’appuyant sur le conflit des Dassault il y a 40 ans.
Afin de faire partager à ceux qui n’y ont pas participé le contenu de ce Colloque et pour ceux qui y ont participé afin de leur faire revivre, l’IHS CGT 33 met en vente :
* Le premier film en DVD, qui a ouvert les deux débats du Colloque (sortie le 28 avril 2007) qui relate depuis le début du siècle l’aéronautique girondine, les usines Dassault et le conflit de 3 mois de décembre 1966 à février 1967. Films d’époque sur la grève dans l’entreprise, les manifestations, les assemblées de grévistes à la Bourse du Travail, les prises de parole dans l’action. Témoignages, interviews des acteurs de l’époque / responsables syndicaux CGT et FO de Dassault. Témoignages, interviews de personnalités ayant symbolisé à l’époque l’organisation des solidarités avec les grévistes avec un responsable de la communauté chrétienne et l’élue municipale d’une mairie de la région bordelaise. Interview d’un directeur et d’un responsable CGT actuels d’une des usines Dassault et de la SOGERMA, sur l’avenir de l’aéronautique aujourd’hui. DVD 35 mn au prix de 13 € port compris.
* Le deuxième film en DVD (sortie début mai 2007) qui contient un aperçu des deux débats dans le Colloque, ainsi que des interviews des organisateurs, de participants du Colloque et de personnalités invitées. DVD 30 mn au prix de 13 € port compris.
* Le compte-rendu du Colloque avec un numéro spécial de la revue régionale « Aperçus d’Aquitaine » (sortie prévisionnelle fin du dernier trimestre 2007). Prix 7 € port compris.
Ci-joint le bon de commande des 2 DVD et de la revue.
On doit ce succès d’organisation à l’équipe d’une trentaine de retraités CGT de Dassault Mérignac et Martignas, élargie à quelques autres camarades, pilotée par Georges GILI (membre de notre Conseil d’Administration), qui l’ont préparé depuis plus d’un an, avec Christiane ROUANET, Secrétaire de l’IHS 33. Cette équipe a fait un travail formidable avec une dynamique extraordinaire, une rigueur et une précision d’organisation efficace, entretenu des contacts avec une soixantaine de personnalités ou de responsables, des medias, institutionnels, associatifs, entreprises privées, commerçants, artisans, etc.
- From: ud33 FR <ud33@cgt.fr>
Nicolas Sarkozy, chef d’une droite arrogante et décomplexée, qui détient tous les pouvoirs, endosse pour 5 ans le costume de président de la République. Incarnant un projet, la révolution conservatrice, il bénéficie d’une assise populaire et électorale importante avec 19 millions de voix. Ceux qui sont en première ligne face à son projet de société ont de quoi être inquiets. La gauche, faute d’avoir répondu aux exigences populaires, perd pour la troisième fois depuis 1995. Dans ce contexte, la déclaration de Ségolène Royal est préoccupante. Dans les jours, semaines et mois qui viennent, aucune question ne doit être évitée. Un bilan comptable des deux tours de l’élection montre que mathématiquement, la société française dérive à droite. En rester à ce constat conduirait à ne pas s’interroger sur les mouvements de la société qui aboutissent à ce qui n’est, somme toute, qu’un rapport de force. Cela conduirait à renoncer à toute perspective politique de transformation de la société. La participation importante au scrutin, comme lors du référendum est, n’en doutons pas, une extraordinaire source d’espoir. Le peuple a voté pour les tenants du libéralisme le plus violent quand montent des exigences du monde du travail, de la jeunesse. Exigences qui s’affrontent en permanence aux intérêts du capitalisme financier. L’aspiration au changement est profonde, seule la droite y répond, à sa manière, depuis 5 ans. La gauche comme le mouvement social, faute de projet transformateur et émancipateur, ne sont-il pas réduits à la défense de ce qui a structuré la société du siècle dernier ? Le progrès de société ne peut se mener ni dans la seule défense des droits acquis, ni dans le renoncement à s’attaquer à ce qui plonge notre pays dans la crise, mais dans la promotion de droits nouveaux répondant aux aspirations profondes du peuple, ici et maintenant. Quand la gauche renonce ou perd la bataille idéologique sur le partage des richesses et des pouvoirs, de la solidarité, de l’éradication du chômage et de la pauvreté, quand elle accompagne la démocratie d’opinion, quand elle propose de s’allier avec le centre, elle ne joue plus son rôle. C’est une perspective de changement de société qui aujourd’hui fait défaut. Une petite gauche cantonnée dans un rôle protestataire ne peut répondre en positif aux enjeux de ce siècle. Continuons à cerner avec les citoyens les contradictions qui traversent la société et chacun de nous, au quotidien. Le PCF, ses militants, ses élus ne baissent pas les bras, notre peuple a besoin de cette force de résistance et de propositions pour bâtir une perspective qui transperce l’horizon du cadre économique et social imposé par les forces de l’argent. La droite va vouloir frapper vite pour casser encore plus les solidarités et servir toujours mieux les intérêts capitalistes. Nous devons engager sans attendre la résistance dans la campagne des Législatives, avec nos candidats, et dès la fête de l’Humanité des 25, 26 et 27 mai prochain. Alors, à nos vignettes ! à nos voisins, collègues et amis, électeurs de gauche… La réussite de la fête de l’Humanité, les débats qui s’y tiendront, le score des candidats présentés et soutenus par le PCF, aideront à la capacité de résistance et de construction de notre peuple durant les années qui viennent. - Article paru dans l'Hebdomadaire "Les Nouvelles de Bordeaux et du Sud-Ouest " le Jeudi 10 Mai 2007 - No 1689 - Abonnement 19,90 Euros pour l'année - Contact : nouvelles.SO@wanadoo.fr - Tél : 05.56.91.45.06 - Adresse : 15, Rue Furtado 33800 BORDEAUX
Gérard nous fait part de sa colère face aux méthodes imposées aux personnes âgées. « Ma mère, âgée de 85 ans, vient de recevoir un courrier de la CAF 33 lui demandant de faire sa déclaration de ressources par Internet, et uniquement sous cette forme ! Comment peut-on, soit disant pour l’aider (!?), lui proposer de se rendre à la CAF pour faire la déclaration sur le micro mis à sa disposition ? A 85 ans, ma mère malade ne peut pas traverser Bordeaux en bus et n’a pas les moyens de se payer le taxi... Cette lettre est un bon exemple de méthode parfaitement réfléchie afin de radier massivement les bénéficiaires et de leur supprimer les ressources, car réellement combien de personnes de 85 ans peuvent sérieusement faire cette démarche par Internet ? Entre pure méchanceté, stupidité sans limite ou choix politique de radier massivement les personnes âgées, j’hésite. Mais j’espère pour eux que les parents de « l’inventeur » de cette technique de radiation a des parents jeunes et en bonne santé qui de plus, savent utiliser un ordinateur ! Ce qui est certain, c’est que de nombreuses personnes âgées ne feront pas leur déclaration de ressources à cause de ce nouveau système et que la suppression des prestations les frappera de plein fouet. Il est urgent et nécessaire d’intervenir publiquement pour faire cesser cette mesure discriminatoire visant en priorité les personnes âgées. » Gérard Calvinhac - Article paru dans l'Hebdomadaire "Les Nouvelles de Bordeaux et du Sud-Ouest " le Jeudi 10 Mai 2007 - No 1689 - Abonnement 19,90 Euros pour l'année - Contact : nouvelles.SO@wanadoo.fr - Tél : 05.56.91.45.06 - Adresse : 15, Rue Furtado 33800 BORDEAUX
Les girondins ont confirmé leur vote du 1er tour en plaçant Ségolène Royal en tête des suffrages (51,72%). C’est légèrement plus que le score de Jospin en 1995 mais très loin de ceux de Mitterrand en 1981 (57,73 % et en 1988 (56,96%) En terme de participation, si les électeurs ont confirmé leur engagement du premier tour, celle-ci marque toutefois un léger recul et voit une progression des bulletins nuls et blancs de plus de 3 %. Comme le souligne « Sud- Ouest » : « Ségolène Royal a pour sa part réalisé ses plus beaux scores à Bègles (66,86 %) et à Lormont (62,43 %), rejoignant ceux de Lionel Jospin en 1995, mais loin derrière ceux de Mitterrand en 1988. »
--- L’influence communiste aide la gauche à résister
Notons que ces deux communes/cantons sont celles où le score de M-G. Buffet a été le moins faible des villes /cantons de l’agglomération bordelaise (6,35 % à Bègles et 3,25 % à Lormont). Ce n’est pas pour nous surprendre à Bègles où, rappelons-le, l’électorat de gauche avait désavoué le candidat socialiste qui s’était maintenu au second tour des cantonales de 2004 contre Jean-Jacques Paris réélu malgré cela par 55% des exprimés. En ce qui concerne la présidentielle, il sera intéressant d’étudier commune par commune ce phénomène qui traduit dans un contexte général de vote utile au premier tour une résistance de la gauche plus forte au 2ème tour. en lien direct avec l’influence communiste. Les électeurs communistes du premier tour, même peu nombreux, ont constitué le socle d’un meilleur résultat de la candidate PS. Et le « départ » vote utile du 1er tour d’une grande partie de l’électorat communiste en faveur de la candidate socialiste, s’il traduit une problématique grave, n’infirme pas l’idée que dans le cadre des élections législatives puisse s’organiser un vote populaire de gauche autour des candidatures soutenues par le PCF plus large encore que celui obtenu par les candidats communistes de 2002. Bien au contraire !
--- Des résultats à analyser de près
D’autant que « Sud-ouest » précise : « Le vote socialiste a parfois reculé à la campagne. En revanche, à y regarder de près, les résultats d’ hier sont souvent paradoxaux. Ils attestent que le report des voix Bayrou et Le Pen a souvent troublé des équilibres locaux. » Il conviendra de travailler de plus près les différences de votes des zones villes/zones rurales ou péri-urbaines. Mais si on compare dans une même circonscription (la 9ème), on retrouve le même phénomène dans les deux exemples cités plus haut. Ainsi le canton de Langon avec le conseiller général communiste Pierre Augey - sans parler de sa commune - où Ségolène Royal fait 5 % de plus qu’à La Réole (conseiller PS et maire de la ville). Mais aussi le canton de Saint- Macaire avec le conseiller général communiste Michel Hilaire, où la candidate PS totalise 3 points de plus que sur celui de la conseillère générale PS du canton d’Auros.
--- Nouvelle donne à Bordeaux
Concernant la ville de Bordeaux qui a subi comme beaucoup de villes-centres des modifications sociologiques importantes, « Sud-Ouest » indique : « Le score bordelais de Ségolène Royal (52,44 %) fait partie des grosses surprises du scrutin d’ hier. Avec plus de 5 000 voix d’avance sur le candidat de l’UMP, ce deuxième tour confirme l’évolution électorale en marche dans la ville d’Alain Juppé. La candidate socialiste est largement arrivée en tête dans deux cantons détenus par l’UMP (4e et 5e) et a confirmé que le 2e canton avait bien viré à gauche. » Mais que tout cela ne fasse pas oublier tous les cantons où la droite arrive en tête – totalisant sur l’ensemble du département plus de 48 % des voix - et la victoire de Sarkozy. Cet échec est celui de chacune des forces qui composent la gauche. Elles sont toutes placées - le Parti communiste aussi - devant leurs responsabilités pour en comprendre les raisons et reconstruire l’espoir en ouvrant une véritable perspective de changement. Serge Gonzalez
- Article paru dans l'Hebdomadaire "Les Nouvelles de Bordeaux et du Sud-Ouest " le Jeudi 10 Mai 2007 - No 1689 - Abonnement 19,90 Euros pour l'année - Contact : nouvelles.SO@wanadoo.fr - Tél : 05.56.91.45.06 - Adresse : 15, Rue Furtado 33800 BORDEAUX
Le procès de François Auguste reporté en novembre. Vice-président communiste de la Région Rhône-Alpes, il était traduit devant le tribunal correctionnel lundi 7 mai pour « obstruction à la reconduite à la frontière » d’une famille en situation irrégulière et « entrave à la circulation d’un aéronef ». De plus, le « chef avion » d’Air-France vient de porter plainte. Il risque l’inéligibilité et jusqu’à 5 ans de prison et 18 000 euros d’amende et plus encore si Air France demande des dommages et intérêts. Le procès a été reporté pour plus de « sérénité ». Le Réseau Education Sans Frontières appelle à élargir la mobilisation en sa faveur et, au-delà, pour toutes les personnes actuellement stigmatisées (Kadidja, militante de l’APEIS, la directrice d’une école à Paris, et bien d’autres encore) ou poursuivies pour délit de solidarité en raison de leur soutien aux personnes sans papiers. La volonté est manifeste de décourager la solidarité des citoyens par des mises en jugement « exemplaires ». RESF : C/o EDMP 8 Impasse Crozatier 75012 Paris www.educationsansfrontieres.org educsansfrontieres@free.fr soutienfrancoisaugusteno-log.org
- Article paru dans l'Hebdomadaire "Les Nouvelles de Bordeaux et du Sud-Ouest " le Jeudi 10 Mai 2007 - No 1689 - Abonnement 19,90 Euros pour l'année - Contact : nouvelles.SO@wanadoo.fr - Tél : 05.56.91.45.06 - Adresse : 15, Rue Furtado 33800 BORDEAUX
--- Pierre Augey est conseiller général de Langon et maire de Fargues de Langon. « Depuis 2002, le député P. Dubourg a voté avec la droite toutes les lois qui portent atteinte à nos droits si chèrement acquis. Elle dit toujours que l’on ne peut pas faire autrement pour financer la gestion sociale et les services publics alors que dans le même temps une minorité ne cesse de s’enrichir scandaleusement. C’est la même orientation qu’ils voulaient nous faire accepter avec le traité européen que nous avons majoritairement refusé. Les moyens de faire une autre politique existent. Les 10 et 17 Juin vous avez la possibilité par votre bulletin de vote d’envoyer à l’Assemblée nationale un député que vous aurez mandaté pour utiliser autrement l’argent. Les collectifs antilibéraux m’ont désigné pour battre la droite, pour que la gauche redevienne majoritaire et ne déçoive pas à nouveau. Je suis aussi candidat pour que l’Assemblée nationale respecte les jeunes qui ont dit «non» au CPE et «oui» à des emplois stables et bien rémunérés ! Je suis toujours présent pour la défense des services publics accessibles à tous, pour une économie du territoire avec nos agriculteurs, notamment nos viticulteurs mais aussi nos PME et PMI, réservoirs d’emplois et de savoir faire. »
--- Jean-Paul Petit est maire de St Caprais de Bordeaux. « Le rassemblement à gauche est plus que jamais nécessaire, pour résister et réussir le changement politique. Les collectifs antilibéraux de la 9ème circonscription ont fait preuve d’une réelle volonté de poursuivre la démarche unitaire engagée, démarche ouverte à tous ceux qui ont le cœur à gauche. Ils m’ont proposé candidat suppléant à Pierre Augey pour essayer de porter à l’Assemblée Nationale 125 propositions en rupture avec le libéralisme économique. Cette démarche unitaire m’a convaincu. J’ai accepté ce challenge : celui d’avoir une majorité antilibérale à l’Assemblée Nationale. »
- Article paru dans l'Hebdomadaire "Les Nouvelles de Bordeaux et du Sud-Ouest " le Jeudi 10 Mai 2007 - No 1689 - Abonnement 19,90 Euros pour l'année - Contact : nouvelles.SO@wanadoo.fr - Tél : 05.56.91.45.06 - Adresse : 15, Rue Furtado 33800 BORDEAUX
--- SALAIRES ET NIVEAU DE VIE DÉCENTS
SMIC à 1 500 euros et indexé sur les prix, augmentation de tous les salaires, des minima sociaux de 300 euros.
--- SÉCURISER L’EMPLOI ET LA FORMATION
Suppression des contrats précaires (CDD, CNE, CDE, CAE), droit à la formation, salariés et syndicats associés à la gestion de l’entreprise,licenciements interdits pour les entreprises qui font des profits.
--- RETRAITES
Départs pour tous à 60 ans, 37,5 annuités, sur la base des 10 meilleures années et indexées sur les salaires.
--- DÉVELOPPER LES SERVICES PUBLICS
Abrogation des lois qui ont privatisé les entreprises publiques, stopper la libéralisation, créer de nouveaux secteurs publics qui répondent aux besoins modernes.
--- SANTÉ : PRISE EN CHARGE À 100 %
Annuler la réforme Douste-Blazy, aller par étape au remboursement à 100 %, arrêter la casse de l’hopital public par un plan de rénovation et de développement.
--- L’ÉCOLE ET LA RECHERCHE, PRIORITÉS NATIONALES
Plan de lutte contre l’échec scolaire, porter le budget de l’éducation à 7% du PIB, doubler l’effort de la recherche, Abrogation lois De Robien et Fillon.
--- PLACER L’ÉCOLOGIE AU COEUR DU DÉVELOPPEMENT
Création d’un Pôle public de l’énergie, développer les énergies renouvelables, les transports publics, le ferroutage, promouvoir la voie d’eau, mise en place d’un débat transparent et soumis à référendum sur la question du nucléaire.
--- CRÉATION D’UN SERVICE PUBLIC DU LOGEMENT
Lutter contre la spéculation, bloquer les loyers à 20 % des revenus des familles, développer les logements sociaux, suppression des expulsions.
--- RÉORIENTER LA CONSTRUCTION EUROPÉENNE
Lors de la présidence Française de l’UE, proposer la fin des traités actuels et leurs remplacement par un nouveau traité obligeant les Etats membres à partager le progrès entre tous les citoyens, sans nuire au progrès des autres peuples et au respect de l'environnement.
- Article paru dans l'Hebdomadaire "Les Nouvelles de Bordeaux et du Sud-Ouest " le Jeudi 10 Mai 2007 - No 1689 - Abonnement 19,90 Euros pour l'année - Contact : nouvelles.SO@wanadoo.fr - Tél : 05.56.91.45.06 - Adresse : 15, Rue Furtado 33800 BORDEAUX
En concert le samedi soir, sur la grande scène : Voilà, voilà, qu’Sarko…mmence ! Rachid Taha c’est une envie de partager, une invitation à épanouir ses multiples facettes. Fidèle à d’où l’on vient. Curieux d’aller plus loin. « Un mec comme on n’en fait plus », dit-on. Pourtant, avec ses airs canailles, son franc parler, sa façon de se foutre des convenances et d’avancer, Rachid Taha a de quoi déstabiliser. Scotchant sur scène de présence et d’énergie rock, l’animal se révèle complexe : tour à tour fin et enfantin, corrosif et charmeur, politique et poétique, rebelle et midinette. Taha aime Johnny Cash, Joe Dassin, The Clash. Du rock’n’roll de Roy Orbison au trash métal de Rob Zombie, il joue les DJ, écoute, farfouille, exhume des trucs oubliés. Variétoche, standards orientaux, musique cambodgienne, compositions persos, opus électro… Ce n’est plus du métissage, mais de l’universalité ! « Mon truc à moi, c’est faire le lien, dit-il. Entre les genres, entre les gens. Qu’est-ce qui unit les Pieds-noirs et les Américains ? L’Alsace et la country ! Beaucoup de Français partis s’installer en Algérie en 1872 venaient de l’Est, comme les Luthériens émigrés aux USA au XVIIe siècle. Et le chaâbi ne serait pas ce qu’il est sans le banjo débarqué à Alger en 1942 avec les alliés ! » Chez lui, au mur, un portrait géant de Franz Fanon. « Entièrement réalisé en papier collé par un de mes amis. J’adore l’art, ça m’amuse. Tout peut être oeuvre d’art ; c’est juste une question de regard. » Lui-même peint, sculpte, écrit des nouvelles. « On est là pour faire ! En France, les gens s’enferment souvent dans des postures intellectuelles. Être gai, populaire, c’est suspect. Tous les peuples chantent, célèbrent la joie et l’émotion, les Français gueulent, font des manifs. Ici on aime les idées, pas les actes. D’ailleurs, liberté, égalité, fraternité est un slogan publicitaire ! » Le genre de discours qui fait parfois grincer : « Si Monsieur n’aime pas la France… » Contresens ! C’est parce que la République lui est chère qu’il la secoue. Et qu’il dénonce ses travers. « Comment inculquer des valeurs de respect et expliquer ce qu’est l’antiracisme quand on donne à des lycées les noms de ce misogyne de Brel, qui côtoya Paul Touvier, ou de Trenet, qui déclara que les Noirs étaient tous des enfants ? » Pour exprimer ses combats, secouer les préjugés, bousculer les conformismes, Rachid Taha a choisi la création, le plaisir, la fantaisie. « Arrêtons de nous prendre la tête ! Je peux pondre un album tous les trois mois, un par jour si je veux ! » Diwân 2 à peine sorti, le voilà déjà en train de stocker quelques petits bijoux pour Diwân 3. La tête dans la musique de John Fogerty, Leïla Mourad, Public Enemy, il planche sur un disque aux confluences du folk américain, du rock et du chaâbi. Tout en caressant l’idée d’adapter les textes du poète perse Omar Khayyam (XIe siècle). « J’aimerais aussi réunir différents artistes - de Robert Plant à Raphaël en passant par Damon Albarn (Blur, Gorillaz), Mick Jones (The Clash), Têtes Raides ou Daniel Darc – pour un album collectif sur le thème de la paix entre Israël et la Palestine. C’est important, non ? » Qu’en pensez-vous ? Rendez-vous samedi 26 à Courréjean, sur la grande scène, à partir de 21 h.
=====> Mon truc à moi, c’est faire le lien, entre les genres, entre les gens…
Rachid Taha est né à Oran (Algérie) en 1958. Il débarque en France en 1968 avec sa famille qui s’installe d’abord en Alsace, puis dans les Vosges. Il y découvre l’hiver, les classes de transition et le racisme brut des enfants qui répètent ce qu’ils entendent chez eux. Son père qui souhaite le voir réussir, le place alors dans une institution religieuse (catholique). En 1979, Rachid Taha quitte le foyer familial et devient VRP (vendeur représentant placier). Il sillonne alors la France pour vendre des ouvrages de littérature française. Puis il finit par retourner dans sa famille installée entre temps dans la banlieue de Lyon. Il vit alors de petits boulots
jusqu’en 1981 où il entre à l’usine. Il y rencontre Mohammed et Moktar, deux autres jeunes respectivement guitariste et bassiste, et avec lesquels il va commencer à chanter.
=====> Voilà, voilà, qu’Sarko... mmence
Voilà, voilà, que ça recommence
Partout, partout et sur la douce France
Voilà, voilà, que ça recommence
Partout, partout, ils avancent
La leçon n’a pas suffit
Faut dire qu’à la mémoire on a choisi l’oubli
Partout, partout, les discours sont les mêmes
Etranger, tu es la cause de nos problèmes
Moi je croyais qu’c’était fini
Mais non, mais non, ce n’était qu’un répit
Voilà, voilà…
La leçon n’a pas suffit
Faut dire qu’à la mémoire on a choisi l’oubli
Dehors, dehors, les étrangers
C’est le remède des hommes civilisés
Prenons garde, ils prospèrent
Pendant que l’on regarde ailleurs
Prenons garde, ils prospèrent
Pendant que l’on regarde ailleurs
Voilà, voilà…
a voir, à écouter sur le site : bellaciao.org
=====> Invitez avec la vignette-bon de soutien
Vous souhaitez recevoir des vignettes pour les proposer : 05 56 5 91 06 (Cathy Rizaldos ou Laure Vignau).
La vignette permet de venir à la fête pour 9 euros au lieu de 15 euros (elle coûte euros et permet une entrée à tarif réduit de 5 euros). Entrée gratuite sur présentation de la vignette accompagnée d’un ticket spécial pour les sans emploi.
Location : Fnac, Carrefour, Géant au 0892 68 36 22 (0,3 €/min) www. fnac.com / www.humanite.fr / www.fetehuma33.org
Et aussi : Affiches, affichettes, flyers disponibles à la Fédération, 15, rue Furtado à Bordeaux, ou dans les sections.
=====> Le 18 mai : montage de la Fête
Le long week-end de l’Ascension (18, 19 et 20 mai), une semaine avant la fête, sera consacré au montage des structures : ouverture du terrain le 18 mai à 9h. Tous les bénévoles qui le souhaitent peuvent venir participer au montage.
- Article paru dans l'Hebdomadaire "Les Nouvelles de Bordeaux et du Sud-Ouest " le Jeudi 10 Mai 2007 - No 1689 - Abonnement 19,90 Euros pour l'année - Contact : nouvelles.SO@wanadoo.fr - Tél : 05.56.91.45.06 - Adresse : 15, Rue Furtado 33800 BORDEAUX
Faites comme Ségolène Royal, tout émerveillée, dimanche soir, d’être arrivée là, première femme présente au second tour d’une présidentielle ; tout émue d’avoir été et d’être acclamée par les foules de la gauche déboussolée, atone, à terre, une gauche fascinée par le vide, étourdie par ce vertige de la vacuité, un « peuple de gauche » s’en remettant à cette éloquence essoufflée de mère supérieure ou à ces transes mystiques où s’incarnait soudain la communion débordante d’amour entre l’oratrice habitée surtout par l’exacerbation vaguement délirante de son ego et ses ouailles livrées à ces célébrations comme un troupeau poursuivi par les loups se jetant dans un ravin ; Ségolène Royal tout exaltée par le destin qu’elle s’imagine, prise à son propre « je », « rénovatrice » autoproclamée de la gauche entière qu’elle envisage, après les obligations de réserve de la campagne électorale, de conformer définitivement à la « modernité » de l’économie de marché. Il était écoeurant, ce sourire, presque autant que celui des vainqueurs, parce qu’il exprimait un vrai bonheur, une authentique jouissance de l’instant politique, médiatique, seulement vécu et ressenti comme une félicité personnelle, presque intime, comme une victoire, peut-être, sur soi-même, pour soi-même, alors que la période qu’ouvre cette terrible défaite de l’ensemble de la gauche sera de larmes et de sang. Curieusement, Sarkozy souriait moins : plombé sans doute tout soudain par la responsabilité qui est la sienne désormais, mais aussi parce que lui n’a probablement plus besoin de sourire : il s’apprête à en faire baver aux plus précaires, aux plus pauvres, aux plus fragiles (qui ont souvent voté pour lui), aux salariés, bref, en gros à 80% de la population, et ça rigole plus. On retrousse ses manches, éventuellement les babines pour montrer ses crocs, et on attaque. Des aimables labradors de Mitterrand et de Chirac, on passe au bull-mastiff de Sarkozy environné de chiens policiers. Ceux qui détestaient la mollesse chien-chien au coin du feu du vieux sphinx vont apprendre à courir grâce à la vigueur du pitbull que le scrutin vient de lâcher dans le pays. Oui, mais il y a les législatives, crétin pessimiste, entends je dire. Tu te laisses envahir par le fatalisme ! Tu fais le jeu de l’adversaire ! Tout n’est pas consommé ! Vois nos beaux candidats de notre belle gauche ! Chaque parti montre ses muscles dans chaque circonscription ! C’est-y pas la preuve que c’est pas mort tout ça, et qu’on en a encore sous la pédale d’accélérateur ? Vois-les, tous, sur les affiches ! Eux aussi ils sourient ! Et tout en numérique, hein, de l’espoir plein les pixels ! D’accord, bien sûr, évidemment, encore heureux qu’il y ait une espèce de session de rattrapage. Mais c’est comme pour un examen : quand t’as rien branlé pendant l’année, quand t’as joué les cancres, quand t’as gâché tes possibilités, comme c’est marqué sur ton bulletin scolaire, quand t’as été hors-sujet presque tout le temps, quand t’as rendu copie blanche les jours de contrôle continu alors que tout le monde attendait tant de toi, ben tu peux ramer pour réviser en quelques semaines : c’est pas une défaillance momentanée que tu cherches à faire oublier. Malgré tout le soin que t’y mettras, toute la bonne volonté, la sincérité, les promesses que l’on ne t’y reprendra plus, sauf miracle (et Sainte Ségolène n’y pourra rien), t’es bon pour repiquer, à condition qu’on t’y autorise. La méthode de travail, comme le serinent les profs (qui ne disent pas que des conneries) est à changer. La motivation à réinventer. De fond en comble. On l’a dit, on le redit. Quitte à emmerder tout le monde. Alors on pourra peut-être, nous aussi, sourire au vrai bonheur collectif qu’on aura rendu possible. Sourire. De toutes nos dents, pour ceux qui auront encore les moyens de s’offrir le dentiste.
(1) - Ou alors le nouveau président pensait-il au short qu’il allait porter à bord du yacht où il est parti ensuite se retirer après un graillou et une nuit au Fouquet’s, sur les Champs-Élysées. La gauche néglige désormais les symboles, à quoi le populo s’attache vainement, convertie au réel, dit-on. La droite, elle, y revient : mépris distant, luxe tapageur. D’où nous vient cette nausée : la bouffe du restau chic, ou le mal de mer ? - Article paru dans l'Hebdomadaire "Les Nouvelles de Bordeaux et du Sud-Ouest " le Jeudi 10 Mai 2007 - No 1689 - Abonnement 19,90 Euros pour l'année - Contact : nouvelles.SO@wanadoo.fr - Tél : 05.56.91.45.06 - Adresse : 15, Rue Furtado 33800 BORDEAUX
Malgré l'avalanche de plans sociaux, l'établissement girondin du géant américain de l'électronique a encore des cordes à son arc - Canejan n'a peut-être pas dit son dernier mot : Bernard Broustet - Point positif, les négociations avancent avec la société SVE, qui veut développer des véhicules électriques de nouvelle génération - Photo Reuter - D'ici quelques semaines, le site Solectron de Canéjan ne comptera plus que quelque 570 salariés CDI, après en avoir eu environ 2 200 en l'an 2000, et parfois presque autant d'intérimaires. Solectron-France, filiale d'un des géants mondiaux de la sous-traitance électronique poursuit en effet la mise en application de son huitième plan social depuis 2001. 174 postes doivent au total disparaître, dans le cadre de cette nouvelle restructuration, annoncée aux salariés à la fin de l'année dernière. 103 de ces suppressions d'emploi concernent les salariés de production. A priori, pour cette catégorie, tous les départs devraient s'effectuer dans le cadre du volontariat, ce qui s'explique peut-être en partie par le montant minimal relativement élevé des indemnités de licenciement (35 000 euros). En revanche, pour les « indirects » (finances, ressources humaines, comptabilité), il y aura peut-être moins de candidats que de postes à supprimer. Jean-Bernard Mondon, directeur des ressources humaines, n'exclut donc pas le recours à des « désignations », dont le nombre ne devrait cependant pas, selon lui, excéder la dizaine.
--- Objectifs de rentabilité. Il serait tout à fait hasardeux de prédire qu'il n'aura pas de nouveau plan social à court terme à Canéjan, et, a fortiori, de prophétiser que le site est à tout jamais pérennisé. Après ses restructurations successives, Solectron-France semble avoir renoué avec l'équilibre d'exploitation. Mais la nouvelle direction européenne du groupe californien, qui possède des usines aux quatre coins du monde, fixe des objectifs de rentabilité qui nécessiteront encore sans doute des gains de productivité. La CGT et la CFDT craignent que ces exigences n'aient des conséquences néfastes pour l'établissement girondin. Tout n'est pas pour autant négatif dans la situation du site, qui se consacre pour l'essentiel au lancement de nouvelles fabrications de cartes électroniques, dont la production est ensuite délocalisée dans des usines à plus bas coût (Chine, Roumanie, Malaisie, etc.). D'une part, en effet, Canéjan a échappé au dernier coup de hache mis en oeuvre par le groupe pour tailler dans ses coûts, et améliorer sa profitabilité. Cette fois-ci, c'est le site de Dumferline (Ecosse), qui a dû monter sur l'échafaud, ce qui montre que la France n'est pas la seule à faire les frais des délocalisations industrielles. Par ailleurs, Canéjan, qui travaille entre autres pour le groupe Thales, va recupérer au moins provisoirement la fabrication de certains types de cartes que sa maison-mère assure pour le compte de l'entreprise Schneider. La production de ce type de cartes sophistiquées, destinées à des disjoncteurs, avait émigré en Chine. Mais l'usine de l'Empire du Milieu n'avait pas encore atteint le niveau de maîtrise requis pour les fabriquer dans les conditions et à la cadence voulues. Cette activité relativement marginale ne reviendra en Gironde que pour un temps. Mais l'affaire montre que l'externalisation des productions dans les pays lointains à bas coût n'est pas toujours aussi simple qu'on le croit.
--- Chantier alléchant. Solectron-France a par ailleurs un chantier plutôt alléchant en perspective. Les négociations avancent avec la société SVE, qui veut développer des véhicules électriques de nouvelle génération. Les discussions entre SVE, filiale du groupe Dassault et l'établissement girondin portent sur deux types de cartes électroniques. Pour la première, destinée au calculateur de la voiture, Solectron a été consultée pour jouer un rôle de conseil auprès de Dassault Aviation, qui serait en quelque sorte l'architecte de cet équipement. La deuxième carte, montée à raison de plusieurs exemplaires dans chaque voiture permettrait de gérer la batterie dernier cri au lithium-ion, qui se caractérise à la fois par sa complexité et par la quantité d'énergie qu'elle accumule dans un espace restreint. Pour ce deuxième produit, Solectron, qui agit en coordination avec le réseau Ravel (1) pourrait réaliser le développement de l'ensemble du produit. Sous condition, bien sûr d'un aboutissemnt favorable des négociations avec SVE, dont plusieurs véhicules ont déjà été testés entre autres par la Poste, et qui souhaite fabriquer une première pré-série de 1 000 véhicules, avant d'aller beaucoup plus loin en cas de succès. Sur ce plan comme sur d'autres, l'établissement de Canéjan ne doit pas prématurément pas vendre la peau de l'ours. Il n'en reste pas moins que les contacts noués avec SVE et le groupe Dassault illustrent le savoir-faire de l'unité girondine en termes de conception de produits électroniques complexes.
(1) Ravel est l'acronyme du « Réseau aquitain du véhicule électrique », implanté au laboratoire de recherche électronique IMS, commun à l'Université de Bordeaux 1 et au CNRS. Canéjan va recupérer au moins provisoirement la fabrication de certains types de cartes sophistiquées, destinées à des disjoncteurs, qui avait émigré en Chine http://www.sudouest.com/110507/economie.asp?Article=110507a35561.xml
La majorité des salariés de l'entreprise semble prête à accepter une augmentation du temps de travail
Travailler plus pour gagner autant : Bernard Broustet
A l'heure où les hangars de Mérignac s'emplissent à nouveau, l'unanimité syndicale n'est plus qu'un souvenir - Photo Stéphane Lartigue - Selon Dominique Rieux, délégué syndical CFE/CGC de l'entreprise, 294 personnes avaient signé hier l'avenant à leur contrat de travail qui prévoit de porter de 35 à 39 heures le temps de travail hebdomadaire, à rémunération inchangée (1). Or, en cas d'acceptation, rien ne contraint les salariés de l'entreprise de sous-traitance aéronautique à signer ce document. Cette modification substantielle de leur contrat de travail s'applique automatiquement, à moins d'un refus formulé par lettre recommandée, et qui peut entraîner le licenciement économique. A ce jour, ceux qui ont pris cette dernière option semblent extrêmement minoritaires. Ils n'étaient hier qu'une quinzaine selon les chiffres de Dominique Rieux, non confirmés par la direction, que nous n'avons pas pu joindre.
--- Sacrifice. On sait que la direction de l'ancienne filiale d'EADS, rachetée par le groupe de maintenance français TAT, a signé le mois dernier avec Force Ouvrière et la CFE/CGC l'accord prévoyant cette augmentation de la durée du travail sans hausse de la rémunération. Pour Philippe Rochet, patron du site, la pérennité de l'établissement passe obligatoirement par cette baisse substantielle du coût horaire de la main d'oeuvre. Mais le fait qu'à ce jour, une majorité du personnel ait accepté ce sacrifice ne signifie pas pour autant que l'affaire soit passée comme une lettre à la Poste. Alain Négrier, délégué syndical Force Ouvrière, a pris sur lui de signer contre l'avis de la majorité de ses adhérents. Et plusieurs de ceux-ci ont depuis lors renvoyé leurs cartes du syndicat. Selon Alain Négrier, il s'agissait essentiellement de nouveaux venus à FO, recrutés par le syndicat dans la foulée du changement d'actionnaire consécutif à la très grave crise de la société en 2006.
--- Semaine cruciale. La semaine à venir va être cruciale à deux égards. D'une part, en effet, le délai d'un mois fixé pour accepter tacitement ou pour refuser le contrat de travail va prendre fin dans quelques jours, et l'on y verra plus clair sur le nombre de départs. D'autre part, le tribunal de grande instance va se pencher mardi en audience publique sur l'action introduite par la CGT pour demander l'annulation d'un accord que l'organisation combat vigoureusement. Monique Guedon, avocate du syndicat, invoquera des arguments de forme, affirmant notamment que le représentant CFE /CGC n'était pas habilité à signer, ce que conteste l'intéressé. Mais elle fera valoir par ailleurs, entre autres, que la direction n'apporte pas de vraies contreparties aux sacrifices exigés.
--- Nouveau contexte politique. Si l'accord passe ce cap juridique, la CFE/CGC et Force Ouvrière ont bien l'intention de profiter du nouveau contexte politique pour demander des avantages supplémentaires à la direction. L'augmentation d'horaires équivaut en effet à 4 heures supplémentaires, qui, selon la doctrine Sarkozy, devraient être exonérées de charges. Les syndicats signataires souhaitent que les salariés bénéficient des retombées de cet éventuel cadeau.
En attendant, les hangars de Mérignac, naguère presque vides, se sont copieusement garnis. Et Sogerma Services recrute pour faire face à ses besoins. Mais, un an jour pour jour après l'annonce par EADS de la fermeture du site, c'en est bien fini de l'unanimité syndicale qui avait contribué à faire reculer le groupe européen.
(1) L'accord signé par la CFE/CGC prévoit cependant l'octroi d'une prime de 1 800 euros brut
L'augmentation d'horaires équivaut à 4 heures supplémentaires, qui, selon la doctrine Sarkozy, devraient être exonérées de charges http://www.sudouest.com/110507/economie.asp?Article=110507a37651.xml
La LCR affirme sa solidarité à tous les salariés de Ford dont les intérimaires et précaires ainsi qu’à ceux des entreprises sous-traitantes, suite à l’annonce, par son dirigeant européen, de la vente de Ford Aquitaine Industrie. C’est une étape de plus vers de nouveaux licenciements, avec sans doute comme projet d’aller vers la fermeture pure et simple du site, menaçant des milliers d’emplois dans la région. Les travailleurs ne sont pas des marchandises, l’argent des bénéfices doit servir à maintenir tous les emplois. L’interdiction des licenciements est une urgence pour mettre un coup d’arrêt à la casse sociale qui a déjà touché des milliers de salariés dans la région. A l’heure où Ford Europe annonce des bénéfices record pour l’année 2006 de 352 millions d’euros, plus que jamais nous affirmons, comme Olivier Besancenot pendant la campagne de la Présidentielle, que nos vies valent plus que leurs profits. - From: bichin@club-internet.fr
Manifestations concurrentes, élus qui s'énervent... La commémoration de l'esclavage a eu lieu dans une ambiance peu pacifique - Commémo-cacophonie : Denis Lherm - Au premier plan, la cérémonie officielle et, au fond, celle de DiversCités, au pied du « Colbert », hier - PHOTO LAURENT THEILLET - « Cette commémoration, c'est une pétaudière... Ca part dans tous les sens », nous avait confié un élu de la majorité municipale, il y a quelques jours, devant la multiplication des initiatives indépendantes. Il ne croyait pas si bien dire. Hier, à Bordeaux, la Journée de commémoration de l'esclavage a été marquée par la désunion et une certaine tension. Désunion en raison de deux cérémonies « concurrentes » sur le quai des Chartrons : l'officielle, organisée par la mairie, et celle de l'association DiversCités, à 100 mètres de là. Tension, car DiversCités reproche à la mairie de ne pas l'avoir conviée à la cérémonie officielle. Mais tension aussi à l'intérieur même de la cérémonie officielle, élus de droite et de gauche se disputant pour savoir qui devait et qui pouvait parler au micro. Avec en prime une grosse colère d'Hugues Martin, qui représentait Alain Juppé. Hier matin, c'est DiversCités qui a démarré en premier, vers 10 h 30. Plusieurs élus PS sont là, dont deux candidates aux législatives : Michèle Delaunay et Béatrice Desaigues. La première annonce qu'elle participera aux deux cérémonies et trouve « totalement scandaleux que Karfa Diallo (DiversCités) n'ait pas été invité à la cérémonie de la mairie, comme s'il y avait ceux qui se souviennent bien et les autres, qui se souviennent mal. » Pendant qu'ici on lit des poèmes ou qu'on écoute discours et chansons, avant de jeter des bouquets de fleurs dans la Garonne, des gens s'agitent au loin. C'est la cérémonie de la mairie qui s'installe, à 100 mètres de là. Voulant la rejoindre, trois représentants des autorités militaires se dirigent droit vers la cérémonie de DiversCités. Embarras au loin, où l'on voit les organisateurs de l'officielle leur faire de grands signes, les invitant à s'approcher. Là, on attend que DiversCités en termine, quitte à retarder l'ouverture. Hugues Martin semble agacé, il regarde sa montre avec énervement, mais il patiente.
--- Incident diplomatique. Les invités sont déjà là : élus, religieux, militaires, civils, mais les Noirs se comptent sur les doigts d'une main. Côté DiversCités, ils sont au contraire très nombreux. Curieuse image. Soudain, on frôle l'incident diplomatique. Le conseiller municipal socialiste Daniel Jault annonce à Hugues Martin qu'il prendra la parole, et en premier, en tant que représentant de Philippe Madrelle, le président PS du Conseil général. Fureur d'Hugues Martin, qui n'était pas au courant et s'en prend vigoureusement à Jault. « Madrelle m'a demandé de parler en son nom, mais les cabinets de la mairie et du Conseil général ont sans doute mal communiqué. De toute façon, c'est comme ça en ce moment, il y a une tension incroyable à la mairie. C'est quand même anormal qu'elle cherche à ce point à récupérer une manifestation nationale et transcourants. Lors de l'inauguration de la Maison cantonale, c'était pareil : ils m'ont empêché de parler alors que c'était prévu. Jamais Chaban ne m'a fait un coup comme ça », se désole Daniel Jault après l'incident. Qu'on se rassure, il a aussi été question de l'esclavage, hier. Karfa Diallo a fait un long discours et expliqué que la globalisation pose la question des « sociétés plurielles ». Hugues Martin, lui, a appelé à ne pas oublier ni minorer « l'entreprise de déshumanisation, le drame, la déportation », qu'a représentés le commerce triangulaire, auquel Bordeaux a participé. Côté cérémonie officielle, les Noirs se comptent sur les doigts d'une main. Côté DiversCités, ils sont au contraire très nombreux. Curieuse image http://www.sudouest.com/110507/vil_gir_bordeaux.asp?Article=110507a91528.xml
Le personnel de nuit et des urgences du CHU Saint-André est mobilisé pour obtenir une augmentation des effectifs - Pénurie de soignants à l'hôpital Saint-André : I. C. Les syndicats CGT, FO, coordination des infirmières, Sud, du CHU de Bordeaux font circuler une pétition concernant l'engorgement des urgences de l'hôpital Saint-André, suite notamment, aux récents travaux d'amélioration des locaux. « Cette amélioration ne sera efficiente que si elle est suivie de renfort en personnel, dénoncent les syndicats. Les attentes de patients de plus de 8 heures, alors que de nouveaux nous sont amenés par les pompiers ont pour conséquence, de doubler les boxes voire de mettre des patients en attente dans la rotonde (Une pièce de circulation). Le service hospitalisation de courte durée ouvert pour dégager les urgences est en fait, utilisé par le service d'hospitalisations longues, par manque de lit au CHU. »
--- « Epuisement ». Le personnel accuse le manque d'effectif sur toutes les équipes. Même constat pour le personnel de nuit qui constate « l'épuisement physique et psychique des professionnels. » Ces derniers envisagent aujourd'hui, une heure de débrayage. Ils exigent les remplacements des départs à la retraite, des congés maladies, des créations de postes en infirmiers et en aide-soignants. Par ailleurs, et pour les mêmes raisons, le service réanimation entend se mobiliser aujourd'hui vendredi. Une rencontre est prévue avec la direction le 23 mai.
http://www.sudouest.com/110507/vil_gir_bordeaux.asp?Article=110507a27063.xml
=====> BORDEAUX. --L'hôpital Saint-André toujours en ébullition. Le personnel de nuit se mobilise
Le personnel soignant surchargé de travail : I.C.
Le personnel de nuit, celui des urgences et du service réanimation, de l'hôpital Saint-André s'est réuni en assemblée générale hier après-midi. Depuis cette semaine, tous sont mobilisés pour des raisons de conditions de travail difficiles. Mais, les seuls syndicats sont « habilités » à rendre compte de la situation. « C'est tout l'hôpital qui est en crise, signale Corinne Versigny pour l'intersyndicale CGT, Coordination infirmière, SUD. Ainsi en réa, le décret du 5 avril 2002, déterminant le nombre de personnel soignant autour du lit du malade (ndlr : deux infirmières pour cinq patients) n'a jamais été appliqué. Partout nous manquons de personnel : surcharge de travail, repos et RTT reportés, congés annuels repoussés. Le personnel soignant est fatigué, on assiste à un épuisement physique et moral considérable. » La déléguée syndicale explique que l'infirmière de nuit doit surveiller parfois deux services et se sent en danger. « Ces revendications concernent aussi la sécurité et le bien-être des patients, poursuit-elle. Le manque de confort, la difficulté à mettre en place une relation d'aide vis à vis des malades sont de réels problèmes. Personne ne bataille pour obtenir du temps de pause supplémentaire, c'est bien plus grave. » Une rencontre est prévue avec la direction, le 23 mai. La direction du CHU a refusé hier que les journalistes accèdent aux services concernés par le mouvement de contestation. Et n'a pas souhaité répondre à nos questions. Le règlement intérieur de l'hôpital public stipule que les salariés « n'ont pas à divulguer à l'extérieur, des informations sur ce qui se passe à l'intérieur de l'établissement. »
http://www.sudouest.com/120507/vil_gir_bordeaux.asp?Article=120507a108657.xml
Le premier secrétaire fédéral pousse le président de la CUB et de la Région Aquitaine à partir à la conquête de Bordeaux - Anziani : « Rousset doit rester à la CUB » : Dominique de Laage
Alain Anziani et Alain Rousset côte à côte lors d'un congrès du PS - PHOTO ARCHIVES LAURENT THEILLET
Le premier secrétaire de la Fédération du Parti socialiste, Alain Anziani, appelle Alain Rousset à se présenter contre Alain Juppé à Bordeaux aux prochaines municipales (2008) mais surtout à demeurer président de la Communauté urbaine (CUB). Une prise de position qui témoigne de l'emballement politique ambiant, notamment au PS. Président de la CUB et de la Région Aquitaine, Alain Rousset veut se présenter aux législatives sur la 7e circonscription détenue par Pierre Ducout (PS). En cas d'élection à l'assemblée, il devrait abandonner l'un des deux mandats de président de la CUB ou de la Région. Jusqu'alors, Alain Rousset n'a rien dit de ses intentions précises. Or le dépôt des candidatures pour les législatives commence lundi (jusqu'à vendredi). « Au regard des résultats du PS dans l'agglomération lors de ce scrutin présidentiel, nous avons un devoir de réussite à la Communauté urbaine, estime Alain Anziani. Il ne serait pas cohérent qu'Alain Rousset abandonne la CUB. Les socialistes ont eu assez de mal à imposer leur candidat face à Alain Juppé pour qu'Alain Rousset ne tienne pas compte de l'avis des maires de l'agglomération. Or ceux-ci sont majoritairement favorables à son maintien. Et Alain Juppé profitera de toutes les opportunités pour tenter reprendre l'avantage, comme en 2001. En outre, Alain Rousset a réellement imprimé une autre politique, très différente et très positive, à la CUB. Personnellement, j'estime qu'il doit continuer. C'est bien sûr à lui de choisir. Mais il ne peut pas le faire sans écouter ceux qui l'ont porté à ce poste. »
--- La Région. Jeudi midi, l'ensemble des maires socialistes de la CUB s'est retrouvé autour d'un repas pour faire le point de la situation. Alain Anziani en a profité pour faire part de son avis, visiblement partagé par de nombreux maires PS. Alain Rousset en a pris note, sans répondre. Egalement président de l'association des Régions de France (ARF), Alain Rousset se sent investi d'une lourde responsabilité sur le front des régions, presque toutes roses en France. Il envisage d'en devenir le défenseur face au pouvoir sarkozyste. Et estime avoir besoin, pour ce faire, de devenir député. D'autant que les autres présidents de régions socialistes ne sont, pour la plupart, pas députés. Alain Rousset se trouve donc face à un choix compliqué. Auquel Alain Anziani offre sa réponse : il lui suggère de laisser tomber la course à l'assemblée pour demeurer à la Région et à la CUB. Quid de la 7e alors ? « Nous n'aurions aucun mal à convaincre Pierre Ducout de repartir », répond Alain Anziani. Le premier secrétaire fédéral lui suggère également de se préparer à affronter Alain Juppé aux prochaines municipales de 2008 à Bordeaux. Une partie du PS girondin avait déjà espéré voir Alain Rousset partir à la conquête de Bordeaux lors de la municipale de 2004 face à Hugues Martin. Avec les scores obtenus par Ségolène Royal sur Bordeaux-Ville, le PS ne peut plus se permettre de se désintéresser du palais Rohan sans se décrédibiliser. Et de laisser des candidats « locaux » se déchirer entre eux pour obtenir le leadership, comme c'est déjà à l'oeuvre.
C'est au premier secrétaire fédéral du parti à veiller à ce genre de choses. D'où la prise de position d'Alain Anziani. http://www.sudouest.com/120507/reg_gironde.asp?Article=120507a58890.xml
François Bayrou a lancé une nouvelle force politique, « ouverte et indépendante ». Une naissance sur fond de querelles de famille - Accouchement dans la douleur : Bruno Dive rédaction parisienne
--- C'est fini. L'assemblée générale de l'UDF, soit un bon millier de personnes réunies à la Mutualité, vient de voter une résolution : l'UDF appelle à la création d'une force politique nouvelle, ouverte et indépendante. Quatre personnes seulement se sont prononcées contre, quatre autres se sont abstenues. Il est vrai que le vote a eu lieu à main levée. Sitôt cette formalité accomplie, un homme se dirige vers une jeune femme qui a voté contre. « Bravo ! Je vous félicite. Moi, j'ai voté pour, parce que dans un parti stalinien, mieux vaut être avec la majorité. » Philippe (il préfère ne pas donner son nom) va sans doute quitter l'UDF. « Je suis de centre droit et je ne me reconnais pas dans les agressions contre Sarkozy. Et puis, je ne supporte plus ces méthodes : le chef parle; on le suit. C'est Nuremberg ! »
La jeune femme, encore sonnée par son acte de bravoure, approuve. Elle aussi va probablement partir. « Je ne me reconnais plus dans l'UDF », dit-elle, avant d'engager la discussion avec des tenants de la ligne.
--- Un compte vite fait. Les querelles de famille sont toujours les plus pénibles. François Bayrou en a, une nouvelle fois, fait l'expérience ces derniers jours, lorsqu'il a vu la plupart des députés UDF rejoindre la majorité présidentielle. Ses bédouins, comme il les appelait à la fin de sa première traversée du désert, l'ont quitté. Hier, il a énoncé la liste de ceux qui restaient. Le compte était vite fait : ils sont cinq. Un peu plus au Sénat, où le groupe parlementaire reste uni. Alors, François Bayrou a recommencé à faire ce qu'il a fait durant cinq ans. Il a utilisé des mots forts à la tribune, des mots chargés de connotations historiques : résistance, liberté. Il a proclamé l'arrivée de 23 000 adhérents depuis lundi. Enregistré des ralliements supposés faire oublier les départs : Corinne Lepage, Azouz Begag et, plus inattendu, le Vert Jean-Luc Benhamias. Surtout, il a écouté les orateurs se succéder pour approuver sa démarche, louer son courage, vilipender ceux qui partent et vont forcément à la soupe. C'est ainsi qu'il se remonte le moral. Il a entendu Bernard Lehideux proclamer : « Je suis un homme de droite. » Il a entendu la jeune Samia, venue du PS, s'exclamer : « Je suis une femme de gauche. » Et ça lui a rappelé sa campagne, qui semble déjà si lointaine.
--- « Impasse stratégique ». Mais les querelles de famille peuvent aussi, parfois, friser le tragique. Jean-Louis Bourlanges a fait un malaise à la fin de son discours. L'émotion ? La tension ? Le député européen était venu, seul de son espèce, dire au revoir à ses amis et leur expliquer pourquoi il ne pouvait pas suivre la démarche de son ami béarnais. « Vous vous enfermez, a-t-il lancé, dans la plus sympathique mais la plus tragique des impasses stratégiques. »
Un peu plus tôt, devant le conseil national réuni à huis clos, c'est Pierre Albertini, le député-maire de Rouen, qui avait tenté, en vain, une ultime démarche. Tandis que trois personnalités UDF, et non des moindres, Gilles de Robien, André Santini et Hervé Morin, étaient reçues au QG provisoire de Nicolas Sarkozy. « Le Mouvement démocrate, je n'en serai pas », assurait Morin, président du groupe UDF, qui confiait ne plus avoir de contacts avec François Bayrou.
--- La porte reste ouverte. Celui-ci n'a pourtant pas fermé toutes les portes. « Ce n'est pas parce que des gens choisissent momentanément un autre chemin que nous ne pourrons pas nous retrouver un jour », lançait-il à l'adresse de Jean-Louis Bourlanges. Le Mouvement démocrate ne devrait d'ailleurs pas présenter de candidat contre les députés qui ont soutenu François Bayrou au premier tour. Quant à l'attitude pour le second tour, elle reste ouverte. « Nous allons aux législatives sous nos propres couleurs et nous verrons au second tour où nous en sommes », a déclaré le député des Pyrénées-Atlantiques. L'un de ses proches, Bernard Lehideux, s'est montré plus précis : « Si nous sommes premier ou deuxième, nous nous maintenons. Si nous sommes troisième, nous nous retirons. Pas d'accord de désistement, du moins pour l'instant. » « C'est un risque », a reconnu François Bayrou. Un risque que tous, à l'UDF, ne sont manifestement pas prêts à prendre.
=====> L'UMP défie Bayrou sur ses terres : Xavier Sota
Jean Gougy (au premier plan) et Nicolas Patriarche - PHOTO L. L. L'UMP ne laissera pas la 2e circonscription des Pyrénées-Atlantiques « orpheline d'un candidat de droite », expliquait-on hier au parti de Nicolas Sarkozy. Un parachutage est toutefois exclu. Une personnalité « locale » est pressentie pour porter le fer contre le sortant, François Bayrou. Mais qui ? La question agite le Béarn. Car ladite personnalité aura fort à faire dans une circonscription réputée acquise au président du tout frais Mouvement démocrate. Au premier tour de la présidentielle, il a glané 36,79 % des suffrages. Au second, ses électeurs ont marché dans ses pas, faisant basculer des cantons marqués à droite en faveur de Ségolène Royal. Une véritable terre de mission pour l'UMP (et pour les autres). Le parti entend contraindre le plus célèbre citoyen de Bordères à une triangulaire.
--- Leblanc renonce. Plusieurs noms circulent et leur cote fluctue au fil des heures : « C'est Paris qui décide », avançait-on hier en Béarn. Dans le tiercé de tête : un historique, un jeune et (ou) une femme. La figure locale pourrait être Jean Gougy, délégué départemental de L'UMP. Ancien député de la 1re circonscription (1986-1988, 1993-1998), il n'affiche pas, à 68 ans, de velléités particulières de se lancer contre Bayrou, à l'égard duquel il peine à dissimuler un souverain mépris. Seule l'insistance des instances parisiennes pourrait le convaincre. Autre solution envisagée : Nicolas Patriarche, 31 ans. Au terme de ses études de droit, il entre en politique. Il est aujourd'hui délégué de circonscription de l'UMP. Les législatives seraient pour lui l'occasion de « se faire les dents », dans l'optique d'une carrière au long cours. Dernière carte, parité oblige, une candidature féminine : on susurre le nom de maires, notamment celui d'Annie Hild, à Idron (3 200 habitants). Seule certitude hier soir, l'UMP ne jouera pas la carte people. L'ancien cycliste professionnel Luc Leblanc, établi à Bordères, a été approché. Il a décliné l'offre, expliquant ne pas avoir la « stature » pour se présenter à une élection législative.
=====> Question à ....... Jean Dionis du Séjour
Député UDF du Lot-et-Garonne, signataire de la tribune du « Figaro » : J.-P. D.
--- Regrettez-vous d'avoir rejoint Nicolas Sarkozy ?
Non, sans ambiguïté. Sur le terrain, les électeurs me disent qu'ils n'ont pas du tout apprécié la campagne de second tour de François Bayrou. Aujourd'hui, ils sont un peu calmés parce que Sarko est passé. Les gens estiment aussi que cette affaire du Mouvement démocrate est précipitée, et Bayrou semble l'avoir compris puisqu'il a annoncé que le débat aurait lieu jusqu'en octobre. On ne règle pas une affaire comme ça en une semaine parce qu'on a un problème de calendrier électoral. Si on reste dans l'axe de la campagne du premier tour, j'en serai; si on fait une alliance avec le Parti socialiste, je n'en serai pas. Je participerai activement au débat en interne. Après, nous prendrons nos responsabilités.
Aujourd'hui, nous avons plus de proximité avec l'UMP qu'avec le PS, notre stratégie d'alliance est dictée par cette réalité. Il faut qu'elle soit en relation avec notre programme : on ne peut pas avoir le programme économique élaboré par Charles de Courson (1) et ensuite se présenter aux législatives avec le PS qui dit exactement l'inverse.
(1) Député UDF de la Marne, signataire de la tribune.
http://www.sudouest.com/110507/une.asp?Article=110507a51433.xml
=====> ANALYSE. -- Celle des politologues Pascal Perrineau (1) et Dominique Reynié (2) sur le nouveau parti
« Mission impossible » : Recueilli par Jean-Pierre Deroudille
Dominique Reynié - PHOTO « SO »
--- Quelles sont les chances de réussite du Mouvement démocrate ?
Pascal Perrineau.
Il entre en concurrence avec une UDF maintenue. Il n'aura donc pas le monopole de la revendication du centre, face à l'immense majorité de l'ancien groupe parlementaire qui a choisi Nicolas Sarkozy en occupant le centre droit. De plus, François Bayrou ne peut pas compter sur les 6,8 millions d'électeurs qui se sont portés sur lui au premier tour puisque dans le cadre d'une confrontation gauche-droite librement assumée, une grande partie d'entre eux ont choisi Nicolas Sarkozy. Et la Ve République a des règles, qu'on l'aime ou pas. Un parti centriste autonome, indépendant, sans alliances, est face à une tâche quasi impossible.
Dominique Reynié.
Après le second tour, il y a une logique politique, c'est que Nicolas Sarkozy ait une majorité et que le PS conserve beaucoup de députés. Il ne reste donc presque rien pour Bayrou. La logique institutionnelle, c'est que le scrutin majoritaire lui est également très défavorable : il faut 12,5 % des voix des inscrits pour aller au second tour, ce qui signifie au moins 18 % des suffrages exprimés, seulement pour se maintenir.
--- Peut-il rester au centre ?
P. P.
François Bayrou peut tenter d'exister sur ce créneau très étroit, ou bien il change de système d'alliance, comme l'y appelle Gérard Collomb, député PS de Lyon. C'est très délicat avec un Parti socialiste qui sort d'une défaite électorale, qui a le dos au mur, qui ne sait pas vraiment s'il veut s'associer avec lui et qui ignore ce que pèserait ce nouvel associé.
D. R.
Sa position centrale pourrait le servir si les socialistes se chamaillaient entre eux, certains prônant le retour à la gauche de la gauche. De la même façon, si Sarkozy avait une présidence aussi « créative » que les premiers jours avec un positionnement très à droite, Bayrou pourrait alors puiser aux deux sources. Mais, Bayrou doit attendre, il n'a pas la main.
--- La tâche de Bayrou est-elle impossible ?
P. P.
Presque impossible si l'on en croit l'histoire de la Ve République, sauf si l'on considère qu'on est face à des électeurs qui veulent en sortir, comme d'un système intolérable.
Mais on ne changera pas de régime avec le nouveau président qui vient d'être élu. Surtout que les Français ne l'ont pas boudé à cette élection.
D. R.
Il a des éléments en sa faveur. Le personnage a construit son charisme en investissant le rôle du résistant, d'Astérix seul contre tous. C'est une figure très populaire en France et elle n'a rien à voir avec celle d'un Jean Lecanuet. Encore faudrait-il qu'il ait accès aux médias.
(1) Directeur du Centre d'études de la vie politique française (Cevipof). (2) Professeur à Sciences Po. Auteur de « L'Opinion européenne 2007 », éditions La Table ronde.
http://www.sudouest.com/110507/une.asp?ArticleRet=110507a51433.xml&Article=110507a66932.xml
Née place de la Victoire, une manifestation dite « spontanée » rassemblant des anti-sarkozystes a atteint son apogée devant la mairie - 2000 manifestants dans les rues : Maryan Charruau - 2 000 manifestants sur la place de la mairie - PHOTO LAURENT THEILLET - Trois quarts d'heure après l'annonce du succès de Nicolas Sarkozy, la Victoire sonne encore le creux. Juste quelques groupes de jeunes çà et là. « Mais ils sont où les bons Français ! », lance un jeune un rien désabusé. Des curieux attendent que la fièvre de la victoire atteigne la place du même nom. Rien de cela. A 21 heures, des cris montent de la rue Sainte-Catherine, drapeaux de la LCR en tête. Les slogans hostiles à Sarkozy fleurissent. Résonne un mélange de colère, de désarroi et d'excitation. La manifestation dite « spontanée » ne l'est pas vraiment. Le matin, des mails ont été échangés, confirmés à 20 heures par des textos. Majoritairement d'extrême gauche, âgés principalement de 20 à 35 ans, les manifestants ont du mal à ce que les chants et autres slogans soient repris en choeur. A l'écart, un groupe de dix personnes accompagnées de deux guitares entonne « Le Chant des partisans ». Une cinquantaine de personnes appellent à bloquer la circulation. Assis, sur la route en face du Plana, leur sit-in dure à peine dix minutes. Rassemblés dans deux mini-cars, les CRS ne paraissent pas inquiets outre mesure. L'attroupement prend de l'épaisseur. A la trentaine de drapeaux rouge et jaune de la LCR se joint une petite quinzaine rouge et noir de la CNT (Confédération nationale des travailleurs), ainsi que celui arc-en-ciel de Greenpeace. Imperceptiblement, la tension monte. Un peu avant 21 h 30, quelqu'un crie : « Il faut aller à la mairie ! » Au départ, tout le monde ne semble pas convaincu par l'idée. Il suffit qu'un groupe plus bruyant qu'un autre prenne la direction de la rue Sainte-Catherine et tous les manifestants suivent le pas. Soit de 400 à 500 personnes.
--- Juppé et Sarko. En quelques secondes, la place de la Victoire est quasi déserte. Si l'appel « à la révolution » revient comme un leitmotiv, c'est une nouvelle fois Sarkozy qui est la cible préférée des contestataires. Au long du parcours empruntant le cours Victor-Hugo, la rue Duffour-Duberger puis la place Pey-Berland, le cortège prend de l'ampleur. A leur arrivée devant le Palais-Rohan, les manifestants sont plus d'un millier. Le double de personnes est annoncé un peu plus tard par la police. Serrés devant la porte d'entrée fermée de la mairie, quatorze CRS font face. D'autres attendent un peu plus loin. Nul doute, le Palais-Rohan est sous bonne garde. Les slogans reprennent de plus belle et le plus entendu de la soirée est « Juppé collabo, Sarko facho ». Un peu après 22 heures, quelques manifestants tentent de passer par les grilles de l'entrée de la rue Maubazon. Le double cordon de CRS, soit une trentaine d'agents, repousse le mini-assaut à l'aide d'une poubelle... Sans être disloquée, la manifestation perd alors de son unité.
Les plus motivés reprennent le chemin de la Victoire, en passant par la rue Sainte-Catherine, le cours Victor-Hugo, Saint-Michel et les Capus. A un balcon, quelques-uns osent une pancarte « Jeunes UMP ». Sifflets. Au hit-parade des slogans, « Sarko au Karcher » tient bien jusqu'à Saint-Michel, où un bistrotier qui rentre ses tables s'étonne : « Mais ils sont où, ceux qui ont voté Sarkozy ? » Quelques jets de projectiles ont été enregistrés à la Victoire vers 23 h 30, alors qu'une petite partie des manifestants reprenait le chemin de la mairie. A 23 heures, une seule interpellation avait été constatée, suite à un jet de projectile. http://www.sudouest.com/070507/reg_gironde.asp?Article=070507a86078.xml
Quinze prévenus comparaissaient hier devant le tribunal correctionnel suite à la manifestation anti-Sarkozy qui avait dégénéré dimanche - Jusqu'à six mois ferme : Florence Moreau
Les avocats se sont relayés auprès des prévenus, plaidant relaxe ou clémence - PHOTO FABIEN COTTEREAU
Au mauvais endroit au mauvais moment ? Presque tous les prévenus qui ont été jugés, hier, par le tribunal correctionnel de Bordeaux dans le cadre d'une procédure de comparution immédiate à la suite de la manifestation anti-Sarkozy de dimanche à Bordeaux (lire nos éditions précédentes) affirment avoir été arrêtés « au hasard ». Ce que contestent les policiers, qui assurent avoir procédé à des interpellations ciblées, justement pour éviter de s'en prendre sans raison à la première ligne. Dimanche soir, après la proclamation des résultats de l'élection présidentielle, une manifestation de mécontentement s'était improvisée pacifiquement du côté de la place de la Victoire à Bordeaux. Les rangs avaient vite grossi jusqu'à la place Pey-Berland, et quelque 2 300 manifestants s'étaient retrouvés devant la mairie. Certains pour dire leur déception, d'autres pour en découdre. Au terme de trois heures de tension, de va-et-vient, de provocations, d'outrages, de jets de projectiles en tout genre, de slogans, et après trois charges de CRS, 18 personnes avaient été arrêtées. 15 comparaissaient hier, dont 6 détenues.
--- « Collectivement honte ». 20 ans, crâne rasé, le premier prévenu était de la manifestation. « Comme tout le monde, pour protester contre Nicolas Sarkozy », déclare-t-il bras croisés. Les doigts d'honneur que certains l'ont vu faire ? « J'aime pas la police. » Le tournevis retrouvé dans sa poche ? « Pour crever des pneus, mais je n'ai pas eu le temps. » Certains l'ont en revanche vu lancer un projectile avant de s'enfoncer dans le cortège. Il essuie les premières réquisitions, qui ont d'abord une portée générale. « Dans une démocratie, on a le droit de manifester sa joie ou sa peine quand un candidat est élu, de s'exprimer, d'aller et venir à n'importe quelle heure », explique en préambule le substitut du procureur Isabelle Raynaud. « Mais la limite de cette liberté est dépassée quand il y a des débordements de violence, parfois le fait de personnes qui n'ont pas jugé utile de se déplacer déposer leur bulletin dans l'urne qui contient la volonté populaire. De ces événements, nous devons tous avoir collectivement honte », poursuit-elle en rendant hommage au sang-froid des policiers. Ses réquisitions vont du sursis d'avertissement à six mois ferme avec maintien en détention pour un récidiviste. Le président Couhé impose le silence, le « Monsieur », fait ôter les mains des poches et exige un ton respectueux du tribunal.
--- « L'histoire de France ». Un Bordelais de 20 ans a jeté sur les forces de l'ordre des morceaux de bois ramassés dans une ruelle. « J'étais alcoolisé. Non, je n'ai pas voté, ça m'intéresse pas », grogne-t-il. Un charpentier lot-et-garonnais a été retrouvé avec des cailloux dans son sac. « J'ai suivi. C'était pour jeter sur les CRS, mais je n'ai pas eu le temps. » Un maçon de 35 ans explique qu'il était en marge de la manifestation et que, ivre, il a jeté une cannette à ses pieds. Un plombier libournais de 23 ans était venu à Bordeaux pour une soirée. Il aurait lancé des bouteilles de verre sur les policiers. « Ma seule erreur c'est d'avoir suivi la foule », argumente-t-il. « Les faits ? J'ai rien fait. J'ai pris des photos, j'ai filmé avec mon téléphone portable, car pour moi, c'est l'histoire de France. Puis les CRS ont chargé. Tous les jours, je fais ce que je peux pour être inséré et ne jamais connaître la prison », poursuit-il, marqué par sa nuit à la maison d'arrêt de Gradignan. Un Bordelais de 29 ans a d'abord donné le nom de son frère avant d'avouer sa véritable identité. « Je pars manifester, et je me retrouve au milieu d'une rafle », estime-t-il. Lors de son audition, il n'en a pas moins déclaré que les CRS étaient après tout équipés pour recevoir ce qu'on leur lançait dessus. Les avocats de la défense ne voient pas d'élément objectif dans les dossiers, montrent du doigt l'immaturité de leurs clients qui se seraient laissé entraîner, apportent la preuve d'une insertion professionnelle, se demandent comment on peut déterminer avec précision d'où viennent les projectiles et plaident la relaxe ou la clémence.
http://www.sudouest.com/100507/reg_gironde.asp?Article=100507a97002.xml
Le député a obtenu l'investiture des Verts. Sauf désaccord national avec le PS, il devrait être le candidat de deux partis à Bègles, Villenave-d'Ornon, Gradignan et Bordeaux 6
Noël Mamère enfin adoubé par les Verts : Gilles Guitton - PHOTO ASK
Jusqu'au 8 mai, Noël Mamère, député vert sortant de la 3e circonscription de Gironde, était dans une situation inédite : le maire de Bègles n'avait pas l'investiture de son parti certains lui reprochaient le cumul des mandats , et pas non plus officiellement celle du Parti socialiste, faute d'accord finalisé entre les deux formations. Depuis mardi, et la validation de sa candidature par le « parlement » du parti écologiste, il peut faire taire les rumeurs qui le voyaient déjà changer de crèmerie, après son soutien inconditionnel de l'entre-deux-tours à Ségolène Royal. Il n'attend plus que la signature de l'accord électoral Verts-PS. On sait que les amis de Dominique Voynet, insatisfaits des 11 circonscriptions qui leur sont proposées, se sont donné jusqu'à dimanche pour se prononcer. Noël Mamère, on s'en doute, aurait signé dès mardi : « Il faut que mes amis comprennent que la gauche a perdu et pas gagné au second tour, et qu'au premier tour les Verts ont pris une claque. On ne négocie pas les mêmes choses après ça. Il faut une dynamique de résistance à Sarkozy à l'Assemblée nationale, et il faut que les Verts y soient. Le PS est prêt à ce que les Verts aient mieux que les trois députés sortants. Ce n'est pas le moment de tergiverser. » Selon le Béglais, le refus de l'accord s'est joué à une voix au conseil national des Verts. On saura dimanche si le parti se rallie à ce pragmatisme. Si oui, l'investiture socialiste lui semble assurée. Ce qui ne fera qu'à moitié plaisir à une partie des militants socialistes locaux, qui ont fait les comptes présidentiels. Et qui verraient bien l'un des leurs du côté de Talence surfer sur les 61 % de Ségolène Royal (66 % à Bègles) après la déroute de Dominique Voynet, même au prix d'une primaire... Difficile à imaginer contre un accord national. Jacques Raynaud, un des responsables socialistes et élus béglais, sans démentir que ces tentations existent dans le parti, préférait calmer le jeu hier : « Juste après le vote de dimanche, j'ai dit aux gens que Noël Mamère représentait bien la gauche ici. Un peu de paix ne fait pas de mal. » Reste au PS à désigner officiellement le suppléant du sortant, jusqu'ici le Bordelais Jacques Respaud, que Noël Mamère juge « excellent suppléant, qui tient son canton, présent et loyal ». PS et Verts n'ont en tout cas qu'un mois pour faire campagne commune. Noël Mamère et les Verts s'y attellent dès ce soir à Villenave-d'Ornon. http://www.sudouest.com/100507/reg_gironde.asp?Article=100507a110996.xml
Le deuxième tour révèle une forte poussée du camp de Ségolène Royal sur la communauté urbaine. L'évolution de la population et les électeurs de Bayrou ont pesé lourd - La CUB s'ancre à gauche : Hervé Mathurin
Ségolène Royal a réalisé une de ses meilleures affluences de campagne électorale à Bordeaux : cet engouement populaire a été confirmé dans les urnes de la communauté urbaine. Pour la gauche locale, c'est une consolation à l'heure de la défaite. C'est aussi l'annonce de lendemains meilleurs... si le PS ne déçoit pas ses électeurs en ressortant les vieilles querelles idéologiques. Le score le plus spectaculaire a cependant été réalisé dans la commune d'un Vert, le Béglais Noël Mamère, très fier de ses 66,86%, « le plus fort pourcentage d'une ville française après Rennes », précise-t-il. Mais le cas béglais mis à part, les résultats révèlent un vrai tir groupé, avec une moyenne de 55 % en faveur de la candidate socialiste, en tête sur 23 des 27 cantons de la CUB. « C'est quand même huit points au-dessus de la moyenne nationale de Ségolène Royal », constate le vice-président de la communauté et maire de Blanquefort Vincent Feltesse. Nicolas Florian, secrétaire départemental de l'UMP et conseiller général de Villenave-d'Ornon, une commune qui a voté Royal à plus de 58 %, est bien obligé d'admettre « une nette poussée de la gauche sur l'ensemble de la CUB ». Le symbole de cette avancée reste évidemment Bordeaux, avec 52,43 % en faveur de la candidate socialiste.
--- Effet Bayrou. Reste à comprendre pourquoi. Alain Cazabonne, maire UDF de Talence, est sensibilisé puisque sa commune a voté, comme Villenave, à plus de 58 % pour Royal : « Mais au premier tour, les voix de droite réunies atteignaient 54 %, rappelle-t-il; 60 % des bulletins de François Bayrou sont allés à gauche contre 40 % sur l'ensemble du département. » Alain Cazabonne ayant annoncé après le débat Sarkozy-Royal qu'il voterait pour le premier nommé, n'est-ce pas un désaveu implicite ? « Non, car Talence a toujours été au centre gauche, riposte-t-il; en outre, les électeurs UDF ont été sensibles au discours d'ouverture de Ségolène Royal alors qu'ils ont ressenti un blocage du côté de Nicolas Sarkozy. Je crois que le débat Royal-Bayrou a joué en faveur de celle-ci dans mon secteur ». Nicolas Florian n'est pas loin de partager cet avis : « Il y a eu un effet Bayrou, qui était un peu le régional de l'étape, dit-il. A Villenave, où nous réalisons moins de 42 %, nous espérions deux points de mieux. » Bien entendu, l'un et l'autre se retrouvent sur la nécessité de déconnecter une présidentielle des futurs scrutins locaux, au cas où on aurait l'idée de leur prédire un destin électoral funeste : « Alain Juppé a réuni 56 % sur son nom il y a six mois », rappelle Nicolas Florian. Sauf que la participation très faible de ces municipales partielles amoindrit ce résultat. Quant à Alain Cazabonne, il met en avant la majorité élargie de la municipalité talençaise, « un tiers UMP, un tiers UDF, un tiers société civile » pour souligner la spécificité d'une municipale : « En 1983, deux ans après l'élection de François Mitterrand, nous avons gagné la mairie. »
--- Ric-rac à Artigues. Sur les causes de cette poussée de gauche, Vincent Feltesse avance deux raisons mélangées : « C'est à la fois le fruit du travail des élus locaux et la conséquence d'un renouvellement sociologique, estime-t-il. Je ne crois pas à l'effet d'un sursaut démocratique des électeurs, sinon on aurait observé le phénomène presque partout. » Le vice-président de la CUB constate un fort bastion de gauche sur la rive droite « malgré un petit tassement dû en partie au renouvellement urbain et à l'arrivée d'une population nouvelle », dit-il, sans s'attarder sur le fait que la fabiusienne Françoise Cartron à Artigues offre une toute petitemajorité (50,54%) à Ségolène Royal; un cadran nord-ouest où les socialistes résistent à une sociologie de droite (Le Taillan n'a pas donné la majorité absolue des votants à Ségolène Royal à cause de 2 % de bulletins blancs ou nuls); un couple Mérignac-Pessac résolument acquis au PS, « avec à Pessac six points de plus pour Royal que pour Jospin en 1995 », signale Vincent Feltesse; un trio Talence-Gradignan-Villenave « sur lequel la gauche doit faire porter tous ses efforts lors des prochaines municipales »; enfin, une modification de la donne électorale à Bordeaux que le vice-président de la CUB juge « profonde ». Toutes ces données vont évidemment influencer les stratégies pour la maîtrise du pouvoir à la CUB. Noël Mamère n'y va pas par quatre chemins : « La présidence d'Alain Juppé était une anomalie politicienne et je ne peux pas imaginer une seconde que la gauche n'ait pas la majorité dans la future assemblée. Je souhaite qu'Alain Rousset, qui est un bon président, fasse le choix de rester à son poste. » Attendons quand même le verdict des municipales l'an prochain... « C'est à la fois le fruit du travail des élus locaux et la conséquence d'un renouvellement sociologique » - « Je souhaite qu'Alain Rousset, qui est un bon président, fasse le choix de rester à son poste »
http://www.sudouest.com/090507/reg_gironde.asp?Article=090507a89457.xml
La SEM Route des lasers aménagera cette nouvelle zone d'activités dédiée à l'accueil de jeunes sociétés en développement - Une Cité de la photonique va sortir de terre à Pessac : Jean-Bernard Gilles
Les architectes bordelais Dain et Saladin ont conçu le premier bâtiment de cette nouvelle zone d'activités. Il sera occupé par la jeune société pessacaise Eolite Systems qui réalisera, cette année, 1 M de chiffre d'affaires - IMAGE DE SYNTHESE - Les premiers travaux d'aménagement sont sur le point de démarrer. A Pessac-Canteranne, sur un terrain situé à l'embranchement de la rocade et de l'autorotoute Bordeaux-Bayonne (A 63), une nouvelle zone d'activités va voir le jour. Il s'agit là d'un projet emblématique. La Cité de la photonique est une nouvelle étape de la fameuse Route des lasers, un projet d'aménagement du territoire lié à la création du laser Mégajoule. Les communes jouxtant l'énorme investissement du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), le bassin d'Arcachon et l'agglomération bordelaise devaient tirer un profit économique, soit direct, soit indirect, de ce grand projet national.
--- Sociétés en développement. La Cité de la photonique est dédiée à l'accueil, sur quelque 3,8 ha, de jeunes sociétés issues des laboratoires ou en phase de développement. Toutes évoluent dans l'optronique, un secteur aux applications multiples qui conjugue le laser, l'optique et l'électronique. Elles sont nombreuses à s'être développées sur cette vague à Talence, Pessac ou Canéjan depuis quelques années. Ces jeunes pousses sont les enfants légitimes de laboratoires girondins de pointe comme le Centre lasers intenses et applications (Celia) ou le Centre de physique moléculaire optique de l'université de Bordeaux 1. C'est le cas d'Eolite Systems, une entreprise spécialisée dans les lasers à fibres optiques. Créée en 2004 par deux copains de l'Ecole supérieure d'optique d'Orsay, Philippe Métivier et François Salin, elle produit des sources lasers pour l'industrie et monte en puissance. « Nous en produirons cette année 10, mais nous visons une production de 200 à 300 d'ici à trois ans », explique François Salin. L'entreprise sera le premier locataire de la Cité de la photonique.
--- Investissement public. Car c'est la société d'économie mixte Route des lasers, présidée par Yves Lecaudey et qui réunit les collectivités locales (Région, CUB, Département...), majoritaires, des privés (Crédit agricole, Caisse d'épargne, Suez..) et des sociétés publiques (CEA, Caisse des dépôts), qui assumera le financement de la zone. Ici elle investira 1,8 million d'euros dans les locaux de 1 200 mètres carrés que louera, à compter de juillet 2008, Eolite Systems. La SEM financera un autre bâtiment de 1 000 mètres carrés (moitié atelier, moitié bureaux) destiné à de futurs locataires. « Mais nous travaillons sur d'autres pistes », explique Isabelle Laporte, sa directrice. La plus sérieuse serait un déménagement, au moins partiel, d'Alphanov, un centre de transfert de technologies dont l'objectif même est d'aider à l'éclosion et au développement de start-up issues des labos universitaires de la filière laser et optique. Quatre lots de la zone dont l'aménagement va commencer seront aussi à vendre. La SEM Route des lasers mènera ce chantier parallèlement à ceux en cours autour du laser Mégajoule au Barp, les zones Laseris 1 et 2. Elle y a déjà investi 71 millions d'euros en quatre ans, notamment pour accueillir les industriels français qui construiront le coeur du process du laser Mégajoule. http://www.sudouest.com/090507/reg_gironde.asp?Article=090507a109664.xml
La candidature de Bordeaux comme capitale européenne de la culture pourrait accélérer le processus d'extension de compétences à la CUB -Le rideau s'entrouvre sur une compétence culturelle : Jean-Bernard Gilles - La ville de Bordeaux met 45 millions d'euros pour faire fonctionner ses équipements culturels - PHOTO ARCHIVES THIERRY DAVID - Ce n'est évidemment pas pour demain. Il est même peu probable que la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) inscrive le sujet à l'ordre du jour de son conseil au cours de cette mandature. Mais il a bien été question de culture lors de plusieurs réunions récentes du groupe de travail sur l'exercice des compétences de la Communauté urbaine de Bordeaux. Alain Rousset, début 2006, a demandé à Michel Sainte-Marie d'animer cette réflexion avec une quinzaine d'élus. « La CUB été créée il y a plus de quarante ans. Il devient plus que nécessaire de revenir sur la répartition des rôles entre les communes et la CUB », explique le député-maire de Mérignac. Ce groupe se réunit une fois par mois maintenant. Il planche sur la voirie, les déchets, les déplacements ou le logement social. Mais c'est bien sur les compétences Sport et Culture qu'il est le plus attendu.
--- Trois scénarii. Les dernières rencontres ont permis d'entrer dans le vif du sujet. Un rapport réalisé pour la CUB par l'Institut national d'études territoriales évoque plusieurs scénarios. Celui du statu quo c'est à dire une compétence culture qui demeure communale. La tentation reste forte. De nombreux acteurs culturels de proximité le défendent au nom de la subsidiarité et de l'identité communale. Alain Rousset n'est pas loin de cette position. Mais ce scénario n'évite pas les doublons et il ne permet pas à l'agglomération d'engager un projet ou un événement très ambitieux. Et la culture devient un enjeu économique et territorial majeur (lire par ailleurs). Le deuxième scénario intermédiaire évoque l'intervention de la Communauté Urbaine dans la mise en réseau des équipements culturels, une coordination qui conférerait un rôle de programmation à la CUB que personne, sur la scène culturelle bordelaise n'est sans doute prêt à lui octroyer.
--- Equipements et centralité. La piste la plus prometteuse est celle ouverte, à des degrés divers, par d'autres agglomérations françaises comme Alençon, Strasbourg, Lille ou Brest : celle de la réalisation et la gestion d'équipements culturels. La création de l'Arena de Floirac pourrait mettre cette hypothèse sur le devant de la scène en cas de participation financière communautaire. La ville de Bordeaux, très présente au sein de la commission Sainte-Marie y est naturellement favorable. Elle supporte seule des coûts de centralité culturelle trop élevées. Les opposants d'Alain Juppé le savent. Bordeaux met 45 millions d'euros pour faire fonctionner ses équipements culturels dont le rayonnement la dépasse largement pour un budget d'investissement de 80 millions d'euros. « Nous pourrions nous inspirer de l'exemple Lillois où a été créé un établissement public de coopération culturelle associant plusieurs partenaires », propose Dominique Ducassou, adjoint au maire de Bordeaux chargé de la culture. L'Opéra, le Pin Galant, la Médoquine, les Colonnes... Il appartiendra à la commission de proposer d'ici à la fin de l'année des critères incontestables qui permettent d'établir la liste des équipements d'intérêt d'agglomération susceptibles de recevoir un soutien communautaire. « Gardons nous d'une seule approche comptable de ces questions », insiste Pierre Hurmic, chaud partisan d'une prise de compétence culturelle au niveau de l'agglomération. L'élu vert propose une discussion sur le fond avec les acteurs culturels. Ils sont prêts à ce débat. Sans doute plus que les élus. A part la dizaine qui s'impliquent sur ces questions autour du maire de Mérignac. Rappelons que toute modification du périmètre des compétences de la CUB requiert un vote favorable des vingt-sept conseils municipaux de l'agglomération.
« Nous pourrions nous inspirer de l'exemple Lillois où a été créé un établissement public de coopération culturelle »
http://www.sudouest.com/090507/vil_gir_bordeaux.asp?Article=090507a103043.xml
=====> 2013 : Bordeaux, capitale européenne de la culture ? : J-B G.
Apparemment, l'idée d'Alain Juppé de présenter la candidature de Bordeaux comme capitale européenne de la culture en 2013 rencontre un bon écho. Philippe Madrelle n'est pas contre. Alain Rousset parle d'un événement qui doit être porté par toute une région. « Nous tenons là une formidable occasion de démontrer que la culture devient un levier de développement économique », assure Dominique Ducassou, l'adjoint au maire de Bordeaux, en charge de la culture.
L'exemple de Lille 2004 laisse rêveur. 75 millions d'euros ont été investis dans l'événement auquel 193 villes de la région Nord Pas de Calais ont été associées. 2 500 fêtes, expositions et manifestations, 17 000 artistes mobilisés...
Mais la candidature de Lille n'a pas été retenue par hasard. Dès 1996 est monté, sur toute l'agglomération, un club informel des élus à la culture. Trois ans plus tard, les rencontres métropolitaines de la culture permettent de faire des propositions concrètes. L'agence d'urbanisme de Lille a été chargé d'établir un schéma de développement culturel d'agglomération. La Communauté urbaine de Lille a pris la compétence équipements et grands événements. Lille 2004 a eu un retentissement mondial http://www.sudouest.com/090507/vil_gir_bordeaux.asp?ArticleRet=090507a103043.xml&Article=090507a25934.xml
Avec une participation électorale record (85 %), les Français ont donné une majorité au candidat de l’UMP, Nicolas Sarkozy (53 %). L’information n’était pas tout à fait inattendue, elle n’en constitue pas moins un choc pour des millions de Français, pour les électeurs de gauche, pour la majorité de la jeunesse, qui ont appris hier à 20 heures l’élection de Nicolas Sarkozy à l’Élysée, par 53 % des voix contre 47 % à Ségolène Royal, selon les premières estimations. Ce résultat est obtenu dans un contexte de participation électorale extrêmement élevée. Les électeurs ont été plus nombreux encore qu’au premier tour (85 % à 86 %, selon les instituts de sondage). Si ce second tour a bien donné lieu à une mobilisation accrue des électeurs, nous n’avons pas assisté au sursaut démocratique espéré, capable de barrer la route à une droite dure et sans complexe qui a recyclé les idées de l’extrême droite. En 2002, ces mêmes idées incarnées par Le Pen avaient été rejetées par 82 % des Français, qui s’étaient résolus, pour cette raison précise, à voter Chirac.
--- Démagogie et populisme
Une situation politique particulièrement grave s’ouvre donc aujourd’hui. Nicolas Sarkozy s’est senti légitimé pour mettre en oeuvre un projet ultralibéral, répressif envers les syndicats, généreux pour les riches, stigmatisant envers les pauvres, les chômeurs, les immigrés. De son côté, la gauche, dans toutes ses composantes, sort de cette épreuve fortement affaiblie. Le parti socialiste échoue une deuxième fois consécutive (après Jospin en 2002) à une élection présidentielle. Fait rarissime dans l’histoire politique de la France des 25 dernières années : une élection majeure n’a pas débouché sur une alternance au pouvoir. Dans sa première déclaration, sitôt élu Nicolas Sarkozy a égrené une nouvelle fois sa devise : « Travail, autorité, respect, mérite... », a défendu « l’identité nationale » et rejeté « la repentance ». Tout au long de ces dernières semaines, Nicolas Sarkozy avait usé de tous les ressorts de la démagogie et du populisme : « Je suis le candidat du peuple », avait répété l’homme de Neuilly, le favori du MEDEF, déjà ministre avec Édouard Balladur en 1993. Tout en préconisant un programme ouvertement libéral, qui fragilisera encore le monde du travail, il n’a pas été avare de déclarations enflammées, se posant en sauveur suprême contre les délocalisations, la politique de la BCE, les bas salaires... Dans le même temps, afin de rallier à lui toute la droite la plus rétrograde, et d’attirer les voix du FN (qui se sont effectivement largement reportées sur sa candidature), il a revêtu l’armure du croisé contre l’héritage de Mai 68, et flatté les nostalgiques du colonialisme. Après cinq années de droite au pouvoir (délocalisations, licenciements, privatisations, extension de la pauvreté et de la précarité, mais aussi défaites aux élections régionales de 2004 et au référendum sur la constitution européenne, victoire des jeunes contre le CPE...), il y avait tous les ingrédients d’une défaite du chef de l’UMP, qui fut le ministre le plus influent des gouvernements Raffarin et Villepin. Sarkozy est parvenu à s’affranchir du bilan.
--- l’échec de la campagne du PS
Le premier tour avait établi un rapport de forces défavorable à la candidate socialiste. Avec 25,8 % des voix, elle abordait la compétition finale avec un retard de 5 points derrière le patron de l’UMP (31 %). La montée de François Bayrou (18,5 %, contre 6,8 % en 2002) est imputable, pour une part, à la désaffection d’électeurs socialistes peu convaincus par la campagne de leur candidate, ayant émis un vote « tactique » en faveur de celui qui, pensaient-ils, était le mieux à même de battre Nicolas Sarkozy. Les autres candidats de gauche ne totalisant qu’un peu plus de 10 %, la postulante à l’Élysée engageait la campagne du second tour avec moins de 40 % des suffrages exprimés.
François Bayrou a profité de cette faiblesse pour rester dans le jeu du second tour, allant jusqu’à participer à un débat radiotélévisé avec Ségolène Royal. La conquête des 6,5 millions voix du centre n’allait pas tarder à devenir l’objectif principal de la candidate socialiste. Jeudi dernier à Lille, Ségolène Royal affirmait : « Si je suis élue, je travaillerai avec le centre et avec François Bayrou en particulier. ». Elle relançait ainsi le débat sur une alliance entre le PS et les centristes, que plusieurs figures du PS, dont Michel Rocard, appellent de leurs voeux. Le rapprochement avec François Bayrou a brouillé les repères dans l’électorat de gauche, pour un résultat médiocre : 40 % des électeurs de François Bayrou auraient voté Royal, autant que pour Sarkozy. Dans la toute dernière phase de sa campagne, la candidate s’est montrée plus combative, notamment dans le débat télévisé avec Nicolas Sarkozy, sans effet sur l’opinion. Le rassemblement de Charléty était un succès incontestable. Mais il était trop tard pour relancer une dynamique de gauche victorieuse.
--- La riposte des législatives
Hier soir, dans sa première déclaration, Ségolène Royal, discrète sur les conséquences de l’élection de Nicolas Sarkozy, a implicitement suggéré que la recomposition politique en direction des amis de François Bayrou restait d’actualité. Elle entend travailler, a-t-elle dit, « au renouvellement de la gauche, aux nouvelles convergences au-delà de nos frontières actuelles ». Quelle leçon le PS va-t-il tirer de cet échec ? Dès hier soir de premières critiques se sont fait entendre de la part des deux ex-concurrents de Ségolène Royal pour l’investi ture socialiste. Laurent Fabius observe que « le drapeau de la gauche est à terre » et met en garde la direction du PS pour que la campagne des législatives soit menée « collégialement ». Fabius prône « une gauche décomplexée, qui assume ses valeurs ». Critique « sociale-démocrate » pour DSK visant implicitement François Hollande. « Nous venons de passer cinq ans sans nous renouveler. C’est un jugement assez sévère sur la façon dont le PS a fonctionné. » François Hollande lui-même reconnaissait hier soir des « erreurs » dans la campagne menée par Ségolène Royal qui n’avait « sans doute pas assez parlé de propositions concrètes ».
Jean-Paul Piérot Article paru dans l'édition du 7 mai 2007.
http://www.humanite.fr/journal/2007-05-07/2007-05-07-850891
======> « Le choc » Par Pierre Laurent
Le boulet avait déjà sifflé très fort au soir du premier tour. Le second tour a définitivement emporté l’espoir de faire barrage à Nicolas Sarkozy. Avec plus de 53 %, la victoire de la droite est sans appel. Une droite dure, ultralibérale, revancharde, qui n’a pas hésité à revendiquer les thèmes de l’extrême droite, entre à l’Élysée. Pour tous ceux qui, par millions dans le monde du travail et dans les quartiers populaires, ont à craindre de la politique qui s’annonce, pour tous les démocrates, les femmes et les hommes de gauche de ce pays, c’est un choc, une bien mauvaise nouvelle, difficile à avaler. Nicolas Sarkozy vient de faire gagner une droite décomplexée, qui s’était donné l’objectif de la reconquête idéologique, et qui a incontestablement marqué des points sur son terrain dans cette bataille, une droite qui a cherché à diviser et à opposer pour promouvoir ses solutions individualistes et racistes. Une droite qui a aussi beaucoup menti, qui a fait passer son candidat pour un homme de rupture alors que la seule rupture qu’il envisage sérieusement est celle qu’il entend entreprendre avec notre histoire sociale. Une droite qui a fait croire à des salariés à bout de souffle qu’ils gagneraient plus en travaillant plus, quand il s’agira en réalité de les exploiter plus. Une droite qui a parlé fierté nationale quand il s’agit de préparer l’assujetissement au capitalisme mondialisé. Cette droite a beaucoup promis. Il faudra être aux côtés de tous ceux qui vont payer cher, à l’opposé de ses promesses, la mise en oeuvre de sa politique. Cette victoire de la droite est aussi et encore une très grave défaite de la gauche. La troisième consécutive dans une élection présidentielle. Il faudra que la gauche, toute la gauche, aille au fond de l’analyse de cet échec. En choisissant une stratégie ultraprésidentialiste, minorant, face à une droite à l’offensive, le débat de fond, projet contre projet, faisant jouer le vote utile plutôt que la confrontation à gauche, le Parti socialiste a fait un choix que toute la gauche paye cash. Les forces sociales et politiques qui, à gauche, ont alerté sur ce danger, comme le Parti communiste, n’ont pour autant pas réussi à relever le défi et à échapper au piège. Des leçons devront être tirées là aussi. Loin d’aider la gauche, l’opération François Bayrou a brouillé un peu plus les cartes. Compter à nouveau sur cette carte pour les législatives serait une funeste erreur. Ce débat est pourtant à venir puisque Ségolène Royal a annoncé hier soir qu’elle entendait poursuivre dans cette voie. Outre les batailles au quotidien que la politique de la droite va sans attendre nécessiter, les élections législatives qui se profilent s’annoncent très importantes. Prévues dans cinq semaines, dans la foulée de l’élection à l’Élysée, elles sont conçues dans l’esprit des promoteurs de la mécanique présidentialiste comme une répétition amplifiée du scrutin qui vient de se dérouler. Mais les électeurs peuvent enrayer cette logique et ne pas donner à la droite sarkozyste les pleins pouvoirs. Les millions d’électrices et d’électeurs de gauche qui ont perdu la bataille présidentielle ont tout intérêt à élire un grand nombre de députés de gauche, et notamment de députés communistes, déterminés à résister à la politique antisociale qui s’annonce et capables de continuer à porter des solutions alternatives. Le paysage politique du quinquennat ne sera joué qu’à l’issue du scrutin législatif des 10 et 17 juin. C’est la première étape d’une indispensable et nécessaire contre-offensive.
Article paru dans l'édition du 7 mai 2007. http://www.humanite.fr/journal/2007-05-07/2007-05-07-850832
Le Conseil national a lancé hier la campagne des élections législatives. Des candidats « de résistance à Nicolas Sarkozy », « porteurs des valeurs de gauche et de propositions offensives », des candidats « qui agissent pour le rassemblement populaire », tels sont quelques qualificatifs entendus mercredi, place du Colonel-Fabien, pour parler des candidats communistes ou soutenus par le Parti communiste pour les législatives de juin. Le ton n’était ni celui de la débandade, ni celui de l’abattement lors du Conseil national consacré pour l’essentiel à la campagne législative qui s’annonce. « De la lucidité, pas de défaitisme », dira Nicolas Marchand. Pas d’impasse sur l’analyse des résultats, les premières leçons à en tirer dans le rapport de Joëlle Greder. Le congrès extraordinaire prévu pour cet automne, selon toute vraisemblance, devrait permettre d’aller vraiment au fond de ces questions. Mais pour l’heure, il s’agit, pour la direction du PCF, d’entrer en campagne. Dans 518 des 555 circonscriptions métropolitaines, les candidats du Parti communiste sont d’ores et déjà désignés. Pour le moment, 47 % des titulaires choisis sont des candidates, une situation insatisfaisante car le PCF s’est engagé à respecter strictement la parité. Un tiers de ces candidats désignés sont également, selon Joëlle Greder, soutenus par des collectifs antilibéraux ou d’autres forces politiques. Dans une dizaine de circonscriptions, le PCF soutient des candidats non rattachés au PCF. L’objectif est de présenter ou de soutenir des candidats dans toutes les circonscriptions. Pour les dirigeants communistes, les élections législatives ne représentent pas un « troisième tour ». La légitimité du vote des Français pour Nicolas Sarkozy est actée. Il s’agit désormais de résister à sa politique, de se donner des moyens de lutte pour la contrer. Les candidats présentés par le PCF seront « antidroite et franchement à gauche », et les voix qui se porteront sur ces candidatures seront autant d’actes clairs de résistance à Nicolas Sarkozy. « Ce seront aussi des voix pour que la gauche garde ses valeurs, estime Gérard Mazet. Car la faiblesse du PCF est un handicap pour la gauche », ajoute-t-il. Alors que la droite va chercher à donner une majorité écrasante à Nicolas Sarkozy, le Parti communiste va se battre pour l’élection d’un maximum de députés de gauche. « Et si on veut bien se battre contre la droite, il faut qu’il y ait un maximum de députés communistes et un groupe communiste à l’Assemblée nationale », précise Marie-George Buffet. « C’est dans les villes communistes que la droite est
le mieux battue », montre Patrick Braouezec. « Nous sommes les meilleurs candidats contre Sarkozy et sa politique, nous sommes au côté de ceux qui luttent, porteurs de nouvelles solidarités et d’une alternative politique », insiste le député de Saint-Denis. « La question du nombre de député et celle du score national du PCF sont deux questions intimement liées », indique la secrétaire nationale du PCF. Marie-George Buffet annonce qu’elle lancera aujourd’hui un appel lors d’une conférence de presse dans sa circonscription. « Il faut qu’il y ait un maximum de députés communistes qui sont les mieux à même et la meilleure garantie pour combattre la droite », précise la députée de Seine-Saint-Denis. Elle ajoute que les députés communistes sont porteurs de propositions précises en faveur des populations, des propositions sur lesquelles des luttes pourront se développer. Et qu’ils sont porteurs de valeurs qui sont bien celles de la gauche. « Nous ne sommes pas dans les tractations, dans la recherche d’un accord national avec le PS ou d’autres », précise la secrétaire nationale du PCF. Mais elle appellera les forces de gauche, les électeurs de gauche à chercher, dans les circonscriptions où un député sortant serait en difficulté, les moyens d’une dynamique unitaire pour créer les conditions dvictoire de la gauche. Olivier Mayer Article paru dans l'édition du 10 mai 2007. http://www.humanite.fr/journal/2007-05-10/2007-05-10-850985
======> PCF : Marie-George Buffet veut toutes les facettes de la gauche au parlement
Lors d’une conférence de presse à Stains, dans la quatrième circonscription de Seine-Saint-Denis dont elle est députée, elle a lancé un appel pour assurer la victoire de candidats « de la gauche dans sa pluralité ». C’est à Stains, au coeur de la 4e circonscription de Seine-Saint-Denis (Le Blanc-Mesnil, Stains et Dugny) dont elle est députée, que Marie-George Buffet a lancé devant la presse sa campagne électorale. La députée sortante, entourée de son suppléant, le conseiller général Azzedine Taibi, du président du conseil général Hervé Bramy et du maire de Stains-Michel Baumale, considère sa réélection comme « possible », face au candidat de l’UMP, Thierry Meignen. Avec près de 58 % des voix lors du deuxième tour de l’élection présidentielle, la gauche y est largement majoritaire. En 2002, Marie-George Buffet avait été élue contre le candidat de l’UMP avec 56 % des suffrages. Elle engage donc une campagne de proximité en présentant un bilan solide, des propositions sur l’emploi, le logement, les transports ou la sécurité. Comme secrétaire nationale du PCF, elle annonce une série d’initiatives « pour organiser la riposte à la droite, et plus largement pour exprimer et populariser des propositions alternatives crédibles à celles que voudra imposer le prochain gouvernement ». Dès cet été, à propos de la remise en cause du droit de grève, des mesures fiscales et des régimes de retraites. Pour l’automne, sur les dossiers du pouvoir d’achat, du contrat de travail, de la démocratie sociale. « Mais face à tous ces risques, nous avons aussi la responsabilité de tout faire pour créer une véritable dynamique de mobilisation populaire et citoyenne aux législatives. Il faut assurer la victoire des candidats de la gauche dans sa pluralité dans un maximum de circonscriptions pour mener à l’Assemblée nationale les batailles nécessaires pour contrer les projets de la droite ». C’est cet appel aux hommes, aux femmes et aux forces de gauche qu’a lancé la secrétaire nationale. Elle insiste sur « la pluralité » de la représentation de la gauche à l’Assemblée nationale », et dans ce cadre, « sur la nécessité d’une juste représentation de la force communiste ». « L’engagement des militants, des élus communistes, de députés des quartiers populaires et des entreprises jusqu’à l’hémicycle de l’Assemblée nationale sera absolument déterminant pour bloquer, autant qu’il est possible, l’avancée des projets du futur gouvernement de Nicolas Sarkozy », indique-t-elle. Elle avance que le vote communiste, l’élection de députés communistes nombreux, ce sera « aussi une garantie pour s’assurer que la gauche reste bien à gauche ». Marie-George Buffet estime que « partout où existe un réel danger qu’un député de gauche sortant soit battu, partout où existe la possibilité qu’un candidat de gauche batte un député sortant de la majorité », il faut chercher « ensemble à créer la dynamique populaire nécessaire pour gagner ». Dans son esprit, il ne s’agit pas de proposer des candidatures uniques de la gauche dans toutes ces circonscriptions. « Je ne pense pas que cela soit possible, ni souhaitable », précise-t-elle, et elle se dit prête au dialogue « afin de trouver les moyens de favoriser la plus large dynamique possible ». Interrogée sur l’enquête d’opinion de BVA (1) qui annonce l’élection de 14 à 18 députés communistes à l’assemblée nationale, Marie-George Buffet se réjouit que le Parti communiste puisse être ainsi « la troisième force à l’Assemblée nationale, une force sur laquelle on pourra compter ». « Mais on doit aller plus loin : il faut un groupe communiste qui pourra déposer des propositions de loi ».
(1) Selon l’étude de BVA, l’UMP obtiendrait de 288 à 344 sièges,
le PS de 158 à 200 sièges,
le PCF de 14 à 18 sièges,
le Mouvement démocrate de F. Bayrou entre 8 et 13 sièges
et les Verts de 0 à 6 sièges.
Olivier Mayer Article paru dans l'édition du 11 mai 2007.
http://www.humanite.fr/journal/2007-05-11/2007-05-11-851067
Jeudi 10 mai 2007 par Bureau de presse - Parti Communiste Français - Site national du PCF : http://www.pcf.fr
"Je souhaiterais lancer un appel solennel à tous les hommes et femmes de notre pays ainsi qu’à toutes les forces de gauche. Les conséquences de la mise en oeuvre du programme de Nicolas Sarkozy pourraient être terribles. Je pense au risque de voir s’exacerber la précarité au travail. Je pense au risque de voir encore grandir les inégalités sociales. Je pense au risque d’appauvrissement de l’école, de l’hôpital public et de tous les services publics. Je pense au risque de voir se dégrader encore les remboursements de soins et donc la possibilité pour chacune et chacun de se soigner. Je pense aux atteintes aux droits syndicaux. Je pense aux retraites, aux discriminations comme à la poursuite de la construction libérale de l’Union européenne. Face à tous ces risques, notre responsabilité suppose d’abord de donner les moyens aux hommes et aux femmes de résister à la politique attendue du prochain gouvernement. Nous allons donc lancer un certain nombre d’initiatives pour organiser la riposte à la droite, et plus largement pour exprimer et populariser des propositions alternatives crédibles à celles que voudra imposer le prochain gouvernement. Oui, nous allons tout faire pour contribuer à la résistance à la politique de la droite par une grande mobilisation populaire et citoyenne. Je pense, pour ces prochaines semaines, pour cet été, à la volonté de remettre en cause le droit de grève dans les services publics, de réduire encore la fiscalité sur les ménages les plus riches ou enfin de s’attaquer aux régimes spéciaux de retraites. Je pense, pour cet automne, aux conclusions qui seront tirées de la tenue annoncée de quatre sommets sociaux sur le pouvoir d’achat, le contrat de travail, l’égalité salariale homme/femme et la réforme de la démocratie sociale. Mais face à tous ces risques, nous avons aussi la responsabilité de tout faire pour créer également une véritable dynamique de mobilisation populaire et citoyenne aux législatives. Il faut assurer la victoire des candidats de gauche dans sa pluralité dans un maximum de circonscriptions pour mener à l’Assemblée nationale les batailles nécessaires pour contrer les projets de la droite. J’insiste sur la nécessité que la gauche soit représentée dans sa pluralité à l’Assemblée nationale. C’est un gage d’efficacité. C’est un gage de juste représentation de la diversité des idées, des projets, des propositions qui existent aujourd’hui à gauche. Dans ce cadre, j’insiste sur la nécessité d’une juste représentation de la force communiste à l’Assemblée nationale. Face à une droite aussi résolue et agressive, les idées et l’engagement de la force politique la plus anti-droite de notre pays seront un atout indispensable. Et cette force, il s’agit bien du Parti communiste français. Et cela pour plusieurs raisons : l’engagement de l’électorat communiste face à la droite n’est plus à démontrer : il fut encore le plus mobilisé dimanche. L’engagement des militants, des élus communistes, de députés, des quartiers populaires et des entreprises jusqu’à l’hémicycle de l’Assemblée nationale sera absolument déterminant pour bloquer, autant qu’il est possible, l’avancée des projets du futur gouvernement de Nicolas Sarkozy. Les députés communistes et républicains ont montré leur détermination contre les gouvernements Raffarin et de Villepin et leur capacité à développer des propositions alternatives. De la même façon, alors que la gauche a souvent paru peiner, pendant la campagne présidentielle, par sa difficulté à opposer un véritable projet de société à celui de Nicolas Sarkozy, il sera décisif pour toute la gauche que le Parti communiste, comme force de proposition, porteur d’un projet alternatif, soit représenté comme il se doit à l’Assemblée. Enfin, assurer l’élection de nombreux députés présentés et soutenus par le PCF, la présence d’un groupe communiste et républicain fort et nombreux, partout se rassembler largement sur les candidats présentés et soutenus par le PCF sera aussi une garantie pour s’assurer que la gauche reste bien à gauche. C’est s’assurer d’une gauche qui serait plus attentive aux revendications populaires qu’aux sirènes du centre, car refonder la gauche, c’est l’ancrer dans un projet de transformation sociale dans les valeurs d’égalité, de justice, de liberté. Aujourd’hui, le rôle des hommes et femmes de gauche, le rôle des forces de gauche est bien de tout faire pour qu’au lendemain des législatives, la majorité présidentielle puisse non seulement ne pas disposer des pleins pouvoirs, mais aussi que la gauche puisse disposer de la force et de la volonté nécessaires pour imposer dans le débat la prise en compte des besoins populaires. C’est pourquoi je crois absolument nécessaire que partout où existe un réel danger qu’un député de gauche sortant soit battu, partout où existe la possibilité qu’un candidat de gauche batte un député sortant de la majorité, nous cherchions ensemble à créer la dynamique populaire nécessaire pour gagner. Sauf peut-être à quelques exceptions, il ne s’agit pas, dans mon esprit, de proposer des candidatures uniques de la gauche dans toutes ces circonscriptions. Je ne pense pas que cela soit possible, ni souhaitable. L’expérience nous montre d’ailleurs que ce n’est pas forcément la meilleure condition pour rassembler. Je souhaiterais juste que tous et toutes, nous assumions notre responsabilité en cherchant à être le plus efficace possible pour assurer la victoire de ces candidats de gauche, dans toute leur diversité. Oui, le dialogue est nécessaire afin de trouver les moyens de favoriser la plus large dynamique possible pour arracher la victoire. J’y suis prête. J’y suis disponible. Je le fais en conscience, parce que dans une situation aussi lourde de conséquences pour notre peuple, nous avons le devoir de faire absolument tout ce qui est en notre pouvoir pour opposer la plus forte résistance possible à une droite toujours plus arrogante et dangereuse." Marie-George Buffet. Paris, le 10 mai 2007.
http://www.pcf.fr/spip.php?article1594
=====> Selon l’étude de BVA, l’UMP obtiendrait de 288 à 344 sièges,
le PS de 158 à 200 sièges,
le PCF de 14 à 18 sièges,
le Mouvement démocrate de F. Bayrou entre 8 et 13 sièges
et les Verts de 0 à 6 sièges.
Second volet de notre enquête : comment la gauche, mésestimant la contre-offensive idéologique de la droite, a échoué à susciter un projet progressiste partagé.
--- Les faiblesses de la candidature Royal
Dès le 6 mai au soir, les critiques n’ont pas manqué au PS à propos de la campagne de Ségolène Royal manquant de cohérence et de dimension « collective » (lire ci-dessous). De fait, le pari de Ségolène Royal de s’émanciper de la tutelle du PS pour engager ce qu’elle appelle un « renouvellement de la vie politique », a finalement échoué dans les urnes. Cette démarche avait triomphé au moment de sa désignation par les militants socialistes enthousiasmés tant par la parole libre de leur candidate que par des sondages porteurs. Au fil de la campagne, ses forces se sont muées en faiblesse, face au rouleau compresseur d’une UMP dévouée à Nicolas Sarkozy. Les partisans de Ségolène Royal auront beau jeu, en interne, de reprocher à ses rivaux dans la course à l’investiture, fabiusiens en tête, de ne s’être pas investis suffisamment dans la campagne. D’autant que les critiques formulées à son encontre pendant les primaires ont nourri un procès en incompétence largement relayé par la droite pour la discréditer. Il n’empêche que Ségolène Royal a pâti du flou de son projet, sa démarche « participative » étant principalement perçue comme l’habillage d’une improvisation sans ligne directrice, désorientant les électeurs de gauche. Dès février 2007, une enquête note le décrochage spectaculaire de l’électorat PS. « C’est parmi les catégories traditionnellement les plus acquises au vote socialiste - les enseignants et les professions intermédiaires - que le taux de défiants a le plus progressé au cours de la dernière année », établit le baromètre du CEVIPOF. « Il importe de bien prendre la mesure de ces résultats lourds de sens : en février 2007, il ne se trouve que 44 % de sympathisants socialistes à faire confiance à la gauche pour gouverner le pays ». Prémonitoire...
Gros point faible du « pacte présidentiel », l’absence d’indication claire sur les moyens (financiers, démocratiques) du changement a nourri le doute sur la crédibilité et le sens de son projet, enfermé dans le dogme « libéralement correct » de la stabilité des dépenses publiques et du niveau des prélèvements obligatoires. L’annonce au dernier moment, lors du face-à-face télévisé, d’une « taxe sur les revenus boursiers », non chiffrée, pour financer les retraites, n’a pas redonné l’avantage à la candidate, mais au contraire renforcé ce sentiment d’improvisation.
--- La contre-offensive de la droite après le « non » sous-estimée
Alors que la gauche aurait pu faire de la victoire du « non » à la constitution européenne le socle d’un succès pour les échéances de 2007, Nicolas Sarkozy a su habilement retourner en sa faveur ce qui était pourtant un désaveu de sa politique (voir notre édition d’hier). Un renversement qui interpelle les partisans du « non » de gauche qui ont su, en 2005, imposer le tempo et les thèmes de fond de la campagne référendaire. Unis sur le refus de l’Europe libérale, ils se sont montrés incapables, par la suite, de transformer l’essai pour porter ensemble un projet alternatif positif. En l’absence d’une telle dynamique politique, les questions fondamentales soulevées au printemps 2005, touchant au choix de société et de modèle économique, ont semblé s’évaporer au lendemain du scrutin. La désunion de ceux qui avaient laissé entrevoir la possibilité d’une candidature unitaire des « antilibéraux », a achevé de désorienter une partie de l’électorat de gauche. Le Parti socialiste, de son côté, est resté plus profondément marqué par les fractures nées du référendum que ne l’avait laissé croire son congrès du Mans, théâtre d’une « synthèse » entre partisans du « oui » et partisans du « non ». Ségolène Royal a tenté de faire de sa candidature celle d’une « réconciliation » des deux camps. Avec un succès mitigé. Comme Nicolas Sarkozy, elle a cru pouvoir s’assurer les suffrages des électeurs du « non » en occupant le terrain de la nation, avançant que « l’une des motivations des catégories populaires qui ont voté "non" à la constitution européenne était une question existentielle sur le point de savoir si la France allait se diluer dans l’Europe ». Une interprétation qui a dérouté les sympathisants socialistes ayant choisi le « oui » comme les partisans du « non » de gauche, davantage attachés à la question sociale soulevée le 29 mai 2005. Les ambiguïtés cultivées par la candidate socialiste sur le devenir du traité constitutionnel européen ont laissé la voie libre à la démagogie d’un Nicolas Sarkozy qui n’a pas hésité à se poser en porte-parole de « la France qui a voté "non" » alors même qu’il entend faire ratifier par le Parlement dès juillet un « mini-traité » qui en sauverait la substance.
--- Les valeurs de gauche battues en brèche
« Le vrai sujet de cette campagne, ce sont les valeurs », constatait le candidat UMP à la veille du premier tour de l’élection présidentielle. Un sujet sur lequel la gauche n’a pas su opposer la cohérence d’un système opposé à « l’ordre », au « mérite », à « l’effort », à la « liquidation de l’héritage de mai 1968 » défendus par Nicolas Sarkozy. L’ambiguïté du concept d’« ordre juste » défendu par Ségolène Royal, déroutant l’électorat traditionnel de la gauche, a renforcé ce déséquilibre, tout comme l’épisode fameux du drapeau français et de l’identité nationale disputés à Sarkozy.
Dans une société en proie aux angoisses sociales engendrées par la mondialisation, les valeurs d’égalité, de redistribution des richesses, de partage, de solidarité, d’ouverture au monde et aux autres sont apparues en perte de vitesse. Cela d’autant plus qu’elles n’ont pas trouvé dans la campagne de traduction dans un corpus de propositions audibles et crédibles. Ces dernières années ont aussi été marquées, malgré quelques mobilisations sociales d’ampleur, par un effondrement des attitudes d’engagement collectif. Ce repli sur la sphère privée a indéniablement favorisé l’audience de solutions individualistes comme celles prônées par Nicolas Sarkozy. Autre source de difficulté : l’acceptation, par une partie de la gauche de gouvernement, depuis les années quatre-vingt, des grandes lignes du consensus libéral. Le brouillage des repères qui en résulte a rendu difficile l’affirmation des principes fondamentaux de la gauche, parfois qualifiés jusque dans ses rangs « d’archaïques ». Rien, à gauche, n’est venu combler le vide laissé, en particulier dans le monde du travail et dans les classes populaires, par l’effondrement du PCF. Véhicule de valeurs et cadre politique pour les catégories populaires, ce parti a longtemps favorisé une lecture de leur expérience en termes de classes sociales. Une lecture à laquelle la droite conservatrice entend aujourd’hui substituer l’exaltation de « l’identité nationale ».
--- L’effet improductif du « vote utile » et de la tentation bipartisane
Résolus à qualifier leur candidate au second tour de la présidentielle avec le plus haut score possible, les dirigeants socialistes ont abusé de l’argument du « vote utile » en direction de l’électorat de gauche, jouant sur la peur largement illusoire de la réédition du 21 avril 2002 et sur le « tout sauf Sarkozy ». L’énergie ainsi déployée a eu un effet improductif, en privilégiant l’adresse à des électeurs déjà acquis à Ségolène Royal pour le second tour, au détriment des efforts à faire sur la crédibilité du projet socialiste pour ramener les indécis et hésitants avec le vote Bayrou. Résultat des courses : le bon score de Ségolène Royal s’est construit sur le laminage des autres candidats de gauche au premier tour, sans parvenir à élargir l’audience de la gauche, trop faible pour l’emporter au second. Cette entreprise a été facilitée par l’incapacité des candidats se réclamant de la gauche antilibérale à créer une dynamique électorale. Ils ont échoué à mettre en cause une logique bipartisane voulue par l’UMP et le PS, étouffant toute confrontation de projets alternatifs au profit d’un détournement du sens du premier tour réduit à un choix tacticien en vue du second. Au final, la machine s’est retournée contre la gauche et le PS, avec l’apparition d’une troisième force incarnée par François Bayrou, contrecarrant les plans de victoire de Ségolène Royal.
--- Le centre, un piège aux voix de gauche
François Bayrou a joué à plein de l’ambiguïté de son positionnement « centriste » et de prétentions protestataires « anti-système » factices. Sa montée irrépressible n’a été possible qu’avec le renfort massif d’électeurs de gauche que le discours de Ségolène Royal n’a pas convaincus. À l’origine de cette désaffection, on retrouve les faiblesses déjà énoncées de la candidate socialiste : flou du projet, recul des valeurs de gauche, procès en incompétence acharné de la droite, ont alimenté la perte de crédibilité de Ségolène Royal. Le pilonnage des sondages favorables à François Bayrou a intronisé ce dernier comme challenger le plus sérieux de Nicolas Sarkozy. Cette dispersion des voix a affaibli considérablement la candidate socialiste pour le second tour, forcée d’aller rechercher une partie des électeurs au centre qui n’auraient jamais dû la quitter. Ségolène Royal a alors tenté un grand écart impossible entre concessions à l’UDF et ancrage à gauche, inquiétant sa base électorale du premier tour sans lui permettre de refaire son handicap avec Nicolas Sarkozy. Sébastien Crépel et Rosa Moussaoui Article paru dans l'édition du 10 mai 2007. http://www.humanite.fr/journal/2007-05-10/2007-05-10-851032
=====> Les cinq clés d’une prise de pouvoir
décryptage. Premier volet de notre enquête : comment Nicolas Sarkozy a réussi à conquérir une majorité en assumant le projet d’une droite dure et sans complexe.
--- Il a affiché le projet d’une droite décomplexée
« La droite s’est trop longtemps excusée d’être la droite », a souvent expliqué Nicolas Sarkozy aux nouveaux militants qui, séduits, ont rejoint l’UMP en masse dès qu’il en a eu le contrôle. Une fois candidat, le président de l’UMP s’est adressé à la droite avec des mots que l’extrême droite avait selon lui « captés » : nation, identité nationale, immigration mais aussi respect, morale, mérite... Le discours d’une « droite décomplexée », qui n’a eu de cesse d’assumer son héritage. Les propositions de Nicolas Sarkozy ont marqué un retour aux fondamentaux de la droite. Le candidat estime avoir remis au goût du jour la « valeur travail », mais en proposant de « travailler plus pour gagner plus », il a ressuscité l’image d’Épinal du XIXe siècle, celle de l’ouvrier fainéant. Sous le mépris des Français les plus pauvres, il flatte les classes moyennes en disant « réhabiliter les revenus du travail plutôt que ceux de l’assistanat ». Choix des sujets, mais aussi des mots pour le dire. En habillant ses propositions réactionnaires assumées d’une tonalité « sociale » concoctée par un des théoriciens de la « fracture sociale », Henri Guaino, qui n’a pas hésité à truffer les discours du candidat de références à Jaurès ou Blum ; Nicolas Sarkozy a réussi l’exploit de rassembler son camp, de faire voter pour lui les partisans d’un retour à cet « ordre moral » soi-disant abandonné par la droite et une grande partie de la classe ouvrière en jouant sur son désir de « s’extirper » de sa condition.
--- Europe, mondialisation : il a mis en scène un volontarisme trompeur
OPA réussie pour celui qui prônait en 2005, pendant la campagne référendaire, le dynamitage du modèle social français au nom de l’adaptation à la mondialisation. Analysant le vote du 29 mai 2005 comme l’expression d’une angoisse sociale face à cette mondialisation, le candidat de l’UMP a joué sur deux registres pour retourner ce séisme électoral en sa faveur. Premier acte : la mise en scène d’un volontarisme face à des processus économiques présentés comme échappant aux choix politiques. D’où son prétendu refus, exprimé dès novembre 2006, de « prêcher, au nom de la mondialisation, la résignation à tous ceux dont les conditions de vie et de travail ne cessent de se dégrader depuis vingt-cinq ans ». Pas question pour lui de chanter en public, comme Alain Minc, les louanges d’une « mondialisation heureuse ». Nicolas Sarkozy n’a pas hésité, au contraire, à adopter un discours aux accents protectionnistes, à dénoncer les délocalisations à l’intérieur de l’Europe et à faire mine de s’en prendre à une Banque centrale européenne accusée de conduire une « politique monétaire qui ne se préoccupe pas suffisamment de la croissance et du chômage ». Quant à la constitution européenne, le patron de l’UMP s’est même payé le luxe d’un mensonge éhonté. Les Français ayant tranché, pas question de la ressusciter, a-t-il assuré. Pourtant, il prévoit dès juillet de faire ratifier par le Parlement un « mini-traité » qui en conserverait la substance. Un vote qui aurait valeur de blanc-seing dans les négociations qui suivront avec les autres dirigeants de l’UE. La posture s’avère payante à court terme. Reste à savoir comment Nicolas Sarkozy gérera, à l’avenir, la contradiction entre ce discours et un programme de destruction de toutes les « entraves » à la concurrence libre et non faussée chère aux libéraux. Deuxième acte de ce grand détournement : l’opération prétendant faire du « non » le symptôme d’une crise de « l’identité nationale » qui est venue opportunément se substituer, dans le discours du candidat UMP, à une crise sociale sérieusement aggravée par les politiques conduites pendant cinq ans par la droite. Dans cette conception, ce sont les migrants, utiles boucs émissaires, qui sont implicitement désignés comme une menace pour la cohésion de la société française. Les actionnaires du CAC 40 et les patrons de fonds d’investissements, eux, peuvent continuer tranquillement à vampiriser l’économie française avant de délocaliser...
--- Il a cultivé le mythe « quand on veut on peut »
La crise économique et sociale durable à laquelle est confrontée la France depuis plusieurs décennies a alimenté une profonde crise de confiance dans les principes fondamentaux que sont la redistribution, la solidarité sociale et la lutte contre les inégalités. Une crise de confiance que - Nicolas Sarkozy a su manier habilement pour promouvoir sa société de propriétaires, du chacun pour soi, fondée sur le triptyque « mérite, travail, effort ». Appuyé sur une mise en scène pour le moins mensongère du parcours du chef de l’UMP, le slogan sarkozyste selon lequel « quand on veut, on peut », a trouvé écho dans une société où la recherche de solutions individuelles pour s’en sortir a peu à peu pris le pas sur les réponses collectives. Refus de « l’assistance » ; idée selon laquelle il faut « travailler plus pour gagner plus » ; aspiration à payer moins d’impôts et à cotiser pour soi, pas pour les autres ; - promotion de la propriété personnelle au détriment de la - propriété sociale et des services publics... La campagne de - Nicolas Sarkozy n’a été qu’exaltation de la responsabilité personnelle et négation totale des mécanismes sociaux qui produisent les inégalités. Même l’échec scolaire est, selon lui, le fruit d’une « discipline », d’un « travail » et d’un « effort » insuffisant des élèves. Sur le plan théorique, Nicolas Sarkozy a fait sien le postulat du pape du libéralisme, Friedrich Hayek, selon lequel la justice sociale est un « mirage », la véritable justice se résumant à la formule « à chacun selon ses efforts ». Un postulat que le nouveau président de la République a su faire fructifier politiquement en faisant croire à une majorité de Français qu’ils pourraient, par leur seule volonté individuelle, rejoindre le camp des gagnants du jeu économique.
--- Il a intégré les attentes de l’électorat d’extrême droite
La stratégie du candidat de l’UMP était claire avant même son entrée officielle en campagne. Pour Nicolas Sarkozy, la réponse à l’électrochoc du 21 avril 2002 a toujours été de ramener l’électorat de Jean-Marie Le Pen dans le giron de la droite parlementaire, et non de contrer les arguments du Front national. Dès sa nomination au ministère de l’Intérieur, le maire de Neuilly a mis en chantier une politique confortant les thèses de l’extrême droite : suspicion à l’égard des étrangers et des plus fragiles, priorité à la répression au détriment de la prévention et de l’accompagnement social, renforcement du dispositif sécuritaire, stigmatisation de la jeunesse des quartiers populaires. Se donnant l’image d’un homme d’action rompant avec un soi-disant angélisme, il a poursuivi son offensive idéologique. Désignation des bons et mauvais Français, exaltation du sentiment nationaliste, remise au goût du jour du déterminisme social et des discours eugénistes, interprétation personnelle de l’histoire de France au nom du refus de toute « repentance », la méthode Sarkozy était de convaincre l’électorat lepéniste qu’il était le plus à même de mettre en application le programme d’une droite décomplexée, fondée sur l’identité nationale, le mérite, le travail, l’autorité et la morale. Il n’est donc pas surprenant que, au deuxième tour de la présidentielle, les deux tiers de l’électorat lepéniste se soient reportés sur Nicolas Sarkozy. Un phénomène encore plus marqué dans les villes où le Front national faisait ses meilleurs scores.
--- Il a passé son bilan par pertes et profits
Les Français ont-ils eu « la peau » de la « politique de papa » ? En écoutant une partie des sympathisants sarkozystes, le sentiment que son accession est une « rupture » avec les deux derniers gouvernements prédomine. Le rejet du traité constitutionnel européen, le 29 mai 2005, s’expliquait pour une part par celui de la politique du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Son successeur ayant poursuivi les mêmes réformes, le sentiment d’injustice sociale est allé grandissant. Mais Nicolas Sarkozy, pourtant deux fois ministre de l’Intérieur et une fois ministre de l’Économie, a su s’affranchir de ce poids. Ne voulant pas passer pour « l’homme du bilan », l’ex-ministre d’État a systématiquement minimisé son implication au gouvernement. Mis à part ce qui concerne la sécurité, grâce à des chiffres arrangés : sur « les cinq années du quinquennat de Jacques Chirac, la délinquance a diminué de 10 % », estimait-il lors du débat qui l’a opposé à Ségolène Royal entre les deux tours. Mais Nicolas Sarkozy a fait mieux : tout en se présentant comme le candidat de la « rupture », il a intégré Jean-Pierre Raffarin, dont il a fait un de ses « commerciaux » en province, dans son équipe de campagne, et fait prêter allégeance à Dominique de Villepin... sans que les électeurs établissent de lien entre lui et les précédents gouvernements. Grégory Marin, Rosa Moussaoui et Ludovic Tomas Article paru dans l'édition du 9 mai 2007. http://www.humanite.fr/journal/2007-05-09/2007-05-09-850959
Qu’est-ce qui n’a pas marché ? Avec l’échec de la candidature unitaire antilibérale, la division du camp du non à la constitution européenne, tous les militants du PCF savaient que la campagne présidentielle serait difficile. Elle a néanmoins été menée dpied par Marie-George Buffet, candidate reconnue et respectée, et par les militants communistes qui ont, dans cette bataille, retissé de nombreux liens, en particulier dans les entreprises. Le résultat historiquement bas du PCF n’en a été que plus durement ressenti. Multiplication des candidatures antilibérales, vote utile, bipolarisation..., autant d’explications qui ont, à l’évidence, leur part de réalité. Pourtant, elles ne sauraient suffire face à l’ampleur de la déconvenue et à l’inquiétude suscitée par la victoire d’une droite droite dure et décomplexée. Face aussi à la nécessité, impérieuse pour les communistes, de redonner corps à une ambition de transformation sociale à gauche. Chercher les raisons plus en profondeur pour à la fois résister à la politique de la droite et construire de réelles alternatives, tels sont donc les objectifs du congrès extraordinaire que le PCF a décidé de tenir dès l’automne prochain. Au programme, en premier lieu, l’appréciation de la réalité de la société française. Peut-on parler d’un glissement à droite ? Comment comprendre ces épisodes successifs apparemment contradictoires : majorité de la gauche et du PS aux régionales de 2004, victoire du « non » au référendum en 2005, victoire contre le CPE en 2006 mais domination de la droite à la présidentielle en 2007 ? Pour Yann Le Pollotec (1), la crise politique est profonde et l’analyse devrait remonter à la chute du mur de Berlin. « Aujourd’hui, les positionnements des individus sur de nombreuses questions ne recoupent plus les clivages des partis alors que dans le même temps le clivage droite-gauche persiste, en particulier sur les valeurs sociétales. » C’est dans ce contexte que, selon lui, Nicolas Sarkozy, « après avoir envoyé des signaux dans tous les sens », a pu donner le sentiment de construire les réponses les plus cohérentes. « La gauche antilibérale, manifestement, n’a pas su donner une cohérence positive en termes de projet à son antilibéralisme », remarquait pour sa part, dans nos colonnes, le sociologue Alain Hayot (1). Mais l’antilibéralisme est-il suffisant pour donner une crédibilité à un projet de société ? Comme Yann Le Pollotec, Jérôme Relinger (1) fait plus qu’en douter. « Tout est à reconstruire dans notre compréhension du monde », estime-t-il en soulignant : « Devant la profondeur de l’échec, il n’y a pas de rémission possible dans des choix tactiques ou de personne. »
(1) Tous trois sont membres de la direction nationale du PCF. Jacqueline Sellem
Article paru dans l'édition du 10 mai 2007. http://www.humanite.fr/journal/2007-05-10/2007-05-10-851016
=====> « Il n’y a pas eu de confrontation claire et nette, projet contre projet »
PCF. Résultat du second tour, état de la gauche, congrès, législatives... Olivier Dartigolles, porte-parole du Parti communiste répond à nos questions.
--- Comment appréciez-vous la situation après la victoire de Nicolas Sarkozy ? Marie-George Buffet a parlé de « véritable catastrophe politique ».
Olivier Dartigolles. Les femmes et les hommes de gauche, les progressistes, ressentent la gravité de la situation. On connaît les lourdes conséquences qu’aura la politique de Nicolas Sarkozy pour le monde du travail, les quartiers, la jeunesse, les plus démunis... Il y a des « pourquoi » qui résonnent dans les têtes : Pourquoi pas d’alternance pour la première fois depuis 25 ans ? Pourquoi l’élection d’un homme qui a fait campagne sur des thèmes qui, il y a peu, étaient ceux de la seule extrême droite ? On parle beaucoup d’un virage à droite de la société. Je crois qu’il faut y regarder de plus près...
--- Cette situation serait surtout le fruit d’un très grave manque à gauche ?
Olivier Dartigolles. Ce n’est pas si simple. C’est la même société qui a voté majoritairement pour Sarkozy, pour le « non » au TCE en mai 2005 et qui a repoussé par son action le CPE. Il y a donc des aspects contradictoires et il faut creuser tout cela. Il est vrai, cela dit, que Nicolas Sarkozy a su profiter du très grave manque à gauche. Durant la campagne, à aucun moment la gauche n’a représenté un espoir. Il n’y a pas eu de confrontation claire et nette, projet contre projet, et par contre il y a eu brouillage sur les valeurs et les idées de la gauche. C’est pourquoi le candidat du MEDEF a incontestablement marqué des points dans la bataille des idées. Il l’a fait par un discours efficace donnant à chacun le sentiment d’apporter des réponses. Et c’est aussi de cette absence de projet à gauche dont a profité François Bayrou. Dans ce contexte, le Parti communiste n’a pas réussi à relever le gant de la gauche. Nous avons beaucoup alerté, mis en garde, sans pouvoir représenter une force crédible pour changer la donne.
--- Au lendemain du premier tour, vous avez annoncé un congrès extraordinaire pour tirer enseignement de votre très faible score. Qu’est-ce qui va être sur la table ? La direction ? La campagne ? La stratégie ?
Olivier Dartigolles. Je crois qu’on a besoin de ce congrès extraordinaire. Je mesure qu’il y a une attente très forte d’un débat de fond qui traite de toutes les questions qui viendront. On sent que ce débat doit être construit à partir de l’état du monde, de l’Europe, de la société. Il y a besoin d’un état des lieux qui n’en reste pas à la surface des choses. Il y a des questions que la recomposition politique en cours rend plus vives aujourd’hui. Comment faire vivre, dans le capitalisme mondialisé, les valeurs d’égalité, de liberté, de justice sociale ? L’état de la gauche et la faiblesse du PCF doivent nous faire réfléchir à un changement de logiciel : celui qui a servi le mouvement ouvrier et progressiste du XXe siècle n’est visiblement plus opérant. Le congrès ne peut pas être au-dessous de ce niveau de réflexion.
--- Dans un mois, les législatives sont une première échéance. Y a-t-il un risque que le PCF soit absent ou presque du Parlement ?
Olivier Dartigolles. La situation est inédite : après cinq ans aux affaires, la droite très dure s’est requalifiée et les législatives viennent dans le prolongement de la mécanique de la présidentielle. Cela rend indispensable une très grande mobilisation des communistes, pour les législatives et toutes les initiatives de résistance à Sarkozy et à sa politique. L’existence d’un groupe communiste est une question politique : ce serait une mauvaise nouvelle de plus que de perdre cet instrument de résistance parlementaire à Nicolas Sarkozy et ce point d’appui pour les luttes et les mobilisations. D’autre part, nous avons vu le 22 avril les dégâts que produit un vote soi-disant « utile » en faveur du PS : l’affaiblissement des autres forces de gauche et notamment du PCF a conduit à la fois à la victoire de la droite et à encourager le PS à regarder du côté de la droite et du centre. Le vote pour les candidats présentés ou soutenus par le PCF sera un vote franchement antidroite, pour une gauche qui veut résister, redonner de l’espoir et pour cela rester elle-même. Entretien réalisé par Olivier Mayer
Article paru dans l'édition du 9 mai 2007. http://www.humanite.fr/journal/2007-05-09/2007-05-09-850922
Gauche. Après la défaite, les dirigeants socialistes, déchirés par de profondes divergences de fond, peinent à préserver l’unité d’ici aux législatives. Après un scrutin dont la gauche sort considérablement affaiblie, avec le plus mauvais score à un second tour de présidentielle depuis 1965, le Parti socialiste cherche la voie pour rebondir. Dès dimanche soir, des voix de tous bords se sont élevées pour appeler à la « refondation » ou à la « rénovation » du PS, cachant derrière les mots de profondes divergences stratégiques. L’enjeu pour le PS est alors de parvenir à surmonter sa défaite en menant jusqu’au bout le débat, sans tomber dans la guerre des clans qui pourrait compromettre sa capacité de résistance aux législatives de juin. François Hollande, lui-même affaibli par la défaite de sa compagne à la présidentielle, a prévenu d’emblée qu’il ne « tolérera » aucun « règlement de comptes ». Le premier secrétaire compte proposer samedi au Conseil national du PS un fonctionnement « collectif » de la campagne. Cet appel à serrer les rangs semble avoir été entendu, avec une priorité affichée au « rassemblement » des socialistes depuis la réunion du bureau national, lundi soir. Dimanche, Ségolène Royal a mis le feu aux poudres en prétendant, sitôt sa défaite connue, mener la bataille de son camp aux législatives. Dominique Strauss-Kahn a aussitôt pris ses distances, en revendiquant la place de leader de la « rénovation sociale-démocrate » du PS, dessinant de futures passerelles avec la formation de François Bayrou. Lundi, des partisans de Ségolène Royal comme Daniel Cohn-Bendit, Christiane Taubira et le président PS de la région Bretagne, Jean-Yves Le Drian, ont appelé à une alliance avec le centre en vue des législatives, tout comme le collectif d’anciens membres de cabinets socialistes baptisé « les Gracques ». Pour le maire d’Évry, Manuel Valls, le PS doit assumer « sa conversion à l’économie de marché ». Acceptée comme un passage obligé durant l’entre-deux tours, l’ouverture au centre est contestée sur le fond par les tenants de la « gauche » du parti, Laurent Fabius en tête, qui souhaite « un rassemblement ouvert, mais sur des positions de gauche » où le PS tiendrait le rôle de « navire amiral ». Il a mis en garde contre les « tractations » avec « des formations de droite ». Une critique implicite de la campagne de Ségolène Royal s’inscrivant dans une « rénovation de la gauche » et la « recherche de nouvelles convergences au-delà de ses frontières actuelles », qu’il faut « approfondir », selon ses propos de dimanche. De son côté, Jean-Luc Mélenchon a récusé toute « stratégie de désistement » avec Bayrou (lire par ailleurs la tribune de Jean-Luc Mélenchon). Derrière le choc des stratégies, la guerre pour le leadership au PS est déjà engagée. Laurent Fabius a reproché à Ségolène Royal de vouloir « marcher sur Solferino », en allusion à ses ambitions affichées après son échec de dimanche. L’ex-candidate garde ses partisans au sein du PS. Julien Dray voit en elle « une grande dirigeante » pour la gauche, François Rebsamen, son co-directeur de campagne, appelant à « prendre le virage amorcé » par Ségolène Royal. Pour Jean-Louis Bianco, l’autre co-directeur de sa campagne, elle est « absolument légitimée » et « doit continuer ». Dans l’angle mort du débat, l’appréciation du résultat de la candidate diverge, les uns comme Vincent Peillon insistant sur la « dynamique » créée, d’autres comme DSK ou Fabius soulignant « la défaite » du PS. Sur France 2, François Hollande a mis en cause la pluralité des candidatures au premier tour, appelant à en « terminer » avec « cette gauche à sept candidats à la présidentielle ». Sébastien Crépel Article paru dans l'édition du 9 mai 2007.
http://www.humanite.fr/journal/2007-05-09/2007-05-09-850921
=====> Au PS, on fustige une mise à l’écart du parti
Des dirigeants socialistes s’élèvent contre une campagne trop peu collective. Premier à ouvrir le feu dimanche soir, Dominique Strauss-Kahn a mis en cause une confiance excessive dans l’alternance, à partir d’une lecture trop optimiste des revers de la droite aux régionales et aux européennes et au référendum. Pour Laurent Fabius, la question est légitime : « Pourquoi avons nous gagné toutes les élections intermédiaires et pas celle-là ? » Selon lui, « les explications doivent se chercher sur l’ensemble de la séquence » électorale. Une manière de remettre en cause la direction de François Hollande, et de pointer une campagne présidentielle pas assez « collective ». Sous-entendu : le PS paie le prix d’une candidature qui s’est affranchie des positions socialistes, et de la fidélité à certaines valeurs de la gauche. D’autres fustigent cette mise à distance du parti et l’absence de rigueur programmatique, au profit d’une confiance trompeuse dans un hypothétique air du temps. Jean-Luc Mélenchon propose de « retenir la leçon de la droite » : « Ils n’ont pas suivi les modes » Et d’appeler à « ramener le parti dans le centre de décision ». Pour Benoît Hamon, membre du courant NPS, « la cohérence politique à droite n’a pas son pendant à gauche ». Dans l’esprit des socialistes, cet échec doit cependant être analysé à la lumière de la faiblesse de la gauche dans son ensemble. Cela implique deux « rénovations » opposées : l’une privilégiant le rapprochement avec le centre (DSK et certains partisans de Ségolène Royal), l’autre incarnée par la « gauche » du parti, proposant la « refondation » sur la base des alliances en vigueur dans la gauche, pouvant déboucher sur un grand « parti progressiste » allant des réformistes aux antilibéraux, pour Henri Emmanuelli, du NPS. S. C. Article paru dans l'édition du 10 mai 2007.
http://www.humanite.fr/journal/2007-05-10/2007-05-10-851022
Pour l’Humanité, elles et ils avaient participé à une table-ronde avec Marie-George Buffet et analysé les résultats du premier tour. Hier soir, ils ont réagi à l’élection de Nicolas Sarkozy.
--- Marie-Hélène Bourlard, Déléguée CGT de ECCE (Poix-du-Nord)
« Je suis déçue, tout en sachant ce qui allait arriver : Ségolène Royal n’avait pas un programme de gauche. Elle aurait été plus à gauche, avec un programme plus clair, les gens auraient peut-être voté pour elle. Avec Sarkozy, nous allons en baver. Nous, à l’usine ECCE, en novembre prochain, on n’aura plus de travail (la fermeture de cette usine textile est programmée, dans le cadre d’une délocalisation d’activité - NDLR). Sarkozy a dit « travailler plus pour gagner plus » : eh bien, moi, j’attend qu’en novembre, mon usine puisse rester ouverte. J’espère que les gens qui ont voté pour Sarkozy ne le regretteront pas, parce que son programme est grave. De toute façon, nous nous sommes toujours bagarrés, on va continuer. Mais j’espère aussi que ça va faire réfléchir cette gauche socialiste. Moi, j’ai voté blanc. Quand j’ai vu que Ségolène allait appeller Bayrou dans son gouvernement, j’ai eu les boules : pourquoi n’a-t-elle pas dit qu’elle allait prendre Marie-George Buffet ? ! Bayrou a tout de même voté toutes les lois avec Sarkozy dans le gouvernement. J’ai un goût amer. Maintenant, on va reprendre notre bâton de lutte. »
--- Charles Rey, animateur de l’association des Anciens de Thomé-Génot (Nouzonville)
« Je suis fort déçu. Que des millions d’ouvriers aient voté, et que ça soit la droite qui passe... Je suis plus qu’inquiet, y compris pour les salariés qui ont du travail. Je crois que la répression va se durcir. Avant, quand il était seulement ministre de l’Intérieur, Sarkozy avait beaucoup de pouvoirs, mais il avait encore les mains liées, Chirac étant président : maintenant qu’il a les deux mains libres... Le mouvement ouvrier va prendre une claque. Les gens ne le comprennent pas. Pendant le débat de l’entre-deux-tours, j’étais confiant ; après, j’ai eu des doutes, je voyais en discutant avec les gens que ça ne prenait pas, qu’ils ne changeraient pas d’opinion. Il aurait fallu bien centrer le discours sur la gauche, les ouvriers, le chômage, avant de dire qu’on allait revenir vers le centre, Bayrou... Ségolène parlait des problèmes, des usines qui ferment, etc., mais sans rien amener de concret. Elle ne l’avait pas dans le ventre comme lorsque Besancenot, Marie-George Buffet, Laguiller parlent de ces questions. Maintenant, on va avoir sur le dos le président, le gouvernement, plus les patrons, les actionnaires : la totale ! Il va falloir lutter, continuer à lutter, comme on l’a fait à Thomé-Génot. Malgré les promesses qu’on nous a faites, nous avons un collègue qui passe mercredi au tribunal pour ce qui s’est passé pendant nos manifestations. Alors que le patron qui a piqué tout le pognon de notre usine et mis 300 personnes au chômage, il est sous les cocotiers en Amérique. »
--- Thierry Le Paon, syndicaliste CGT, ancien délégué de Moulinex
« Je note d’abord avec satisfaction le taux de participation. C’est un échec pour ceux qui avaient appellé à l’abstention, à commencer par Le Pen. Cela signifie une volonté de participer, de dire son mot. Je fais, de ce point de vue, le lien entre ce qu’on a connu lors du mouvement contre le CPE, lors du référendum de 2005, et le résultat de ce soir : dans tous les cas, il y a intervention des gens, sur les terrain social, européen et national. Quand au verdict des urnes, il confirme le premier tour. La gauche ne rassemble pas. Un vaste chantier est ouvert. Quelque chose de profond. Le plus profond, c’est qu’aujourd’hui la droite incarne le changement, y compris sur le travail, ce qui est un comble. La gauche a une responsabilité immense. Les syndicalistes aussi sont aussi responsabilisés. Il va falloir à la fois lutter, rassembler et proposer. La recherche des issues est aussi importante que l’envie de dire « non ». Le syndicalisme est à un tournant. Il ne suffit plus de rassembler les gens mécontents, il faut rassembler sur des solutions. Une autre responsabilité nous incombe : l’unité syndicale. Il faut que les salariés se réapproprient le syndicalisme, comme ils viennent de se réapproprier le politique. Il y a déjà de grands rendez-vous : les salaires, en juillet, les retraites dans quelques mois, et la question du coût du travail, des cotisations sociales. Il faudra qu’on soit force de proposition sur tous ces sujets, qu’on soit capable de rassembler et d’unir les syndicats. Il ne suffit pas de dire à un salarié au smic qu’il ne gagne pas assez, il faut l’aider à comprendre comment on peut augmenter son salaire. Dans cette campagne, en face de Sarkozy, il y a eu beaucoup de compassion, de dame de charité, mais il n’y a pas eu beaucoup de propositions à la hauteur des problèmes. »
--- Roselyne Thefault Secrétaire du comité d’entreprise d’Aubade (CGT)
« J’avais un peu d’espoir, maintenant je ressens comme de l’abattement. Il va falloir être vigilants, mais je me demande où Sarkozy va nous emmener. Je suis sceptique sur sa politique, autour de moi aussi, on sent que c’est très grave. Mais je suis tout de même surprise du résultat ici. On a 140 licenciement et c’est Sarkozy qui est devant, même si c’est avec seulement trois voix de différence. Il y a des ouvriers qui ont voté pour lui. Je n’arrive pas à comprendre cela. Ils n’en ont pas assez bavé ! Et on voit bien ce qu’il nous annonce : travailler plus pour gagner plus, alors qu’il y a plein de boîtes qui ferment. Mais je pense aussi que la gauche n’a pas été assez réactive, elle aurait dû monter davantage au créneau. Il faut maintenant qu’elle continue à se battre. Je pense à celles qui sont au chômage et à ce que Sarkozy dit : au bout de deux propositions que vous n’acceptez pas, on coupe toutes les allocations. »
--- Alain Cammas Ancien salarié de Polimeri, maire adjoint (PCF) de Vizille
« Même si les choses étaient prévisibles, je suis secoué. Ce qui nous attend est angoissant mais la bataille n’est pas terminée. Il va falloir serrer les boulons, être viogilants au niveau syndical comme au niveau politique. Les législatives ne sont pas un troisième tour mais après ce semi-plébiscite il sera important de marquer une résistance sinon Sarkozy aura la porte ouverte pour s’attaquer au Code du travail, à l’éducation nationale, etc. La déclaration de Ségolène Royal à l’annonce du résultat ne me rassure pas. On sent que la tentation d’aller vers le centre, l’envie de tourner la page et d’aller vers une social-démocratie qui laisserait quelques miettes à la gauche antilibérale est très forte. Le deuxième tour confirme que les Français ont été anésthésiés par les propos démagogiques de Nicolas Sarkozy et ont oublié qu’il vient d’être pendant cinq ans aux affaires. C’est un tour de passe-passe assez fort. L’important maintenant cde s’atteler à la bataille des législatives. L’élection de Sarkozy est une catastrophe pour les travailleurs et les plus faibles, il ne faut pas que ce résultat soit amplifié à l’Assemblée nationale. »
--- Patrick Candela Ancien secrétaire (CGT) du comité d’entreprise de Nestlé Saint-Menet
« Je ne suis pas étonné. Et je sens autour de moi du désarroi, beaucoup d’inquiétude et en même temps l’envie de résister, de ne pas laisser mettre en oeuvre ce que Sarkozy préconise pour notre pays. Ségolène Royal a bénéficié de l’apport de toutes les voix de gauche malgré le contenu de son projet largement en deça de ce qu’on pouvait espérer d’une candidate socialiste. La démonstration est faite que l’affaiblissement du courant antilibéral, notamment du courant communiste en France ne fait pas gagner la gauche. Les clins d’oeil au centre droit ne font pas non plus gagner la gauche. Cela doit faire réfléchir. On a tout intérêt à poser la question de la gauche dans ce pays, pour qu’elle soit porteuse d’un projet alternatif et de rêves. Ce n’est pas avec une gauche molle, en demi teinte, sociale démocrate, qui de surcroît s’accoquine avec le centre droit qu’on fera face à la révolution conservatrice prônée par Sarkozy.
Je souhaite un ressaisissement de la gauche antilibérale, de l’ensemble de la gauche sur des bases progressistes qui portent un projet de société remettant en cause les forces de l’argent. Pour cela le parti communiste doit jouer un rôle, non pas central, mais essentiel. Il doit être ouvert, rassembleur et poser la question de ce rassemblement. Je pense surtout au monde du travail. Ce n’est pas avec un président comme Nicolas Sarkozy qu’on luttera contre les délocalisations, contre la vie chère et contre l’Europe atlantiste qui se met en place. Il faut donc se rassembler pour qu’à l’Assemblée nationale il y ait une opposition très forte à ce projet de société pour la France, pour l’Europe et au delà. »
--- Xavier Petrachi Délégué syndical central CGT d’Airbus France
« Le score de Sarkozy montre que des salariés, des gens des couches populaires ont voté pour lui. Cela fait mal au coeur qu’il aillent contre leur propre intérêt. Pour Airbus, que fera Sarkozy ? Il a promis que si il était élu il examinerait le dossier en urgence . Est-ce qu’il mettra à plat le plan Power 8, est-ce qu’il arrêtera la vente de Meault, donc la vente par appartement d’Airbus ? Je ne me fais pas beaucoup d’illusion. Je pense aux salariés en grève à Nantes et Saint-Nazaire, est-ce que ce résultat va les conforter dans leur opposition à ce libéralisme ? Au delà du résultat des élections c’est le mouvement des salariés qui fera la différence. On sait que Sarkozy veut s’en prendre au code du travail, que son ennemi public numéro Un c’est le secrétaire général de la CGT, il faudra gérer tout cela dans les jours qui viennent. J’espère que la gauche va commencer à redresser la tête et surtout revenir à la dynamique qu’on a connu avec le référendum. Les candidat antilibéraux ont fait des scores lamentables. Il faut sortir d’une gauche de parti au profit de tous ceux qui croient qu’il y a une autre politique que le libéralisme. » Propos recueillis par Yves Housson et Jacqueline Sellem Article paru dans l'édition du 7 mai 2007.
http://www.humanite.fr/journal/2007-05-07/2007-05-07-850900
=====> Bayrou reprend son élan
Les partisans de Bayrou créent le Mouvement démocrate, qui présentera ses candidats aux élections législatives avec cette étiquette. En jouant la base contre les élus, François Bayrou a pu hier prolonger l’élan acquis au premier tour de la présidentielle. À une écrasante majorité des présents à ce conseil national, un peu plus d’un millier de représentants départementaux, le Mouvement démocrate a été créé. Le parti ne sera formellement créé que lors d’un Congrès qui se tiendra à l’automne. Mais il présentera ses candidats aux législatives sous cette étiquette. L’UDF sera « une force constitutive » de ce Mouvement, qui a vocation à accueillir d’autres personnalités physiques ou morales, comme le mouvement écologiste de Corinne Lepage, Cap 21, ou Jean-Luc Bennahmias, député européen et ancien secrétaire national des Verts, qui ont déjà annoncé leur participation. « L’UDF ne disparaît pas, elle décide de se dépasser », juge Bayrou, qui revendique avoir déjà reçu « 22 000 demandes d’adhésion », l’UDF en compte officiellement trente mille. Parmi les membres du conseil national, certains ne voient dans le MD qu’un machin. « J’attends, explique ce responsable toulousain, une décision claire sur la trajectoire du mouvement. Je ne vois pas d’intérêt, sinon stratégique envers ceux qui se rapprochent de l’UMP, à créer un nouveau parti. » C’est justement ceux-là qu’a visés François Bayrou dans son discours introductif. Aux députés UDF ralliés à la majorité présidentielle, « aucune condamnation », mais une mise en garde. « Quand l’essentiel est en jeu, le choix n’est qu’entre céder et résister. Il est plus facile de céder, mais c’est sans avenir. » Au même moment, le président du groupe UDF à l’Assemblée nationale, Hervé Morin, sortait d’une nouvelle entrevue avec Nicolas Sarkozy, avec André Santini et Gilles de Robien, pour définir « les conditions de l’engagement de l’UDF auprès de la majorité présidentielle ». Des conditions que François Bayrou s’est fait un malin plaisir d’expliquer, dénonçant une « allégeance ». Peu convaincue sans doute de la fiabilité des députés centristes, « l’UMP fait signer un engagement de discipline. Qui interdit de voter la censure du gouvernement, alors qu’il y a des moments graves de la nation où c’est le devoir d’un élu. Comment peut-on être un député digne de ce nom si on doit voter à l’avance le budget de la Sécu ? », s’est-il interrogé. Seul parmi les élus félons à se présenter physiquement à la Mutualité, Jean-Louis Bourlanges, député européen UDF, est venu dire « au revoir » à ses amis centristes, reprochant aux partisans de François Bayrou de « s’enfermer dans la plus sympathique mais la plus tragique des impasses stratégiques. Si nous estimons que nous pouvons vivre sans allié, que nous pouvons vivre sans relation privilégiée, soit avec la droite soit avec la gauche, nous allons payer un prix électoral et la France va subir un prix politique ». François Bayrou en réalité n’est pas loin de penser de même. On lui prête la volonté, parmi la vingtaine de députés UDF sortants ralliés à Sarkozy, d’opérer un distinguo. Ceux qui auraient fait campagne pour lui jusqu’au soir du premier tour ne se verraient pas opposer de candidat sous l’étiquette « Mouvement démocrate », pour faciliter leur réélection. Pour d’autres, André Santini en tête, pas de faveur : ils auront en face d’eux un candidat centriste. Un responsable centriste suggère la manip espérée. « Prenez le député du Gard, Yvan Lachaud. Élu sous l’étiquette UMP, il a attendu un an pour rejoindre les bancs de l’UDF. » Au Mouvement démocrate, on espère beaucoup de petits Lachaud. Lionel Venturini
Article paru dans l'édition du 11 mai 2007. http://www.humanite.fr/journal/2007-05-11/2007-05-11-851068
=====> Une chimérique troisième voie
Quel que soit son sigle, le courant politique censé représenter le centre n’a jamais contribué au changement. Aujourd’hui le Mouvement démocrate, hier l’UDF, avant-hier le MRP. Leur point commun depuis l’avènement de la Ve République ? Une nébuleuse en quête d’une chimérique troisième voie, supposée dépasser le clivage gauche-droite, mais qui a toujours cédé à la logique libérale. Fondée en 1978 par le président de la République d’alors, Valéry Giscard d’Estaing (VGE), pour contrer les assauts des néo-gaullistes du RPR, l’Union pour la démocratie française (UDF) a accueilli, au fil des ans, la plupart des courants hostiles à l’hégémonie sur la droite de la famille chiraquienne. Elle a, pourtant, systématiquement participé à toutes les majorités conservatrices, constituant leur deuxième pilier. Des démocrates-chrétiens du CDS (Centre des démocrates sociaux) de Pierre Méhaignerie, devenu Force démocrate (FD) en 1995 avec François Bayrou à sa tête, aux libéraux du Parti républicain (PR) de François Léotard, devenu Démocratie libérale (DL) sous la houlette d’Alain Madelin, en passant par le Parti populaire pour la démocratie française (PPDF) d’Hervé de Charette ou le Parti radical dont l’un des dirigeants est aujourd’hui Jean-Louis Borloo. La famille centriste a toujours choisi le camp de la droite et n’a jamais contribué à la moindre mesure progressiste en France. Après la défaite de VGE en 1981, c’est l’économiste libéral Raymond Barre, qui eut Maurice Papon dans son gouvernement quand il était premier ministre, qui représente l’UDF au scrutin présidentiel de 1988. En 1995, la quasi-totalité des responsables centristes soutiennent Édouard Balladur, tout comme Nicolas Sarkozy. Aux élections régionales de 1998, certains ténors de l’UDF franchissent même la ligne rouge en s’alliant dans plusieurs régions au Front national pour en obtenir la présidence. À la création de l’UMP, en 2002, dans laquelle l’UDF refuse tactiquement de se fondre, bon nombre de dirigeants claquent la porte pour rejoindre l’appareil créé sous l’impulsion de Jacques Chirac et bientôt conquis par l’ambitieux Nicolas Sarkozy. Ludovic Tomas Article paru dans l'édition du 11 mai 2007. http://www.humanite.fr/journal/2007-05-11/2007-05-11-851070
=====> Désertions confirmées à l’UDF
À la veille du lancement supposé, aujourd’hui, du « Mouvement démocrate », vingt-deux parlementaires UDF opposent, dans un appel publié par le Figaro, une fin de non-recevoir à la création d’un nouveau parti centriste. Ils considèrent qu’« en désignant Nicolas Sarkozy comme l’adversaire principal, l’UDF - même transformée en Parti démocrate -court un risque d’isolement important ». D’autant qu’au soir du premier tour des législatives, « il faudra bien, quoiqu’on en dise, passer un accord ». Ces vingt-deux députés UDF sortants, dont certains, tels André Santini, ont franchi depuis longtemps le Rubicon qui les séparait de Sarkozy, reprochent à François Bayrou sa stratégie dans l’entre-deux-tours. « Puisque tant à gauche qu’à droite on estimait l’UDF compatible, il fallait poser sur la table les conditions d’un accord de gouvernement », écrivent-ils, fâchés de voir passer le train sans pouvoir y monter. C’est pourquoi, ils s’inscrivent « sans hésitation dans la majorité présidentielle qui se dessine » autour de Nicolas Sarkozy, « tout en conservant leur autonomie au Par- lement, et sans intégrer l’UMP ». Lors du conseil national de l’UDF aujourd’hui, François Bayrou aura fort à faire pour retenir ses troupes et ne pas donner l’impression d’une déliquescence de l’UDF. Tout au long de la campagne, pour appuyer sa démonstration d’un espace politique possible, il a martelé les exemples de coalition allemands et italiens. En oubliant que dans les deux cas, la tradition de coalition est ancienne, entre les velléités de « compromis historique » des Italiens dans les années soixante-dix, et une quasi— nécessité en Allemagne du fait du scrutin. Alors qu’en France, la tentative d’ouverture au centre sous l’égide de Michel Rocard en 1988, longue de trois ans, fut une parenthèse refermée pour cause d’échec retentissant. De nouvelles lunes succèdent toujours aux vieilles. L. V. Article paru dans l'édition du 10 mai 2007.
http://www.humanite.fr/journal/2007-05-10/2007-05-10-850984
À peine élu, Nicolas Sarkozy s’offre des vacances de milliardaires à Malte. Il affiche son programme : réhabiliter la valeur argent. Nicolas Sarkozy oublie à Malte la société du travail, qu’il a pourtant juré de « réhabiliter ». Et s’inscrit en président de la société des loisirs. « On n’a jamais vu, à ce point, quelqu’un qui affiche de façon très provocatrice le goût de l’argent et sa proximité avec les milieux d’affaires, à peine élu. » L’eurodéputé socialiste Vincent Peillon, qui critique le fait qu’un président de la République fraîchement élu se pavane sur un yacht de 60 mètres en Méditerranée, se trompe : en Europe, on connaît Silvio Berlusconi, sur qui Nicolas Sarkozy semble prendre exemple. Comme le millionnaire italien, il n’hésite pas à afficher qu’il aime l’argent. Le président de l’UMP a l’habitude de déclarer que « si un homme politique est efficace, je ne vois pas pourquoi il devrait vivre en plus modestement ». Chaîne et montre en or, vêtements de marque, Nicolas Sarkozy mène un train de vie à la hauteur de ses moyens : pour 2004, il a déclaré 124 960 euros de revenus, issus de ses rémunérations de ministre, président de conseil général des Hauts-de-Seine, maire de Neuilly, des parts de son cabinet d’avocats et des droits de ses livres. Son goût du luxe suscite des interrogations, sinon des inquiétudes sur l’image qu’il renvoie aux Français. Pour le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, « le style de ces vacances », qui « s’apparentent aux yeux du plus grand nombre à des vacances de milliardaire », pose problème. Le président élu l’assume. « Je n’ai pas l’intention de me cacher, je n’ai pas l’intention de mentir, je n’ai pas l’intention de m’excuser », a-t-il déclaré hier sur Europe 1. Des vacances sur un yacht, Nicolas Sarkozy en a déjà passé, au cours de l’été 2005, au large de la Sardaigne sur le bateau de son ami Martin Bouygues. La générosité de ses amis n’a pas de bornes : séjour dans le sud de la France chez l’acteur Jean Reno ou chez le grand patron Bernard Arnault, en Italie chez le millionnaire François Pinault... Si on ajoute à ces vacances de rêve le confort que lui a procuré durant vingt ans la vie « au service de l’État », voitures avec chauffeur et avions privés compris ; c’est à croire que Nicolas Sarkozy n’est entré en politique que pour les avantages en nature. Ses premiers actes après l’élection (nuit dans un palace à 8 500 euros la suite, avion privé, yacht) marquent bien un choix : celui de la starisation de la vie politique. Devra-t-on attendre de lire Voici pour être informé de la vie du président ou pire, de ses décisions ? La proximité avec le monde des affaires n’a jamais gêné Nicolas Sarkozy. Dans son fief des Hauts-de-Seine, département le plus riche de France, le contraire aurait été difficile. Son amitié avec Bolloré ? « Cela fait vingt ans qu’il m’invite et vingt ans que je refuse », se justifiait le nouveau président, hier. Le moment est peut-être mal choisi pour accepter l’invitation qui, selon le nouveau président, « n’a jamais travaillé avec l’État ». Sans doute voici venu le temps de renvoyer l’ascenseur, en « réhabilitant » la société de l’argent. Grégory Marin Article paru dans l'édition du 10 mai 2007.
http://www.humanite.fr/journal/2007-05-10/2007-05-10-850983
=====> Le nouveau président s’offre une « retraite » dorée
Acte 1 . Après sa victoire et une nuit dans un hôtel de luxe, le candidat UMP est parti à Malte, où il s’est embarqué sur un yacht pour « habiter la fonction » de président de la République. Nicolas Sarkozy, le candidat des ouvriers et des classes moyennes ? À peine élu, il a passé la soirée de dimanche dans un palace parisien, le Fouquet’s, sur les Champs-Élysées, avant de s’offrir une nuit avec femme et enfant dans l’hôtel de luxe du même nom, sur la prestigieuse avenue George-V. Lundi matin, ils se sont embarqués tous trois pour Malte, pendant que les policiers empêchaient les motards de presse, à l’affût devant le Fouquet’s, de les suivre. Nicolas Sarkozy est arrivé sur son lieu de villégiature « en jet privé, accompagné de membres de sa famille et de nombreux personnels de sécurité », selon le quotidien Times of Malta. Harassé par « le fracas de la campagne », selon Claude Guéant, son directeur de campagne, il devrait y rester quelques jours pour « se mettre dans la psychologie du président ». Dans un premier temps, Nicolas Sarkozy avait évoqué une « retraite », dont certains journaux croyaient savoir qu’elle aurait lieu en Corse, dans un monastère. Mais le nouveau président a finalement préféré le maillot de bain à la robe de bure. Et une luxueuse mise au vert plutôt que d’assister aux cérémonies du 8 mai 1945 aux côtés de Jacques Chirac, afin de ne pas « donner l’impression d’une République à deux têtes » Quelques jours de repos dans la marina Manoel Island, près de La Valette, la capitale de Malte. Ses proches évoquent le besoin de tranquillité. Il serait parti pour éviter les « paparazzi embusqués et les avions qui survolent la maison ». Le yacht de 60 mètres sur lequel la famille Sarkozy prend un peu de farniente appartient, selon l’Express, à l’homme d’affaires multimillionnaire et propriétaire d’un groupe de presse Vincent Bolloré. Nicolas Sarkozy et sa famille utiliseront les sept cabines et les 17 hommes d’équipage pour un séjour entre Malte et la Sicile, peut-être agrémenté, « en toute simplicité » d’une visite en Grèce. « Pause » nécessaire pour Nicolas Sarkozy, selon Claude Guéant, qui se rêve déjà en secrétaire général de l’Élysée, pour « habiter la fonction, prendre la mesure de la gravité des charges qui pèsent désormais sur (ses) épaules ». Il prendra ses fonctions le 16 mai « dans l’après-midi » seulement, mais travaille déjà, selon ses proches, à « la composition de son gouvernement ». Quand il « sera sorti de sa retraite, a déclaré Claude Guéant hier, il est convenu qu’il en parle avec ses proches et peu à peu nous nous acheminerons vers la nomination d’un premier ministre puis des 15 autres membres ». Grégory Marin
Article paru dans l'édition du 9 mai 2007. http://www.humanite.fr/journal/2007-05-09/2007-05-09-850919
=====> « L’argent président » PAR PATRICK APEL-MULLER
« Allez, on se lâche ! » Finie la voix vibrante des meetings évoquant les ouvriers délaissés par tous ou la France qui se lève tôt. Nicolas Sarkozy s’est affiché du côté de la France qui se couche tard, celle des dîners fins au Fouquet’s et des croisières à Malte sur le yacht du milliardaire Vincent Bolloré. Le nouveau président se pénètre mieux de la fonction dans des draps de soie et choisit évidemment pour modèle politique Silvio Berlusconi plutôt que Jean Jaurès. Après l’argent roi, l’argent président. « Je serai un président comme Louis de Funès dans le Grand Restaurant : servile avec les puissants, ignoble avec les faibles. J’adore. » Nicolas Sarkozy plaisantait, rapporte le Parisien, ce jour de février dernier dans la piscine d’un palace de la Réunion. S’il ne passait pas les plats, il savait qu’il avait son couvert à table et confessait déjà que Martin Bouygues lui gardait une place au chaud en cas d’échec à la présidentielle. Un parachute en diamant ! Le nouvel élu revendique une véritable intimité avec les puissants du CAC 40. Et il tutoie dans le privé et en ami la présidente du MEDEF, Laurence Parisot. Si les premiers pas de l’élu ne sont pas à la hauteur d’une mission d’intérêt général, ses premières décisions risquent bien d’être fidèles à ses engagements à l’égard du patronat : défiscalisation des heures supplémentaires, bouclier fiscal, déduction des intérêts des emprunts immobiliers, mise en cause de l’impôt sur les successions (qui ne concernera que 20 % des Français)... L’impatience coutumière à Nicolas Sarkozy et l’ampleur de son succès vont l’inciter à cogner vite et fort lors de la session de l’Assemblée qu’il a programmée pour cet été. C’est dire l’importance pour les salariés, les jeunes, la gauche de se doter de nombreux députés pour résister pied à pied et pour faire entendre leur voix... D’autant que le pluralisme n’est guère de mise dans l’audiovisuel ces dernières semaines. Qui d’entre vous a entendu ou vu un seul journaliste de l’Humanité dans ces médias ? L’urgence est d’éviter l’installation d’une Chambre bleu Sarkozy. Les candidats communistes, là où ils sont sortants et là où le PCF est influent, seront les meilleurs pour qu’une gauche offensive s’oppose à un président de droite. N’est-ce pas dans les communes dirigées par les communistes que le candidat UMP a fait ses plus mauvais résultats au deuxième tour ? Il est impératif donc de ne pas baisser les bras. Mais il faut aussi ouvrir les yeux. Ségolène Royal a été sévèrement battue, et la gauche avec elle, non sur de vagues impressions ou des fluctuations d’images, mais sur des idées. Nicolas Sarkozy a affirmé un projet franchement de droite en s’appuyant sur les inquiétudes sociales, les craintes de déclassement individuel et des désordres du monde, le refus d’un effacement national dans une Europe ultralibérale, et en les retournant comme un gant. Le projet de la droite est désormais redoutablement cohérent et formulé en idées simples, compréhensibles par tous. Il divise les salariés et les chômeurs, les Français et les immigrés, les ouvriers et les fonctionnaires, la banlieue et les campagnes, les jeunes et les vieux... Pour ne plus laisser comme espoir que le plus petit dénominateur commun de la débrouille individuelle. Il n’a pas éradiqué le refus du capitalisme ou des déréglementations. Il l’a émietté, rejeté au second plan. La tentation d’une retraite en bon ordre qui a saisi le Parti socialiste (dernier en date, Georges Frêche, applaudit au Mouvement démocrate de François Bayrou !) lui a laissé le champ libre. Tous ces sujets viendront au premier plan après le prochain round, celui d’élections législatives qui traceront les lignes fortes des cinq ans à venir. Article paru dans l'édition du 9 mai 2007. http://www.humanite.fr/journal/2007-05-09/2007-05-09-850974
=====> « Le maître d’hôtel » PAR CLAUDE CABANES
Ils reviennent ! Les malheureux Français qui avaient été contraints à la morne souffrance de l’exil, loin de nos collines, rentrent à la maison. Notre coeur saignait, il exulte : ainsi les Mulliez, Defforey, Taittinger, Jaffré, Darty, Louis-Dreyfus, Zacharias, Hechter, Lacoste, Bich... bref, la fine fleur des affaires françaises, flanquée de quelques joueurs de mandoline et de spécialistes du biceps, retrouve les douceurs de la patrie. Ce sont les exilés de la fortune. Ils avaient filé en Suisse, en Belgique ou ailleurs, dans leur bolide Aston-Martin, pour fuir l’enfer qui n’était pas de Dante, mais de l’impôt. M. Sarkozy entre à l’Élysée, tout auréolé de sa fraternité avec un marin d’eau douce milliardaire ; eh bien ses amis les riches de retour se présentent aux portes du palace et réclament tous les soins et tout le confort au nouveau « patron ». Ce n’est pas un président de la République, c’est un maître d’hôtel. Et bien non ! C’est une blague... Ces messieurs posent des conditions pour leur retour au bercail. Hier le Figaro - ce journal qui retrouve des accents très modernes, autrement dit du XIXe siècle - annonçait très solennellement que « l’impôt sur la fortune (ISF) a fait fuir deux contribuables par jour ». Deux ? Quelle tragédie ! Il faut dire que ces voyageurs-là n’étaient pas sans bagages : par exemple Antoine Zacharias a foncé en Suisse à la tête d’une troupe de 200 millions d’euros. Dans une division inférieure Philippe Jaffré (Elf) s’est contenté de s’asseoir en Belgique sur un pactole de 30 millions d’euros. Ils portent presque tous la casaque des rois des « stock-options » ou des « golden parachutes ». Ce sont les exilés cousus d’or. Et en plus, leur trahison de la République a servi de bélier pendant la campagne électorale à l’offensive du candidat Sarkozy en faveur des privilégiés. En réalité, le phénomène de la fuite des beaux quartiers, du côté de Zurich ou de Bruxelles, a été délibérément grossi. L’opération relève de l’escroquerie. En effet, entre 1997 et 2005, 3 800 contribuables redevables de l’ISF ont quitté la France. Or 450 000 ménages sont redevables de ce prélèvement particulier. Si on rapporte ces chiffres aux 18 millions de citoyens assujettis à l’impôt sur le revenu, l’hémorragie prétendue relève de la goutte d’eau. Franchement, il ne nous a pas semblé que du côté socialiste on opposait à cette idéologie du « malheur » des riches une résistance bien vive. Tout à trac et benoîtement, un banquier qui a mené son investigation du côté des grandes fortunes industrielles françaises fait l’observation suivante : ces gens-là posent à leur retour en France deux conditions essentielles, la suppression de l’ISF et l’inscription du bouclier fiscal cher à M. Sarkozy parmi les articles de la Constitution française. Diable ! Et pourquoi ne pas inscrire sur les tablettes souveraines de la nation le caractère sacré de la richesse des riches ? Et pourquoi ne pas décréter abolie la nuit du 4 août 1789 qui a précisément aboli les privilèges séculaires de l’Ancien Régime ? Au bout du compte, les affairistes « étrangers » avouent très vite qu’ils se méfient surtout des « mentalités françaises ». De notre histoire, quoi... L’histoire du combat incessant pour la justice. M. Sarkozy aussi s’en méfie beaucoup. On ne va quand même pas accueillir ces déserteurs à l’aéroport entre deux haies d’écoliers de la Seine-Saint-Denis et aux accents de la Marseillaise.
Article paru dans l'édition du 11 mai 2007. http://www.humanite.fr/journal/2007-05-11/2007-05-11-851060
Audience syndicale. La compilation des résultats des élections aux comités d’entreprise place la CFDT en troisième position, derrière les sans-étiquette. La CFDT, qui se vante régulièrement de damer le pion de la CGT aux élections professionnelles, devrait adopter un profil bas cette année. La synthèse des résultats aux élections des comités d’entreprise rendue publique mercredi par le ministère de l’Emploi (DARES) place la CGT nettement en tête, avec 22,5 % des suffrages, en progrès de 1,4 %. La CFDT passe de 22,6 % en 2003 à 20,6 % et se retrouve en - troisième position, derrière les syndicats non confédérés - (syndicats maison, UNSA et Solidaires).
--- Perte d’audience de la CFDT
Depuis 1991, la CFDT arrivait une année sur deux en première position, en fait toutes les années impaires ne comprenant pas les élections à la SNCF (faisant pencher la balance vers la CGT et SUD). François Chérèque, son secrétaire général, a souvent utilisé ces résultats pour contester à la CGT la place de première confédération syndicale. Il s’employait même, depuis la crise ouverte avec l’approbation de la réforme des retraites de 2003 et la chute vertigineuse des effectifs, à démontrer une stabilisation à la hausse des effectifs. En 2004, François Chérèque reconnaissait une chute de 10 000 adhérents (6,39 % des cotisations). En 2005, la perte n’était plus que de 1,37 %. Et le 17 avril dernier, un communiqué annonçait une « quasi-stabilisation des effectifs ». Ces chiffres laissaient augurer d’un possible redressement électoral. Mais après avoir déjà perdu 2,2 % en 2004, la CFDT engrange encore une baisse de deux points et perd des positions parmi des professions dans lesquelles elle assure avoir recruté en 2006 : les services, la santé ou encore l’énergie. Cette contre-performance semble montrer que les salariés n’ont toujours pas digéré le « compromis acceptable » de François Chérèque sur la réforme des retraites. Celui-ci s’est d’ailleurs montré prudent depuis, engageant son syndicat dans le mouvement de contestation contre le contrat première embauche, en 2006. François Fillon, probable futur premier ministre, vient pourtant d’appeler la CFDT à opter plus résolument pour un syndicalisme de cogestion des réformes avec le patronat et le gouvernement, en constituant un pôle syndical réformiste autour d’elle. Perspective, pour l’heure, refusée par la CFDT.
--- Les sans-syndicat dans les PME
La baisse de la CFDT profite pour une part à la CGT. L’étude de la DARES note un « regain d’intérêt » en faveur de la confédération de Bernard Thibault, après les baisses observées en 2001 et 2003. Le progrès se situe principalement dans les transports (secteur en proie à d’incessantes pressions autour de la mise en place d’un service minimum les jours de grève) et dans les services aux entreprises, ce qui tendrait à récompenser les efforts fournis par la CGT pour s’implanter dans des entreprises sous-traitantes. Mais les résultats entérinent aussi les faiblesses des grands syndicats dans les entreprises de moins de 200 salariés. Les listes « sans étiquette » recueillent par exemple 37,7 % des suffrages dans ce type d’établissements. Après un tassement enregistré jusqu’en 2002, les listes non syndicales progressent de nouveau, recueillant 23,5 % des voix contre 23,2 % en 2003. « Le score électoral de ces listes augmente dans les secteurs à faible implantation syndicale tels que le commerce ou la construction », ne manque pas de souligner l’étude. Les autres confédérations sont stables, FO avec 12,5 %, la CFTC avec 6,8 %, et la CFE-CGC avec 6,6 % des suffrages exprimés. La comparaison des deux cycles électoraux (2002-2003 et 2004-2005) accorde largement la première place à la CGT, avec 23,6 % des voix. Paule Masson Article paru dans l'édition du 11 mai 2007.
http://www.humanite.fr/journal/2007-05-11/2007-05-11-851077
=====> Thibault ne veut pas « accepter n’importe quoi »
Syndicat. Le numéro 1 de la CGT met en garde Nicolas Sarkozy.
Bernard Thibault estime qu’« aucune confédération n’est prête à accepter n’importe quoi » du futur gouvernement. Dans un entretien au Monde aujourd’hui, le secrétaire général de la CGT suggère que l’élection de Nicolas Sarkozy ne signifie pas qu’« il a la légitimité pour tout faire ». Le numéro 1 de la CGT dit également souhaiter « bien du plaisir au futur gouvernement, si son seul souci consiste à trouver quel syndicat l’aidera à faire avaler les pilules amères des mois à venir », en référence à la réforme des retraites de 2003 durant laquelle le gouvernement avait reçu le soutien de la CFDT. Bernard Thibault affirme que les syndicats ne sont « ni une force d’opposition a priori ni une force d’accompagnement a priori » et met en avant l’« indépendance » syndicale. Il anticipe un « écart » entre ce que les électeurs « ont cru entendre et ce qui sera réellement mis en oeuvre ». « Les salariés constateront vite qu’ils ne feront pas d’heures supplémentaires sur la base du volontariat comme annoncé », ajoute-t-il. Le secrétaire général du syndicat indique sa réserve par rapport au concept de « flexsécurité ». Selon le dirigeant de la CGT, « le droit du travail n’est pas un frein à l’embauche » et les salariés ont besoin de « plus de sécurité ». S. Ga. Article paru dans l'édition du 11 mai 2007.
http://www.humanite.fr/journal/2007-05-11/2007-05-11-851071
Le monde syndical a accueilli la victoire de Nicolas Sarkozy sans enthousiasme. Nicolas Sarkozy tire de sa légitimité politique la volonté d’aller vite en besogne en matière de réformes économiques et sociales. Quitte à orchestrer un semblant de négociation avec les syndicats pour tenter de leur couper l’herbe sous le pied. Le nouveau président de la République a annoncé la couleur à plusieurs reprises. « Ce n’est pas les manifestants qui font le programme électoral des candidats. Le calendrier de la démocratie politique ne peut pas être bafoué par le calendrier syndical », avait-il claironné le 1er mai sur France 2 alors que, selon la CGT, quelque 200 000 personnes manifestaient en France pour défendre l’emploi et les salaires. Du coup, la plupart des syndicats ont accueilli sa victoire sans enthousiasme. À l’exception de la CFE-CGC qui considère que « les objectifs économiques et sociaux de Nicolas Sarkozy vont devoir être atteints dans l’harmonie d’un pays qui retrouve confiance en son avenir ».
--- Promesses ou menaces
Les autres adoptent un ton plus prudent. S’ils jugent que le fort taux de participation électorale est un signe de vitalité démocratique, ils s’inquiètent de la méthode de gouvernance qui va être mise en oeuvre : respect du dialogue social ou tentation du passage en force ? Ainsi, le bureau confédéral de la CGT prévient que « la démocratie sociale doit tenir toute sa place, avec une légitimité - reconnue, appuyée sur le droit des libertés syndicales ». La commission exécutive de la CFDT rappelle que « l’écoute, le respect des partenaires sociaux, la qualité du dialogue, la négociation, sont des éléments essentiels d’une rénovation de la démocratie sociale ». FO considère même que « toute précipitation ou passage en force générerait des effets boomerang et fragiliserait fortement le dialogue social ». La CFTC réclame qu’« un temps suffisant soit laissé à la négociation », de même que l’UNSA souligne combien le président et son gouvernement « vont avoir à gérer une grande tension entre un programme, qui vient d’acquérir une incontestable légitimité démocratique, et sa mise en oeuvre ». « Ce qui était hier promesses ou menaces va devenir un programme de gouvernement », prévient l’union syndicale Solidaires. En effet, une « mise en oeuvre rapide » des réformes suscite d’autant plus d’inquiétudes que les syndicats rappellent combien les revendications en matière d’emploi, de pouvoir d’achat, de protection sociale ou de services publics restent fortes. Tous affirment qu’ils joueront leur rôle d’organisation syndicale pour les défendre. Même si le calendrier du nouveau président les prend de vitesse. Nicolas Sarkozy devrait faire de l’échéance normale d’augmentation du SMIC, le 1er juillet, une simple formalité, refusant tout coup de pouce. Le nouveau président mise surtout, sitôt les élections législatives achevées, sur la tenue d’une session extraordinaire de l’Assemblée nationale... en plein mois de juillet, c’est-à-dire à un moment où les syndicats peinent à mobiliser du fait des congés d’été. Au menu des débats, par exemple, la défiscalisation des heures supplémentaires, pilier du « travailler plus pour gagner plus ». Les partenaires sociaux sont aussi invités à plancher sans attendre sur la mise en place d’un service minimum dans les transports publics en cas de grève. Avec une quasi-obligation d’aboutir à un accord, sans quoi une loi serait votée « avant décembre 2007 ». Dès septembre, quatre « conférences » seront organisées sur l’égalité salariale entre les hommes et les femmes, la flexisécurité (contrat de travail unique), les conditions de travail et la démocratie sociale. Plus loin, mais tout même très proche, se profile la réforme des régimes spéciaux de retraites. Jusqu’à présent, Nicolas Sarkozy n’a pas imaginé possible que les discussions aboutissent sur d’autres suggestions que celles de son programme. Face à cette vague de réformes, les syndicats semblent pour l’heure adopter une posture pragmatique, d’attentes de dispositions concrètes. Eux aussi doivent composer avec une légitimité sortie des urnes. Un sondage publié dans le journal Metro de lundi montre même que 66 % des électeurs souhaitent que « Nicolas Sarkozy applique son programme même si tout le monde n’est pas d’accord ». Paule Masson Article paru dans l'édition du 9 mai 2007. http://www.humanite.fr/journal/2007-05-09/2007-05-09-850914
Le procès de l’élu poursuivi pour « entrave à la circulation d’un aéronef », lors de l’expulsion des Raba, se déroulera le 26 novembre prochain. Si plus de cinq cents personnes avaient investi, lundi midi, les abords du palais de justice de Lyon, en soutien à François Auguste, vice-président communiste du Conseil régional de Rhône-Alpes, seulement une trentaine d’entre eux ont réussi à s’installer dans la salle d’audience. Le président de la 12e chambre correctionnelle, le juge Schir, était serein mais surchargé. Après avoir donné le rendu de cinq jugements, il est passé à l’examen des demandes de renvoi. Ce qui a pris du temps. Le dernier, presque oublié par la greffière alors que toute la salle n’attendait que celui-là, mais dont le juge s’est heureusement souvenu, était celui de François Auguste.
--- pas de troisième tour pénal
Me Claude Coutaz a plaidé le renvoi sur trois éléments : assurer la sérénité des débats et ne pas faire « un troisième tour pénal » après le second de la présidentielle, assurer un véritable débat contradictoire et permettre à tous les témoins cités d’être présents. Ils sont neuf, dont Jean-Jack Queyranne, président du conseil régional, retenu par un engagement diplomatique prévu de longue date, mais qui « pourrait être présent vers 15 h 30, s’il le faut vraiment ». Le parquet ne pouvait souscrire à l’idée du « troisième tour pénal » - « le tribunal est indépendant, quels que soient les avatars politiques » -, mais il ne voyait « pas d’inconvénient à un renvoi si le souci était de faire témoigner toutes les personnes qui le souhaitent ». Après cinq minutes de réflexion, le président Schir faisait droit à la demande : « Il faut savoir donner du temps au temps », disait-il : l’audition de huit témoins en prendrait beaucoup trop, compte tenu des vingt et une affaires qui étaient instruites ce lundi. « Il faut de la sérénité. Une audience, c’est une respiration, il faut savoir prendre le temps de respirer. » Et de proposer un prochain rendez-vous le 22 octobre. Tollé dans l’assistance et explication de Me Coutaz : « Le 22 octobre, c’est la date d’un autre procès (celui de Florimond Guimard, à Aix-en-Provence - NDLR), pour des faits similaires, et des témoins doivent être présents aux deux. »
--- procès reporté au 26 novembre
Après une nouvelle suspension d’audience, la date est finalement fixée au 26 novembre par un président très satisfait de ce report « qu’on peut entendre comme un encouragement à la solidarité avec les enfants ». Le thème sera repris par François Auguste, qui rappelait que son seul délit était de s’être adressé au commandant de bord et aux passagers pour les informer de l’expulsion d’une famille kosovare. La solidarité avec les familles sans-papiers d’enfants scolarisés a marqué le déplacement de militants de l’Isère, du Rhône, mais aussi des Bouches-du-Rhône, de la Haute-Saône (d’où a été arrachée la famille Raba), de la FSU, de RESF (dont Richard Moyon, un de ses porte-parole nationaux), de la CGT, de SUD, de la LDH, du PCF... Florimond Guimard - comme Khadidja, de Saint-Denis, elle aussi poursuivie pour acte de solidarité, et qui était présente - avait fait le déplacement et affirmait que « malgré la présence de Sarkozy, la mobilisation n’est pas près de s’arrêter ». Jean-Jack Queyranne avait tenu à être présent avant son rendez-vous : « François Auguste est un homme de mesure qui s’est trouvé devant une situation qu’il a estimée intolérable. La colère qu’il a exprimée est conforme aux engagements de la région. Nous ne pouvons accepter que des enfants scolarisés dans nos écoles puissent être arrêtés au petit matin... La véritable identité nationale de notre pays est le droit à la scolarisation de tous les enfants, le droit à l’éducation, à tout ce que l’école peut leur apporter... » Émilie Rive
Article paru dans l'édition du 9 mai 2007. http://www.humanite.fr/journal/2007-05-09/2007-05-09-850931
À l’occasion de la Quinzaine du commerce équitable en France, entretien avec Saleem Abu Ghazaleh, directeur du département de commerce équitable de PARC(1).
--- Votre ONG a été créée en 1983 pour combler l’absence de soutien public aux agriculteurs. Aujourd’hui, avec près de 6 500 volontaires, PARC est devenu un acteur incontournable de la société civile palestinienne. Pourquoi s’être lancé dans le commerce équitable ?
Saleem Abu Ghazaleh. PARC a été mis en place par des agronomes bénévoles qui ont apporté des services d’assistance technique aux paysans palestiniens, notamment pour l’accès à des ressources en eau et pour la construction de routes. Mais le problème numéro 1, c’était qu’ils n’arrivaient pas à vendre leur surplus de production domestique, qu’ils n’arrivaient pas à le commercialiser. Nous avons commencé à entendre parler du commerce équitable, qui voulait instaurer des relations d’échange stables et durables. Beaucoup de paysans de Cisjordanie ont voulu tenter la démarche et il a fallu faire de gros efforts dans le contrôle de la qualité, le conditionnement, les stations d’embouteillage et la formation des paysans. Aujourd’hui, nous avons réussi à instaurer des filières équitables d’huile d’olive, de couscous, de dattes, d’amandes, de zaatar et de savon en Europe, avec Oxfam et Artisans du monde, mais aussi au Canada, aux États-Unis, au Japon et en Corée.
--- Concrètement, quels sont les apports du commerce équitable pour les agriculteurs palestiniens ?
Saleem Abu Ghazaleh. La stabilité de la relation commerciale est très importante, les paysans ont une garantie d’écoulement de leurs produits. Mais c’est le prix juste qui fait la plus grande différence et permet de passer le stade de la survie. Les prix sont 30 % à 35 % supérieurs aux tarifs locaux. Un litre d’huile d’olive va donc être vendu 5 euros au lieu de 3 euros sur le marché traditionnel. Cela permet de ne pas céder à la pression de la rentabilité, de ne pas sacrifier la qualité des produits, et surtout cela permet de réinvestir l’argent dans des programmes de développement local, dans les domaines de la santé et de l’éducation.
--- C’est une manière d’accentuer la solidarité ?
Saleem Abu Ghazaleh. Tout à fait, le commerce équitable crée plus de solidarité entre les Palestiniens. Les paysans s’organisent en coopératives, et le fruit de leur travail est ensuite réinjecté dans la vie locale. Alors que la population désespère de pouvoir vivre en paix, le commerce équitable montre qu’il y a possibilité d’agir dans la vie de tous les jours pour trouver des solutions locales. C’est très important de ne pas attendre passivement la signature de traités internationaux. Dans ce sens, le commerce équitable promeut la paix, la résistance pacifique car c’est un moyen pour les paysans palestiniens de défendre leur terre en en prenant soin. Enfin c’est aussi un moyen d’accentuer la solidarité à l’étranger, nos produits parlent pour nous de la situation palestinienne, en donnant une autre image de la Palestine que les bombes et les horreurs de la guerre.
--- Justement, quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez ?
Saleem Abu Ghazaleh. Il est impossible de planifier quoi que ce soit en Palestine. Si je décide d’aller chez moi aujourd’hui, je ne sais pas combien de check points il y aura sur ma route. C’est pareil pour les agriculteurs. Parfois l’agriculteur travaille toute l’année dans son champ et au moment de vendre sa production à l’extérieur, il y a un couvre-feu autour de son village et ses rêves s’effondrent. Cette situation s’est encore accentuée avec la mise en place du mur. Sa construction s’est faite sur les champs des paysans palestiniens et beaucoup d’oliviers ont été arrachés devant leurs yeux. Le mur a coupé des villages en deux, a compliqué le déplacement des paysans, a encore diminué les ressources en eau... Face à cela, la seule possibilité de PARC est d’organiser des manifestations des paysans et de faire pression sur les autorités israéliennes, via des ONG internationales, afin que les produits ne soient pas refoulés aux check points. Parfois ça marche, mais les marchandises finissent souvent par être bloquées plusieurs semaines dans le port de Haïfa. C’est pourquoi nous trouvons important de développer des relations avec des organisations de paix israéliennes.
--- Un débat a cours en ce moment en Europe sur la place à donner à la grande distribution dans le commerce équitable. Qu’en pensez-vous ?
Saleem Abu Ghazaleh. En achetant un produit du commerce équitable, le consommateur manifeste sa solidarité envers des peuples de la Tanzanie, du Nicaragua, du Laos ou de la Palestine. Si vous mettez ce produit dans les rayons d’un hypermarché, les gens ne peuvent pas comprendre ce contexte. Le commerce équitable doit jongler entre deux nécessités parfois difficiles à concilier : celle d’augmenter les revenus des producteurs et celle d’informer sur nos façons de vivre. Pour moi, il est indispensable que ces produits se vendent dans des petits magasins spécialisés qui peuvent accomplir cette dimension pédagogique de la consommation. Quand vous entrez dans un magasin Artisans du monde, vous ressentez le fait que vous êtes un citoyen du monde, réceptif à différentes cultures. Quand vous entrez dans un hypermarché, vous ne percevez que des marques internationales dans lesquelles les produits ont perdu leurs identités. Or le but du commerce équitable, c’est de rapprocher les cultures. (1) Fédération des comités de soutien à l’agriculture palestinienne Entretien réalisé par Christelle Chabaud
Article paru dans l'édition du 9 mai 2007. http://www.humanite.fr/journal/2007-05-09/2007-05-09-850924
En autorisant la « banalisation » du Livret A, Bruxelles met à mal le système des prêts à long terme dont bénéficient les organismes HLM. Cela n’a pas traîné. Si la commissaire à la Concurrence, Neelie Kroes, a laissé quelques mois de répit à la France, ne voulant pas troubler le débat électoral, elle n’a pas attendu que le nouveau gouvernement s’installe pour demander la « banalisation » des Livrets A et bleu. En clair, la Commission européenne exige de l’Hexagone qu’il - autorise, d’ici neuf mois, tous les réseaux bancaires à distribuer le placement préféré des Français proposé jusqu’ici uniquement par la Banque postale et la Caisse d’épargne (Livret A), et par le Crédit mutuel (Livret bleu). Il s’agit, selon la très libérale commissaire à la Concurrence, « de supprimer ces entraves » qui créent « un - obstacle à l’entrée et au développement de concurrents français ou étrangers sur le marché de l’épargne bancaire liquide en France ». Bercy a d’ores et déjà fait connaître sa volonté de contester cette décision en justice. La « banalisation » du - Livret A est l’aboutissement des plaintes déposées début 2005 par quatre grandes banques françaises (Crédit agricole, BNP, Société générale, Banques populaires) et une banque néerlandaise (ING) auprès de la Commission. L’enjeu est simple : mettre la main sur la manne du Livret A, détenu par 46 millions de Français, et dont l’encours avoisine les 115 milliards d’euros, selon les chiffres de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) qui centralise les - dépôts.
--- vers une diminution de la collecte
Actuellement rémunérés à 2,75 %, le Livret bleu et le - Livret A sont deux produits d’épargne défiscalisés destinés à financer la construction de logements sociaux. Concrètement, la CDC transforme ces dépôts à court terme en prêts à long terme (soixante ans pour les plus longs) qui sont ensuite proposés aux organismes HLM. Les conséquences de la banalisation risquent d’être très lourdes pour l’avenir du - financement du logement social. « Rapidement, le système risque d’être déstabilisé par une diminution de la collecte. Pour une raison simple : les banques ne sont pas philanthropes et leur intérêt est de capter les gros livrets pour les diriger vers d’autres produits plus rémunérateurs pour elles », analyse Dominique Dujols, directrice des relations institutionnelles et du partenariat à l’Union sociale pour l’habitat (USH, ex-mouvement HLM). « Dans ce contexte, nous aurons beaucoup de mal à assurer la production des 120 000 logements sociaux prévus en 2008 par le plan de cohésion sociale », pronostique-t-elle. La baisse des ressources affecterait à terme le volume de prêts pouvant être consentis par la CDC aux organismes, obligeant ceux-ci à se tourner vers le secteur privé pour se financer. Or, précise la CDC, les prêts qu’elle propose permettent actuellement, « sans aucune discrimination entre les organismes de logement social et sur tout le territoire, de financer de façon pérenne aux meilleurs taux les bailleurs sociaux, quelle que soit la conjoncture du marché ». Ce qui serait loin d’être le cas avec les banques privées qui proposent des durées et des taux très différents aux emprunteurs selon leurs revenus et leur endettement mais également selon le coût du loyer de l’argent. Ainsi, les - organismes les plus riches se verraient octroyer des crédits plus intéressants, quand les moins bien lotis paieraient cher leur accès au crédit.
--- les dogmes du libéralisme
La décision de la commissaire européenne apparaît d’autant plus étrange que l’encours du Livret A ne - représente pas plus de 3 % de l’encours de l’épargne financière des ménages en France et seulement 10 % du seul - encours de l’assurance vie. « Les règles de la concurrence ne sont pas en cause », affirme Michel Delebarre, président de l’USH, qui ajoute que « l’Europe n’est pas réductible à une politique de concurrence excluant toute autre considération ».
La seule chose importante aux yeux de Neelie Kroes - serait-elle de respecter les - sacro-saints dogmes du - libéralisme ? Cyrille Poy Article paru dans l'édition du 11 mai 2007.
http://www.humanite.fr/journal/2007-05-11/2007-05-11-851082
Communiqué LDH - L’élection présidentielle a constitué un moment très fort de la vie civique de notre pays. Le niveau exceptionnel de participation électorale, la confrontation des orientations, mais aussi l’intensité des échanges entre les citoyens eux-mêmes attestent un nouvel intérêt pour le politique, et l’envie d’en débattre. L’attente de la société est forte à l’égard des gouvernants et de tous les acteurs de la vie démocratique. Cette attente ne doit pas être déçue. L’élection de Nicolas Sarkozy, dont chacun doit prendre acte et tirer les leçons, est lourde de conséquences mais ne clôture pas la séquence démocratique de ce printemps. Car ce n’est pas un homme seul, fût-il Président de la République, qui peut décider de tout en démocratie. La LDH souhaite que les citoyens maintiennent le niveau remarquable de participation politique dont ils viennent de faire preuve et restent mobilisés, notamment lors du prochain rendez-vous civique que sont les élections législatives, pour refuser l’aggravation de la régression des libertés et des droits sociaux, de la précarisation, de l’exclusion et de la stigmatisation d’une part importante de la population résidant en France. Elle contribuera pleinement, à la place qui est la sienne, à mettre en lumière la nécessité de construire une France plus juste et plus fraternelle, faisant vivre les valeurs d’égalité, de laïcité et de solidarité. Quels que soient les aléas politiques et les conjonctures électorales, la Ligue des droits de l’Homme poursuivra plus que jamais son combat pour traduire en actes la proclamation de la Déclaration universelle des droits de l’Homme : « Les êtres humains naissent et demeurent libres et égaux en dignité et en droits ». Elle appelle, pour les jours, les mois et les années à venir, à l’exercice permanent et vigilant de la citoyenneté. Voir le site : http://www.ldh-france.org/
Adhérez : http://www.ldh-france.org/media/actualites/bulletin_2006.pdf
- From: "Infocom Ldh" <infocom-ldh@ldh-france.org>
Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy étaient côte à côte, hier, dans le jardin du Luxembourg, pour commémorer l’esclavage et ses abolitions. Mais aucun n’a pris la parole. L’un des premiers actes solennels de son premier mandat présidentiel fut de reconnaître, le 16 juillet 1995, la responsabilité de l’État français dans la déportation des juifs sous l’Occupation. « Ces heures noires souillent à jamais notre histoire et sont une injure à notre passé et à nos traditions », affirma alors Jacques Chirac. Il clôt son second mandat par un autre acte symbolique, un acte de mémoire. À l’occasion de la Journée nationale de commémoration de l’esclavage et de ses abolitions, le président sortant a inauguré hier, au jardin du Luxembourg, à Paris, une sculpture de l’artiste Fabrice Hyber intitulée le Cri, l’Écrit, symbolisant les maillons d’une chaîne brisée. À ses côtés, le président élu, Nicolas Sarkozy. Le même fustigeait, dimanche, à peine sa victoire annoncée, le « mode exécrable » de la « repentance », qui « exige des fils qu’ils expient les fautes supposées de leurs pères et de leurs aïeux ». Ni l’un ni l’autre n’a pris la parole devant les deux mille personnes réunies pour cette cérémonie. Étrange et silencieux passage de relais, au milieu d’une foule multicolore, à l’image de cette France dont Jacques Chirac avait salué, lors de la première commémoration, l’an dernier, « la diversité » comme un « ferment d’unité » et une source de « force » et de « fierté ». « Regarder tout notre passé en face, c’est une des clés de notre cohésion nationale. C’est une force supplémentaire pour notre avenir car c’est la marque de notre capacité à avancer, ensemble », soulignait-il le 10 mai 2006. Point de discours donc, cette année, mais un chant, la Libération des Nègres, et la lecture de la proclamation, par le commandant Delgrès, de l’abolition en Guadeloupe. Le comédien Jacques Martial, enfin, a égrené les dates marquantes de l’histoire de la traite et de l’esclavage avant de laisser place au musicien sénégalais Youssou N’Dour. Présent dans le public, comme de nombreuses personnalités des mondes politique, culturel et sportif, Lilian Thuram a échangé une brève poignée de main avec Nicolas Sarkozy, qu’il avait critiqué à plusieurs reprises pour son langage provocateur sur les banlieues. « S’il veut que je lui parle du travail de mémoire », c’est avec plaisir, a commenté le footballeur, avant d’ajouter : « Le fait de ne pas stigmatiser certaines personnes, c’est important pour le vivre ensemble. »
--- L’esclavage, crime contre l’humanité
« Il faut qu’on comprenne que la France elle-même a été pétrie par cette histoire. L’économie (...), le comportement des hommes en France aujourd’hui sont directement issus de ce système esclavagiste, a souligné, à la fin de la cérémonie Christiane Taubira, à l’origine de la loi qui a reconnu l’esclavage, en 2001, comme crime contre l’humanité. » Pour la députée de Guyane, « une partie de la population française est frappée par les discriminations issues des préjugés datant de cette période ». Manière de rappeler que le regard lucide de la France sur son passé ne relève ni du « dénigrement », ni de la « repentance », comme l’a répété à l’envi, ces derniers mois, Nicolas Sarkozy. L’exploration, par la France, des pages sombres de son histoire, est au contraire une condition essentielle du vivre ensemble et de l’émergence d’une identité collective dans laquelle tous les Français, quelles que soient leur origine et l’histoire dont ils sont issus, puissent se reconnaître pleinement. Rosa Moussaoui
Article paru dans l'édition du 11 mai 2007. http://www.humanite.fr/journal/2007-05-11/2007-05-11-851063
=====> « Rapprocher les mémoires »
Membre du comité pour la mémoire de l’esclavage et auteur de Mémoires des esclavages (1), Édouard Glissant donne son sentiment sur cette journée.
--- Pouvez-vous rappeler les différentes commémorations liées à cette journée consacrée à la mémoire de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions ?
Édouard Glissant. Il y a la commémoration officielle qui se fait au Luxembourg avec l’inauguration d’une statue. Il y aura aussi les deux présidents de la République. Moi, je n’y serai pas. Je suis responsable de la préparation du centre national pour la mémoire de l’esclavage et ses aboutissements. Et je prépare également une soirée de commémoration au musée du quai Branly avec l’Institut du Tout-Monde que j’ai créé à Paris. La journée symbolique d’aujourd’hui sert à maintenir une sorte d’unanimité autour du projet. Le centre national permettra de multiplier des études, des recherches et des établissements d’archives pour approfondir les réflexions. Ce sont deux projets qui ne sont pas à confondre, quoique leurs missions se rejoignent.
--- Comment s’est fait votre engagement dans le Comité pour la mémoire de l’esclavage ?
Édouard Glissant. C’est Jacques Chirac qui m’a demandé de préparer et de concevoir un comité de préfiguration pour l’approbation d’un centre national consacré à la traite, à l’esclavage et à leurs abolitions. J’ai accepté tout de suite parce que ça me paraissait répondre à un besoin en France où les mémoires des esclavages sont plutôt vagues, et un besoin dans les Antilles, la Caraïbe et l’océan Indien où les mémoires sont plutôt torturées. J’ai pensé que c’était le meilleur moyen de rapprocher ces mémoires et d’échanger sans les perturber.
--- Vous avez tenu à orienter votre réflexion vers l’avenir...
Édouard Glissant. Le centre aura pour mission de faire la clarté sur les histoires passées afin de les dépasser et d’en venir à des mémoires communes alors qu’aujourd’hui les mémoires sont opposées, différentes et créent des problèmes... Il faudrait parvenir à liquider ces problèmes.
--- Quels souhaits formulez-vous par rapport à ce centre ?
Édouard Glissant. Il faudrait que ce centre réussisse à établir un lien avec tous les centres de la même nature qui existent dans le monde comme au Brésil, aux États-Unis, dans la Caraïbe et en Afrique. Et ce afin que toutes les connaissances particulières puissent éclairer une connaissance générale des phénomènes de l’esclavage transatlantique. Et je souhaiterais que les communautés françaises, les peuples de l’océan Indien et de la Caraïbe rapprochent leur mémoire et puissent dépasser d’éventuels conflits et malentendus qui pourraient naître d’une mauvaise approche ou d’une approche différente ou contradictoire de ces phénomènes de l’esclavage.
--- Justement, notre société s’englue dans ces malentendus...
Édouard Glissant. Oui, mais je pense qu’il vaut mieux faire le travail, faire avancer les réflexions plutôt que de commencer une polémique.
--- Avez-vous un lieu pour ce centre ?
Édouard Glissant. Non, mais ce n’est pas mon problème. C’est celui du gouvernement qui doit décider d’un lieu pour ce centre et de l’attribution d’un budget de fonctionnement.
--- Demain aura lieu une soirée de commémoration organisée par l’Institut du Tout-Monde...
Édouard Glissant. Oui, il y aura des lectures de textes se rapportant au phénomène de l’esclavage. Nous avons fait un montage pour que ce soit agréable à entendre. Il y aura aussi une énumération solennelle de héros antiesclavagistes et une lecture, par moi-même, d’un passage du livre que je viens d’écrire, Mémoires des esclavages. Enfin, il y aura une partie musicale avec Bernard Lubat et un concert de Jayne Cortez. Quoi qu’il en soit, ce ne sera pas un lamentarium !
(1) Chez Gallimard. Entretien réalisé par I. D.
Article paru dans l'édition du 10 mai 2007. http://www.humanite.fr/journal/2007-05-10/2007-05-10-850980
=====> La France doit regarder en face son passé esclavagiste
Mémoire. La loi Taubira du 10 mai 2001 reconnaît la traite négrière comme crime contre l’humanité. Jacques Chirac préside aujourd’hui la cérémonie, rejoint par Nicolas Sarkozy. « Je vais en finir avec la repentance, qui est une forme de haine de soi, et la concurrence des mémoires, qui nourrit la haine des autres. » Le discours prononcé par Nicolas Sarkozy, peu après sa victoire à l’élection présidentielle, fleurait bon l’avertissement. Et voilà qu’après un petit séjour sur un yacht, le futur chef de l’État assiste ce matin aux côtés de l’actuel chef de l’État, Jacques Chirac, et de Christian Poncelet, président du Sénat, à la cérémonie de commémoration de l’abolition de l’esclavage et de la traite négrière dans les jardins du Luxembourg. Au programme, l’inauguration du monument « le Cri et l’écrit », réalisé par le sculpteur Philippe Hyber. Serge Hureau et Youssou Nd’our chanteront entre deux séances de lectures de textes.
--- RECONNAîTRE LES INJUSTICES PASSÉES
Nicolas Sarkozy saisit ici l’occasion de se présenter en humaniste, volant la vedette à Jacques Chirac, qui avait fait de cette journée un de ses chevaux de bataille. La France est en effet « le premier pays au monde (à avoir inscrit) dans la loi en 2001 la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité », rappelait le président dans une allocution en 2006. La loi du 10 mai 2001 dite « loi Taubira » est claire. Non seulement elle reconnaît l’esclavage comme crime contre l’humanité mais elle affirme que « les programmes scolaires et les programmes de recherche en histoire et en sciences humaines accorderont à la traite négrière et à l’esclavage la place conséquente qu’ils méritent ». À aucun moment donc il n’est question de « repentance », ni de « haine de soi ». Bien au contraire. Pour Michelle Riot-Sarcey, historienne, « personne n’a jamais demandé à quiconque de se repentir, ce vocabulaire chrétien n’a rien à voir avec les tenants de la commémoration qui considèrent l’historicité de la traite négrière. La remémoration a pour vocation de restituer les enjeux passés à distance du présent. Le projet de vouloir en finir avec la repentance n’empêchera jamais les colloques, les réflexions et les recherches de se faire ». Même analyse pour l’historien Benjamin Stora, qui s’est rendu aux cérémonies de Guelma en Algérie pour commémorer les massacres de Sétif du 8 mai 1945. Pour lui, le vote de cette loi mémorielle sur l’esclavage est essentielle. « C’est important de faire en sorte que la République reconnaisse des injustices passées. Quant à la repentance, personne ne l’a jamais demandée en France. Mais si des blessures ont été infligées à des groupes ethniques par la France, il faut que la reconnaissance de ces préjudices s’ensuive. » Dans ce terme employé par le futur président de la République, l’historien perçoit une volonté de « bloquer toute forme de travail historique sur de nombreuses périodes sombres de l’histoire de France, à l’instar de Vichy ». Et d’ajouter : « Ce ne sont pas les discours idéologiques qui empêcheront les historiens de continuer à rétablir les faits. » Car c’est bien avec la recherche historique que le débat de la mémoire atteint toute sa force et non avec des jugements de valeur. Réfléchir, étudier les archives, tisser des liens entre les cultures... Cette journée est avant tout l’occasion de réunir historiens, sociologues, philosophes et politologues autour d’un colloque « Écrire l’histoire, l’histoire des Noirs », organisé par le CRAN (Conseil représentatif des associations noires). La rencontre se veut ouverte et constructive. Elle concerne l’historiographie des Noirs », un thème « inédit en France », selon l’association : « Il s’agit moins de réfléchir à l’histoire des Noirs en tant que telle que de réfléchir à la manière dont leur histoire a été traitée, ou maltraitée, depuis l’époque de l’esclavage. » Christiane Taubira, initiatrice de la loi du 10 mai 2001, donnera la conférence inaugurale. Puis des intellectuels interviendront sur différents domaines : Pap Ndiaye, de l’École des hautes études, propose une analyse sur « les Noirs de France comme objet », suivie d’Éric Fassin, sociologue, qui abordera le thème de « la whiteness ». Elikia Mbokolo traitera d’un point de vue historique sur « les Noirs de France face à l’esclavage, au racisme et à la colonisation jusqu’en 1914 ». Le colloque sera ponctué par des lectures d’extraits du Code Noir et des textes d’Olympe de Gouges, féministe engagée dans la lutte contre l’esclavage. Cette deuxième Journée de commémoration de la mémoire des esclavages et de leurs abolitions vient rappeler la nécessité de poursuite du travail de mémoire engagé par la France. C’est avec cette quête inlassable de mise en lumière de l’histoire, de notre histoire, et en assumant ce passé, qu’une réconciliation nationale pourra se mettre en marche. Ixchel Delaporte Article paru dans l'édition du 10 mai 2007.
http://www.humanite.fr/journal/2007-05-10/2007-05-10-850981
Lors d’un CCE extraordinaire hier, la direction du groupe a annoncé la mise en place d’incitations financières pour des départs « volontaires ». PSA Peugeot-Citroën persiste et signe. Hier, avant l’ouverture d’un comité central d’entreprise (CCE) extraordinaire réuni à Paris à partir de 14 heures, la direction du groupe a confirmé son intention de sup- primer cette année 4 800 postes sur les 121 000 que le constructeur automobile compte en France, sur la base de départs « volontaires ». Alors que le groupe se porte bien puisque le chiffre d’affaires a augmenté de 6,5 % au premier trimestre 2007, la rentabilité n’est pas suffisante aux yeux de la direction, qui veut donc « redresser l’entreprise », en « accélérant la réduction des coûts et des frais de structure », comme l’a déclaré hier Jean-Luc Vergne, DRH du groupe, qui a déjà supprimé 7 000 emplois depuis l’an dernier.
--- tous les sites seront touchés
Une fois n’est pas coutume, les suppressions de postes ne touchent pas les ouvriers de production. La direction a précisé que le plan visera 1 800 ouvriers professionnels, 1 800 ETAM (agents de maîtrise) et 1 200 ingénieurs. Par profil, il s’agirait de 400 commerciaux, 1 470 employés à la conception des véhicules, 2 300 salariés du secteur industriel, et 500 emplois administratifs. Tous les sites pourraient connaître des départs, mais les plus touchés seraient les quatre centres techniques de Vélizy et Carrières-sous-Poissy (Yvelines), Sochaux (Doubs) et La Garenne (Hauts-de-Seine).
Depuis l’annonce « officieuse » du plan par voie de presse le 20 avril, la direction martèle qu’il n’y aura ni plan social ni licenciement. Pour opérer sa coupe dans les effectifs, PSA compte en effet sur 1 000 départs en retraite non remplacés et, pour le reste, sur des départs « volontaires » de salariés, avec des incitations financières. Début avril, elle a obtenu en ce sens la signature de cinq syndicats (CFDT, CGC, CFTC, FO et GSEA) en bas d’un accord triennal de « gestion prévisionnelle des emplois et des compétences » (GPEC), qui prévoit des « mesures incitatives en cas de nécessité de réduction et d’adéquation des effectifs ». Ces syndicats, qui ont par la suite accueilli ce plan avec « soulagement », comme un « moindre mal » par rapport à des licenciements, espéraient hier « négocier les meilleures conditions financières possibles », lors du CCE qui devait se prolonger dans la soirée. De son côté, la CGT, qui n’a pas signé l’accord, a dénoncé « un plan de licenciements caché », « injustifié économiquement et inacceptable socialement », et craint des « pressions au départ ». La direction compte met- tre en oeuvre les départs à partir du 1er juin, jusqu’au 31 décembre 2007. Les incitations financières qu’elle prévoit ne sont pas mirobolantes : trois mois de salaire brut pour les départs en retraite, six mois de salaire en plus de l’indemnité légale de licenciement, pour les départs pour un autre emploi ou un « projet personnel ». Fanny Doumayrou Article paru dans l'édition du 10 mai 2007.
http://www.humanite.fr/journal/2007-05-10/2007-05-10-850993
Malgré les chantages de la direction, les salariés, soutenus par la seule CGT, sont en grève à Nantes et à Saint-Nazaire. Un mouvement inédit dans l’histoire du groupe. Saint-Nazaire et Nantes, envoyés spéciaux. Haut, bas, attention fragile ! Haut : il aura suffi d’une mèche allumée, le 27 avril dernier, par une poignée de jeunes ouvriers, sur les chaînes de production des caissons centraux de l’A320, pour que plusieurs milliers de salariés des trois usines Airbus en Loire-Atlantique s’enflamment et cessent le travail en bloc. Bas : vue de l’ouest, la révolte spontanée a, semble-t-il, été endiguée sur les autres sites au Sud (Toulouse), au Nord (Méaulte, dans la Somme) et à l’Est (Allemagne) - de quoi décourager les plus braves. Ce mouvement social, une grève « dure », sans calcul, inouïe depuis des lustres chez le mastodonte de l’aéronautique, mais sur le fil et si fragile au fond, reste un miracle pour ses acteurs qui, après deux semaines de conflit, paraissent ne toujours pas en croire leurs yeux. « C’est un mouvement particulier parce qu’il est parti de manière spontanée, souligne Patrice Bernard, de la CGT à Nantes. Cela fait longtemps que le climat social se dégrade. Il y a une accumulation de frustrations qui fait que ça finit par exploser. La prime n’est qu’une goutte d’eau. Il y a vingt ans, il y avait 25 % d’écart entre le SMIC et le salaire de base chez Airbus. Aujourd’hui, c’est 8 % à 9 % ! Et on en demande toujours plus aux salariés. » En exigeant tout à la fois le versement d’une prime de 3 000 euros environ, équivalente à la participation et l’intéressement obtenus en 2006 (la direction n’envisageait dans un premier temps de ne verser que 2,88 euros par salarié, bloqués sur cinq ans), le retrait du plan de « restructuration » Power 8, l’arrêt des heures supplémentaires, l’embauche des intérimaires et le remplacement de tous les départs à la retraite, ils ont réussi à inquiéter la direction de l’avionneur et à secouer, dans le même mouvement, les organisations syndicales hégémoniques chez Airbus, l’entente FO-CFTC-CGC, accusées par la base d’être « trop attentistes » ou « passives », voire, selon certains, « compromises avec la direction ». À la fin de la semaine dernière, la direction générale d’Airbus qui, en ouverture des négociations salariales obligatoires, propose désormais une prime exceptionnelle de 500 euros, a toutefois refusé de fixer la date de la prochaine discussion avec les syndicats « tant que la sérénité ne serait pas rétablie dans les établissements de l’ouest ». Pendant le week-end prolongé, à Nantes comme à Saint-Nazaire, la hiérarchie a mis la pression sur les grévistes : appelant à « reprendre le travail afin de ne pas mettre en péril la crédibilité, la compétitivité et l’avenir » des établissements, les directions ont envoyé un courrier aux salariés à leurs domiciles et certains chefs dont, d’après plusieurs témoignages, « passé des coups de fil aux plus faibles ». « Les chefs visent ceux qui peuvent craquer, indique Olivier, sept ans d’ancienneté à Nantes. Elle fait des promesses de promotions, d’augmentations individuelles. » Yannick, à Saint-Nazaire, part à la retraite la semaine prochaine, mais il pense aux jeunes : « Cette grève, c’est la leur, c’est pour eux, c’est eux qui triment aujourd’hui sur les chaînes et qui, parce qu’ils ont osé ouvrir leur gueule dans ce mouvement, risquent de voir leurs carrières et leurs salaires bloqués pendant des années ! On ne peut pas les abandonner. » Dans cette grande glaciation, Louis Gallois, le président d’Airbus, sait également souffler un peu de chaud, en laissant entendre dans le Wall Street Journal de mardi qu’il envisage de récupérer tout ou partie des dividendes (30 millions d’euros environ) qui devraient être restitués à l’avionneur par le groupe Lagardère et l’État français, afin d’abonder une cagnotte destinée à une éventuelle prime exceptionnelle. Dans ce contexte, drôle d’ambiance, mercredi matin, à l’heure de décider de la suite des opérations, devant les sites - d’Airbus en Loire-Atlantique : à Nantes, on attend des nouvelles de Saint-Nazaire, et à Saint-Nazaire on attend des nouvelles de Nantes. La confusion engendre plus de confusion encore. À Nantes, une réunion de cadres FO appelle à la reprise pendant qu’à l’extérieur de l’usine, les ouvriers syndiqués FO votent avec enthousiasme la poursuite du mouvement. À 9 heures du matin, l’assemblée générale, à laquelle participent entre 400 et 500 grévistes nantais, choisit à la quasi-unanimité de prolonger la grève. À Saint-Nazaire, pendant ce temps, chacun se toise, se renifle : que faire ? Sur le site de Gron, quelques délégués FO, en bleus de travail, partent au casse-croûte, sans un regard pour ceux qui sont restés dans le mouvement - mimiques narquoises. « Il y a moins de jeunes, s’inquiète Thierry, côté grévistes, quelques minutes avant l’assemblée générale. La moyenne d’âge est en train d’augmenter tout d’un coup. » Porte-parole de la coordination des salariés, Yvonnick Guihéneuf penche, sans le dire explicitement, pour une « suspension » du mouvement : « Il y a des jeunes qui viennent nous voir pour nous dire qu’ils sont étranglés, regrette-t-il. Ils ont des crédits à payer, ils ne peuvent pas continuer comme ça pendant des jours et des jours... » Même forme d’indécision chez Fabien, un des jeunes qui, avec Aurélien, a plongé la tête la première dans cette grève (lire aussi l’Humanité du 4 mai) : « Ce matin, je suis arrivé avec l’idée de continuer, mais là, je viens de voir que quelques-uns des animateurs de la coordination ouvrière sont déjà retournés au travail. C’est un peu difficile à avaler. » Son copain tient bon : « C’est maintenant qu’il faut gagner, ce n’est vraiment pas le moment de s’arrêter... » Après une première assemblée à 10 heures, les grévistes de Saint-Nazaire décident de se retrouver en début d’après-midi, après l’envoi d’une délégation à la direction. « La direction nous dit qu’il faut reprendre le travail, que la sérénité revienne avant de repartir en négociation, insiste Christian Caillé, délégué CGT, le seul syndicat à soutenir encore la grève. Mais souvenez-vous, avant de commencer ce beau mouvement qui est celui des salariés, on était dans l’usine, on était sereins, il n’y avait pas plus sereins que nous et on n’avait rien obtenu. Là, grâce au mouvement, on commence à obtenir des avancées. Il faut bien avoir ça en tête. » En début d’après-midi, par la voix de son porte-parole, la coordination des salariés de Saint-Nazaire, émanation de la « base », laisse éclater son malaise. « La direction ne veut plus discuter avec la coordination et, tant que nous ne serons pas rentrés, nous n’obtiendrons rien, prévient Yvonnick Guihéneuf. Ça a été un beau conflit, quand même ! Il ne faut pas - oublier la solidarité et tout ce qu’on a gagné... On a redonné confiance aux salariés, et pas que dans notre entreprise, on a combattu la division syndicale chez Airbus et on a ressoudé tout le monde. » De la foule, 500 personnes environ, la rumeur enfle. Puis des interpellations : « Parle au présent, Yvonnick, parle au présent, ce n’est pas fini ! » Quelques minutes plus tard, à une écrasante majorité, les ouvriers d’Airbus à Saint-Nazaire décident à main levée de continuer leur grève aujourd’hui encore. Ce jeudi matin, à Nantes comme à Saint-Nazaire, les centaines de grévistes se retrouveront encore. La direction d’Airbus adopte une ligne dure contre les salariés représentés par les coordinations et soutenus par la CGT, pendant que les autres organisations syndicales manoeuvrent pour affaiblir la détermination : hier en fin d’après-midi, à Nantes, les grévistes se lisent un tract distribué par FO à Toulouse selon lequel les assemblées des sites de Loire-Atlantique auraient décidé de reprendre le boulot - un pur mensonge ! « On a continuellement décidé à notre place, déplore Philippe, membre du comité de grève à Nantes. Maintenant, ce sont les salariés qui sont maîtres de leur mouvement, des décisions. Il va falloir que les syndicats le comprennent, maintenant. » Non loin de là, Franck ajoute : « Nous, les petits, on ne nous écoute pas. Quand je reprendrai, je pourrai regarder les chefs en face, parce que la prime, c’est moi qui l’aurai gagnée. Mais de toute façon, on ne sort pas pour l’argent. C’est un ras-le-bol général. On est peut-être des gueux, mais sans nous, ils ne seraient pas là, dans les bureaux, à la direction, c’est nous les productifs. » Quoi qu’il arrive désormais, pour les salariés d’Airbus à Nantes et à Saint-Nazaire, le monde a changé de base - ils n’étaient rien, ils seront tout. Thomas Lemahieu avec Lénaïg Bredoux
Article paru dans l'édition du 10 mai 2007. http://www.humanite.fr/journal/2007-05-10/2007-05-10-851002
=====> À Toulouse, les propositions de la direction jugées inacceptables
Le syndicat CGT a organisé une consultation des salariés hier à midi. Toulouse (Haute-Garonne), correspondant régional.
Les syndicalistes CGT des sites Airbus de l’agglomération toulousaine ont procédé, hier à midi, à des consultations ponctuelles concernant les propositions en matière de salaire et de prime à ce jour avancées par la direction. Des bulletins questionnaires ont été distribués en direction des salariés à l’entrée des restaurants du bureau d’étude, de l’usine Saint-Eloi ou de la chaîne d’assemblage de l’Airbus A320, récupérés ensuite à l’issue du repas. C’est à une très large majorité que les salariés ayant répondu jugent inacceptables les 2,5 % de revalorisation (1,5 % en augmentation générale, et 1 % de masse salariale pour des augmentations individuelles) auxquels s’ajoute la proposition d’une prime exceptionnelle de 500 euros. Secrétaire de la CGT, Georges Daout regrette que les organisations syndicales majoritaires ne soutiennent pas les mouvements de grève partis de la base à Nantes, Saint-Nazaire et récemment sur les chaînes de production à Toulouse. « Les salariés d’Airbus, confrontés aux mêmes problèmes quels que soient les sites, n’acceptent pas que les actionnaires continuent à sous-tirer des dividendes alors que les salariés font ceinture », rappelle-t-il. Si la prime est passée de 5 euros en moyenne à une proposition de 500 euros, on le doit aux grèves sur le tas, souligne le responsable cégétiste, pour qui les tours de vis salariaux sont aussi liés au plan de rigueur et de suppressions d’emplois, Power 8. Le syndicat FO majoritaire maintient une opposition ferme à ce plan de restructuration et souhaite obtenir par la négociation une politique salariale qui « tienne la route ». « On a toujours su négocier, il n’y a pas de raisons qu’on n’y arrive pas cette année, même si Airbus traverse une crise », assure Jean-François Knepper, délégué syndical central FO. Le dossier économique et social d’Airbus figure parmi les dossiers les plus chauds auxquels va devoir s’atteler le nouveau président de la République. Comme candidat, Nicolas Sarkozy a déclaré que Power 8 ne « lui semblait pas adapté ». Il s’est prononcé pour une renégociation du pacte d’actionnaires, et pour l’entrée de nouveaux actionnaires privés dans le capital d’EADS, la maison mère d’Airbus. Alain Raynal
Article paru dans l'édition du 10 mai 2007. http://www.humanite.fr/journal/2007-05-10/2007-05-10-851003
=====> Les actionnaires d’EADS s’octroient 99 millions d’euros
Aéronautique. Lors de l’assemblée générale des actionnaires, une majorité de 52,05 % a voté un dividende maximum, soit 12 centimes par action. La direction se charge de dépecer les effectifs. Les actionnaires se chargent, eux, de trancher dans le vif. À la majorité, ils ont décidé de s’octroyer l’ensemble du bénéfice de l’année 2006, soit les 99 millions d’euros. Par action, le dividende sera donc de 12 centimes. L’ambiance était, semble-t-il, des plus tendues lors de l’assemblée générale tenue vendredi matin à Amsterdam. Le conseil d’administration d’EADS n’avait pas réussi à décider, juste avant l’assemblée, d’octroyer ou non un éventuel dividende au titre de l’exercice 2006. Aucune proposition aux actionnaires n’avait été soumise. Le groupe Lagardère (qui devrait passer de 15 % du capital à 7,5 %) a déclaré vouloir renoncer à sa quote-part, soit 15 millions d’euros, soit-disant par solidarité avec les salariés. L’État français, également actionnaire à 15 %, pourrait faire de même. Pour leur part, les salariés de Nantes et Saint-Nazaire d’Airbus ont refusé les nouvelles propositions de la direction, soit une augmentation salariale de 2,5 %, lors d’une première réunion de négociations salariales à Toulouse, et une prime exceptionnelle de 500 euros versée à l’ensemble du personnel le 1er juin. Les salariés réunis en coordination et des syndicats ont élaboré une plate-forme revendicative commune. Ils réclament le versement de primes exceptionnelles correspondant aux montants de l’intéressement et de la participation de l’année dernière (1 970 euros et 2 200 euros en 2006). Dans un premier temps, les dirigeants d’EADS n’avaient consenti aucune prime et n’avaient octroyé que 2,88 euros d’augmentation salariale pour 2007 (voir notre édition du 4 mai). Un bras de fer va semble-t-il s’engager tant les exigences des uns et des autres sont éloignées. La direction va oeuvrer pour rassurer ses actionnaires. La suppression de 10 000 emplois ainsi que la maigreur des propositions salariales doivent servir à maintenir la confiance parmi les détenteurs de parts de capital et surtout à permettre d’en attirer de nouveaux. Rudiger Grube, nouveau coprésident du conseil d’administration d’EADS, a en effet indiqué que la question d’une augmentation de capital se posait. L’appel à de nouveaux fonds propres pourrait s’avérer nécessaire pour financer, entre autres, le développement de l’A350 XWB (environ 10 milliards d’euros). Les membres du conseil d’administration ont toutefois estimé qu’une telle opération ne pouvait être lancée qu’après des « progrès tangibles » en termes de réduction de coûts. Pour entrer au capital, de nouveaux actionnaires demanderaient d’abord des résultats significatifs sur la mise en oeuvre du plan Power 8. Après une division par seize du résultat d’EADS en 2006, la direction est sous la pression de ses actionnaires. Leur demandant d’attendre les premiers effets des réductions de coûts, la direction a d’ores et déjà fait savoir qu’elle s’attendait, pour 2007, à une « légère baisse » de son chiffre d’affaires et à un « free cash-flow négatif ». Tendre à ce point toute l’entreprise vers l’objectif ultime de « flux de trésorerie disponible » pour l’actionnaire risque d’enfermer plus encore Airbus dans une impasse industrielle et sociale. Sébastien Ganet
Article paru dans l'édition du 7 mai 2007. http://www.humanite.fr/journal/2007-05-07/2007-05-07-850844
Six étudiants de Lyon-II étaient auditionnés, hier, par la commission disciplinaire « pour divers troubles à l’ordre et au bon fonctionnement de l’université ». Les faits remontent à février dernier (1). La présidence de Lyon-II fait alors installer des caméras de vidéosurveillance et des grilles à l’entrée de la fac de Bron. Protestations estudiantines contre l’atteinte aux libertés, tags, deux grilles démontées. Le vice-président appelle la police. Trois jeunes gens sont mis en garde à vue pendant quarante heures, puis poursuivis, au pénal, sur plainte de la présidence, pour « dégradations en réunion ». Leur procès est repoussé à octobre, le juge ayant estimé le climat de ces derniers mois trop politique pour la sérénité requise.
--- un double procès politique
L’affaire ne s’est pas arrêtée là. Après la diffusion d’un tract anonyme qui insultait nommément le vice-président, la présidence saisit la commission disciplinaire contre six étudiants, dont les trois précédents, qu’elle accuse de « divers troubles à l’ordre et au bon fonctionnement de l’université ». Les syndicats du personnel FERC-CGT, SNESUP-FSU et SNASUB-FSU de la fac alertaient, hier, sur « un double procès politique à Lyon-II ». Quatre ans de vie estudiantine sont consignés, en effet, dans les dossiers soumis à la commission et ce recensement pointilleux des activités politiques et militantes incite les syndicats à dénoncer « un fichage systématique en toute illégalité ». Ils entendent saisir la Commission nationale informatique et libertés en urgence. Ils s’indignent de la « double peine » qui menace les trois étudiants déjà cités au pénal et « s’étonnent » que la section disciplinaire soit mobilisée pour des faits « qui ne portent pas atteinte à la mission pédagogique de l’université », mais pour « contribuer à criminaliser l’action militante ». Les six étudiants encourent, au pire, l’exclusion de la fac, sinon un blâme qui figurera dans leur dossier et leur interdira l’inscription à certains concours d’État. Ce qui conduit les syndicalistes à parler de disproportion entre les actes et les sanctions et à appeler à la mesure pour restaurer le dialogue. Ainsi, Samir, représentant de la Fédération syndicale étudiante, seul militant élu parmi les six, s’est contenté de distribuer un tract de soutien aux trois étudiants poursuivis en justice. Sur le perron de Lyon-III où se réunissait la commission et devant une centaine d’étudiants venus soutenir les six « prévenus », il annonçait que les audiences ne seraient pas publiques, que les
élus syndicaux étudiants membres de la commission n’y étaient pas conviés et il expliquait : « On me reproche d’avoir manifesté contre l’université. Non. J’ai manifesté contre la politique systématique de mise en place de dispositifs de "sécurité" par la présidence, qui utilise du personnel pour ficher les gens, qui prépare un nouveau règlement intérieur restreignant toutes les libertés publiques et, en particulier, le "contrôle" des tracts à distribuer. J’appelle cela de la censure. Ces procès politiques, c’est le nouvel ordre Sarkozy. Pour faire passer ses projets sur le contrat unique, par exemple, il a besoin que les étudiants soient soumis. Il ne veut pas d’un deuxième CPE, alors il fait museler les opposants. » Le conseil de discipline rendra son verdict le 21 mai. (1) Voir aussi le témoignage en page « Libres-échanges ». Émilie Rive
Article paru dans l'édition du 10 mai 2007. http://www.humanite.fr/journal/2007-05-10/2007-05-10-850994
=====> Lyon-II : de la répression anti-CPE à la logique sécuritaire
Camille Dubois, étudiante, Mainz. Un an après la mobilisation anti-CPE qui avait entraîné le blocage de Lyon-II pendant environ cinq semaines, l’université a bien changé... Le nouveau président, qui a pris ses fonctions pendant les manifestations, a en effet décidé de privilégier la sécurité, alors que certains bâtiments de la fac tombent littéralement en ruines (plafonds qui s’écroulent dans le bâtiment L). Au programme : vidéosurveillance intensifiée, service d’ordre, contrôles à l’entrée et, suprême sacrilège pour tous les étudiants, installation de grilles sur le « forum », lieu traditionnel d’échanges et de rencontres entre les étudiants. Pour protester contre ce « barricadement », les étudiants ont organisé un festival début février intitulé « Grille ta fac » avec principalement des débats, concerts et projections. Oui mais voilà. Cette résistance rappelle un mauvais souvenir à monsieur le président qui avait été ridiculisé lors du mouvement anti-CPE en tentant de forcer un barrage d’étudiants. Quelque peu nerveux (ça vous rappelle pas quelqu’un ?) , il a préféré appeler la police (pourtant on ne l’aurait pas mangé, je vous jure...). Celle-ci a interpellé trois étudiants. La cause ? Ils avaient de la peinture sur eux, probablement en raison d’une action qui avait consisté à barbouiller de plusieurs couleurs les grilles de la fac. Immédiatement, l’université a porté plainte contre eux. L’intention était pourtant sympa : avec des grilles multicolores, l’université ressemblait moins à une prison. Mais la grande surprise est arrivée pendant l’interrogatoire. Pour tenter d’obtenir des aveux, la police a utilisé un dossier composé d’une grosse vingtaine de clichés d’étudiants dits « gauchistes » fournis par l’université. Selon un journal local, ces photos montrent des étudiants recouvrant une caméra de surveillance d’un sac en plastique, taguant un panneau d’affichage ou tout simplement déambulant dans les locaux de leur fac. Prises par des agents de sécurité censés prévenir les incendies en novembre 2006, elles avaient pour but de fournir des preuves à la police. Seulement voilà : l’incident des grilles repeintes date, lui, de février 2007 et, en plus, ce fichage-là est interdit... Mais dites-moi, monsieur le président, je suis une « gauchiste » moi aussi puisque j’écris dans l’Huma, alors j’aurais droit à une photo aussi ? Article paru dans l'édition du 10 mai 2007. http://www.humanite.fr/journal/2007-05-10/2007-05-10-851039
CB : Nicolas Sarkozy sur le yacht de Vincent Bolloré au large de l'île de Malte... Vacances méritées ou vacances choquantes ?
HE : Les français et françaises ont confié le pouvoir politique au pouvoir de l'argent, bien nous en avons l'image éclatante. Ca n'étonnera que ceux qui ne l'avaient pas compris ou qui faisaient semblant de ne pas le comprendre...
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Agenda presse
Henri Emmanuelli sera l'invité de la Matinale ce jeudi 10 mai à 7h45 sur Canal +. - From: Henri Emmanuelli <henri@henriemmanuelli.fr>
Newsletter n°35 du 10 Mai 2007
--- A la Une Culture Rock : acte V
Pour la cinquième année, le festival « Culture Rock » donne rendez-vous aux amateurs (spectateurs mais aussi musiciens avec le 14ème tremplin Rock junior) de Rock n Roll. Initié par l’Abc et soutenu par la ville, ce cru 2007 du 10 au 13 mai frappe un grand coup avec la venue des Wampas ( et la mise en place d’un partenariat avec le Krakatoa) à Mérignac et du groupe « survitaminé » Debout sur le Zinc le samedi 12 à Fongravey. Découvrez le programme des festivités grâce au blog http://www.myspace.com/culturerock33
A ne pas rater le « contest Skate », Rollers et BMX et les concerts gratuits le dimanche 13 de 10h à 18h au parc de Frongravey et dans le street park.
--- En Bref
-- Résultats du second tour des élections présidentielles
Résultats du second tour de l’élection présidentielle.
Les résultats du second tour de l’élection présidentielle à Blanquefort sont en ligne. Pour les connaître consultez le site Internet en cliquant ici
http://www.ville-blanquefort.fr/
-- Parution du guide de l'été
Le nouveau guide de votre été à Blanquefort est arrivé ! Animations et programme des centres de loisirs et l’ABC, de la piscine, horaires d’été de la médiathèque, l’opération bus plage… retrouvez toutes ces informations dans le guide de l’été disponible dans tous les lieux d’accueil et sur le site.
http://www.ville-blanquefort.fr/complements/newsletter/guide.pdf
--- En Plus
-- Déclaration d'impôts
Comme chaque année, la mairie assure des permanences pour aider les Blanquefortais à compléter leur déclaration d’impôts. Cette année, elles se déroulent le mercredi 9 mai de 9h à 12h à la MSP de Caychac, et le jeudi 10 mai de 9h à 12h en salle Corbeil 2 (à côté de l’Hôtel de Ville). Et pour ceux qui souhaitent déclarer leurs revenus sur Internet, le service est disponible depuis le 2 mai sur www. impots.gouv.fr
-- Un coucours d'épouvantails. Dans le cadre de Toute la ville jardine, un concours d’épouvantails est organisé lors de la journée Vie de jardin, le samedi 2 juin. L’imagination de chacun est sollicitée, sans aucune contrainte concernant le matériel à utiliser. Trois catégories sont proposées (création individuelle, création collective, épouvantail humain costumé) et de nombreux lots sont à gagner. Le règlement du concours - Contact : Dorothée Chazarenc 05.56.95.56.45
Service Animation et Vie Locale
--- Arret sur image
>> Retrouvez notre sélection de photos de la visite des serres municipales sur la galerie
http://www.ville-blanquefort.fr/blanquefort/pagesEditos.asp?IDPAGE=912&sX_Menu_selectedID=left_435738D3
>> Le Festival Voix Multiples, co-organisé par les Colonnes, l’Abc et la médiathèque Assia Djebar se poursuit jusqu’au 12 mai. http://www.ville-blanquefort.fr/elac/
Retrouvez les images du lancement et de la conférence de Juan Carlos Caceres en spectacle le 11 mai à 20h30 à la salle de Fongravey.
--- Agenda
-- Du 10 au 13 mai : 5 ème édition du Festival Culture Rock- Salle de Fongravey
-- Vendredi 11 mai à 20h30 : concert « tango negro » par Juan Carlos Caceres – Salle de Fongravey
-- Du 11 au 13 mai : finales du championnat de France de basket handisport – gymnase du Port du Roy
-- Samedi 12 mai à 11h : P’tit Noir Voix Multiples au Huit et demi
-- Samedi 12 mai de 8h30 à 18h : exposition de Patchwork sur Toute la Ville Jardine – Maison du patrimoine
-- Samedi 12 mai de 9h30 à 12h : Atelier Toute la Ville Jardine sur la gestion de l’eau – Halles du marché
-- Du 14 mai au 2 juin : exposition « La ville jardine » - Maison du Patrimoine
-- Mardi 15 mai à 18h : rendez-vous ciné-club « Sérénade à trois »d’Ernst Lubitsch – Les Colonnes
-- Samedi 19 mai de 14h30 à 19h et Dimanche 20 de 9h30 à 13 h et de 15h à 18h : Les Aquafolies à la piscine municipale (toutes les animations pour le prix d’une entrée piscine)
-- Mercredi 23 mai de 13h30 à 17h30 : Fête de l’enfance – Centre de Loisirs, salle, château et parc de Fongravey
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--- Actualité
-- Françafrique : le réseau Chirac, la relève Sarkozy ?
Que sait-on des liens entre Nicolas Sarkozy et la Françafrique ? Quels sont ses rapports avec l’Afrique ? Avec quels dictateurs entretient-il des relations personnelles ? Quels sont ses liens avec le réseau Pasqua ? Quelle est l’implication de Nicolas Sarkozy dans les « affaires » ? Lors d’une conférence publique, le groupe local de Survie en Isère répondait à ces questions.
Retrouvez la retranscription de cette conférence sur le site de Survie : http://www.survie-france.org/article.php3?id_article=929
-- Affaire Borrel. L’Elysée se ferme à la Justice. Communiqué de Survie et de l’ARDHD le 4 mai 2007
Survie et l’ARDHD sont indignées par le refus d’ouvrir les portes de la cellule « Afrique » de l’Elysée aux juges Fabienne Pous et Michèle Ganascia, qui enquêtent sur une possible tentative de pression sur la Justice française, dans le cadre d’une plainte déposée par Mme Borrel contre M H. Hervé Ladsous, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères à l’époque. En fermant la porte de l’Elysée aux deux juges qui voulaient perquisitionner la Cellule « Afrique » de la Présidence, les plus hautes autorités de l’Etat ont-elles voulu dresser un énième obstacle à l’instruction sur l’assassinat du juge Borrel (assassiné à Djibouti en 1995) ou ont-elles cherché à gagner du temps pour détruire les documents les plus compromettants ?
Lire le communiqué : http://www.survie-france.org/article.php3?id_article=928
-- Togo : deux ans après, les victimes attendent toujours justice. Communiqué de presse de Survie, ACAT-France, Amnesty international, CCFD, FIACAT, Franciscans international, OMCT, Secours catholique, le 26 avril 2007.
Depuis deux ans, les victimes des très graves atteintes aux droits humains commises dans le cadre de l’élection présidentielle au Togo attendent toujours que justice leur soit rendue. Ces violences ont entraîné la mort de plusieurs centaines de personnes et le déplacement de milliers d’autres dans les pays voisins. Cette élection, entachée d’irrégularités et de violences, a vu la victoire de Faure Gnassingbé, le fils du président défunt, en avril 2005. À la suite de pressions internationales, les autorités ont créé, en mai 2005, une Commission nationale spéciale d’enquête indépendante (Commission Koffigoh) chargée de déterminer les circonstances des violences, d’évaluer les préjudices subis et de faire entreprendre des poursuites judiciaires.
Lire le communiqué : http://www.survie-france.org/article.php3?id_article=925
--- A lire
-- Billets d'Afrique et d'ailleurs, nouvelle version
Bulletin mensuel d'information alternative sur les avatars de la politique de la France en Afrique, Billets d'Afrique vient de changer de maquette pour une lecture plus agréable et aisée de sujets toujours aussi sérieux.
Abonnez-vous à Billets sur : http://www.survie-france.org/article.php3?id_article=65
Billets d'Afrique et d'ailleurs n° 158 (Mai 2007)
-- Edito : Élection au Nigeria
Avec 130 millions d’habitants le Nigeria est le plus peuplé des États africains. C’est aussi le premier producteur de pétrole du continent. Ce n’est que la troisième puissance économique, après l’Afrique du Sud et l’Algérie. L’histoire de cette ancienne colonie britannique a été chaotique. Les coups d’État militaires se sont succédé et la rébellion des Ibos, de 1967 à 1969, armée et soutenue par la France de Foccart, a été vaincue au prix d’un million de morts.
Lire la suite : http://www.survie-france.org/article.php3?id_article=927
-- La Nuit rwandaise. Revue sur l’implication française dans le génocide au Rwanda
En souvenir à Jean-Paul Gouteux (disparu en juillet 2006) auteur de plusieurs livres sur l’implication de la France dans l’extermination des Tutsi du Rwanda, cette revue entend poursuivre le combat contre le négationnisme, pour essayer de comprendre et mettre au jour les implications françaises au Rwanda, les soutiens militaires, les relais médiatiques et intellectuels de ce « nazisme africain », pour qu’enfin le “Plus jamais ça !” cesse d’être un vœux pieux et impuissant. Cette revue paraîtra chaque année, à la date anniversaire du génocide d’avril.
Informations complémentaires et commande sur http://nuit.rwandaise.free.fr/
--- A voir
-- Desert Rebel. Ishumars les Rockers oubliés du désert. Documentaire. DVD. 95 min.
1er volet d’une série de documentaires sur les cultures en résistance à travers le monde, Desert Rebel retrace la rencontre d’artistes et de techniciens français avec les Touaregs de la région de l’Aïr dans le nord Niger. A travers leur musique, ceux-ci montrent d’une façon criante et poétique les difficultés qu’ils ont à survivre dans un monde qui ne laisse plus de place aux nomades.
Avec Abdadallah Oumbadougou, Takrist’ Nakal, Amazigh Kateb (Gnawa Diffusion), Guizmo (Tryo), Daniel Jamet (Mano Negra), Junior Cony et bien d'autres.
DVD accompagné d’un CD 15 titres, en vente chez tous les disquaires.
Plus d’informations sur : http://www.desertrebel.com
--- Agenda
-- Concert "Décolonisons" le mercredi 16 Mai à Paris
A 19h30 à la Bellevilloise (20ème arrondissement) des artistes de la compilation « Décolonisons ! » produite par Survie et sortie en février 2007, partageront avec le public leurs engagements. Grâce à leur créativité musicale ils soutiendront le travail de Survie contre le nécolonialisme de la Françafrique et la persisitance des imaginaires coloniaux au sein de la société française. Avec le Ministère des Affaires Populaires (rap-chanson/Lille), Apkass (slam jazz / Congo Kinshasa), Synaps (rap electro/ France), Kajeem (Reggae/ Côte d’Ivoire), Komandant Simi Ol in the Arrr Force (rock-reggae/ Côte d’Ivoire), Axiom (Rap/Lille) et Jahwise (ragga/Congo Kinshasa).
Programme complet, tarifs, contacts et préventes : http://survie-france.org/article.php3?id_article=916 et www.decolonisons.com
-- Projection-débat sur l’affaire Borrel avec Elisabeth Borrel le samedi 19 mai à Lannion (22)
Organisé par Survie Côte d’Armor
- de 17h à 19h Elisabeth Borrel dédicacera son livre Un juge assassiné à la librairie Gwalarn 15 rue des Chapeliers à Lannion
- à 20H30 Projection du documentaire L’Affaire Borrel, révélation sur un suicide impossible de Bernard Nicolas suivi d’un débat.
Renseignements : http://survie-france.org/article.php3?id_article=932
-- Cycle de conférences-débats « Que fait la France en Afrique ? » à Grenoble du 25 octobre 2006 au 13 juin 2007
Organisé par Survie-Isère en partenariat avec Afrique en Marche et le CIIP. Mercredi 23 mai à 20h30, Conférence « Vous avez dit... cette si douce Tunisie ? » avec Jo Briant, animateur du Centre d’Information Inter-Peuples à la Maison des Associations de Grenoble Programme complet et renseignements : http://www.survie-france.org/article.php3?id_article=793
-- Projection-débat sur la privatisation du rail au Mali le vendredi 25 mai à Paris
Organisé à l’occasion de la venue en France de Tiécoura Traoré, président fondateur du Cocidirail, un collectif citoyen contre la privatisation du rail au Mali, les associations ATTAC (groupe Afrique), CADTM, SURVIE (Paris Ile de France) et SUD RAIL. A 19h30 au Centre culturel La Clef/Cinéma Images d’ailleurs, avec projection du film de Vincent Munié La voie est libre (prix du festival Cinérail en février 2007 à Paris).
Renseignements : http://survie-france.org/article.php3?id_article=933
-- « L’afrique confrontée au rouleau compresseur de la mondialisation », projections-débat le 2 juin à Toulouse
De 14h à 18h30 à l’Utopia. 24, rue Montardy. À Tournefeuille, impasse du château.
Journée organisée par Survie 31 avec les UD solidaires, CGT, CFDT, FO, FSU, Attac, Resf, Artisans du monde.
Projection des films : La voie est libre de Vincent Munié : l’histoire de la construction à la privatisation du chemin de fer au Mali. Débat avec Tiécoura Traoré (président de la Cocidirail), suivi de la projection de Le bon élève, film de Paolo Querigno : souvent cité comme un modèle de démocratie en Afrique, le Mali est considéré comme un "bon élève" par le FMI et la banque mondiale. Les réalisateurs se penchent sur la réalité que recouvre le leitmotiv "d’ajustement culturel". Débat avec Paolo Querigno, Geneviève Azam (ATTAC), Henri Célié (Solidaires) et François Lille (Survie)
Renseignements : http://survie31.over-blog.com/
-- Projection débat sur le génocide au Rwanda le 7 juin à Toulouse
A 20h00 à l’Utopia. 24, rue Montardy. À Tournefeuille, impasse du château.
Projection débat autour du film Sometimes in April de Raoul Peck, débat organisé par Survie 31
Renseignements : http://survie31.over-blog.com/
--- Survie est une association (loi 1901) qui milite pour l'assainissement des relations franco-africaines et contre la banalisation du génocide. Elle est aussi engagée en faveur de l'accès de tous aux biens fondamentaux, au Nord comme au Sud. www.survie-france.org - Pour adhérer à Survie, aller sur http://www.survie-france.org/article.php3?id_article=13
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O ESTADO DE S. PAOLO 09 mai 2007 - 23:06 Bernard-Henri Lévy intercède pour Cesare Battisti
Durant son entretien avec Tarso Genro, le philosophe français s’est dit convaincu qu'il y a une « possibilité d’innocence » dans le cas de l'ex-terroriste italien arrêté à Rio - Rui Nogueira
BRASÍLIA - Bernard-Henri Lévy, 58 ans, l’un des plus importants philosophes et auteurs français de l'actualité, a intercédé ce mercredi 9 auprès du ministre de la Justice, Tarso Genro, en faveur de l'Italien Cesare Battisti, ex-militant du mouvement extrémiste de gauche Prolétaires Armés pour Comunisme (PAC). Battisti, qui a été arrêté le 18 mars à Rio, est incarcéré à Brasília où il attend le jugement par le Suprême (Tribunal Fédéral) de la demande d'extradition introduite par le gouvernement italien. Il a été condamné à la prison à vie en 1993, pour sa possible implication dans quatre meurtres commis au cours des années 70 par le groupe extrémiste dont il faisait partie. Néanmoins, l'ex-terroriste italien proclame son innocence. Au cours de l'audience à laquelle assistait un groupe journalistes, Henri Lévy a expliqué clairement qu’il basait sa demande à Tarso sur un fait objectif et sujet à controverse de cette affaire, et sur sa connaissance de la vie de Battisti en France. Il a dit et a répété, à plusieurs reprises, qu’il connaissait l'indépendance de la Justice Brésilienne, qu’il respectait ses principes, mais qu’il intercédait parce qu’il était convaincu qu'il existe une « possibilité d'innocence » dans le cas de l’ex-militant et terroriste italien. Le philosophe s’est présenté comme quelqu'un qui a « horreur du terrorisme », pratique qu’il a toujours considérée comme « fasciste » et qu’il a appelée « la pire des choses, hier et aujourd'hui ». Lévy, auteur de Le Siècle de Sartre, American Vertigo, Éloge des Intellectuels et Le Diable en Tête, parmi beaucoup d'autres ouvrages, est venu au Brésil pour participer, à Porto Alegre, au séminaire « Frontières de la Pensée ».
--- Preuves fragiles
Ce mercredi, il a réaffirmé qu’il avait décidé de se mobiliser pour Battisti après avoir été assailli par le doute quant au fait que l'auteur italien ait commis les crimes que la police et la Justice lui attribuent. Il considère que les preuves de l'enquête sont fragiles. Battisti, 52 ans, condamné à la prison perpétuelle en 1990 en l'Italie, a été arrêté à Rio lors d’une opération PF-Interpol, en réponse à la demande de capture de l'Italien en vue de son extradition. Avant d’être jugé en Italie par contumace, il s’est enfui de prison et s'est réfugié en France. Lévy a dit au ministre Tarso Genro qu’il avait honte que la France ait « trahi sa parole ». En parlant de la « trahison » française, le philosophe faisait allusion à la décision du gouvernement actuel de révoquer une décision d'État prise par le président François Mitterrand (1982-1995), qui permettait aux auteurs de « crimes politiques » repentis de vivre en paix en France. C’est à cause de ce changement que Battisti a fui pour le Brésil en 2004. Lévy savait que l'auteur italien résidait illégalement dans le Pays, mais il a soutenu que les instances Judiciaires Brésiliennes devraient prendre en compte le fait que les accusations contre Battisti sont basées sur des dénonciations de « criminels repentis ». Bernard-Henri Lévy a aussi déclaré qu'il intercédait pour Battisti parce que, contrairement à la France, l’Italie demande que les fugitifs, jugés par contumace, soient extradés pour accomplir leur peine, mais qu’ils n'ont pas droit à un nouveau procès. « Toute personne a le droit d'être jugé devant un juge », a-t-il affirmé.
--- Sans pouvoir d'ingérence
Tarso Genro a dit à Lévy que son ministère n'avait pas la possibilité d’intervenir, la décision revenant au Suprême. Le jugement sera établi « en conformité absolue avec les règles du droit », a souligné le ministre. Promettant de s'informer plus amplement sur ce cas, il a admis la possibilité de prendre position en tant que militant, homme politique et citoyen, sur le sujet. « Mais il n'y aura aucune intervention institutionnelle », a-t-il souligné. Le mois passé, au cours d’une visite officielle au Brésil, le Premier ministre Romano Prodi a expliqué clairement qu’il attendait que le Tribunal Suprême (STF) extrade Battisti. « J’espère que la coopération policière entre le Brésil et l’Italie continuera et qu’elle s’entendra au domaine de la Justice », a affirmé Prodi dans une entrevue à São Paulo. (…)
--- Traduction : B. Pasobrola http://www.estadao.com.br/ultimas/cidades/noticias/2007/mai/09/407.htm
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Depuis 1978, avec Michel Rocard dès 20 heures, les soirées de défaites électorales voient surgir de l’horloge socialiste un coucou familier. Il chante la chanson désormais traditionnelle de l’appel à la rénovation et à la conversion sociale-démocrate de la gauche. Hier surprenante, l’antienne est aussi obsolète que son objet après trente ans d’usage. On pouvait y réfléchir au siècle dernier. Mais en 2007, comment le navrant naufrage de la social-démocratie européenne suivant de près celui du communisme d’État, pourrait-il encore servir de modèle ? Au Royaume-Uni ou en Allemagne, seule ou en alliance avec la droite, elle démantèle l’État social qu’elle avait construit. En Espagne ou en Italie, tranquillement ou dans les combinaisons, les réformes sociétales remplacent les conquêtes sociales. Et je ne dis rien du bilan effrayant de la social-démocratie latino-américaine. Ici ou là, bien sûr, passent quelques rayons de lumière. Mais la social-démocratie qu’idéalisent d’aucuns, faute d’imagination, n’est pas un avenir utile en France. Nous ne pouvons échapper au devoir de remiser au rayon des archives toutes les formules dorénavant épuisées. La modernité n’est pas un prêt-à-porter mais une création à accomplir. Cette réinvention de la gauche a lieu en ce moment même en Amérique latine, au Brésil, Venezuela, Bolivie, Équateur parmi d’autres pays. Évidemment, aucune ne nous fournit de modèle transposable. Mais l’énergie, l’audace et la persévérance qui les ont rendues possibles doivent impérativement nous servir de référence. Elles valent bien mieux que certaines illusions de confort. Comme par exemple de croire que notre nouvelle défaite est seulement affaire de personne ou de style de campagne. Elle sanctionne d’abord l’échec de la gauche - toute la gauche - à entraîner la société. Quelle rude leçon nous inflige la droite à ce sujet ! La rupture proposée par Nicolas Sarkozy est le miroir de nos timidités, sa provocante clarté le revers des euphémismes sociaux-démocrates embarrassés dès qu’il s’agit de dénoncer l’accumulation des richesses dans les mains de quelques-uns et le système qui rend possible cette spoliation. Le triomphe de Sarkozy est construit sur une victoire culturelle telle qu’à l’heure du choix, en toute bonne foi, la conscience sociale aveuglée par les mirages de l’idéologie dominante, les pauvres votent comme s’ils étaient riches ! Face à une droite décomplexée, une gauche tout aussi décomplexée doit enfin s’affirmer pour construire une nouvelle conscience citoyenne. Assez rasé les murs pour parler du partage de la richesse, pour assumer le rôle de l’État stratège dans l’économie, maître du temps long, gardien de l’intérêt général, acteur de première ligne face à l’urgence sociale. Assez de litote pour rejeter la monarchie patronale, affronter la tyrannie de la dictature de l’actionnariat sur l’économie productive. Tout tourne autour d’une question : quelle attitude avoir face à la mondialisation libérale, ce nouvel âge du capitalisme ? L’adopter, c’est la droite. L’accompagner, c’est l’illusion sociale-démocrate. Faire bifurquer le système au profit de priorités sociales et écologiques, c’est notre devoir d’invention. Comment faire ? Avec qui ? Dans quelle forme d’institution républicaine en France et en Europe ? Qui oserait dire que nous ne possédons aucune réponse après tant d’années de colloques, de luttes, de forums sociaux et d’expériences sous toutes les latitudes. Ce qui manque, c’est le lieu politique de la mise en mots partagée et en programme. C’est la condition pour que les idées deviennent une force matérielle : celle des millions de consciences qui la prendront en charge. Beaucoup au sein du PS évoquent la création d’un nouveau grand parti progressiste, largement ouvert aux forces diffuses de la société civile qui agissent aujourd’hui sans débouché politique. L’autre gauche est ainsi mise au défi. Comme pour la candidature à la présidentielle va-t-elle maintenir sa fragmentation si désespérante et si nuisible à la gauche tout entière ? Alors, il faudra admettre que l’avenir de la gauche est dans le parti unique que préfigure le Parti socialiste. Au contraire, saura-t-elle proposer un dépassement de ses structures ouvrant ainsi un autre choix à gauche ? Celui d’une alternative prête à la conquête des pouvoirs plutôt qu’à l’adjuration, à des alliances plutôt qu’à l’ostracisation de ses voisins et cousins de gauche ? Comme au lendemain du référendum, les délais de réponse ne sont pas infinis. Et la droite ne nous laissera pas de répit. Article paru dans l'édition du 9 mai 2007. http://www.humanite.fr/journal/2007-05-09/2007-05-09-850957
La défaite est sévère. Certains seront tentés, comme en 2002, de refermer le couvercle sur les raisons profondes de l’échec et d’attendre tranquillement la prochaine échéance électorale. L’heure est au contraire à la réflexion et à l’action pour contribuer à une refondation. C’est en effet à un réarmement idéologique, politique, culturel, et à une clarification d’orientation qu’il faut s’atteler. Après cinq ans de pouvoir d’une droite dure, le « sortant » Nicolas Sarkozy aura réussi à faire oublier les politiques brutales de démantèlement social et démocratique dont il aura été un acteur essentiel et à se faire passer pour un homme « neuf » prônant la « rupture ». Ne sous-estimons pas sa méthode : depuis dix ans, il affirme sa fierté d’être à droite, il travaille à la cohérence d’une idéologie, d’un discours et d’une perspective agrégeant les diverses valeurs de la droite, mariant ultralibéralisme et autoritarisme, « laisser faire » économique et ordre sécuritaire et identitaire. Il n’a pas dévié de cette ligne ; il en recueille les fruits. Nous savons ce qui nous attend : une politique de contre-révolution libérale et conservatrice. Sur tous les terrains, il va falloir résister, pied à pied. Mais la lutte sera d’autant plus efficace qu’elle pourra s’appuyer sur une amorce d’alternative globale. On conteste d’autant plus et mieux que l’on sait par quoi remplacer ce que l’on refuse. L’heure du choix d’orientation à gauche est clairement venue. Certains disent aujourd’hui que l’échec provient de la division de la gauche et de son insuffisante adaptation au libéralisme. Selon eux, il faudrait donc la rassembler autour d’une politique dite « réaliste », renonçant à contester l’ordre capitaliste, préparant les alliances au centre. Mais cette option, nourrie d’autres expériences européennes, a été au coeur de la campagne socialiste depuis quelques mois ! Ne tirant aucune leçon du 21 avril 2002, Ségolène Royal, aura tenu un discours de facture libérale sur le « goût du risque », « l’esprit d’entreprendre », le refus de « l’assistanat », la réconciliation avec le profit, allant jusqu’à disputer à Sarkozy une part du discours sécuritaire et identitaire. Ce parti pris, accentué entre les deux tours, a désorienté l’électorat de gauche. Nous sommes convaincus que c’est l’une des clés de la défaite. L’adaptation sociale-libérale et l’ouverture au centre n’ont rien produit de bon, ni en France ni ailleurs en Europe. Cela a nourri les échecs des politiques menées par la gauche et le désarroi populaire depuis plus de vingt ans. Nous pensons que la gauche ne renouera avec les catégories populaires que si elle contribue à construire avec elles une alternative moderne, crédible et mobilisatrice. C’est en refusant la fatalité libérale que le mouvement populaire a retrouvé son allant dans la dernière décennie. C’est parce que la gauche de gauche n’a pas offert de prolongement unitaire à la campagne du « Non » au référendum européen et aux mobilisations sociales, qu’elle n’a pas été en mesure de peser sur le débat électoral et d’empêcher la droitisation des thèmes de campagne. Elle a, au total, réalisé, son plus mauvais score électoral depuis vingt ans, affaiblissant en conséquence la mobilisation de la gauche tout entière. L’urgence est certes de se rassembler pour faire front, et ce dès les législatives, mais aussi de reprendre l’offensive sur le terrain des idées et des propositions autour de contenus transformateurs et attractifs. Une gauche molle n’est pas l’outil politique adéquat face à la contre-révolution libérale ; quant à une « petite » gauche, elle serait cantonnée au rôle d’aiguillon minoritaire d’un social-libéralisme hégémonique. C’est à une refondation qu’il faut s’atteler, de la gauche, d’une gauche qui soit à gauche. Une gauche qui assume sans complexe sa vocation à répondre aux attentes populaires. Une gauche fidèle à ses valeurs et qui se renouvelle. Une gauche qui cesse de se dérober à la rupture avec l’ordre libéral et capitaliste dominant. Une gauche qui ne cherche pas son salut dans des alliances à droite ou le « dépassement des clivages ». Une gauche qui mette l’émancipation individuelle et collective au cœur de son projet et vise la conquête de nouveaux droits et libertés. Une gauche qui donne la priorité à la satisfaction des besoins du plus grand nombre, qui relève le défi du partage des richesses et des pouvoirs, qui défende un nouveau modèle de développement respectueux des équilibres écologiques, qui replace la souveraineté populaire au cœur de ses propositions pour la France et pour l’Europe. Ce projet peut et doit l’emporter demain à gauche. C’est la condition d’une future victoire sur la droite et sa politique. Regardons autour de nous, sans nous engluer dans la déprime ou les rancœurs. Il y a celles et ceux qui se sont retrouvés derrière les candidatures d’Olivier Besancenot, de José Bové ou Marie-George Buffet. Il y a ces collectifs unitaires antilibéraux qui, localement, ne se sont pas résignés à l’échec de l’unité antilibérale. Il y a les acteurs sociaux qui savent combien l’absence d’alternative politique pèse sur l’issue de leurs luttes. Il y a les forces intellectuelles et culturelles critiques qui ne demandent qu’à être utiles au champ politique. Il y a, très nombreux, celles et ceux qui, socialistes, écologistes, républicains de gauche, d’autres encore, dans la jeunesse notamment, partagent la nécessité de reconstruire une gauche loin de toute normalisation social-libérale. Notre défi commun est clair : nous avons échoué pour n’avoir pas su agréger dans une visée commune toutes ces énergies antilibérales et transformatrices ; nous ne réussirons qu’en les rassemblant, dans leur diversité, sans nier leurs différences, en valorisant la part immense qui leur est commune. La gauche doit enfin tirer le bilan de 25 ans de renoncement à être elle-même. Nous devons, très vite, redresser la tête pour résister et réfléchir ensemble : à ce qui nous est arrivé, à ce que nous voulons tous ensemble qu’il advienne. Nous avons besoin d’espaces partagés pour penser, converger, débattre, agir. A l’automne, partis et courants politiques, collectifs et comités, tiendront congrès, assises, colloques… Au-delà, pour refonder une gauche de gauche, des convergences seront nécessaires. Pour rassembler de façon très large toutes les forces attachées à la transformation sociale, il faut entamer un processus de rapprochement pouvant déboucher sur un moment fort du type États-Généraux. Nous versons cette perspective au débat. Après la défaite, l’heure pour la gauche est d’être maintenant, à gauche ! Le 10 mai 2007 - Eric COQUEREL (président Mars Gauche Républicaine) - Claude DEBONS (ex-coordinateur collectifs du 29 mai)) - Charlotte GIRARD (secrétaire nationale PRS) -François LABROILLE (élu régional IDF Alternative Citoyenne) - Jacques LERICHOMME (syndicaliste) - Claude MICHEL (syndicaliste) - Christian PICQUET (LCR Unitaire) - Catherine TRICOT (communiste unitaire) - José TOVAR (syndicaliste). - From: demainagauche <demainagauche@orange.fr>
L’élection de Nicolas Sarkozy est incontestable. Elle n’en est pas moins une très mauvaise nouvelle pour la France. Si le nouveau Président de la République a masqué son projet libéral par un discours démagogique en faveur du monde du travail, la soupe n'en sera que plus amère pour la grande majorité de nos concitoyens qui, justement, ne vivent que des revenus de leur travail. Car au-delà de l’habillage il y a une véritable politique de « classe », en rupture même avec ce qu’il restait de la tradition sociale de la droite gaulliste. M. Sarkozy a dit sa volonté de la mettre en œuvre rapidement, quitte à faire siéger l’Assemblée Nationale cet été. Cet empressement cache une certaine lucidité : s’il a gagné, Nicolas Sarkozy sait paradoxalement qu’il est loin de disposer d’une adhésion majoritaire dans la population pour une politique aussi radicale. Il lui faut donc aller vite et profiter de l’élan qu’il espère tirer de sa victoire. Il appartient donc à toutes les forces de la gauche politique et sociale de ne pas céder à l’abattement et à la résignation et, dès demain, de reprendre le combat. Pour ce faire, la gauche doit commencer à tirer des leçons de son échec. Un échec d’autant plus cuisant qu’il aurait du être évité ! Rien de ce qui se passe depuis cinq ans n’aurait du permettre à M. Sarkozy de se revendiquer comme le candidat du peuple alors que son programme n'est jamais qu'une simple démarcation de celui du MEDEF ! La gauche n’a pas su renouer suffisamment avec les classes populaires. Elle n’a pas su présenter une alternative à la hauteur des enjeux sociaux et démocratiques tels que le laissaient espérer la victoire du "non" au projet de Traité Constitutionnel Européen, la mobilisation sociale victorieuse contre le Contrat Première Embauche et les scrutins électoraux intermédiaires qui avaient démontré la possibilité de battre la droite. Cette défaite est d’abord celle du social-libéralisme. Ségolène Royal en a en effet proposé une version vantant davantage "l’esprit d’entreprise" que s'articulant sur la question du partage des richesses entre le capital et le travail dont le déséquilibre, accentué depuis 10 ans, mine pourtant l’économie et la société française. Ce discours œcuménique, qui s'est renforcé entre les deux tours, a tout naturellement débouché sur une invitation à une construction politique "ad hoc". Mme Royal s’est voulue le trait d’union entre le François Mitterrand de la France Tranquille de 1988 et le New labour de Tony Blair en suggérant, en fin de campagne, un nouvel horizon stratégique « à l’italienne » d’alliance avec le centre, se proposant même de dépasser la logique « des clivages » et des « blocs », c'est à dire la confrontation entre la gauche et la droite. Ce n'était pas là que résidait la voie pour la victoire, ce n'est pas là qu'elle résidera demain. La responsabilité des forces de gauche qui avaient su participer activement à la victoire du 29 mai 2005 est également engagée dans cette défaite. Nous restons convaincus qu’une gauche antilibérale unie aurait été à même de modifier le rapport de force à gauche et donc de changer la donne, comme (d’une certaine manière) a su le faire, dans un sens opposé, François Bayrou. Que l’on ne s’y trompe pas, l’échec terrible des forces de la gauche de transformation n’aura pas marqué la faillite de leur stratégie d’union mais au contraire été provoqué par leur incapacité à mener celle-ci jusqu’au bout. Ce double échec implique une nécessité : il faut refonder un véritable projet alternatif à vocation majoritaire en s’adressant à toute la gauche si nous ne voulons pas que ces élections ouvrent pour de bon une mutation politique en France. Car n’en doutons pas, des voix vont désormais se faire plus fortes au sein du Parti socialiste et de ses alliés pour accentuer et théoriser l’alliance esquissée avec le centre. A l’autre bout de l’échiquier de la gauche, d’autres ne vont pas manquer de cautionner cette dérive en décrétant une frontière toujours plus infranchissable entre « deux gauches ». Face à ce phénomène prévisible, il devient urgent que tous ceux qui refusent cette double évolution au nom de la vocation transformatrice historique de la gauche, trouvent des espaces de discussion, de débat, d’élaboration et de mobilisation. Mais d’abord donc, il nous appartient de relever la tête et de nous mobiliser pour les législatives en refusant à Nicolas Sarkozy la majorité parlementaire dont il rêve. Le Mars-Gauche républicaine appelle en conséquence la gauche à se présenter devant les électeurs sur ses valeurs ce qui implique de se démarquer nettement de toute construction politique avec le centre. Nous affirmons également qu’il est encore temps pour que les forces, sensibilités et personnalités de la gauche antilibérale, quel que soit leur parti, fassent preuve de lucidité en s’unissant ou tout au moins en évitant au maximum les situations de concurrence pour les législatives afin de ne pas être réduit au silence voir disparaître de l’assemblée nationale. Le Mars-Gauche Républicaine est pour sa part disposé à toute réunion qui travaillerait dans ce sens. Il n’est pas trop tard ! Nous n’avons pas su apporter à notre peuple la victoire qu’il méritait, nous lui devons aujourd’hui de ne pas céder à la résignation. Le 6 mai 2007 - From: infoscitoyennes <infoscitoyennes@orange.fr>
Nous voici entrés dans la France de Nicolas Sarkozy. Une France qui, cela nous a clairement été annoncé dans le premier discours de l’ex-candidat UMP devenu président de la République, se verra placée, dès le début du quinquennat, sous les auspices d’une véritable contre- révolution conservatrice à la française. Des attaques qui se dessinent contre le droit de grève ou les régimes spéciaux de retraite à la volonté affichée de mettre très vite au pas les secteurs les plus combatifs et organisés du salariat - à commencer par les cheminots -, de la détermination exprimée à démanteler tout un pan du code du travail à l’offensive qui se profile contre l’immigration ou le regroupement familial, du durcissement de la politique sécuritaire à la révision en urgence de l’ordonnance de 1945 sur la délinquance des mineurs : ce n’est pas seulement à Chirac en pire qu’il nous faut nous préparer, c’est à une accélération sans précédent de la déréglementation libérale, doublée de l’avènement d’un bonapartisme autoritaire... C’est à la tentative de liquider ce qu’il restait encore du pacte social issu de la Libération... C’est à la volonté d’en finir avec cette résistance, insupportable aux possédants et souvent baptisée « exception française », qui a jusque-là empêché la conversion du pays à la norme marchande qui prévaut sur le reste du continent...
--- Une lourde défaite politique
Parlons sans détour : le peuple de gauche et le mouvement social viennent d’essuyer, ce 6 mai, une lourde défaite politique. Une défaite qui n’est pas sans rappeler, dans un contexte historique évidemment différent, celle de 1958, lorsque le coup de force institutionnel du général de Gaulle accoucha tout à la fois d’un projet destiné à unifier les classes dirigeantes, d’une configuration renouvelée de la droite et de la vie politique françaises, d’un rapport de force totalement bouleversé, d’un nouveau système politique. Si l’on excepte les deux scrutins qui la virent éliminée d’un second tour - 1969 et 2002 -, et l’élection de 1965 (qui amorçait à peine la décrue de la vague gaulliste ayant déferlé sur le pays quelques années auparavant), c’est la première fois que la gauche obtient un résultat aussi désastreux à une présidentielle. À l’inverse, avec un peu plus de 53% des suffrages recueillis dans le cadre d’une participation électorale record, Sarkozy peut se targuer d’une légitimité qu’aucun de ses prédécesseurs de droite n’aura connue, hormis le fondateur de la V° République. Un débat s’ouvre désormais à gauche : comment a-t-on pu en arriver là ? Pourquoi une consultation, qui eût théoriquement dû être gagnée au vu du bilan calamiteux de la droite aux affaires depuis cinq ans et de la brutalité du programme défendu par le candidat de l’UMP, a-t-elle été perdue avec une telle ampleur ? Certes, en puisant sans vergogne dans la thématique et les idées frontistes, Sarkozy sera parvenu à rallier à lui une notable partie de l’électorat de Jean-Marie Le Pen. Sans doute, se sera-t-il employé à brouiller les cartes, faisant assaut de démagogie et de populisme en direction de diverses catégories sociales et n’hésitant pas à solliciter le vote populaire en se référant à Jaurès et en se posant en champion de la détermination en politique. Mais le succès de cette posture ne peut véritablement se comprendre qu’à travers l’inexistence de réponses crédibles et d’alternative globale en face.
--- Échec au renoncement
Tout au long d’une campagne inspirée de l’exemple de Tony Blair en Grande-Bretagne, Ségolène Royal et le Parti socialiste auront ignoré la réalité des attentes sociales dans le pays, privilégié un discours de « rassemblement » censé transcender le clivage droite-gauche, préféré s’ouvrir au centre et à François Bayrou plutôt que de défendre une politique répondant aux aspirations populaires et aux revendications du monde du travail. Ils se seront constamment situés sur le terrain de l’acceptation du modèle libéral, se contentant de se différencier sur la méthode. Par- delà sa pugnacité remarquée, la candidate socialiste n’aura-t-elle pas, finalement, perdu le duel télévisé du 2 mai en se bornant à contester le basculement prôné par Sarkozy au nom d’une mutation libérale de la société française par la voie... de la négociation entre « partenaires sociaux » ? Ce faisant, la gauche d’adaptation et de renoncement aura fini par rendre définitivement les armes sur le terrain idéologique. Elle aura facilité l’entreprise par laquelle Sarkozy se présentait en héraut du volontarisme politique, en dépit d’un programme tout entier centré sur le « moins d’État ». Et elle aura permis qu’un large secteur de l’électorat se laissât abuser par le thème de la rupture, habilement récupéré par ceux qui en étaient traditionnellement les adversaires. Un vieil adage politique se confirme ici : lorsqu’une crise politique et sociale aussi profonde que celle que connaît le pays ne trouve aucune réponse adaptée à gauche, c’est à droite, voire très à droite, qu’elle finit par se dénouer. À d’innombrables reprises, depuis 1995, les travailleurs, les exclus, les précaires, les catégories discriminées, la jeunesse auront manifesté leur rejet de l’ordre libéral et leur aspiration à un changement radical. Faute de l’entrevoir à gauche, une fraction d’entre eux aura fini par chercher son salut du côté de Sarkozy. Et le moindre des méfaits de nos sociaux-libéraux n’aura pas été d’avoir aidé ce dernier à bénéficier d’un vote d’adhésion à certains des éléments de son programme, de la part d’hommes et de femmes qui en seront les premières victimes. Tels 54% des salariés du secteur privé...
--- Reconstruire unitairement une gauche de gauche
Cela dit, dans la catastrophe présente, la gauche antilibérale n’est pas exempte de responsabilités. Enfermée dans ses querelles boutiquières et ses logiques de concurrence, elle n’aura pu peser sur le débat électoral, empêcher sa droitisation, offrir un prolongement politique au séisme qu’avait représenté le 29 Mai. Son propre échec se sera, in fine, mesuré dans le résultat cumulé de ses diverses candidatures, le plus faible depuis 1995, comme à travers son inaptitude à concourir à la mobilisation de toute la gauche face à la droite la plus dangereuse qu’il nous ait été donné d’affronter depuis longtemps. C’est désormais à une refondation qu’il convient de s’atteler. Deux logiques traversent plus que jamais la gauche. La première prétend poursuivre dans la voie de l’adaptation qui a conduit à tous les désastres depuis 1981 ; elle postule à pousser les feux de la « modernisation » libérale du camp progressiste en s’inspirant notamment de l’expérience italienne qui voit la social-démocratie (l’ex-PCI reconverti) se muer en centre-gauche par l’entremise de sa prochaine unification avec le parti de Prodi ; elle tend à faire de l’alliance avec la droite incarnée par Bayrou sa nouvelle référence stratégique. Ségolène Royal, autant que Dominique Strauss-Kahn, en auront exprimé la cohérence au soir de la défaite du 6 mai. L’autre s’oriente résolument vers l’affirmation d’une gauche qui soit simplement de gauche, qui se refuse aux alliances à droite pour se tourner vers les classes populaires et répondre à leurs aspirations, qui ne se dérobe pas à la rupture avec l’ordre établi parce qu’elle entend faire renaître l’espoir du changement social, qui ose tout à la fois le pari de la redistribution radicale des richesses et de la démocratie pour ouvrir un chemin à l’alternative au libéral-capitalisme... C’est, naturellement, de ce côté que nous entendons nous situer. C’est en faveur de ce choix que notre organisation, la LCR, devrait en tant que telle s’engager. Se situer à la hauteur du défi que représente l’ouverture d’une nouvelle période politique, cela ne peut consister seulement à prendre toute sa place dans la construction, ô combien nécessaire par ailleurs, d’un large front unitaire de résistance aux attaques qui ne vont pas manquer de pleuvoir. C’est également prendre sa part à l’entreprise indispensable de reconstruction de la perspective politique sans laquelle les mobilisations auront les plus grandes difficultés à faire face à un projet redoutable. Car des confrontations de grande ampleur sont sans nul doute à venir. Elles détermineront si la droite sarkozyenne peut effectivement réussir son pari. Rien n’est, sur ce plan, encore joué, quoique nous venions d’encaisser un bien rude coup. À mesure que se déploiera la politique du nouveau pouvoir, d’importantes contradictions politiques ne manqueront pas de se rouvrir. Le refus du modèle libéral reprendra des couleurs et il se révélera d’autant plus porteur qu’il pourra disposer d’un début de répondant sur le champ politique, d’un travail d’élaboration de réponses adaptées à la mondialisation du capital, d’éléments de contre-offensive idéologiques. Le rassemblement de toutes les énergies antilibérales à gauche demeure donc d’une brûlante actualité, même s’il lui faut dorénavant explorer de nouveaux chemins. Il ne saurait évidemment se réaliser dans le cadre de ce qu’il subsiste de la tentative d’aboutir à un rassemblement pour cette séquence électorale, ce cadre ayant largement perdu de sa dynamique dans l’échec et l’atomisation des antilibéraux à la présidentielle. De la même manière, l’ambition ne peut se limiter au regroupement des seuls anticapitalistes conséquents, ainsi qu’y appelle la direction majoritaire de la LCR, c’est- à-dire à l’affirmation d’un pôle d’extrême gauche qui se retrouvera inévitablement impuissant face à un PS toujours davantage enlisé dans ses renoncements. L’objectif doit être de faire surgir, aussi vite que possible, un nouvel espace politique de réflexion et de débat, d’initiatives et de propositions. Un espace où pourraient converger celles et ceux qui refusent la dérive de la gauche et le tropisme de la direction socialiste vers le centre, en vertu d’une commune volonté de faire émerger une gauche authentiquement à gauche. Les forces existent pour aboutir à cet objectif. Elles se sont retrouvées derrière les diverses candidatures antilibérales, à moins qu’elles n’aient continué à militer dans les collectifs unitaires ayant fait le choix de ne soutenir aucune d’entre elles ; elles peuvent être encore au Parti socialiste ou chez les Verts, tout en se refusant à considérer que le capitalisme est à présent un horizon indépassable ; elles sont constituées de ces innombrables acteurs du mouvement social qui ont acquis une conscience aiguë de la nécessité de réinvestir leur expérience afin de renouveler la politique... À terme, leur convergence devrait permettre d’initier un processus d’assises ou d’états généraux pour une gauche de gauche. Pour les élections législatives de juin, la présentation de candidatures unitaires dans le maximum de circonscriptions et de départements représenterait un incontestable point d’appui dans cette perspective. Au-delà, c’est la capacité de milliers de militantes et de militants à rebondir ensemble qui constituera le meilleur antidote à l’abattement et à la désorientation. Le combat pour le rassemblement se poursuit... 8 mai 2007 - From: infoscitoyennes <infoscitoyennes@orange.fr>
Le résultat des élections présidentielles a été sans appel. Ségolène Royal fait même moins bien en pourcentage que Lionel Jospin en 1995 alors même que la gauche sortait laminée de quatorze ans de mitterandisme. Quel est le sens de cette élection ? S’agit-il d’un basculement à droite de la société et d’une victoire des idées néolibérales et sécuritaires portées par Nicolas Sarkozy ? S’agit-il au contraire simplement d’un effet de conjoncture ? Au-delà quelles seront les conséquences de cette élection ?
--- Revenir sur l’analyse de la période
Le milieu des années 1990 voit une rupture dans les rapports de force mondiaux avec l’apparition du mouvement altermondialiste sur la scène politique internationale lors de la conférence ministérielle de l’OMC à Seattle à la fin de l'année 1999. Cette apparition n'a pas été un coup de tonnerre dans un ciel serein et depuis le milieu des années 1990, les signes n'avaient pas manqué qui indiquaient un véritable tournant dans les mobilisations contre le néolibéralisme : 1994 au Chiapas, décembre 1995 en France, manifestation contre la dette à Birmingham en 1998, manifestations européennes contre le chômage, victoire contre l'AMI en 1998, etc. Ce tournant s’accompagne et s’explique par une remise en cause profonde des postulats du néolibéralisme. Alors que dans la période antérieure, la concurrence, les privatisations, etc apparaissaient aux yeux de la grande masse de la population comme des solutions pour résoudre les problèmes de l’humanité, ces idées sont fortement contestées et le néolibéralisme est mis idéologiquement sur la défensive. Sa force propulsive idéologique est en partie cassée. La phase idéologique ouverte par les victoires de Thatcher et Reagan s’est en partie refermée. Ce constat ne signifie pas que les rapports de forces se soient inversés. L’offensive néolibérale continue et même s’aggrave, mais elle le fait dans une situation où la légitimité des mesures proposées est faible voire inexistante, d’où la montée des résistances, et ce dans la plupart des pays. Pour ne prendre que le cas de la France qui nous intéresse ici, cette situation explique le mouvement des retraites de 2003, celui sur le CPE de 2006 ou la victoire du TCE. Ces mouvements sont largement soutenus par les opinions publiques, ce qui certes n’est pas une garantie de victoire, mais est la preuve du faible impact des idées néolibérales dans la société. Trois exemples parmi d’autres illustrent cette situation : en 2003, après plusieurs semaines de mobilisation et après l’approbation de la CFDT du plan Fillon, 66 % des Français approuvait encore la poursuite du mouvement ; plus récemment il y a quelques mois, un sondage indiquait qu’une forte majorité de français était pour des hausses d’impôts, alors même qu’une campagne contre « la hausse des prélèvements obligatoires » se déroulait dans les médias ; de même, si le non a TCE a recoupé des motivations différentes, il est indéniable que, contrairement à ce qui s’était passé au moment de Maastricht, le poids dans la campagne des idées de gauche anti-libérale a été déterminant. Ce refus du néolibéralisme dans la société n’implique pas que les mouvements sociaux soient en capacité d’ouvrir de perspectives nouvelles ou de peser durablement sur les politiques publiques. Essentiellement défensifs, ils permettent quelques fois de mettre des coups d’arrêts, alors même que la hauteur des affrontements est considérable. Toute défaite, comme par exemple celle sur les retraites, a évidemment des conséquences sur les mobilisations futures et sur la conscience qu’il est possible, ou pas, de résister. De ce point de vue, au contraire, la victoire du CPE, même à l’arraché, conforte l’idée qu’il est possible de gagner. Cette capacité de résistance a empêché, malgré des reculs indéniables, que les politiques néolibérales puissent totalement s'imposer et produire pleinement leurs effets. Ainsi par exemple, si la précarité a indéniablement augmenté depuis une trentaine d'années, l'emploi stable reste encore la forme d'emploi massivement dominante, d'où d'ailleurs les enjeux sur la question du contrat de travail. De même si les inégalités en matière de santé s'aggravent, la logique solidaire de la sécurité sociale est loin d'avoir été détruite. Cependant, dans une société qui se délite et dans laquelle le futur apparaît de plus en plus incertain, les angoisses du lendemain, la peur de l’avenir nourrissent l’essor de la xénophobie et les demandes sécuritaires dans une partie de la population victime directe des politiques néolibérales. En l’absence de réponse anti-libérale alternative crédible, se développe donc une autre réponse centrée sur la demande d’ordre, le rejet des plus faibles et le repli identitaire et basée sur la recherche de bouc-émissaire. L’existence d’un mouvement tel que RESF a permis, au-delà même des objectifs concrets qu’il se fixait, de mettre un contre-feu au développement de pratiques gouvernementales rappelant les heures les plus sombres de notre histoire. Cela n’a cependant pas été suffisant pour marginaliser ce type d’idéologie qui a contaminé une partie non négligeable de la société.
--- Le sarkozisme, nouveau bonapartisme ?
La présidentielle s’est déroulée dans une situation assez contradictoire : crise profonde des idées néolibérales, mais persistance forte d’une demande d’ordre, fortes capacités de résistances des salariés, mais incapacité d’imposer de nouvelles orientations. Mais dans cette situation contradictoire dominait cependant une idée centrale : « ça ne peut plus continuer comme cela ». Cette idée était présente, pour des raisons différentes, dans tous les secteurs de la société : la classe dominante voulait en finir avec les « rigidités » de la société française, les salariés voulaient un changement de leur situation, les personnes âgées la garantie pour leurs retraites et de l’ordre dans la rue et la majorité de la population être protégée. A tous, Nicolas Sarkozy a réussi à apparaître comme apportant des réponses dans un discours global. Il a réussi à être porteur de la « rupture » alors même qu’il était une pièce maîtresse du gouvernement précédent. Il est apparu comme un candidat antisystème alors même qu’il en est le pur produit. Il est apparu voulant défendre « la valeur travail » alors même qu’il défend les intérêts directs des plus grands capitalistes français. Il a critiqué la construction européenne actuelle alors qu’il en a été un des promoteurs les plus ardents... Une étude d’opinion publiée par Le Monde indiquait d’ailleurs que 63 % des sondés pensaient que l’élection de Sarkozy ferait changer les choses alors que 59 % indiquaient que l’élection de Royal ne changerait rien à la situation actuelle. La force de Sarkozy a été d’être capable de réunir dans son discours des aspirations diverses et partiellement contradictoires. Il est significatif que la tonalité ultra-libérale de ses premiers discours ait été gommée au profit de déclarations couvrant un large spectre idéologique. Il a réussi ainsi dans le même mouvement à siphonner les voix du FN, axant une partie importante de son discours sur l’identité nationale et l’immigration, tout en faisant des références constantes à Jaures et Blum et en se présentant lui-même comme un fils d’immigré. Il a réussi ainsi à capter une partie non négligeable du vote de classes populaires tout en s’assurant du soutien des classes dominantes. Son premier discours, juste après l’annonce des résultats du second tour, est, de ce point de vue, un petit chez d’œuvre du genre. Sarkozy a endossé les habits du « sauveur », celui certes des classes dominantes, qui malgré leurs efforts n'ont pas réussi à imposer totalement la purge néolibérale, et qui lui ont donné mandat pour la mener à bien, mais aussi celui d'une partie des classes populaires sensible à une rhétorique marquée par l'ordre et la sécurité.
--- Une gauche éclatée ou à la remorque
Si le discours de Sarkozy a pu avoir un tel impact, c’est avant tout à l’anomie du Parti socialiste et à l’éclatement de la gauche anti-libérale qu’il le doit. Lors de l’élection présidentielle de 2002, les candidats qui critiquaient le gouvernement Jospin sur sa gauche totalisaient plus de 24 % des voix. C'est dire les potentialités en germe d'une candidature anti-libérale et écologique. En 2007 la gauche critique et écologique a fait moins de 11 %. Alors que la dynamique unitaire du référendum sur le TCE pouvait laisser penser qu’une candidature unique de la gauche anti-libérale était possible, son éclatement a eu des effets en chaîne. Il n’a pas permis l’apparition d’une force politique anti-libérale crédible laissant le vote protestataire de gauche se transformer en vote utile dès le premier tour ou même se reporter sur Bayrou. Ce dernier a fait une campagne antisystème et protestataire et, de plus, est apparu à un moment donné comme pouvant battre Sarkozy, ce qui lui a permis d’atteindre 18 % des voix alors même que le centre n’a jamais dépassé 8 % depuis 30 ans. Seule l'existence d'une alternative anti-libérale crédible aurait pu, par ses propositions et son discours, faire contrepoids à celui de Sarkozy et offrir un choix réellement différent. Mais cet éclatement de la gauche antilibérale a eu aussi des conséquences sur le second tour. En levant l’hypothèque que la gauche anti-libérale faisait peser sur le PS, il a eu pour conséquence de faire tomber le PS là où il penchait depuis longtemps, c’est-à-dire vers le centre, officiellement par réalisme électoral pour essayer de récupérer les voix qui s’étaient portées vers Bayrou, en fait, osant enfin paraître ce qu’il est réellement, un parti de centre- gauche. Ainsi, que ce soit sur l’immigration et l’identité nationale ou sur les questions économiques et sociales, les propositions de la candidate du PS apparaissaient, soit vides de contenu, soit à la remorque de celles de Nicolas Sarkozy reprenant le même vocabulaire sur « la valeur travail » par exemple et proposant de mettre un drapeau tricolore aux balcons le 14 juillet. Le débat du second tour entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy allait clairement confirmer ce fait. On y a vu Ségolène Royal obliger de s’aligner sur Sarkozy à propos de la régularisation au cas par cas des sans-papiers, dire qu’elle était pour une augmentation de la durée de cotisation et une « remise à plat » des régimes spéciaux, ne pas défendre les 35 heures... Ainsi l’éclatement de la gauche antilibérale a non seulement été néfaste pour elle-même, a non seulement empêché qu'une alternative crédible soit enfin proposée à nos concitoyens, mais elle a favorisé le glissement vers le centre du PS, brouillant les pistes, empêchant ainsi la création d’une dynamique à gauche et permettant l’élection de Sarkozy. Une occasion a été manquée, dont d'ailleurs on voit mal ce qui pourrait la faire resurgir à court et moyen terme, et dont nous n'avons fini de payer le prix politique.
--- Et maintenant ?
Elu avec une participation électorale exceptionnelle et un score sans appel, Nicolas Sarkozy va jouir d’une légitimité incontestable, ce d’autant plus que la mise en scène qui va entourer la mise en place de son gouvernement sera probablement impeccable (parité, « ouverture », gouvernement très resserré). Il sera donc tenté d’appliquer au plus vite - s’il remporte les législatives, ce qui est le plus probable -, les mesures risquant de susciter des contestations sociales, comme, par exemple, le contrat unique ou le service minimum. Cependant, à court terme, les paramètres antérieurs de la situation ne vont pas disparaître comme enchantement. Cette élection n’a pas converti brutalement les Français au néolibéralisme et ils n’ont pas voté pour cela. La mise en œuvre brutale d’une telle politique provoquera inévitablement des remous importants. La question qui se posera alors est de savoir si les mouvements sociaux qui existeront auront, comme par le passé, le soutien de l’opinion publique ou si celle-ci considèrera qu’après tout il faut laisser sa chance au nouveau gouvernement. Autre point d’interrogation, quelle sera la stratégie précise de Sarkozy ? Mettra-t-il en oeuvre une stratégie visant à provoquer un affrontement central décisif pour battre le mouvement social comme l’avait réussi Thatcher avec la grève des mineurs de 1985 et comme Juppé l’avait tenté sans succès en 1995, ou se contentera-t-il plus prosaïquement de marquer des points limités sur la simple base du rapport de forces électoral ? La réponse à cette question tient en partie aux réactions qui vont avoir lieu après l’élection. Celle-ci provoquera-t-elle un abattement qui n’est d’ailleurs pas contradictoire avec une radicalisation minoritaire d’un certain nombre de secteurs ou, au contraire, sera-t-elle l’occasion de créer une dynamique de résistance sociale capable de s’appuyer sur une majorité de l'opinion publique ? Dans cette situation incertaine, deux points paraissent particulièrement importants. Le premier à trait à la bataille d’idées. Ce sera un des terrains sur lequel se construiront les rapports de forces globaux. Cette bataille ne doit pas seulement porter sur les questions économiques et sociales, terrain sur lequel nous sommes relativement à l’aise, mais surtout sur les questions qui ont fait la force de la campagne de Sarkozy, l’immigration, la sécurité... Le combat frontal contre les idées qu’il a défendues est une des conditions des victoires futures. Le second point porte sur la construction des ripostes nécessaires. Il faut d’ores et déjà s’atteler à la constitution d’un cadre unitaire de résistance et de vigilance. La constitution d’un tel cadre unitaire serait à même de créer un climat différent, de recréer une confiance dans les capacités de résistance, ce d'autant plus que, dans la période post-électorale, le rôle des organisations du mouvement social va redevenir prééminent, les partis de gauche étant par ailleurs occupés à une introspection interne suite à la défaite. - From: infoscitoyennes <infoscitoyennes@orange.fr>
Mardi 3 avril 2007, tous les médias présentaient la découverte d’un sang universel permettant de transfuser tous les humains quel que soit leur groupe. Cela survenait après l’annonce, le 28 décembre 2004, de la capacité à fabriquer des quantités illimitées de globules rouges à partir de cellules souches, et quelques années avant celle de faire produire de l’hémoglobine par un tabac transgénique. Sans doute quelques grammes d’hémoglobine issus du tabac ont-ils été produits en laboratoire. Mais les besoins des malades, en France, nécessitent chaque année 2 500 000 poches de sang, 500 000 litres de plasma et 65 000 poches de plaquettes fournies par un million six cent mille donneurs de sang volontaires.
Concernant l’information du 3 avril, même si la conversion des groupes sanguins A, B et AB en O devenait industrielle, dans 10 à 20 ans, elle ne remplacerait pas un seul donneur de sang. Il ne s’agit en aucune manière de sang artificiel. Cette annonce émane de l’association de chercheurs français et d’une société californienne. La commercialisation du procédé permettrait de sortir du principe éthique français (bénévolat, anonymat et non profit), qui sous-tend l’ensemble de notre système transfusionnel. Ces annonces sensationnelles sont démobilisatrices pour les donneurs de sang, elles donnent l’illusion que le progrès permet de se passer d’eux. Trois fois en sept mois (juillet 2006, août 2006 puis janvier 2007), on a connu une baisse alarmante des stocks de produits sanguins, avec appels d’urgence. En « sang total », la progression du besoin de 10 % de 2003 à 2007, stabilisée à 1,5 % par an, s’explique par le vieillissement de la population et les progrès médicaux. Concernant le « plasma », de nouvelles pathologies sont traitées chaque année et la prévision de croissance est de 42 % d’ici la fin 2009. Pour faire face, l’Établissement français du sang (EFS) a formulé des objectifs : mobiliser 200 000 nouveaux donneurs en 2007, soit 800 par jour, et atteindre 2 dons par an par donneur, contre 1,6 actuellement.À ce jour, les donneurs de sang ont fait face. Trop souvent sollicités, les plus fidèles se sentent harcelés. Il faut donc élargir fortement le champ. Pour cela, et pour que l’effort s’inscrive dans la durée, il est indispensable que le don de sang bénéficie des dispositifs d’information dont dispose l’État et qu’il utilise pour d’autres causes d’utilité publique, tels les messages inlassablement répétés par les moyens d’information : « La ceinture sauve des vies », « Les antibiotiques ce n’est pas automatique »... Pour développer la solidarité, recruter les indispensables donneurs de sang, faire connaître les besoins et les solutions, la loi devrait rendre obligatoire l’information à plusieurs étapes de la vie scolaire, lors de la journée du service civique obligatoire. La journée mondiale du don de sang, devrait être obligatoirement relayée par les moyens d’information publics. Cette argumentation devrait aussi porter sur le don de cellules souches pour la greffe des leucémiques. Dans cet esprit, un texte a été adopté à l’unanimité des 200 délégués des associations de donneurs de sang lors du congrès Rhône-Alpes le 18 mars 2007 à Voguë, destiné au président de la République, aux députés, aux présidents des groupes parlementaires et nouveaux élus à l’issue du renouvellement de mai et juin. Article paru dans l'édition du 9 mai 2007.
http://www.humanite.fr/journal/2007-05-09/2007-05-09-850958
« Le rêve européen a besoin du rêve Méditerranée. Il s’est rétréci quand s’est brisé le rêve qui jeta jadis les chevaliers de toute l’Europe sur les routes de l’Orient, le rêve qui attira vers le Sud tant d’empereurs du Saint Empire et tant de rois de France, le rêve qui fut le rêve de Bonaparte en Égypte, de Napoléon III en Algérie, de Lyautey au Maroc. Ce rêve ne fut pas tant un rêve de conquête qu’un rêve de civilisation. » Le même ajoute : « Faire une politique de civilisation comme le voulaient les philosophes des Lumières, comme essayaient de le faire les républicains du temps de Jules Ferry. Faire une politique de civilisation pour répondre à la crise d’identité, à la crise morale, au désarroi face à la mondialisation. Faire une politique de civilisation, voilà à quoi nous incite la Méditerranée où tout fut toujours grand, les passions aussi bien que les crimes, où ne rien fut jamais médiocre... » Quel est auteur de ces lignes qui se veulent inspirées alors qu’elles ne font que reprendre la plus commune des vulgates destinées à légitimer les « aventures » coloniales de la France ? Un ministre des Colonies de la IIIe République ? Un membre de la défunte Académie des « sciences coloniales » ? Un nostalgique de l’Algérie française ? Non, l’auteur de cette prose, aussi mythologique qu’apologétique de la colonisation, n’est autre que Nicolas Sarkozy qui a prononcé ces fortes paroles en tant que ministre candidat lors d’un meeting à Toulon le 7 février 2007. Singulièrement passée sous silence, cette intervention confirme que la réhabilitation du passé colonial de la France n’est pas une embardée conjoncturelle de l’actuelle majorité et de son principal représentant. Au contraire, cette réhabilitation, sans précédent depuis la fin de la guerre d’Algérie, s’inscrit dans un projet politique cohérent, systématique et crânement assumé par le candidat de l’UMP, désormais chef de l’État français. Pour des motifs partisans il se fait donc porte-parole d’une histoire officielle, mensongère et révisionniste, des causes qui ont conduit à la construction de l’Empire français, érigé par de nombreuses guerres de conquête, puis dirigé par des institutions coloniales racistes et discriminatoires. En témoigne, notamment, le statut des « indigènes », considérés alors non comme des citoyens libres et égaux mais comme des « sujets français », privés des droits et libertés démocratiques élémentaires et soumis, qui plus est, à des dispositions répressives (le Code de l’indigénat, entre autres) qui ne pesaient que sur eux. Sous le prétexte fallacieux de lutter contre on ne sait quelle « pensée unique » et désir de « repentance », lesquels n’existent que dans l’esprit de Sarkozy et de ceux qui ont forgé ces pseudo-concepts grossiers, sur le plan intellectuel s’entend, pour mieux faire croire à leur propre courage et originalité, on assiste donc à une instrumentalisation spectaculaire du passé colonial de la France. Manipuler cette histoire par la surexposition de certains de ses aspects « positifs » supposés (la colonisation au nom de la civilisation par exemple), par l’euphémisation ou la sous-estimation des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre commis au cours de cette longue période de l’empire colonial, et par l’occultation enfin de l’oppression et de l’exploitation imposées à ceux qu’on appelait alors avec mépris « les indigènes », tels sont les ressorts principaux de cette opération. Moderne et audacieux Sarkozy ? Réactionnaire, assurément. Jamais depuis des décennies, un candidat, soutenu par le plus important parti de la droite parlementaire, ne s’était engagé dans cette voie. Stupéfiante involution. Elle témoigne d’une radicalisation significative des discours élaborés sur ces questions par l’UMP et son représentant, en même temps qu’elle légitime et banalise des thèmes qui n’étaient jusque-là défendus que par l’extrême droite et quelques associations de nostalgiques de la période coloniale. Pour les amateurs d’exception française, en voilà une remarquable mais sinistre car la France est le seul État démocratique et la seule ancienne puissance impériale européenne où l’un des principaux candidats à l’élection présidentielle ose tenir de pareils propos. À quoi s’ajoute le fait que ce pays est également le seul où une loi (celle du 23 février 2005), toujours en vigueur en dépit du tour de passe-passe politico-juridique du président de la République, sanctionne une interprétation officielle de ce passé colonial. « La nation exprime sa reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont participé à l’oeuvre accomplie par la France dans les anciens départements français d’Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Indochine ainsi que dans les territoires placés antérieurement sous la souveraineté française. » Telle est, en effet, la première phrase de l’article premier de ce texte voté par l’UMP et l’UDF au terme de débats où Rudy Salles, le très officiel porte-parole de cette dernière formation politique à l’Assemblée nationale, a joué un rôle particulièrement actif. Qu’en pense François Bayrou, lui qui prétend dépasser le clivage gauche-droite et incarner une autre façon de faire de la politique ? Il n’est pas besoin d’être un brillant philologue pour comprendre que le terme « oeuvre », employé dans ce contexte, emporte une appréciation évidemment positive de la période considérée. Face à cette offensive politique, engagée depuis longtemps par les diverses composantes de la droite parlementaire, notamment, et son principal représentant, que comptent faire les dirigeants de la gauche parlementaire et radicale ? Ils doivent le faire savoir au plus vite.
(1) Auteur de Coloniser. Exterminer. Sur la guerre et l’État colonial. Fayard, 2005.
Article paru dans l'édition du 11 mai 2007. http://www.humanite.fr/journal/2007-05-11/2007-05-11-851108
Invité du prochain Café des Amis (1), Gilles Candar, président de la Société d’études jaurésiennes, clarifie le message du fondateur de l’Humanité.
--- À quoi attribuez-vous le fait que le nom de Jaurès revienne si souvent dans les discours de campagne électorale et qu’il soit cité comme un modèle ?
Gilles Candar. Situation nouvelle et citations fréquentes, davantage à droite qu’à gauche, malgré quelques références, plutôt dans la précampagne interne chez Ségolène Royal, et aussi, parfois, chez Marie-George Buffet. Celui qui a donné l’impulsion, c’est bien Nicolas Sarkozy. Cela me semble confirmer que c’est la droite qui est à l’offensive actuellement, qui arrive à imposer thèmes, références et projets. Sarkozy utilise, selon moi, Jaurès, Blum et d’autres références de gauche, à la fois pour donner l’impression qu’il est conquérant et n’hésite pas à attaquer l’adversaire sur son terrain (son côté « Napoléon »), aussi pour ajouter à la confusion. C’est fait au mépris de tout contexte, parfois en utilisant des faux (cf. blog de François Fillon), mais le plus souvent en prenant une phrase isolée et détournée, ainsi quand il se sert de Jaurès en faveur de la propriété privée et de la défense des fortunes patrimoniales, contre la laïcité ou l’école publique.
--- Toutes les lectures de Jaurès sont-elles désormais permises ? Ou cela signifie-t-il que le message du député de Carmaux, de l’anticapitaliste, du socialiste est brouillé ?
Gilles Candar. Le « Jaurès de citations », qui agaçait tant Madeleine Rebérioux, n’est pas nouveau. Il fut un temps où tout bon notable de canton savait trois ou quatre de ces belles phrases qui ne disent pas grand-chose, mais sonnent bien. C’est d’ailleurs ce qui a donné parfois une idée faussée et injuste de Jaurès. Nous avons même connu pire. Marcel Déat et d’autres collaborateurs se sont réclamés de Jaurès. Franchement, je crois que cela ne trompe que ceux qui veulent se laisser abuser... On sait bien que le fondateur de l’Humanité s’est battu aux côtés des ouvriers, des paysans, pour la défense de leurs revendications et de leurs droits, qu’il souhaitait et proposait un passage, espéré pacifique et graduel, mais réel, de la propriété capitaliste à la propriété sociale, avec la fin de l’exploitation comme horizon. Un seul exemple, concret, bientôt d’actualité : la défense du droit de grève pour les employés des services publics.
Tout le monde a le droit de tout lire. Je ne suis pas choqué que Jaurès soit lu à droite, et la gauche ne perd pas son temps à lire Tocqueville, Aron ou de Gaulle. Certes, mais s’il s’agit de « lire » vraiment, d’avoir un débat sérieux sur des pensées, des paroles ou des écrits, en restituant autant que possible leur contexte. Ce n’est pas ce que j’ai trouvé dans les discours « jaurésiens » de Sarkozy-Guaino au cours de la campagne de 2007 : plutôt la recherche de « coups » de la part de bons publicitaires... Il faut reconnaître que, au moins en partie, cela marche. Ce n’est pas une raison pour agir de même et il faut plutôt faire le pari patient de l’honnêteté intellectuelle et se souvenir avec F. D. Roosevelt qu’on peut mentir un temps à beaucoup de personnes, longtemps à quelques-uns, mais qu’il est impossible de mentir longtemps à la plus grande partie de la population.
--- Honnêtement, sans vouloir chercher des recettes politiques chez Jaurès, que peut-on en dire concernant notamment ce qui lui tenait beaucoup à coeur, le monde du travail, et la société qu’il appelait de ses voeux ?
Gilles Candar. Un des textes les plus connus de Jaurès est son discours à la jeunesse (Albi, 1903). Ce n’est pas un texte directement militant, mais une allocution de distribution des prix, tout en retenue comme les circonstances le demandaient... Jaurès y dit que le courage c’est de « ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe ». Jaurès a souvent pris le risque d’être incompris, minoritaire, à contre-courant. Au fond, une bonne part de son prestige vient de cela même. Jaurès cherchait à comprendre les raisons des autres, commençait souvent par les exposer, sérieusement, puis il donnait ses propres analyses et propositions. Cette attitude a fini par lui valoir un large respect, et elle devrait encore pouvoir servir en politique. Les astuces ou les petites habiletés ne servent jamais très longtemps. Certes, cela ne donne pas un programme, mais une méthode. Je la crois toujours utile et nécessaire, au moins pour le long terme. Sur le fond, Jaurès croyait au socialisme, à une humanité réconciliée, démocratique et fraternelle. À l’opposé donc du renforcement des hiérarchies, des inégalités, de la société verticale voulue par Nicolas Sarkozy. Ce qui faisait agir et penser Jaurès était bien l’exigence d’égalité qui est au coeur de la conscience de gauche. Comment faire vivre cette exigence aujourd’hui ? Quelles sont les propositions de la « synthèse jaurésienne » qui paraissent aujourd’hui valides, discutables, réformables, désuètes ? La discussion ne doit pas faire peur. Elle est dans l’esprit de Jaurès qui n’a jamais craint le débat et l’innovation, mais elle aurait tout intérêt à se faire avec la rigueur, le sérieux et l’honnêteté de sa démarche.
(1) « Que savez-vous de Jaurès ? » Débat le mercredi 23 mai, à 18 heures, avec Gilles Candar au Café du Croissant, Paris, 146 rue Montmartre. Entretien réalisé par Charles Silvestre
Article paru dans l'édition du 9 mai 2007. http://www.humanite.fr/journal/2007-05-09/2007-05-09-850955
Pourquoi, et dans quel esprit ce témoignage ? Je l’apporte en pensant surtout à la jeunesse d’aujourd’hui, à qui les cercles officiels ont réussi non seulement à faire ignorer leur histoire mais jusqu’à leur faire perdre le goût de la connaître. Tellement sa présentation désincarnée et souvent fallacieuse est perçue par les jeunes générations avant tout comme un instrument pour légitimer des pouvoirs et des agissements autoritaires. Or l’histoire et la mémoire de notre peuple n’ont pas à servir de faire-valoir ou rester la propriété de « vétérans » qui en font commerce, dont certains d’ailleurs en ont été absents ou y ont joué un rôle peu reluisant. L’histoire et la mémoire n’ont pas à être pervertis en commentaires brodés pour médaillés, pensionnés ou dirigeants du jour. Il est normal que l’Histoire des grands moments de la libération revienne à la jeunesse d’aujourd’hui dont les parents et grands parents ont été eux aussi des jeunes gens et jeunes femmes qui ont souffert et sont tombés à la fleur de l’âge, pour les mêmes aspirations à la liberté et à la dignité dont sont aujourd’hui cruellement frustrés les hittistes, les harragas, les diplômés sans emploi, les jeunes femmes brimées, les habitants des campagnes et montagnes abandonnées, les cadres méprisés, les citoyens étouffant dans leur morne et difficile vie quotidienne. Les jeunes ont des raisons de préfèrer regarder ailleurs quand ils voient lors des cérémonies officielles des notables s’aligner protocolairement l’espace d’un court instant en implorant la rahma pour les chouhada, avant de courir à nouveau vers leurs manigances d’affaires ou de pouvoir. Les martyrs du colonialisme et de la révolution n’ont pas besoin d’intercesseurs et de prières hypocrites pour la rahma ou une place au Paradis. Il y a longtemps qu’ils ont obtenu cette miséricorde de leur Seigneur ou dans le coeur de leurs concitoyens, par leur sacrifice, leur loyauté en actes envers leur foi patriotique ou religieuse. Ce dont ont besoin leurs descendants et leurs familles aujourd’hui, c’est de voir traduits en réalités les espoirs qui avaient animé leurs aînés et leur ont donné courage quand ils ont été fauchés par les balles, brûlés au napalm, leurs maisons détruites et leurs familles décimées ou dispersées.
Pourquoi compenser les baisses de crédibilité des pouvoirs en place par une inflation de commémorations formelles d’où la société dans ses larges composantes est absente par déception et désaveu ? Le 8 Mai 45 ne doit pas servir à nos gouvernants et nos media seulement lorsque les rapports se tendent avec l’ancienne puissance occupante et qu’on redécouvre de nouveaux charniers et photographies de destructions ou de sévices pour riposter au refus de « repentance » et aux discours pseudo-civilisateurs colonialistes. Le vrai message du 8 mai 45 est celui des disparus ou encore vivants, dont je fus le compagnon et qui par leur engagement d’alors, voulaient signifier à ceux qui leur succéderaient dans l’Algérie nouvelle : défendez la soif de liberté, de dignité, l’aspiration démocratique et sociale que nous vous laissons en héritage. Si notre action n’a pas suffi pour changer l’Algérie selon nos espoirs et les vôtres, continuez à vous battre par les voies appropriées à l’époque nouvelle pour être traités en êtres humains et non comme du bétail. Quel que soit le drapeau derrière lequel elle se cache, quelles que soient ses méthodes violentes ou insidieuses, la hogra reste toujours la hogra pour ceux qui la subissent. Vous avez raison de ne pas écouter les boniments sur l’Histoire ; soyez à l’écoute des aspirations et espoirs qui ont soutenu vos aînés dans les conditions qui apparaissaient les plus désespérées. Ces sentiments ont été les mêmes que ceux qui vous remuent aujourd’hui, vous trouverez dans des conditions nouvelles le goût et le courage de redonner au combat politique et social son efficacité et sa noblesse, grâce auxquelles de « bicots » nous sommes devenus plus respectables. Il nous reste, dans un monde encore plus difficile, à conquérir les attributs réels de citoyens libres et égaux, qui jusqu’à ce jour ne sont reconnus que formellement par ceux qui, consciemment ou inconsciemment, vident l’Histoire de sa substance humaine et populaire.
--- Panorama autour de Mai 1945
J’avais alors dix sept ans. Mon temps était partagé entre Alger (Ben Aknoun) où j’étais interne lycéen préparant mon bac et la localité de Larbâa dans la Mitidja où habitaient mes parents. Je suivais dans cette localité le groupe des jeunes SMA dont j’étais responsable depuis sa fondation deux ans auparavant. Je militais donc des deux côtés, notamment dans le groupe PPA du lycée, où activaient également les jeunes amis et camarades dont la lutte pour l’indépendance a retenu les noms, comme Laimèche Ali, Mohand Ouyidir Ait Amrane, Hocine Ait Ahmed, Ammar Ould Hammouda, Said Chibane, Omar Oussedik et bien d’autres. C’est progressivement au cours des semaines suivantes que nous avons appris et mesuré l’ampleur et la sauvagerie des massacres du Constantinois. Surtout par le « bouche à oreille » et en constatant partout la mobilisation haineuse et massive des services de répression coloniale. Cette période avait été précédée par un intense bouillonnement politique. Les colonialistes ne pouvaient comprendre la profondeur de ce courant historique. Ils ne comprenaient pas que la puissante vague de fond des aspirations des peuples de tous les continents depuis la deuxième guerre mondiale, atteindrait aussi nos rivages méditerranéens, se greffant sur la volonté de changement d’un peuple opprimé et exploité depuis plus d’un siècle. Dans leur aveuglement et leur affolement, ils assimilaient les évolutions qu’ils constataient à des émeutes faciles à écraser en montrant et utilisant leurs armes et en emprisonnant et torturant les « meneurs ». Une semaine auparavant, ils avaient tiré sur la manifestation patriotique du 1er Mai à Alger organisée par le PPA. Le soir même nous en avions été informés par nos maîtres d’internat algériens qui ne dissimulaient pas leur joie et leur fierté de cet évènement. Le regretté Bennaï Ouali de son côté, responsable du PPA dans l’Algérois et en Kabylie, chargé aussi (avec auparavant Abdallah Filali) du suivi des organisations étudiantes, était venu à Ben Aknoun nous informer. Un pansement sur le front, car une balle l’avait éraflé alors qu’il était aux premiers rangs de la manifestation, il ne cachait pas que l’agitation politique de masse ne faisait que commencer, et qu’avec la fin imminente de la guerre mondiale, elle prendrait de l’ampleur sur tout le territoire, pour exprimer la volonté algérienne de prendre sa part de la liberté dans le monde. Quelques jours plus tard, à la veille du 8 mai, les cloches d’églises sonnaient pour annoncer la fin de la guerre. Les enseignants et les élèves européens se rassemblaient en liesse sous le drapeau français devant l’entrée principale du lycée en entonnant la Marseillaise. Nous, les quelques dizaines d’Algériens nous nous sommes dispersés derrière les arbres du parc de verdure du lycée pour échapper à la célébration d’un évènement dont nous sentions qu’il ne nous apporterait pas les mêmes joies. Quelques jours de congé nous furent accordés, permettant à ceux qui n’habitaient pas loin de retrouver leurs villages. A Larbâa durant ces journées, des rumeurs confuses mais inquiétantes circulaient sur des évènements sanglants dans le Constantinois. Par l’organisation locale du PPA nous ne recevions aucune information, bien que certains s’étaient rendus à Alger pour avoir des nouvelles. L’atmosphère était lourde, la tension se mesurait aux attitudes menaçantes de la police et des européens les plus connus pour leur racisme. A mon retour au lycée, de plusieurs côtés les informations se sont multipliées. En particulier les lycéens européens exhalaient leur haine : « Il faut les mater tous, sans pitié » disaient-ils à haute voix devant nous. Le fils d’un administrateur du Constantinois, ne se contentant pas de vanter la répression exercée par les autorités de sa commune mixte, inscrivit en grandes lettres noires sur le mur d’une des quatre cours du lycée le slogan : « DERATISATION ». Il visait évidemment à provoquer les « ratons » que nous étions. L’inscription resta plusieurs jours à nous insulter sans que l’administration du lycée se décide à l’effacer. J’appris également qu’à Larbâa avaient commencé de nombreuses arrestations, en particulier celle des deux frères Sahraoui, responsables nationalistes respectés et connus (ils seront assassinés au printemps 1956 durant la guerre de libération par un groupe de colonialistes dirigés par le commissaire de police). Ils avaient été, avec le cheikh Boumendjel (instituteur père des deux avocats, Ahmed et Ali, membres des Amis du Manifeste) les créateurs du mouvement associatif local (medersa libre, cercle Al-Islah culturel et religieux, mouvement SMA). Avec eux, de nombreux membres de ces associations, dont plusieurs routiers du groupe SMA comme leur responsable Amrani Rabah furent également emprisonnés, tandis que H’midat s’échappa et devint le premier maquisard de la région dans les montagnes voisines. C’est lui qui me fit prévenir de ne pas revenir au village comme j’en avais l’habitude les fins de semaine car j’étais visé. La police locale n’ayant pu mettre la main sur moi au village, j’appris un peu plus tard que les colonialistes s’en étaient pris à mon père, instituteur qui pourtant, occupé par ses charges professionnelles et familiales (six enfants et plus tard sept), n’était pas engagé dans des activités politiques. Le directeur « pied-noir » de son école, capitaine en cours de démobilisation, le convoqua brutalement et, brandissant vers lui un pistolet, le menaça en lui disant « nous connaissons vos idées, vous allez vous tenir à carreau ». Ce Mr Sendra, raciste viscéral, était connu entre autres pour avoir monté autour de la fontaine de la cour une barrière en bois, que seuls les écoliers européens étaient autorisés à franchir pour boire. Jusqu’au jour où le gendarme Bentaïeb intervint. La veille, son fils s’était vu interdire lui aussi d’étancher sa soif au robinet des rouama. Le père, moustaches en bataille, vint en colère casser la barrière, mettant fin à ce minable apartheid (le gendarme, futur caïd « élu » à l’Assemblée algérienne fantoche, n’aimait pas les offenses ; à cette assemblée, mécontent de l’intervention d’un délégué colon, il enleva son soulier et se mit à en battre le pupitre pour couvrir la voix du contradicteur; cet acte devancier de Khrouchtchev à l’ONU, le fit décorer par Alger républicain du nom de « Hadj Babouche » ). Quand j’étais revenu au lycée après quelques jours d’absence comme indiqué plus haut, je n’y ai pas retrouvé certains de mes camarades, Hocine Ait Ahmed, Ammar Ould Hammouda Omar Oussedik, Ali Laimèche. Il y avait bien Ait-Amrane, qui était cloué à l’infirmerie du lycée par une grave affection pulmonaire. J’ai été d’autant plus surpris et même inquiet que les épreuves du Bacc approchaient. Avaient-ils été arrêtés par la police durant leur séjour chez eux en Kabylie ? Puis, presque à la veille du bac, les voilà revenus, passant normalement leurs examens malgré le handicap d’une absence de trois semaines. Que s’était-il passé ? Quelques jours après le 8 mai, ils avaient été contactés par Bennai qui leur fit part d’une décision de la direction du PPA, du moins de ceux qui se trouvaient en poste dans le suivi opérationnel des évènements. Auparavant, il n’était question que d’animer et intensifier de grandes manifestations pacifiques pour l’indépendance. Devant le déchaînement d’une répression violente et massive, la directive fut donnée d’engager dans un délai très court (une date avait été fixée) des actions armées partout avec l’intention déclarée de soulager les populations du Constantinois. Nos camarades ont aussitôt rejoint la Kabylie et mis en place des préparatifs à la hâte. Mais le caractère irréaliste et même dangereux de la directive est apparu à certains de ses auteurs de la capitale, qui après coup ont lancé un contre-ordre annulant la décision d’extrême justesse. On a vite constaté dans la population qu’après la peur et les méfiances, un climat nouveau s’était créé. La répression sanglante et multiforme avait obtenu l’effet contraire. Quand je pense à cette période, j’entends toujours remonter en moi un chant qui s’était répandu vers les moindres recoins du pays, comme quelques années auparavant Min Djibalina ou Ekker a mis Oumazigh ". On aurait dit que l’auteur anonyme de ce chant était le peuple tout entier, tellement chacun de nous reconnaissait son propre chagrin et la colère froide qui nous habitait dans les paroles simples et la poignante mélodie de « Hayyou ech-chamal, ya chabab, hayyou ech-chamal Ifriqi. A ces moments les plus difficiles, quand toutes les liaisons organiques des partis et mouvements patriotiques étaient coupées et la population se méfiait des mouchards et des provocateurs, ces couplets étaient repris à voix basse dans les groupes d’amis proches, les petits rassemblements clandestins informels et jusque dans les familles. Ils appelaient la jeunesse à ne pas oublier et à se dresser sans peur pour la liberté. "Hadhi l’ghabina, la tensa ! hadhi lghabina, wa fransa la âmlat fina la tensa ! Cette grande peine, ne l’oublie pas; n’oublie pas ce que la France a fait de nous; ‘Ala Staifiya, ya houzni, ‘ala Stayfia, bet-tayarat qatlou nissa wa banat », contre les Sétifiens ô ma tristesse, avec les avions ils ont tué femmes et fillettes; Qoumou ya nass, lil watan, qoumou ya nass, lil ‘amal; debout ô gens, pour la patrie, dressez-vous pour l’action, ma t’khafouch man dharb errssas, ne craignez pas les balles". L’affirmation de dignité et de courage face au malheur était bien l’état d’esprit dominant, même quand la peur rendait les gens méfiants. La provocation massivement terroriste et raciste de la grosse colonisation avait cristallisé un nouveau palier de l’esprit de résistance nationale. Son effet se prolongera et se renforcera avec l’accentuation de la répression coloniale au long de la deuxième moitié des années quarante. C’est ainsi qu’avec "Hayyou Ech-chamal" en arabe, d’innombrables expressions populaires reflétèrent ce sentiment, ancré d’un bout à l’autre du pays. Les strophes en kabyle (sur un air de la résistance nationale irlandaise) de "Si L’dzayer âr Tiz Ouzou" que le regretté Ait Amrane avait composées après les sauvages interventions des forces répressives françaises à Sidi Ali Bounab, évoquaient comment ils avaient démoli les maisons, éventré les ikoufiyen et détruit leurs réserves de vivres, humilié les populations jusqu’à obliger par exemple un vieillard à circuler tout nu dans le village sous les yeux des siens. Ces strophes douloureuses mais non plaintives, affirmations de dignité et de courage, étaient porteuses des étincelles d’une révolte qui ne s’était jamais éteinte
Il était devenu apparent, après les secousses des premières semaines, que l’Algérie ne se laissait pas abattre, elle renouait avec différentes formes d’activités politiques et associatives. Un moment paralysées, elles ont été progressivement relancées, avec la montée des comités populaires contre la répression qui ont imposé des mesures de libération et d’amnistie. C’était lié aussi au rapport de forces politiques internes à la France qui s’est maintenu un moment peu après la guerre mondiale, qui a rendu possible certaines prises de conscience suite aux révélations et protestations d’une partie des forces de gauche initialement trompées et désinformées par les réflexes et les mentalités colonialistes. Un indice parmi d’autres, le directeur d’école qui avait menacé mon père fut déplacé par les autorités académiques pour faute professionnelle. Car entre-temps, le cheikh Boumendjel, pédagogue reconnu et respecté, s’était battu avec acharnement sur un plan administratif pour ne pas laisser sans riposte l’insulte de ceux qui étaient censés nous « civiliser ». Parallèlement, avec des tâtonnements, se mettaient en place de nouvelles combinaisons des formes de lutte entre politique et résistance armée. Après leur bref retour à Alger pour les examens, nos camarades originaires de Kabylie sont repartis dans leur région pour y mener durant l’été le même travail illégal et persévérant que nombre d’autres cadres menaient dans le reste du pays. Ils ont établi dans ces montagnes les bases d’une organisation sérieuse. En août 1946, j’appris avec douleur la mort au maquis de l’un d’entre eux, Ali Laimèche à l’âge de dix neuf ans, terrassé par le surmenage et la maladie. Ses compatriotes venus de partout lui firent des obsèques impressionnantes. Plus tard, en 1947, ses compagnons assisteront à la rencontre centrale du PPA, petit congrès où ils furent en dépit de diverses réticences, les ardents promoteurs de la création d’une organisation spéciale armée, l’OS dont l’Algérois Belouizdad fut le premier responsable. Ils activeront dans le même sens jusqu’à la crise de 1949, non sans avoir assis les noyaux d’une organisation combattante sur un solide socle politique, fondé sur la jonction entre sensibilité populaire et de patients efforts éducatifs pour l’acquisition de repères doctrinaux.
--- EVOLUTIONS ULTERIEURES ET ENSEIGNEMENTS
Ce travail persévérant s’appuyait sur le sentiment de centaines de milliers de femmes, hommes et enfants algériens brûlés par l’espoir d’en finir avec l’injustice quel qu’en soit le prix. Chez les plus conscients et les plus formés politiquement, les avis divergeaient seulement sur les modalités, le moment, les opportunités des formes de résistance armée, leur lien avec les formes de mobilisation politique. Les activités du mouvement des SMA déjà bien avant 1945 étaient concrètement et souplement orientées vers ce genre de perspective. Je me souviens comment en 1944 nous sommes allés un groupe de trois vers les monts de Tablat du côté des Beni ‘Atiya où s’était écrasé un avion militaire avec l’espoir d’y récupérer des armes. Ce genre de quête était facilité par la présence de troupes américaines de passage vers le front de Tunisie, prêtes à se délester d’équipements contre des légumes frais ou de l’alcool. Mustapha Harrou, prestigieux gardien de buts du Riadha Club eut la face traversée de la machoire à l’oreille opposée par une balle d’une sentinelle anglaise en cherchant à s’introduire dans leur camp militaire, d’où sa réputation de « chat aux sept vies » ; il sera plus tard dans l’OS et l’un de ceux (tous arabophones) qui sauvegarderont en 1949 en connaissance de cause le stock des brochures « L’Algérie libre vivra (Idir El Watani)» que des dirigeants du MTLD voulaient à tout prix retrouver et détruire. Un autre de mes amis, Ali Souag, avait expédié un âne porteur d’un chouari enflammé autour d’un dépôt américain pour détourner l’attention des sentinelles et s’emparer d’équipements. Il est vrai que ce champion de demi-fond de l’USMA était une des têtes brûlées du village. Il m’avait juré que jamais il ne baisserait les yeux devant le brigadier de gendarmerie qui le croisait toujours d’un air provocant. Ce qui lui valut plusieurs passages à tabac et nombre de séjours en cellule. Il tint parole sans jamais se décourager, En 1957 les parachutistes français exposèrent plusieurs jours sur la place centrale son corps criblé de balles en même temps que celui de Daoud Abdelqader, cafetier à qahwat Essardjan, ancien routier des SMA et trésorier de la celkule communiste de Larbâa, ils avaient été tous deux parmi les premiers à monter au maquis de la région. Rien d’étonnant car cet état d’esprit de rébellion anticoloniale était spontanément ancré même chez les plus prudents. Après l’indépendance, mon père homme réservé s’il en fut, m’avoua vingt ans après avoir subi avec rage la menace de son directeur, que ces jours là, seule la pensée de sa famille nombreuse a fait qu’il n’osait plus ouvrir le tiroir où il gardait son arme, de peur de céder à un moment de colère contre l’humiliation raciste. « Quand les journaux et la radio ont annoncé l’insurrection du 1er novembre 54, me dit-il, j’ai respiré et me suis senti délivré ». Comment pouvait-il en être autrement quand même les étrangers, quand ils étaient suffisamment informés, s’étonnaient que des insurrections n’aient pas déjà eu lieu. Cinq ans après, dans l’été 1950, j’étais allé en Europe au Congrès de l’Union Internationale des Etudiants pour représenter l’AEMAN (Association des Etudiants Musulmans de l’Afrique du Nord) dont j’étais le président. Après mon allocution où j’avais parlé du 8 mai 1945 en indiquant le chiffre donné par les organisations nationales de quarante mille (40 000) victimes, plusieurs délégués d’Europe sont venus me trouver pour me demander si le texte imprimé que j’avais distribué ne contenait pas une erreur sur le nombre de zéros. L’énormité du massacre leur paraissait impensable. Quand je leur ai confirmé et expliqué les faits, deux d’entre eux se sont exclamés « Mais pourquoi n’avez-vous pas pris les armes pour vous libérer ? » Ils pensaient aux résistances d’Europe contre l’occupation nazie ou à la première guerre du Viet Nam qui faisait rage. « Ce n’est pas l’envie qui en manque aux jeunes algériens, leur ai-je dit, mais ce n’est pas si simple d’y arriver ». Et leur ai cité l’exemple de l’OS qui venait d’être démantelée par la police française. Les faits nous avaient montré en effet en 1945 (comme ils le montreront plus tard avant et après le 1er novembre 1954) que l’articulation nécessaire entre l’action dans ses formes politiques non violentes et l’action dans ses formes armées (et néanmoins politiques dans leur contenu) est une question décisive mais également complexe et difficile à maîtriser. Le mouvement national a eu besoin d’accumuler les expériences. Le mois de mai 45 a été l’un des exemples de ces tâtonnements sur une voie que le mouvement algérien de libération n’avait pas encore exploré dans ses formes modernes, différentes de celles de la résistance à la conquête coloniale du 19ème siècle. Tout cela mériterait études et recherches, pour sortir des exposés purement triomphalistes et qui présentent de façon simpliste les cheminements vers l’option et la concrétisation de la lutte armée, abordée isolément ou en opposition avec le reste des formes de lutte et motivations de tout un peuple. A ce propos et délibérément, je n’ai pas abordé dans ce témoignage des aspects, et analyses qui ont leur importance et avaient fait problème: la gestion des évènements et des évolutions par les différents acteurs politiques nationaux, telle que je l’avais perçue alors ou telle qu’elle m’est apparue plus tard à la lumière de nouvelles informations et d’expériences ultérieures. Que penser par exemple des analyses des dirigeants du PCA tels que Amar Ouzegane (et de ses inspirateurs au PCF tels que André Marty), qui à l’époque avaient d’abord attribué la responsabilité de ces évènements à des provocations nationalistes qui auraient fait le jeu de la grosse colonisation et du nazisme, avant de revenir sur cette erreur grossière et d’engager une campagne de masse contre la répression colonialiste et l’amnistie en faveur de tous les emprisonnés et condamnés ? A ce propos, j’ai toujours été intrigué par le fait que des dirigeants nationalistes n’ont cessé d’occulter le rôle majeur de Ouzegane dans ces prises de position sectaires et erronées. J’ai entendu souvent et directement à cette époque ses discours antinationalistes imprégnés d’une grande hargne personnelle allant au-delà de convictions collectives. D’autant plus intrigant que cette occultation assumée et prolongée par la même personnalité dans ses publications et mémoires, s’est accompagnée de façon récurrente dans certains milieux de vives critiques paradoxalement dirigées contre les orientations ultérieures qui ont remis ce parti sur les rails de positions nationales en condamnant les erreurs que le principal concerné s’était refusé à reconnaître. Parallèlement, que penser aussi de la vigilance et de la maîtrise insuffisantes des dirigeants nationalistes en place à cette époque envers les projets à peine cachés des colons et de l’administration française au cours des mois précédents de se livrer prochainement à une grande provocation pour briser l’expression ascendante et tumultueuse du mouvement national ? Comment apprécier également la précipitation, heureusement corrigée à temps, à décréter un mot d’ordre d’insurrection avec seulement des masses chauffées à blanc sans orientations politiques ni préparation organique adéquates ? Quels enseignements auraient pu être tirés enfin de ces évènements pour assurer aux évolutions ultérieures du mouvement national et social un caractère encore plus unitaire, moins populiste et spontanéiste, plus attentif aux environnements régionaux et internationaux ? Voila qui, à ce jour encore, pourrait donner lieu à des réflexions et des débats utiles pour tous, pour peu que soient mis au second plan les a priori et procès d’intention idéologiques. Il reste que l’Histoire retiendra l’essentiel : l’impossibilité sur le long terme aux forces rétrogrades de barrer la route aux mouvements légitimes issus des profondeurs et de nature foncièrement démocratiques et sociaux, même s’ils s’expriment initialement dans des formes impulsives, insuffisamment maîtrisées au regard de l’efficacité et des intérêts réels. Il en fut ainsi de l’élan national algérien momentanément brisé dans le sang en 1945, comme ce fut le cas aussi des révoltes prémonitoires et massacres de Yen Bay en Indochine avant 1939 ou des massacres de Madagascar après la deuxième guerre mondiale. L’important, et c’est une condition essentielle, c’est que les aspirations puissantes parviennent à trouver des relais politiques suffisamment à leur hauteur, qui ne se traînent pas démagogiquement à la remorque de la spontanéité pour d’étroits calculs politiciens et de clans. Je terminerai par une remarque non moins importante et d’une portée actuelle. Un tort considérable a été porté à l’évolution de l’Algérie indépendante par l’assimilation ou l’identification mécanique et totalement erronée des situations, des rapports de pouvoir et des formes de lutte qui ont prévalu pendant l’occupation coloniale et celles correspondant à l’Algérie libérée de la domination étrangère directe. La remarque concerne notamment et en premier lieu l’utilisation ou la menace de la violence armée. C’est une faute grave des pouvoirs en place ou aspirant à les remplacer que de recourir (pratique déjà amorcée au cours de la guerre de libération) aux mêmes moyens (chantage des armes et tous ses succédanés en coups tordus et chapes de plomb) que ceux utilisés par les colonialistes pour maintenir leur « ordre » et leur leadership, alors que les champ d’action et les moyens politiques et pacifiques pouvaient s’ouvrir largement à notre peuple en 1962. C’est aussi une erreur sérieuse des courants ou formations politiques contestataires (et même une faute pour ceux de leurs dirigeants qui le font consciemment et persistent dans cette voie) que de vouloir recourir à des formes d’opposition armée alors que les voies et moyens politiques pacifiques existants ou susceptibles d’émerger et de s’imposer sont restés ridiculement sous-estimés et inutilisés. La sous estimation de ces possibilités, fruit d’insuffisances et de perversions politiques entremêlées, s’est alimentée mutuellement entre le pouvoir et les oppositions y compris quand ces dernières se sont réclamées d’objectifs ou de motivations démocratiques. La mémoire et l’histoire de la période coloniale, au lieu de nous enfoncer dans l’idée erronée que l’action armée est la seule noble ou qu’elle convient à toutes les situations, doit plus que jamais nous inciter à restaurer prioritairement et au plus haut niveau possible l’efficacité et la noblesse de l’action politique démocratique, dans une Algérie déjà harassée de conflits improductifs et sans principe, alors que les appétits impérialistes multiformes investissent notre région, génétiquement prêts à renouveler sans état d’âme les turpitudes coloniales.
S.H. 8 mai 2007 - From: "sadek hadjeres" <hadjeres_sadek@hotmail.com>
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