Bloc-Notes No 328 – Aquitaine
Bonne reprise, bonne rentrée sociale et politique.
« Résistons à la politique portée par Sarkozy et son gouvernement et construisons les outils politiques nécessaires pour porter un projet de transformation sociale progressiste, antilibéral et permettant de dépasser le capitalisme ! »
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Vous trouverez ci-après des informations qui ont été adressées à Espaces- Marx ou qui ont attiré notre attention, et que nous vous répercutons (Période du 8 au 15 Septembre 2007). (Les adresses indiquées peuvent n'être qu'un relais et pas obligatoirement l'origine de l'information, et n'ont aucune affiliation à priori avec notre association. Elles ne partagent pas obligatoirement non plus les autres messages répercutés). Ce message n'est pas un spam. Conformément à la loi et aux règlements du CNIL, les messages de prospection associatifs, politiques, caritatifs ou religieux sont seulement soumis à l'obligation d'accès aux données (comme les messages postaux) et ne sont pas considérés comme des messages de publicité commerciale (spams). L'intégralité des Informations est sur le site d'Espaces Marx Bordeaux, n'hésitez pas à y consulter aussi le Bloc-Notes National : http://espacesmarxbordeaux.apinc.org/
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1) L’article de la semaine : « Beaucoup plus qu’une utopie » par Lucien SEVE, Philosophe
2) « L’Atelier de Philosophie d’Espaces Marx »
3) « L’Atelier Economie & Politique d’Espaces Marx et d’Attac33 »
4) « Atelier Arts, Cultures & Société d’Espaces Marx »
5) Espaces Marx - Fête de l’Humanité 2007 : Stand au Village du livre et 15 débats
7) Appel à cotisation et à soutien des activités d’Espaces Marx (2007/2008)
8) [ATTAC33] Prochaine(s) réunion(s)
9) [RESF33] Rassemblement pour refuser l’ouverture de la chasse à l’enfant
10) Parrainage Républicain à Bordeaux
11) [PCF33] Initiatives des Communistes en Gironde et en Aquitaine,…
12) Marche citoyenne d'opposition aux OGM
14) 24èmes Journées européennes du Patrimoine en Aquitaine
15) Jean Suhas au Pont Tournant & La fête aux bassins
16) Exposition DIFFRACTIS (Arthotèque)
17) Les Soirées Débats d’UTOPIA
18) [AQUAFORUM] « Le réseau MAGEST : suivi de la qualité des eaux de l’estuaire »
20) Concert des Ignobles du bordelais
21) Fête de l’Humanité à Paris : Fête de la Solidarité et de la Fraternité (mode d’emploi)
22) CapcMusée : Musée d'art contemporain de Bordeaux
23) [IDRP] Bloc-notes des dates à retenir au plan international
25) En Entendant l'Auteur : "T'as des nouvelles"
27) [RADSI] La solidarité internationale au travers de l'image
28) 3éme colloque international sur l'animation à Lucerne en Suisse
29) « PENSER NOS PLAIES ! » Par Vincent TACONET, Président d’Espaces MARX Aquitaine-Bordeaux-Gironde
31) « La Chronique des idées reçues » Par Gérard Loustalet-Sens
32) Protection sociale : Fraudes et mensonges
33) COURS DE L'ARGONNE : Les débuts de l'université unique
34) CUB : Coup d'accélérateur pour le pont Bacalan-Bastide
35) BORDEAUX : Juppé : « Je ne tarderai pas »
36) PARTI SOCIALISTE : Les candidats pour conduire les Municipales à Bordeaux sortent de l'ombre
37) BORDEAUX : Ca phosphore dur sur le quartier TGV (St-Jean, Belcier)
38) PORT METHANIER : Le président de la commission du débat public appelle au dialogue
39) EDUCATION : Des contrats aidés franchement coupés
40) FRET SNCF : Un traitement de cheval
41) « Pas de refondation de la gauche sans les communistes »
42) AGORA DE L’HUMANITÉ : Deux événements pour relever les défis à gauche
43) Le PCF souhaite passer aux actes et veut organiser la résistance face à Sarkozy.
45) Parti socialiste : Une rénovation teintée de renoncements
47) EXTRÊME-Gauche : Olivier Besancenot prône des « listes anticapitalistes »
49) Sarkozy annonce une fuite en avant libérale
50) ÉDUCATION : L’école au bord de la « rupture »
52) Fonction publique : Le gouvernement avoue préparer un « plan de rigueur »
53) Énergie : Sarkozy livre GDF au privé
54) JUSTICE : Démissions à répétition chez Rachida Dati
56) « Citoyenneté juridique pour tous ou morcellement social ? » PAR BERNARD DORAY, PSYCHIATRE (*)
57) « Freinet, vivant et menaçé » par Nicolas Mathey
58) La crise financière est-elle terminée ?
64) « On va vers un krach rampant » PAR DOMINIQUE PLIHON, PRESIDENT DU CONSEIL SCIENTIFIQUE D’ATTAC.
66) « Rol » et l’expérience brigadiste PAR ROGER BOURDERON, HISTORIEN (*).
68) Au nom du droit d’asile ! Un appel d’élus contre la menace d’extradition de Marina Petrella
69) Mobilisation : Une pétition nationale contre la fusion GDF-Suez
70) Savoir-Agir nº 1 : Une nouvelle revue pour enrichir la réflexion critique de la gauche
71) HUMANITE DIMANCHE : NUMÉRO du 06 au 12 septembre 2007
73) Une Constitution poussée à l’agonie
75) La Nouvelle Question scolaire : Les atouts de la démocratisation
76) Quand Fontenelle inventait l’histoire des sciences
77) Récits d’un maquis savoyard dans les derniers combats de la Libération
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& Le coin du Théâtre & du Cinéma &
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78) SICKO : « La santé doit être un droit de l’homme » Entretien avec Michael Moore
79) LES DOCUMENTS DE L’HUMANITE : « Les murs », par Patrick Chamoiseau et Edouard Glissant
80) Union européenne : Une course de vitesse contre la démocratie
82) Le traité « modificatif » recycle la constitution rejetée en 2005
83) Londres : Le « tube » paralysé
84) Allemagne : Die Linke en proie aux controverses
85) Diplomatie : Hugo Chavez en médiateur d’un échange humanitaire
86) Caracas : Quelle nouvelle Constitution pour le Venezuela ?
87) Washington : Probable début de retrait de troupes US d’Irak en mars
88) Algérie : Les islamistes algériens multiplient leurs attaques
89) Maroc : Une écrasante majorité de Marocains a boudé les urnes
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Adhésion : http://espacesmarxbordeaux.apinc.org/article.php3?id_article=59
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Le capitalisme est devenu irrespirable. Mais est-il dépassable ? On s’évertue à nous ôter cette perspective de la tête. Dites, si vous y tenez, que c’est une utopie, mais au sens où l’utopie est ce qui n’a aucune chance d’exister jamais nulle part. Le capitalisme serait définitif.
Or s’il y a - et il y a - d’immenses aspirations à un autre monde et une autre vie, alors que tout est fait pour nous en dissuader, cette donnée subjective ne peut s’expliquer que par une réalité objective : les grandes idées ne tombent jamais du ciel. Marx : « L’humanité ne se propose jamais que des tâches qu’elle peut résoudre », car si le projet lui en vient, c’est nécessairement que les conditions objectives pour les résoudre sont au moins « en voie de devenir ». Pour dépasser le capitalisme vers un communisme de nouvelle génération (dépasser n’est pas exclusif de supprimer, mais l’inclut au contraire dans une vision bien plus pertinente de la transformation historique), maints présupposés seraient-ils donc objectivement en voie de devenir sous nos yeux ? Je renverse la question : comment peut-on ne pas les voir ?
Exemple : avec l’investissement sans cesse plus poussé des sciences dans la production, la productivité réelle du travail va vers de tels niveaux que l’objectif du bien-être pour tous sort de l’utopique : « À chacun selon ses besoins » n’est pas un rêve. Si on ne le voit guère, c’est que la dilapidation par le capital atteint aussi un niveau fabuleux. L’explique-t-on assez ? Casse inexprimablement ruineuse des moyens de production, des hommes, de la nature, manque à produire confondant du chômage structurel de masse, coûts stériles effarants de la concurrence, de la publicité, coulages de gestion colossaux, investissements inimaginables dans la guerre et sa préparation, prélèvements inouïs du luxe de caste, formation parasitaire et éclatement périodique de bulles financières astronomiques..., chacune de ces dix rubriques du gâchis capitaliste mondialisé pèse son millier de milliards de dollars, voire bien davantage. Et le capitalisme serait le dernier mot de l’efficacité sociale ? Et le bien-être pour tous ne serait qu’utopie ? Cette vue matérialiste des contradictions du capital comme formant, contre son gré, des présupposés négatifs et positifs de son dépassement possible, si nous savons nous en emparer, c’est tout Marx. Il nous faut mieux qu’hier penser et agir avec lui aujourd’hui. Dans l’extraordinaire frénésie néolibérale où monte la possibilité du pire pour l’humanité, s’accumulent aussi comme jamais des préconditions de son dépassement vers le meilleur.
Quand le capital en est à casser le salariat, l’heure d’un dépassement historique du salariat capitaliste ne sonne-t-elle pas ? Quand le processus productif exige l’initiative responsable des producteurs, leur intervention à part entière dans les gestions peut-elle être différée ? Quand s’emballe un peu partout ce que révèle l’explosion du phénomène Internet, le dépérissement des pouvoirs de classe au profit d’une vraie démocratie participative en tout domaine ne vient-il pas à l’ordre du jour ? Quand se généralise la crise de toutes les discriminations, se répand le souci d’une solidarité interhumaine planétaire, se fait jour en maints domaines - fût-ce de façon tâtonnante - la revendication de gratuité, peut-on hésiter à diagnostiquer l’entrée dans une transition de phase de la civilisation humaine ? « Le communisme », en tant que forme sociale aboutie, n’a jamais encore existé nulle part. C’est en quoi la visée communiste, qui donne si grand sens au combat politique et à l’engagement personnel, tient de l’utopie. Mais en même temps le communisme, sans guillemets, c’est le « mouvement réel qui dépasse l’état de choses actuel ». Ce mouvement-là, pour être efficace, a l’absolu besoin de savoir de quoi il peut partir pour mieux savoir à quoi il peut aller. Là où n’existent pas encore de présupposés objectifs du communisme, tout communisme est impossible - d’où le drame du XXe siècle. Dans le monde et la France d’aujourd’hui, de tels présupposés se mettent à foisonner. Faisons-nous assez pour les étudier comme tels et prendre appui sur eux ? Le communisme aura à coup sûr de l’avenir si nous savons le travailler au présent.
http://www.espaces-marx.org/article.php3?id_article=89
=====> Renseignements : Espaces Marx, 6 avenue Mathurin Moreau – 75167 Paris cedex 19 (métro Colonel Fabien) Tél. : 01 42 17 45 10 - E-mail : espaces_marx@espaces-marx.org - Site : www.espaces-marx.org
- From: "Patrick Coulon" <pcoulon@internatif.org>
Le Mardi 11 Septembre à 19h00 à l’Athénée Municipal de Bordeaux
« Bilan et Préparation des activités 2007-2008 »
Le but est de proposer un rendez-vous régulier pour une réflexion philosophique partagée, animée principalement par des professeurs de philosophie. Bien que la forme puisse varier en fonction de l’actualité ou des différents projets, il s’agira de travailler ensemble nos idées, à travers des courts textes d’auteurs, afin de mieux comprendre leur pensée à l’oeuvre. Le ou les textes étudiés seront proposés à l’avance et, la séance s’organisera autour des différentes interprétations de chacun des participants. Les ateliers de philosophie des Espaces Marx se voudront donc des moments d’échanges et de réflexion en commun afin de s¹approprier différents savoirs, en général dans le domaine sociopolitique,… Laurent BOYER, Professeur de Philosophie. <xnonx@free.fr> - Contact : espaces.marxbx@tiscali.fr - Entrée libre.
Le Jeudi 13 Septembre à 19h00 à l’Athénée Municipal de Bordeaux,
Animé par Jacques TOISER, Jean-Claude MASSON et Robert PIERRON
« Bilan et Préparation des activités 2007-2008 »
L'atelier économie société propose deux axes de travail :
- mettre en évidence les effets locaux et concrets de l'évolution financière et mondiale du capitalisme sur des pans importants de l'économie Aquitaine : l'automobile, l'aviation, l'agriculture, la viticulture.
- Eclairer cette réflexion par des points de vue divers provenant d'associations : Attac, LDH,..., de partis politiques PC, PS, LCR ..., de syndicats CGT, CFDT, MODEF...
« Les sujets de préoccupation et d’interrogations ne manquent pas. L’université d’été d’ATTAC33 a-t-elle apportée des perspectives à l’altermondialisme ? ouvert des pistes pour répondre au déficit démocratique de l’Union Européenne ? y-a-t-il une alternative au libéralisme ? Quel avenir pour FORD en Gironde et pour l’industrie automobile en Europe ? Ou en est l’industrie aérospatiale, quelles perspectives ? L’Agriculture en Aquitaine ? l’industrie du vin ? Les droits de l’homme sont-ils compatibles avec le capitalisme ? Autant de pistes de travail pour cette nouvelle année si vous jugez utile que cet atelier poursuive ses travaux. » - Si vous avez une idée, proposition de thème ou d'intervention (de quelque nature que ce soit) sur cette séance ou celles à venir , contacter les animateurs de cet atelier : Jacques TOISER ( 06 07 38 34 23 ) <jacques.toiser@ free.fr> - Jean-Claude MASSON (06 73 19 85 62) <jcmasson@numericable.fr> – Robert PIERRON (05.57.57.84.06) <robert.pierron@aquitaine.fr> ou <espaces.marxbx@tiscali.fr>. – Entrée libre -
Le Lundi 17 Septembre à 18h30 à l’Athénée Municipal de Bordeaux.
« Bilan et Préparation des activités 2007-2008 »
Porter une vraie ambition pour la culture, un vrai statut pour les intermittent(e)s devraient être les piliers d’un projet de société où le développement des arts et de la culture partagé par toutes et tous serait une des bases du progrès social, ce qui nécessite un effort sans précédent en faveur de l’éducation, un véritable statut pour celles et ceux qui travaillent dans ce secteur, une aide publique renforcée pour une création et une diffusion dégagée des logiques commerciales et financières, une réelle diversité des œuvres proposées dans les grands moyens de communication. Poursuite des débats engagés ces derniers mois. Nous avons eu le plaisir d’apprendre que l’atelier de Charles Perrens « L’arbre Rose » avait pu poursuivre ses activités, et que les œuvres avaient pu être sauvées. De même que nous avons pu participer pour certain(e)s d’entre nous au Festival d’Uzeste qui a migré cet été à SORE dans les Landes. Contact : Espaces.MarxBx@tiscali.fr – Entrée Libre -
Espaces Marx à la Fête de l’Huma. Venez nombreux !
Demandez le programme ! Tous les détails ici même...
A. Espaces Marx au Village du livre :
1. Rencontre avec Patrice Cohen-Seat autour de son livre « Communisme, l’avenir d’une espérance » (Calman-Lévy, septembre 2007).
Samedi 14h. Débat animé par Patrick Coulon
2. « Emancipation » Rencontre avec Jean Louis Sagot Duvauroux.
Dimanche 11h. Débat animé par Patrick Coulon (journaliste) et Laurent Lemarchand (historien).
Ouvrage publié en ligne sur www.emancipation-blog.net.
3. Dialectique : le retour ?
Actualité et perspectives de la dialectique avec plusieurs auteurs de l’ouvrage collectif « Dialectiques aujourd’hui » (collection Espaces Marx / Syllepse). Dimanche 17h. Avec Janine Guespin, Dominico Losurdo (Italie) et Lucien Sève.
B. Espaces Marx et partenaires
1. Quelles raisons de l’impact du projet de Sarkozy ?
Samedi 16h00 -Stand FD Sarthe
Avec Stéphane Rozès (Politologue et enseignant à Sciences Po), Christian Martin (membre du Conseil national du PCF), Vincent Tiberj (CEVIPOV), Elisabeth Gauthier (Espaces Marx / Transform !) et la Fédération de la Sarthe
2. Refonder la gauche : une question européenne. Les enjeux et expériences dans différents pays et à l’échelle européenne.
Samedi 14h30 - Stand FD Hauts de Seine
Avec la participation de Sascha Wagener (Commission exécutive et porte parole questions de jeunesse « Die Linke », Allemagne), Fabio Amato (responsable relations internationales Rifondazione, Italie), du Parti de la Gauche Européenne (PGE), Elisabeth Gauthier (Espaces Marx / Transform !). Débat présidé par Brigitte Gonthier-Maurin (sénatrice, secrétaire départementale 92 du PCF).
3. Remodelage néolibéral des universités : enjeux en France, enjeux en Europe. Quelles analyses, quelles alternatives ?
Samedi 14h30 - Stand Région Rhône-Alpes.
Avec la participation de Jean Fabbri (SNESup), Bernard Calabuig (réseau enseignement supérieur et recherche du PCF), Jérémy Giono (membre du Bureau national de l’UNEF), Léo Coutellec (réseau national des jeunes chercheurs communistes), Olivier Gebuhrer (mathématicien, Espaces Marx), des représentants de l’UEC et du Parti de la Gauche européenne (PGE). Avec le PCF - Région Rhône-Alpes
4. « Sur le travail, remettons-nous à l’ouvrage ! »
Dimanche 11h - Stand de Gennevilliers
Débat co-organisé par le collectif ‘Travail & société’ de la Fédération des Bouches du Rhône du PCF et Espaces Marx. Présentation d’un texte et proposition d’une démarche par Pierre Bachmann. Débat présidé par Roland Muzeau (député) et Elisabeth Gauthier (Espaces Marx).
5. « Sortir de l’entreprise capitaliste ». Construire une alternative à la domination financière.
Samedi 16h - Stand du PCF Yvelines
Autour de leur ouvrage avec Daniel Bachet et Gaëtan Flocco, et avec Jean-Claude Delaunay, Jean Magniadas, Richard Sheehan et le PCF 78.
6. Décolonisation et mémoires collectives.
Samedi 16h - Stand PCF Essonne.
Avec la participation du réseau Frantz Fanon, Monique Crinon (IPAM-CRID), PK Murthy (membre du Conseil international du Forum social mondial, syndicaliste, Inde), Serge Guichard (Espaces Marx), Aminata Traoré (ancien ministre de la culture, Mali, sous réserve), un représentant du Forum social des quartiers populaires, des « Cahiers de l’Histoire », du Cedrate, du PCF 91. Stand du PCF 91.
7. L’individualisme capitaliste, une négation de l’humain.
Dimanche 11h- Stand PCF Essonne
Avec Roland Gori (professeur de psychothérapie, initiateur de l’Appel ‘Sauvons la clinique’), Bernard Doray (auteur de « "Dignité, les debouts de l’utopie" »), Hervé Hubert (psychiatre et psychanalyste). Avec le PCF-Essonne..
8. Individu, subjectivité et transition dans la pensée de Ché Guevara.
Autour du livre coordonné par Jean Ortiz « Le Chè plus que jamais ». Dimanche 14h30 - Stand PCF Alpes Maritimes
Débat avec la participation de Jean Ortiz, Carlos Tablada (Cuba), Obey Ament (Espaces Marx), Michaël Löwy (Espaces Marx, co-auteur avec O.Besancenot de « Chè Guevara, une braise qui brûle encore » à paraître en septembre) et d’autres invités.
9. Transformations sociales et politiques au Venezuela et en Bolivie.
Dimanche 11h - Stand PCF Aisne / espace Nord
Avec Espaces Marx Nord, l’Espace Nord et la fédération de l’Aisne.
Avec la participation du Ministre du Travail (Venezuela), du Vice-Ministre chargé de la coordination avec les Mouvements sociaux (Bolivie), de Jacobo Torres (Force Bolivarienne des Travailleurs, Venezuela), Bernard Cassen (Président d’honneur d’Attac) et Obey Ament (Espaces Marx).
10. Etats-Unis : empire, stratégie, contradictions.
Samedi 15h - Stand PCF Alpes Maritimes .
Revue « La Pensée » avec Gilles Cohen, Jean-Claude Delaunay, d’autres spécialistes des Etats-Unis, en coopération avec le PCF 06.
11. Les oublis de la réconciliation franco-allemande
A l’occasion de la sortie du N° 100 des « Cahiers d’histoire ». Samedi 17h - Stand PCF Morsang (91).
12. Rencontre avec René Piquet
Dimanche 10h30, stand de la fédération du Loir et Cher.
Ancien secrétaire du PCF et président du groupe parlementaire européen GUE, autour de son livre « Le soleil s’attarde comme une récompense. Regards sur un engagement politique » (Le Temps des Cerises). Débat animé par Michel Duffour (ancien secrétaire d’Etat), coorganisé par la Fédération du Loire et Cher et Espaces Marx
http://www.espaces-marx.org/article.php3?id_article=319
Paru aux Editions La Dispute. Au début de l’année 1956, à travers le monde, de nouvelles voies semblent s’ouvrir : le communisme entreprend de se réformer, le tiers-monde émerge sur la scène internationale, la guerre froide recule, le mouvement de libération nationale et donc la décolonisation s’étendent.
Mais du côté du communisme, les espoirs nés au XXe Congrès du Parti communiste de l’URSS pendant l’hiver vont sombrer dès l’automne. Plusieurs partis communistes, et non des moindres, condamnent - ou ignorent - la déstalinisation lancée par Nikita Khrouchtchev, et pour finir les chars soviétiques écrasent la révolution hongroise dans Budapest.
Roger Martelli interroge le cours de cette « année terrible » dans un brillant essai historique appuyé sur les archives récemment ouvertes en Russie et dans les pays de l’est européen, dont il publie les plus exceptionnelles.
Il centre sa réflexion sur les perspectives esquissées puis ruinées par les communistes en 1956 tant pour le devenir de la planète que pour le leur en propre. Courageux en février, Khrouchtchev fait rapidement retraite, renonçant à trancher entre les conservateurs et réformateurs communistes, manquant ainsi sa déstalinisation. De sorte qu’en novembre le désastre de Budapest referme les perspectives de renouvellement ouvertes au début 1956.
http://www.espaces-marx.org/article.php3?id_article=220
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Si vous le jugez utile, Espaces Marx vous appelle à soutenir ses activités en 2007 et en 2008 : Ses prochaines initiatives qui font d’Espaces Marx sur Bordeaux, une véritable Université Populaire même si elle n’en porte pas le nom. Nous avons terminé l’année 2006 avec 266 adhérent(e)s et 2005 avec 263 adhérent(e)s soit 21 de plus qu’en 2004 et 55 soutiens. Vous êtes 142 à avoir payé votre cotisation 2007 dont 12 Nouvelles adhésions. Ces chiffres reflètent une certaine vitalité qu’il faut continuer d’entretenir et enrichir de votre participation. Si vous avez déjà répondu à cette sollicitation nous vous en remercions. Adhésion : http://espacesmarxbordeaux.apinc.org/article.php3?id_article=59
Contact : Espaces.MarxBx@tiscali.fr
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====> COMMISSIONS : SANTE Annie DESCOT 05.56.65.70.83 anniedescot@voila.fr – GROUPE MEDITERRANEE Véronique VILMONT 05.56.24.17.22 veronique.vilmont@numericable.fr - AGCS / OMC / SERVICES PUBLICS Denise CASSOU 05-56-25-72-23 d.cassou@free.fr - OGM / AGRICULTURE Jean-Luc GASNIER 05-56-57-58-79 jean-luc.gasnier@wanadoo.fr – ATELIER ECONOMIE et POLITIQUE (en collaboration avec Espaces Marx) Jacques TOISER 06.07.38.34.23 Jacques.toiser@free.fr - RELATIONS NORD-SUD / SOLIDARITES INTERNATIONALES Maurice VILMONT 06-14-66-67-29 mauricevilmont@yahoo.fr - GROUPE LOGEMENT Brigitte DURAFFOURG 06-20-59-53-22 brigitte-duraffourg@mairie-libourne.fr - FSL33 Maurice VILMONT 06-14-66-67-29 mauricevilmont@yahoo.fr
Voir le compte Rendu de la dernière réunion dans la rubrique Echos de Gironde.
=====> DATES à RETENIR :
--- Les permanences du RESF 33 auront lieu jusqu'en septembre (sauf changement plus tard) à L'asti Bordeaux situé au 10, rue Causserouge (derrière la place de la Victoire, entre la rue du Mirail et la rue Leyteire) : tous les lundi de 18h30 à 19h30. (Pour entrer, il faut sonner !)
=====> Sur le site du RESF33 : http://resf33.free.fr/
--- Retrouvez sur le site tous les dossiers suivis en cours. Signez la pétition en ligne sur RESF ! http://resf33.free.fr/spip.php?article48 – Contacts : resf33@laposte.net et Site : www.resf33.free.fr
=====> Des pétitions sont actuellement sur le site national :
--- Pétition : LA SOLIDARITE NE DOIT PAS DEVENIR UN DELIT !
Arrêt des poursuites contre les militants de RESF et Florimond Guimard.
http://www.educationsansfrontieres.org/?page=article&id_article=4861 ou
http://www.valplan.info/petitions/index.php?petition=3&pour_voir=oui&lettre=6
--- Pétition de soutien à Valérie Boukobza, directrice de l’école Rampal mise en garde à vue le 23.03 http://www.educationsansfrontieres.org/?article5185#sp5185
--- Pétition de Soutien à Kadidja militante de l’APEIS
http://www.apeis.org/article.php3?id_article=370
--- Pétition de soutien à François AUGUSTE Vice-Président Communiste du Conseil Régional Rhône-Alpes
http://www.educationsansfrontieres.org/spip.php ?article5258
– From : <resf33@laposte.net>
Vendredi 14 Septembre à 11h30 sur le Parvis des Droits de l’Homme à Bordeaux aura lieu un parrainage Républicain d’un jeune Kurde, BILAL qui avait été régularisé en 2005, mais que la nouvelle législation de Sarkozy a de nouveau mis en situation irrégulière. Ce parrainage sera effectué par Michèle DELAUNAY, Députée de Gironde. Pour plus d’information contacter Pierre LANDETE : 06.72.04.14.05
Bilal SAHIN, Kurde de 25 ans a reçu de la Préfecture une Obligation à Quitter le
Territoire Français. Un parrainage républicain est donc organisé : VENDREDI 14 SEPTEMBRE 2007 à 11h30, PARVIS DES DROITS DE L'HOMME (devant le TGI et l'ENM)
Ce parrainage se déroulera en présence de Maître Landette, son avocat, de Madame
Michèle Delaunay et de Madame Touzet, ses marraines. En France depuis 2002, sa demande d'asile politique a été déboutée par l'OFPRA et de la CRR en 2003. Il a ensuite obtenu un titre de séjour vie privée et familiale qui a été renouvelé jusqu'en mars 2007. Aujourd'hui la Préfecture refuse de lui renouveler son titre de séjour. Parfaitement intégré, Bilal SAHIN parle couramment français, il travaille depuis plus de trois ans, a des problèmes de santé important et ne peut en aucun cas retourner en Turquie où il est condamné à une peine de 3 ans, 9 mois et 12 jours d'emprisonnement pour son soutien au PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan). Il est donc dans une situation difficile que la Préfecture se plaît à ignorer. MERCI DE VENIR NOMBREUX POUR LE SOUTENIR - From : <celinebru1@yahoo.fr>
====> Fête de l'Humanité : les débats du stand du Conseil National
Samedi 15 septembre
11h – 12h 30 : « Quel projet, quelle stratégie, où va la droite, quelle riposte ? » avec les participations déjà annoncées de : Stéphane Sahuc, journaliste spécialiste de la droite, Alain Obadia, chargé pour le PCF de l’animation du collectif « Riposte à la droite », Gérard Streiff, historien et écrivain, Patrice Bessac, porte-parole du PCF.
12h 30 : Rencontre avec la rédaction de CommunisteS
15h 45 – 16h 45 : « La vie associative dans la France d’après » avec les participations déjà annoncées de Edith Arnould-Brill, présidente du Conseil national de la Vie Associative, Jacques Henrard président de la CPCA (Conférence permanente des coordinations des associations), Bruno Le Roux, député PS, président de la Fédération Léo Lagrange, Gilles Garnier, membre de l’exécutif national du PCF, responsable de la Vie Associative.
17h – 18h 30 : « Le nouveau traité européen : quel contenu, quels enjeux en France, en Europe ? » avec les participations déjà annoncées de : Patrizia Sentinelli, Vice-ministre des Affaires étrangères d’Italie, Helmut Scholz, responsable national de Die Linke, Francis Wurtz, député européen, président du groupe du GUE/NGL (Gauche unitaire européenne/Gauche Vert nordique), Daniel Cirera, membre de l’exécutif national du PCF chargé des questions européennes, Jean-François Gau, membre de l’exécutif national du PCF.
Dimanche 16 septembre
11h – 12h 30 : « Le Communisme, quel projet, quelle pertinence au XXIème siècle ? ». avec les participations déjà annoncées de Michael Brie, directeur de la Fondation Rosa Luxemburg (Allemagne), P.K. Murthy, syndicaliste, militant communiste, membre du Conseil international du Forum Social (Inde), Nelson Estrada, représentant du « Mouvement au socialisme » (MAS) de Bolivie, Patrice Cohen Seat, membre de l’exécutif national du PCF.
14h 30 à 16h : « La place du monde du travail et des syndicalistes dans la construction du rassemblement et le projet politique » avec les participations déjà annoncées de : Mireille Chessa, syndicaliste (Bouches du Rhône), Michel Galin, syndicaliste enseignant, un syndicaliste allemand, Pascal Fraudin, syndicaliste secteur bancaire, Jean-François Taddei, syndicaliste audio-visuel public, Pascal Joly, syndicaliste (Ile-de-France), Béatrice Galicier, responsable PCF Nanterre-La Défense, Richard Sheehan, membre de l’exécutif national du PCF.
Le site de la fête, c’est ici http://www.humanite.fr/fete.html
--- L'espace de débat et de réflexion pour le congrès extraordinaire du PCF est ouvert : http://alternativeforge.net
=====> Rendez-vous du PCF : Voir le site : http://33.pcf.fr/
--- Le PCF33 réunira son Conseil Départemental le Mercredi 26 Septembre de 18h30 à 20h30 à son Siège 15, Rue Furtado à Bordeaux.
--- Fête de l’Humanité à Paris (les 14, 15 et 16 septembre) : Un bus est organisé par la section de Bordeaux (Inscription au 05.56.91.45.06). Une autre formule est possible pour y participer de l’intérieur, travailler aux stands de la Gironde.
--- La Section du PCF du Bassin d’Arcachon et des Landes Girondines tient une permanence à BIGANOS tous les mardi de 17h30 à 19h30 et le premier Samedi de chaque mois de 10h à 12h. Contact : <christian.darriet@free.fr>
=====> Déclarations du PCF
--- Sarkozy / Medef : Pouvoir d’achat : Nicolas Sarkozy s’en remet au bon vouloir du patronat
http://www.pcf.fr/spip.php?article1880
--- Marie George Buffet aux « 4 vérités » sur France 2 - le 20/08/2007
http://www.pcf.fr/spip.php?article1848
--- Débat France culture avec Patrice Bessac : Le Parti communiste a-t-il un futur ?
http://www.pcf.fr/spip.php?article1846
--- CONFERENCE DE PRESSE : MINI-TRAITE EUROPEEN, « COMME EN 2005 ON VEUT SAVOIR, ON VEUT DECIDER » le lundi 9 juillet à 11H Salle délégation/Fabien Avec la participation de : Marie-George BUFFET, secrétaire nationale du PCF
Francis WURTZ, président de la GUE-GVL, Nicole BORVO, sénatrice, Jean-Paul LECOQ, député, Olivier DARTIGOLLES, porte-parole du PCF http://www.pcf.fr/spip.php?article1769
--- Conférence de presse du 4 juillet 2007 : Sécurité sociale - financements et franchise médicale
http://www.pcf.fr/spip.php?article1761
--- Vidéo : « Atelier national » - débat du 19 juin 2007 - « quelle gauche demain ? »
http://www.pcf.fr/spip.php?article1772
--- Congrès extraordinaire 2007 : Compte-rendu de la première réunion du collectif d'impulsion et d'animation des débats
http://www.pcf.fr/spip.php?article1770
--- Rapport de Marie George Buffet au Conseil national du 22 juin 2007
http://www.pcf.fr/spip.php?article1719
--- Rapport au Conseil national du 9 mai 2007 Joëlle Greder
http://www.pcf.fr/spip.php?article1588
Résolution du Conseil national du PCF du 24 avril 2007
http://www.pcf.fr/spip.php?article1573
Rapport d'Olivier Dartigolles - CN du 24 avril 2007
http://www.pcf.fr/spip.php?article1572
======> Aide bénévole pour le pliage des Nouvelles
Celles et ceux qui peuvent donner un coup de main à l’équipe de pliage des Nouvelles chaque jeudi matin sont les bienvenus. T. 05 56 91 45 06
=======> "Laissez-les grandir ici !"
Signez la pétition de RESF : Chacun d’entre vous a eu l’écho, dans la presse, à la télévision, au cinéma du film produit par un collectif des 350 cinéastes Laissez les grandir ici et de la sortie de la pétition qui porte le même titre. C’est un renfort de la plus grande importance qui doit, selon nous, trouver le relais le plus large possible auprès de toutes celles et de tous ceux qui depuis des mois et des mois se sont lancés dans la défense des enfants étrangers menacés de bannissement. http://www.pcf.fr/spip.php?article1453
http://www.educationsansfrontieres.org/spip.php?article4633
=====> AIRBUS et EADS : Un défi pour la politique européenne
Déclaration commune de Marie George Buffet – Lothar Bisky – Gregor Gysi Oskar Lafontaine – Francis Wurtz
1. Power 8 est inacceptable. Nous demandons le retrait.
Il est inacceptable de remettre en cause des emplois, des sites, des compétences avec en ‘plan de sauvetage’ d’Airbus qui n’apportera aucune solution aux problèmes posés. Il n’est pas acceptable que les actionnaires privés se dérobent de leur responsabilité au moment où il faut engager des moyens pour les investissements d’avenir après avoir tiré d’énormes dividendes de l’immense succès de l’A320. Il n’est pas acceptable que les Etats actionnaires de désaisissent depuis 2000 de leur responsabilité de gestionnaires au profit de ces mêmes actionnaires privés. La Constitution allemande est à prendre au sérieux : « Propriété oblige. Son usage doit contribuer en même temps au bien de la collectivité ». http://www.pcf.fr/spip.php?article1449
======> École : Le réseau École vient de lancer un espace de publication, d’information et de commentaires sur un blog. Reseau-ecole@listes.pcf.fr - À découvrir sur : http://ecoledavenir.gauchepopulaire.fr/index.php
======> Les lettres de secteurs d’activités du PCF disponible sur le site du PCF
--- Féminisme-Communisme :
Le Bulletin de la commissions « Droits des femmes - féminisme » http://www.pcf.fr/spip.php?rubrique193
--- « Migraction » :
Bulletin de liaison et d'échanges sur le droit des migrants http://www.pcf.fr/spip.php?rubrique211
--- Communisme & écologie :
http://www.pcf.fr/spip.php?rubrique223
--- Globule Rouge :
réflexions et propositions de la Commission Santé du PCF pour une politique non marchande de la santé http://www.pcf.fr/spip.php?rubrique237
--- Réchauffement Climatique
http://www.pcf.fr/spip.php?rubrique229
--- La lettre du RAPSE :
http://www.pcf.fr/spip.php?mot158 - contact : Rapseinfo@rapse.org
--- Le réseau École :
http://ecoledavenir.gauchepopulaire.fr/index.php
Reseau-ecole@listes.pcf.fr - Contact : mmilekitch@pcf.fr ou bcalabuig@pcf.fr
--- Commerce équitable-Économie solidaire :
http://www.pcf.fr/spip.php?rubrique132
--- InfoHebdo du PCF
http://www.pcf.fr/spip.php?rubrique25
--- Communistes
http://www.pcf.fr/spip.php?rubrique24
--- Gauche Européenne
http://www.european-left.org/news/latest_news?set_language=fr&cl=fr
======> Hors Série de l’Humanité 10 € «L’Affiche Rouge, la véritable histoire du groupe Manouchian» et son DVD de 70 minutes réalisé par Jorge Amat avec l’Historien Denis Peschanski.
=====> PCF 33 : Communication
Sur le site du PCF : www.gironde.pcf.fr
• Tous les tracts à disposition (nationaux, départementaux, des collectifs...), toute l’actualité, les dossiers…
• Toute l’actualité
• Les dossiers
Vous souhaitez envoyer des infos sur le site ? : communication@gironde.pcf.fr - Vous voulez contacter le PCF33 : contact@gironde.pcf.fr
=====> Le programme du PCF, Quatre engagements pour une politique de gauche qui change vraiment la vie est disponible à la Fédération du PCF 15, Rue Furtado à Bordeaux. Tél : 05.56.91.45.06 – Email : contact@gironde.pcf.fr - Vous le trouvez aussi sur le site du PCF : www.pcf.fr.
=====> PCF 33 : Souscription exceptionnelle Pour battre la droite et réussir à gauche. Nous souhaitons, au regard des enjeux, donner un nouvel élan à la souscription. Chèques à l’ordre de : ADF PCF 33. Renvoyer à : PCF « souscription » - 15, rue Furtado – 33800 Bordeaux.
=====> Le Journal « l’Humanité » gratuit pendant 6 mois
pour des milliers de jeunes dans le cadre de l’opération lancée à la Fête de l’Humanité «Libres échanges» où déjà 4000 jeunes se sont inscrits pour recevoir le quotidien gratuitement pendant 6 mois. Vous aussi, faites découvrir le journal à des jeunes autour de vous. En le recevant, ils pourront aussi écrire dans l’Humanité chaque semaine et sur le site Web à tout moment. Nom-Prénom....... Adresse..... Tél. ..... Mobile.... Email.... Retourner à : Les Nouvelles de Bordeaux - l’Humanité «Libres échanges» - 15, rue Furtado - 33800 Bordeaux qui transmettra au journal.
====> Vous souhaitez « militer » pour battre la droite en 2007 et construire un vrai changement à gauche, contactez le PCF au 05.56.91.45.06 ou contact@gironde.pcf.fr – Voir aussi le site www.pcf.fr
====> Pour des candidatures unitaires de la gauche antilibérales en 2007-2008
http://www.alternativeagauche2007.org/
- From : <contact@gironde.pcf.fr>
A l’appel de citoyens de Belin-Beliet, de Lugos, de Saint-Symphorien, de Salles, une marche citoyenne se déroulera le 15 septembre 2007 à la Gare de Lugos (entre Belin-Beliet et Sanguinet). Le but est de réunir et d’informer les citoyens des villages entourant les parcelles de maïs transgénique, situées sur la commune de Lugos. Pourquoi cette marche citoyenne ? Nous vivons toute l’année au sein de cette belle région. L’année passée, 250 hectares de maïs transgénique ont été semés ; 502 hectares cette année dans l’opacité la plus totale. 85% de la population n’en veulent pas, ni dans les champs ni dans les assiettes. Donc nous sommes là, de 0 mois à 107 ans, pour informer, communiquer et exiger que l’année prochaine il n’y en ait plus. Le rassemblement se fera à la Gare de Lugos à 1Oh3O. La marche se dirigera vers les lieux de culture, aucun fauchage ne sera toléré. Une conférence de presse sera donnée au retour de la marche à 12h3O. Présence d’élus. Suivra un pique-nique – amenez votre casse-croûte (restauration biologique sur place, animations musicales). La parole sera donnée à des intervenants pour expliquer avec pédagogie aux citoyens présents ce que sont les OGM. Suivra un débat. Happening musical pour clore la journée. - From : <vigilanceogm33@yahoo.fr>
Entre autres initiatives, les journées nationales du Patrimoine organisées dans la ville de Bordeaux incluent dans leur programme la visite guidée et commentée de la Bourse du travail. Vous pouvez prendre connaissance du programme complet sur le lien ci-dessous :
http://www.bordeaux.fr/ebx/portals/ebx.portal?_nfpb=true&_pageLabel=pgFicheEvt&classofcontent=evenement&id=21905 ainsi que sur le document ci-dessous :
Dans le cadre des Journées nationales du patrimoine
Visites de la Bourse du Travail de Bordeaux
Samedi 15 et dimanche 16 septembre 2007
> Entrée libre et gratuite, de 11h à 18h
- 44 cours Aristide Briand à Bordeaux
(Tram : Place de la Victoire - bus 20 à 23/16/45 : Bourse du Travail)
> Visites guidées et commentées par l’association Pétronille Patrimoine et Découverte et l’Institut CGT d’Histoire Sociale.
- samedi 15 : 11h / 14h30 / 15h30 / 16h30
- dimanche 16 : 11h / 15h / 17h
Non-stop : vidéo-projection de Marie Laure Viel « De l’inauguration de la Bourse en 1938 à ses coulisses actuelles »
Le port de Bordeaux – fresque du foyer Nord de la Bourse du travail de Bordeaux, peinte par Camille de Buzon. Découvrez ou redécouvrez, la Bourse du travail de Bordeaux dans le cadre des journées nationales du patrimoine, haut lieu de l’histoire et de l’architecture bordelaise du 20e siècle. Venez percer les mystères d’un bâtiment d’apparence austère, en cours de rénovation, pour découvrir sa lumière et son organisation intérieures, ses espaces forum et ses bureaux syndicaux. (Prenez le temps de parcourir ce lieu où la pensée et le mouvement de la vie se mêlent aux rythmes imprévus de l’art et du syndicalisme en marche, pour vous offrir une autre lecture de l’histoire des Bourses du travail et de l’Histoire de l’art. Au fil d’une visite inédite vous pourrez mieux comprendre la transversalité à l’œuvre ici, entre l’engagement des artistes qui ont contribués dès 1928 à sa conception et à sa décoration et celui des femmes et les Hommes de leur époque, politiques, syndicalistes, ouvriers ; mais aussi Femmes et hommes du 21e siècle, qui y militent toujours ou qui, passionnés de l’art et de l’histoire, se sont regroupés pour défendre ce lieu trop longtemps laissé en souffrance. Informez vous sur le projet de revitalisation dont la Bourse du travail fait l’objet et sur les nécessaires engagements et choix publics dont son aboutissement dépend. Nos instituts d'histoire Aquitaine et Gironde sont pleinement associés à ces deux journées et tous nos adhérents y sont invités en tant que visiteurs mais aussi pour ceux qui le peuvent pour assurer une présence militante dans le hall de la Bourse, aider à la tenue de la table de revues sur la Bourse, participer aux visites. Comptant sur vous. Michel Becerro, secrétaire de l'IHSA - De: "michel becerro" <mbecerro@orange.fr>
Samedi 15 et dimanche 16 septembre 2007 - Chaque année, le troisième week-end du mois de septembre consacre un moment privilégié, celui de la rencontre des Français avec leur patrimoine, à l'occasion des Journées européennes du patrimoine. Ce rendez-vous attendu rencontre chaque année un succès renouvelé. Il nous offre la possibilité de visiter et de découvrir les hauts lieux de l’histoire, les monuments nationaux mais aussi les édifices et les paysages de notre quotidien. Ces biens appartiennent aux collectivités publiques ou à des propriétaires privés et révèlent une parcelle de notre identité, de notre histoire collective. Pour cette 24ème édition, Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, a choisi d'honorer "Les métiers du patrimoine, des hommes et des femmes au service des biens culturels". Le public aura ainsi l'occasion de découvrir l'ensemble des métiers qui permettent à notre patrimoine d'être recensé, préservé, valorisé et transmis dans les meilleures conditions aux générations futures. En Aquitaine, les Journées européennes du patrimoine sont organisées par la Direction régionale des affaires culturelles et l'Union régionale des conseils d'architecture, d'urbanisme et d'environnement. La Direction régionale des affaires culturelles d'Aquitaine, installée dans l'ancien couvent des Annonciades à Bordeaux, lui-même Monument historique, sera ouverte le samedi 15 et le dimanche 16 de 14h à 19h. Des visites guidées des parties historiques de l'édifice, ainsi qu'une une présentation des bases de données patrimoniales du ministère de la Culture et de la Communication seront proposées. Des rencontres avec le public aborderont les thématiques suivantes : "Patrimoine et documentation", "Patrimoine et conservation" et "Patrimoine archéologique".
L'ensemble du programme national est consultable sur le site internet
www.journéesdupatrimoine.culture.fr
Bordeaux, le 7 septembre 2007 - Contact presse Direction régionale des affaires culturelles (Drac) Aquitaine 54 rue Magendie 33074 Bordeaux Cedex
- Tél : 05 57 95 02 02 - Fax : 05 57 95 01 25
Alain Rieu Conservateur régional des monuments historiques 05 57 95 01 84 – 01 85 jep.drac-aquitaine@culture.gouv.fr
Sylvain Nadau Pôle documentation, information, communication
05 57 95 02 56 – 02 54 02 55 – 02 53 com, drac-aquitaine@culture.gouv.fr
Sylvain NADAU Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) AQUITAINE - Ministère de la culture et de la communication Responsable
- From : <sylvain.nadau@culture.gouv.fr>
=====> J'ai le plaisir de vous inviter le jeudi 13 septembre prochain 21h, à une soirée festive au Théâtre du Pont Tournant, autour de Jean Suhas et de son livre Les Trois Cèpes de Michel. L'entrée est gratuite mais il faut impérativement réserver : par retour de mail - ou au 05 56 50 61 16. Dans l'attente du plaisir de vous retrouver lors de ce moment convivial,
=====> La "fête aux bassins" sera l'occasion de présenter en avant-première l'ouvrage de Pierre Cétois et Didier Periz sur les bassins à flot, Bacalan-beach (Pleine Page éditeur), de passer un bon moment au milieu des bateaux et des marins, avec des balades à pied et à flot, des grillades, un p'tit blanc ou rouge, de la musique à papa et des tas de choses à voir, à jouer et à écrire. Alors, retrouvons-nous à partir du samedi 15 septembre16h jusqu'au dimanche soir. Didier Periz Pleine Page 12, rue Jacques Cartier 33300 Bordeaux Tél. 05 56 50 61 16 Fax 05 56 39 26 08 www.pleinepage.com - From : <pleinepage@wanadoo.fr>
Les artistes de l'association DIFFRACTIS seront heureux de vous recevoir pour une nouvelle exposition-rencontre, le vendredi 14 et le samedi 15 septembre rue Peyreblanque et rue Naujac à Bordeaux pour de nouvelles rencontres nomades avec les habitant(e)s de ces rues. http://diffractis.over-blog.com/
Tél : 05.56.24.06.34 – Portable : 06.18.61.73.48 – diffractis@voila.fr
- From : <agnes.torres@cegetel.net>
====> LA CITÉ DURABLE LUNDI 10 SEPTEMBRE à 20h30
SOIRÉE-DÉBAT : Un éco-quartier à Bordeaux, une nouvelle manière d’habiter la ville - Soirée organisée et animée par le Collectif H Nord en partenariat cette fois avec Claire Sèze, Camille Dugarry, Cyrille Bardinet, étudiants en dernière année à l’École d’Architecture et de Paysage de Bordeaux. Débat en présence également de Philippe Lagière, responsable scientifique de ÉCOCAMPUS * et Maître de conférence à Bordeaux 1.
Vous avez été si nombreux la première fois, nous avons refusé la terre entière… que nous vous proposons cette deuxième rencontre avec les membres du Collectif H Nord pour débattre de leur superbe projet : un éco-quartier à Bordeaux.
Tarif unique : 3,50 euros - Achetez vos places à l’avance, à partir du Vendredi 31 Août
* ÉCOCAMPUS est un Centre d’innovation et de transfert de technologies qui œuvre depuis sept ans dans l’élaboration de méthodes d’évaluation et de planification pour l’amélioration de la gestion de l’énergie et de la qualité environnementale des patrimoines. Ses visées majeures sont :
1) La conception de bâtiments à très forte efficacité énergétique
2) L’élaboration de méthode d’évaluation de la qualité environnementale
3) L’interaction avec les acteurs du tissu économique pour une optimisation des pratiques
4) La prospective « Énergie/GES »
5) Les stratégies pluriannuelles d’investissement
ÉCOCAMPUS - Collectif H Nord : iscamus@laposte.net • Isabelle Camus : 05 56 69 99 11 / 06 72 24 44 98 http://www.cinemas-utopia.org/bordeaux/bordeaux.php
Conférences/Diaporamas/débats Grand Public - Rives d'Arcins, à Bégles, en bord de Garonne, derrière le Centre commercial Rives d'Arcins - tous les jeudi soir de 18h30 à 20h - ENTREE LIBRE - Des sujets de société liés aux fleuves, à l'eau, à l'océanographie, aux changements environnementaux et aux activités humaines actuelles et passées qui leur sont liées, sont abordés à la lumière des connaissances acquises et exposées par les scientifiques, les historiens et les professionnels.
=====> Jeudi 13 septembre « Le réseau MAGEST : suivi de la qualité des eaux de l’estuaire » - Henri Etcheber, Chargé de Recherches CNRS, Université Bordeaux 1.
L'objectif du Réseau d'Observation Automatisé de la Gironde est de suivre en continu la qualité des eaux de l’estuaire. Les stations sont équipées pour mesurer en continu l'oxygène dissous, la salinité et la température. Les données recueillies permettront d’acquérir une meilleure connaissance des processus physiques et biologiques liés au bouchon vaseux et de suivre le problème d’oxygénation des eaux à Bordeaux pendant la période estivale.
- Eric Veyssy Directeur / Médiateur Scientifique OCEAN, 2 rue Sarrette 33 800 BORDEAUX - Médiation des Sciences et de l'histoire des Environnements - Tel/fax : 05 56 49 34 77 - Portable : 06 23 37 29 26 - Internet : http://www.ocean.asso.fr - From: "asso.ocean" asso.ocean@wanadoo.fr
La 4° édition des Nuits d'Aquitaine se déroulera les 14 - 22 et 29 Septembre, à Langon, Gironde-sur-Dropt et Brouqueyran... Entrée libre
http://www.nuitsatypiques.org/Publish/newsletter/21/newsletter.htm
=====> Vendredi 14 à l'Estanquet, Langon - Estanquet à 20h30 Sylvain Roux "Errance électr'oc magnetic" FIFRE, CHANT, DISPOSITIF ELECTROACOUSTIQUE, OBJETS…
« Ça ressemble à un concert-état des lieux, un concert-bilan de 40 ans de musiques d’un quasi quinquagénaire qui a gardé la curiosité d’un enfant, un concert-identité en action, transformation, remise en question…Sylvain Roux s’assied derrière son pupitre électronique comme il s’assoit derrière son volant, il part souvent sans carte, mais pas sans mémoire. Son fifre est toujours à portée de main, c’est son bâton de pèlerin ou de relais, sa respiration et sa boussole."
Isabelle Loubère et François Corneloup
Performance poétique de 40 minutes autour du poème « compresseurs » de Bernar d Manciet COMPRESSEURS de B. Manciet / Isabelle Loubère (voix), François Corneloup (saxophones) "Ici, le travail s’effectue essentiellement autour de la matière. La langue gasconne est murmurée, éructée, étirée, et ce sous les notes puissantes et veloutées du saxophoniste François Corneloup."
La 4° édition des Nuits d'Aquitaine bénéficie du soutien du Conseil Général de la Gironde et du Conseil Régional d'Aquitaine.
- From : <newsletter@nuitsatypiques.org>
Les Ignobles du bordelais en Concert le Vendredi 14 Septembre 2007 à La Vigie à Bordeaux - Fête des repas de quartier (en exterieur) 21h00 "repas possible sur place" venez avec vos voisins
Des nouvelles de : Cécilia. (actuellement plus de 80.000 vues sur DMotion MySpace YouTube ...) Merci à vous tous et n'hésitez pas à aller la (re)voir... le clip en images de synthèses réalisé dans les plus grands studios d'animation américains : http://www.dailymotion.com/fr/les_ignobles_du_bordelais
Les Ignobles sur My Space
http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendID=142920633
le morceau en mp3 pour ton baladeur http://les.ignobles.free.fr/download.php
- From : <lesignoblesdubordelais@fr.st>
Les 14,15 et 16 septembre au Parc départemental de La Courneuve (RER le Bourget)
--- La vignette est d’ores et déjà en vente dans les lieux de billetteries habituels, ainsi qu’à la Fédération du PCF 33 et auprès des communistes de votre entourage. Prix : 3 jours : 15 € et gratuit pour les moins de 15 ans
--- Village du Monde : Un forum latino-américain sur la nouvelle donne politique en Amérique du sud... La poursuite de la collecte de matériel scolaire pour les enfants palestiniens...
--- Espace midi : La scène jazz’hum’ah, Zebrock Avant-Garde, l’espace sport, cinéma, théâtre, etc.
--- Et aussi l’Espace des amis de l’Huma : Mise à l’honneur de Guy Môquet, Chateaubriand et la Résistance.
--- Programmation complète : www.humanite.fr
=====> Pour les Girondins : Mode d’emploi
--- Deux stands
-- Bordeaux : espace dégustation avec différentes spécialités gastronomiques (huîtres, lamproie, omelette, foie gras...) et cave à vin
-- Gironde : restaurant avec un menu, l’entrecôte et le supplément foie gras.
Pour la tenue des stands nous avons besoin d’environ 250 personnes pour permettre à chacun de pouvoir aussi profiter de la fête.
-- Transports
-- Le bus : il partira le vendredi soir à 22 heures de la fédération (15, rue Furtado à Bordeaux). Retour le lundi matin à Bordeaux vers 7 heures. Prix : 65 euros pour les personnes qui souhaitent participer à la fête. Pour celles et ceux qui souhaitent travailler sur les stands une participation de 20 euros leur sera demandée pour les frais de transports (bus et voitures).
-- Les voitures : la montée sur la fête se fait essentiellement par co-voiturage, il est donc nécessaire de connaître au plus tôt les besoins et les places disponibles.
-- Camping sur place
Repas : une participation de 16 euros sera demandée pour l’ensemble de la fête, soit 4, 5 repas et 2 petits déjeuners.
-- Montage : dès le lundi 10 septembre, plusieurs tonnes de matériel monte sur la Courneuve. Besoins de bras et d’intelligence…
Dimanche soir : pour ceux qui peuvent rester, on se relâche, on respire… repas, musique etc…
--- Organisation
Fiche de renseignements
Renvoyer à : PCF - Fête Huma paris - 15, rue Furtado -
33800 Bordeaux ou par fax au 05 56 92 61 01
Nom : ........... Prénom : ..........
Adresse : ............ Tél. : ................. mail : ...........
Participation à la fête oui non ?
Départ
Quel jour souhaitez-vous partir*
Lundi Mardi Mercredi Jeudi à quelle heure .........
ou alors : Vendredi Samedi à quelle heure ..........
Transport
Par vos propres moyens : oui non ?
Places disponibles dans votre voiture ? oui ? non ?
Si oui combien ? ...........
-- Recherchez-vous une place ? oui non ?
Camping
Dormez-vous sur la fête ? oui ? non ?
Avez-vous un camping-car ? oui ? non ?
Souhaitez-vous acheminer votre matériel avec les camions ? oui non ?
* Entourer le jour choisi
-- Tenue du stand
services oui non
cuisine oui non
animation politique oui non
accueil sécurité oui non
vins oui non
vaisselle oui non
Des choses à dire ?...
Ce questionnaire doit nous permettre de répartir l’attribution des tâches. Il s’agit de connaître les envies auxquelles nous répondrons au mieux des besoins. Des propositions vous seront faites sur place ou en amont.
--- La Fête de l’Humanité 2007 au coeur de la solidarité avec les peuples du continent :
• Partenaire de l’opération lancée par l’UNICEF : « Unissons-nous pour les enfants d’Afrique contre le SIDA » vous trouverez tout au long de l’été le prolongement de cette initiative dans les colonnes de l’Humanité.
• Avec ATD-Quart-Monde la fête apportera sa contribution avant la Journée mondiale durefus de la misère.
• Au village du monde, débats « Paix et sécurité au Proche Orient » pour faire entendre l’exigence de paix pour laquelle la France et l’Europe doivent jouer un rôle actif.
- Article paru dans l'Hebdomadaire "Les Nouvelles de Bordeaux et du Sud-Ouest " le Jeudi 5 juillet 2007 - No 1697 - Abonnement 19,90 Euros pour l'année - Contact : nouvelles.SO@wanadoo.fr - Tél : 05.56.91.45.06 - Adresse : 15, Rue Furtado 33800 BORDEAUX
=====> Nouvelles expositions, Diego Perrone, David Maljkovic Des mondes perdus Et 44°50'54N/0°34'19W Laurent Le Deunff 25 mai – 16 septembre 2007
--- 44°50' 54 N/0°34' 19 W
Enfin, le jeune artiste bordelais Laurent Le Deunff inaugure quant à lui le cycle 44°50' 54 N/0°34' 19 W, dédié à l'accompagnement de projets de jeunes artistes. Conçues pour être présentées sur la terrasse du CAPC, ses nouvelles sculptures ont été réalisées lors d'une résidence de deux mois dans les espaces du musée.
=====> Visites : Visites commentées par Myrtille Bourgeois, Gratuites, sur présentation du billet d'entrée les samedis et dimanches, 16 h - Visites sur RDV pour les groupes auprès du Département des publics 05 56 00 81 78 - Tous les jours sauf les lundis et jours fériés - Tarif : 46€ du mardi au vendredi, 61€ les samedis et dimanches
-- Diego Perrone
La mamma di Boccioni in ambulanza e la fusione della campana - La mère de Boccioni en ambulance et la fonte de la cloche - Itinérance : MAMbo (Museo d'Arte Moderna di Bologna) fin 2007 Jusqu'au 16 septembre
-- David Maljkovic
Days below Memory Les jours en dessous de la mémoire Jusqu'au 16 septembre
-- Des mondes perdus
David Maljkovic, Mario Merz, Laurent Montaron, Diego Perrone, Paul Pfeiffer, Daniel Roth, Bettina Samson, Simon Starling, Paul Thek
Jusqu'au 16 septembre
-- 44°50'54N/0°34'19W
Laurent Le Deunff Jusqu'au 16 septembre
--- Visites des expositions
-- Visites hebdomadaires
Le CAPC programme toute l'année des visites commentées des expositions. Ces visites sont gratuites, sur présentation du billet d'entrée au musée. Les samedis et dimanches à 16 h.
-- Visites sur RDV
Le CAPC accueil les groupes sur RDV, du mardi au dimanche de 11 h à 18 h et propose des visites commentées des expositions. Tél. : 05 56 00 81 78/50. Tarif : 46 € (mardi au vendredi), 61 € (les samedis et dimanches).
-- Abonnés
Découverte/abonnés au Frac – collection Aquitaine et à la Winery, Arsac
Rendez-vous au Frac – collection Aquitaine pour la visite de l'exposition « Time out of Joint » qui rassemble les œuvres de Dove Allouche, Ulla von Brandenburg et Loïc Raguénès. La visite se poursuit à La Winery à Arsac (route de Castelnau) pour voir les œuvres Ian Fabre et Susumu Shingu. Ces visites peuvent être suivies d'un déjeuner au restaurant de La Winery.Sur inscription (réservé aux abonnés), tél. 05 56 00 81 50. Samedi 7 juillet, à partir de 11 h.
-- Nous contacter
CAPC musée d'art contemporain
Entrepôt Lainé 7, rue Ferrère F-33000 Bordeaux
Tél. : (+33) 05 56 00 81 50 – Fax : (+33) 05 56 44 12 07
capc@mairie-bordeaux.fr – www.bordeaux.fr
Ouvert tous les jours, sauf les lundis et les jours fériés, de 11 h à 18 h et jusqu'à 20 h les mercredis.
Entrée des expositions temporaires, tarif plein 5 €, tarif réduit 2,5 €
Entrée des expositions de la collection, gratuit
--> Information du public et RDV pour les groupes : Département des publics, tél. 05 56 00 81 78
--> Bibliothèque : du mardi au vendredi de 14 h. à 18 h. et sur RDV. En juillet et en août sur RDV uniquement, tél. 05 56 00 81 59
--> Contact presse : François Guillemeteaud, tél. 05 56 00 81 50
--> Café du musée : ouvert tous jours sauf les lundis et jours fériés, tél. 05 56 44 71 61
Le CAPC a le label Musée de France, il est financé par la Mairie de Bordeaux
======> CAPC : Musée d’art contemporain de Bordeaux - Entrepôt Lainé 7, rue Ferrère F-33000 Bordeaux - Information du public : Tél. : 05 56 00 81 50 - Fax : 05 56 44 12 07 - Visites commentées : sam. et dim. 16 h. capc@mairie-bordeaux.fr - http://www.bordeaux.fr/ville/capc - Information du public : - Tél. : 05 56 00 81 50/94 - Tél. groupes : 05 56 00 81 78 - From: "DAVIAUD Karine" <k.daviaud@mairie-bordeaux.fr>
21 septembre : journée internationale pour la culture de la paix
4 novembre 1956 : Première opération de paix de l'ONU
- Institut de Documentation et de Recherche sur la Paix – 4 Place des Bouleaux – Centre Jeanne Hachette - Téléphone : 01 46 70 09 08 – 94200 IVRY SUR SEINE – Site : http://www.institutidrp.org – Contact : <contact@institutidrp.org>
Suites du Colloque du 31 mars 2007, organisé par l’IHS 33, sur le thème : « Revendications et stratégies industrielles, l’exemple de l’aéronautique, il y a 40 ans la lutte des Dassault Passé, expériences et avenir »
* 2 films réalisés en 2 DVD sur ce Colloque au prix de vente de 13 € chacun port compris
* La revue « Aperçus » qui fera le compte-rendu des débats du Colloque. Prix de vente 7 € port compris.
A réserver dès aujourd’hui
Bon de réservation
A renvoyer d’urgence à IHS-CGT 33 Bourse du Travail 44 cours Aristide Briand 33075 Bordeaux Cedex
Nom, prénom : Tél. : Adresse :
* Je désire recevoir le numéro des « Aperçus » sur le compte-rendu du Colloque du 31 mars 2007 au prix de 5 € + 2 € de frais de port(Ce numéro d’Aperçus n’est pas à régler par les adhérents de l’IHS qui le recevront normalement avec leur abonnement). 7€
* Je désire également recevoir le 1er DVD reprenant le film présenté à l’ouverture du Colloque au prix de 10 € + 3 € de frais de port 13€
* Je désire recevoir le 2ème DVD contenant la tonalité des débats et des interviews au prix de 10 € + 3 € de frais de port 13€
Pour 2 DVD port compris (23 € au lieu de 26 €) 23 €
Total à régler :
* Je joins à ce bon de réservation un chèque libellé à « IHS-CGT ».
* Je désire adhérer à l’Institut CGT d’Histoire Sociale de la Gironde ou m’informer pour le faire. Nous vous contacterons (2).
* Ce colloque a été un succès sur tous les plans :
* Médiatique : plusieurs reportages télé et dans la presse écrite, revues professionnelles, des collectivités locales dont la « Une » du journal « Sud-Ouest » avec une page entière de reportage avec une affichette « Sud-Ouest » dans les kiosques à journaux.
* Participation de 430 personnes.
* Deux films magnifiques de l’IHS CGT 33 ont été réalisés spécialement pour le Colloque par le cinéaste Frédéric PLENARD, édité en deux DVD pour la mise en vente publique.
* Des interviews et des débats très pluralistes et d’un contenu très élevé entre syndicalistes et plusieurs personnalités publiques très diverses, que ce soit dans les films ou dans les débats du Colloque, avec un sociologue renommé, professeur à l’Université de Bordeaux II, d’un représentant de la Communauté chrétienne, du Maire honoraire de la ville de Bègles, des responsables syndicaux de Dassault CGT, CFDT et de FO (dans le film), du Président du Conseil régional, du Président du Conseil Economique et Social Régional, d’un Directeur actuel de Dassault (dans le film), des Secrétaires généraux de l’UD CGT et du Comité régional CGT et des actuels responsables syndicaux CGT de Dassault et des Métaux CGT et CFDT. Les débats du Colloque, très bien animés par un journaliste du journal Sud-Ouest (spécialiste des questions de l’industrie aéro), ont permis après le film, en 1ère partie, un débat sur le conflit des « Dassault » de 1966 / 1967 qui dura 3 mois et, en 2ème partie, un débat sur l’avenir de l’aéronautique.
* 48 partenaires ont soutenu l’organisation du Colloque (collectivités locales, personnalités, entreprises, commerçants, associations, syndicats, etc.)
* Un budget de 13 000 € a été engagé pour réaliser ce Colloque.
* Satisfaction générale des personnes ayant participé au Colloque.
On ne voulait pas un Colloque « passéiste ». Il ne l’a pas été, car il a ouvert un débat sur l’avenir industriel et l’Aéronautique aujourd’hui, tout en s’appuyant sur le conflit des Dassault il y a 40 ans.
Afin de faire partager à ceux qui n’y ont pas participé le contenu de ce Colloque et pour ceux qui y ont participé afin de leur faire revivre, l’IHS CGT 33 met en vente :
* Le premier film en DVD, qui a ouvert les deux débats du Colloque (sortie le 28 avril 2007) qui relate depuis le début du siècle l’aéronautique girondine, les usines Dassault et le conflit de 3 mois de décembre 1966 à février 1967. Films d’époque sur la grève dans l’entreprise, les manifestations, les assemblées de grévistes à la Bourse du Travail, les prises de parole dans l’action. Témoignages, interviews des acteurs de l’époque / responsables syndicaux CGT et FO de Dassault. Témoignages, interviews de personnalités ayant symbolisé à l’époque l’organisation des solidarités avec les grévistes avec un responsable de la communauté chrétienne et l’élue municipale d’une mairie de la région bordelaise. Interview d’un directeur et d’un responsable CGT actuels d’une des usines Dassault et de la SOGERMA, sur l’avenir de l’aéronautique aujourd’hui. DVD 35 mn au prix de 13 € port compris.
* Le deuxième film en DVD (sortie début mai 2007) qui contient un aperçu des deux débats dans le Colloque, ainsi que des interviews des organisateurs, de participants du Colloque et de personnalités invitées. DVD 30 mn au prix de 13 € port compris.
* Le compte-rendu du Colloque avec un numéro spécial de la revue régionale « Aperçus d’Aquitaine » (sortie prévisionnelle fin du dernier trimestre 2007). Prix 7 € port compris.
Ci-joint le bon de commande des 2 DVD et de la revue.
On doit ce succès d’organisation à l’équipe d’une trentaine de retraités CGT de Dassault Mérignac et Martignas, élargie à quelques autres camarades, pilotée par Georges GILI (membre de notre Conseil d’Administration), qui l’ont préparé depuis plus d’un an, avec Christiane ROUANET, Secrétaire de l’IHS 33. Cette équipe a fait un travail formidable avec une dynamique extraordinaire, une rigueur et une précision d’organisation efficace, entretenu des contacts avec une soixantaine de personnalités ou de responsables, des medias, institutionnels, associatifs, entreprises privées, commerçants, artisans, etc.
- From: ud33 FR <ud33@cgt.fr>
Vous trouverez ci-dessous l'annonce du concours d'écriture préfigurant l'évènement que nos Compagnies organisent pour octobre 2007 à Mérignac. Egalement en fichier joint un dossier détaillé. La création des Labyrinthes, Enfants de la middle class, de Sylvain Levey, fera l'objet d'une rencontre avec l'auteur. Celui-ci nous a donné l'autorisation d'utiliser le titre de son texte pour interroger le public à travers un concours d'écriture.
N'hésitez pas à nous contacter si vous désirez des informations complémentaires.
Merci de l'intérêt que vous portez à ce nouveau projet, Cordialement
Gérard David Directeur Artistique Compagnie Les Labyrinthes
9 avenue du château d'eau, 33700 Mérignac 05.56.47.49.67 / 06.86.92.27.17
gerard.david.labyrinthes@orange.fr - www.leslabyrinthes.net
Clémence Paquier Directrice artistique Compagnie Le Rat Bleu - www.ratbleu.com
contact@ratbleu.com En Entendant l'Auteur Compagnies Les Labyrinthes / Le Rat Bleu Semaine de théâtre contemporain Du 16 au 20 octobre 2007 - Création/rencontres/lectures/surprises - Création de "Enfants de la middle class" (de Sylvain Levey), par la Compagnie Les Labyrinthes - Avec l'accord de l'auteur, organisation d'un concours d'écriture : "T'as des nouvelles" nouvelles / monologues - Thème: "Enfants de la middle class" - Les créations sélectionnées seront présentées par des comédiens en lever de rideau des spectacles lors de la semaine de théâtre - Dernier dépôt des manuscrits le 30 juin 2007
=====> Renseignements complémentaires / règlement du concours : 05 56 47 49 67 / 06 86 92 27 17 / www.eeauteur.com
En entendant l’auteur… …du texte à la scène, Les Labyrinthes, Le Rat Bleu - Projet : - L’idée : Créer un événement théâtral sur le territoire mérignacais en adoptant le point de vue de l’écriture, du texte et de ses problématiques. Faire entendre la parole vivante d’un texte écrit ou non pour le théâtre. - Propositions : - Donner à voir des créations d’auteurs actuels, publiés ou non. - Proposer une rencontre avec un auteur portant sur son travail, sur l’écriture et le théâtre. - Promouvoir l’écriture en donnant à entendre des formes variées adaptées au théâtre. - Démocratiser l’écrit en permettant la participation à un concours d’écriture. Où ? Salle de la Glacière - Quand ? Du mardi 16 au samedi 20 octobre 2007 - From: François Mary <francoismary@wanadoo.fr>
Au moment où une nouvelle droite autoritaire et antisociale veut accaparer tous les leviers du pouvoir pour trancher dans le vif la chair de la devise universelle « Liberté, Égalité, Fraternité », la prochaine Fête de notre journal, les 14, 15 et 16 septembre, sera un lieu de riposte, d’humanité, de solidarité, de diversité et de pluralisme. Une fête de la culture, de la découverte, de l’échange, pour vivre ensemble.
--- La Fête de la riposte
Face aux thèses idéologiques de cette ultra-droite, qui prône une société de plus en plus individualiste où seul le mérite remplacerait les acquis collectifs, une société de la concurrence de tous contre tous où seule primerait la loi de la jungle, la Fête sera le lieu de la riposte.
Le sarkozysme n’érige le travail en valeur suprême que pour mieux organiser l’exploitation renforcée des travailleurs au service des superprofits capitalistes. Les conférences sociales envisagées à l’automne ne visent qu’à préparer la mise en bière du modèle social français. Le démantèlement méthodique de la protection sociale et de plusieurs secteurs publics n’a pour objectif que d’offrir la protection sociale, l’énergie, les transports et l’université à la rapacité des firmes privées. Dans ce contexte, l’Humanité et l’Humanité Dimanche vont être plus que jamais utiles au monde du travail, à la jeunesse, à toutes les femmes et à tous les hommes de gauche. Ils vont développer un projet éditorial mêlant enquêtes, reportages, analyses, tribunes libres et confrontations d’idées pour aider celles et ceux qui recherchent une voie nouvelle de transformation sociale progressiste à démasquer les mystifications actuelles et reconstruire des propositions et un projet neuf pour une gauche du XXIe siècle. Les grands débats de la Fête de l’Humanité prolongeront cette démarche. Nous voulons faire débattre et aider à l’élaboration de propositions neuves pour la sécurisation du travail, l’emploi, la formation, le vivre-ensemble dans les quartiers populaires, l’environnement, l’amélioration des droits sociaux et démocratiques, une répartition de l’argent permettant d’augmenter les rémunérations, la réorientation de l’Europe et la transformation de la mondialisation. La Fête accueillera un grand forum sur l’avenir de la gauche et de ses projets.
--- La Fête des débats
Comment jeter les bases d’une nouvelle gauche, d’une force de transformation sociale ? Comment faire porter les combats contre les régressions sociales et économiques ? Comment fédérer toutes celles et tous ceux qui ont intérêt à une nouvelle société de partage, de justice, de liberté et d’émancipation pour l’humanité ? La Fête se déroulera 131 jours après l’élection présidentielle, au moment de la session parlementaire. Elle va être un grand rassemblement de riposte à la droite. Le lieu de débat pour reconstruire une gauche populaire, utile, combative et constructive.
--- La Fête de la solidarité
En lien avec de grands débats sur les propositions pour une vie meilleure, sur le codéveloppement durable et humain, sur l’action contre la misère, sur la paix et la sécurité au Proche-Orient et sur le Forum latino-américain, la Fête sera plus que jamais un lieu d’échanges et de solidarité en actes.
Plusieurs initiatives seront lancées avec des associations dont nous souhaitons qu’elles soient co-constructrices de la Fête. L’avenir de l’Afrique traversera la Fête : de l’exposition d’art contemporain au spectacle d’ouverture de Johnny Clegg en passant par une grande initiative de solidarité sur le thème « Unissons-nous pour les enfants d’Afrique contre le sida » avec l’UNICEF. La Fête sera à la disposition de la lutte contre la pauvreté et la misère dans la perspective de la Journée mondiale du refus de la misère avec ATD-Quart Monde. Elle sera le lieu de la poursuite de la campagne pour le droit à l’éducation des enfants palestiniens.
--- La Fête de la culture, du sport et de la musique
À côté de grands événements autour de la Coupe du monde de rugby, la Fête sera le lieu de grands concerts sur plusieurs scènes. La grande scène accueillera notamment Iggy Pop and the Stooges, un groupe phare du rock américain et précurseur du rock alternatif et rebelle, le slameur dyonisien Grand Corps Malade qui incarne la relève des mots, Ayo pour le métissage musical, ou encore l’Orchestre philharmonique de Radio France qui interprétera West Side Story. Dimanche, Renaud clôturera la Fête.
--- La Fête de la diversité et du pluralisme
La Fête fera vivre la diversité et l’exception culturelle. Elle sera un lieu où toutes les expressions artistiques - théâtre, cinéma, littérature, etc. - trouveront leur place. Naturellement, la Fête sera un grand carrefour pour faire vivre le pluralisme. À l’heure où la directive postale européenne est porteuse de risques sur les conditions d’acheminement de la presse, où les médias sont de plus en plus concentrés sous l’égide de grands groupes capitalistiques, où l’information jetable a remplacé la réflexion, le combat pour le pluralisme de la presse et pour l’existence de l’Humanité doit être amplifié.
--- Une Fête utile
La Fête de l’Humanité est celle de la solidarité entre les individus et entre les peuples. Son sens, son programme, l’enjeu de sa réussite seront encore précisés au fil des semaines à venir. Sans attendre, nous proposons à celles et à ceux qui cherchent un monde d’humanité, de solidarité, de fraternité, de se servir de la Fête pour se faire entendre. La diffusion massive du bon de soutien à l’Humanité, donnant droit à l’entrée à la Fête, doit s’engager sans attendre et de manière massive. Diffuser la vignette, c’est préparer le grand rassemblement des 14, 15 et 16 septembre. C’est aussi soutenir le pluralisme de la presse et l’existence de l’Humanité. Notre peuple et toutes celles et tous ceux qui ont la gauche au coeur ont besoin d’une grande Fête de l’Humanité.
Article paru dans l'édition du 31 mai 2007.
http://www.humanite.fr/journal/2007-05-31/2007-05-31-852124
=====> Comme chaque année la Fédération du PCF33 organise avec la section de Bordeaux un BUS. Vous pouvez vous inscrire dés maintenant au 05.56.91.45.06 – Par ailleurs vous pouvez aussi vous associer au travail des stands de la Fédération et de la Section de Bordeaux. Renseignements pour les conditions, même numéro de téléphone.
Samedi 29 septembre 2007, à Salies de Béarn (64), en journée continue de 9h à 18h, auront lieu les premières rencontres organisées par le RADSI 64 sur le thème : "La solidarité internationale au travers de l'image"
Il s'agit d'offrir un espace public pour permettre aux différentes associations de Solidarité Internationale de se faire connaître au moyen de l'image, soit sur support vidéo soit sous forme de diaporama sonorisé. Durée maximale de projection par association : 45 minutes
Support : mini DV ou DVD
Date limite d'inscription : 30 juin 2007
Droit d'inscription pour participation aux frais d'organisation : 20 €
Pour s'inscrire, préciser :
nom de l'association
coordonnées
N° de déclaration au JO
Titre de la production vidéo et durée
En fonction du nombre d'inscriptions à la date du 30 juin une présélection pourra être mise en place pour déterminer les productions qui seront retenues. Tous les inscrits seront informés, dans le courant du mois de juillet, des modalités mises en place pour cette manifestation.
Date limite de réception des supports : 31 août
Après chaque projection un débat sera organisé entre l'association concernée et le public. Ces premières rencontres seront ouvertes gratuitement au public. En marge de cette journée les associations pourront tenir un stand. N'hésitez pas à diffuser cette information auprès des associations que vous connaissez et qui pourraient être intéressées. Merci, Bernard Bénéteau, RADSI 64 - De: SECRETARIAT RADSI <secretariat@radsi.u-bordeaux.fr>
=====> I) Nouvelles en français du Réseau International de l'Animation.
Chèr(e) collègue et ami(e) A partir de ce jour, vous trouverez sur le site du colloque de Bordeaux http://colloque.cs.free.fr les informations actualisées sur le 3° colloque international sur l'animation qui se tient à Lucerne en Suisse fin septembre 2007, à savoir :
- le programme avec les conférenciers,
- le contenu des 9 ateliers,
- les conditions de l'appel à communication,
- les différents groupes organisateurs du colloque sur les plans scientifique et gestionnaire.
Par ailleurs, nous vous signalons la parution en cette fin d'année 2006 de l'ouvrage intitulé "Mixité, parité, genre et métiers de l'animation" (dirigé par Jean-Claude Gillet et Yves Raibaud) chez l'Harmattan (Paris), coll. Animation et Territoires. Meilleurs voeux à tous. Jean-Claude Gillet, Professeur émérite en Sciences de l'éducation Université de Bordeaux 3 - IUT Michel de Montaigne, rue Naudet BP 204 - 33175 Gradignan cedex - tel bureau : 05 57 12 21 52 - fax 05 57 12 21 37 - tel personnel : 08 72 40 35 86 - tel mobile : 06 79 01 05 61
Courriel : gillet@iut.u-bordeaux3.fr - Site web : http:\\jeanclaudegillet.free.fr - http://colloque.cs.free.fr - From: Jean-Claude GILLET <gilletalfred@yahoo.fr>
On ne pouvait guère imaginer, il y a un an, une rentrée sociale aussi dure et inquiétante, une rentré individuelle, familiale, aussi exaspérante pour les esprits forts et les laissés pour compte. La blairisation, sinon pire, de la gauche et en particulier du Parti Socialiste, l'éclatement considérable de la gauche pour le changement (la gauche anti-libérale) auront été en interaction constante avec la marche forcée idéologique de la droite sarkozyste triomphante, comme si (et seulement comme si) les errements des uns nourrissaient l'efficacité de ... l'autre. Certes, de premiers signes de faiblesses et de contradictions présidentielles apparaissent, aussi rapidement que la progression des idées de droite et la personnification du pouvoir ont été rapides à l'emporter. Mais, si la brutalité de la leçon nous donne des devoirs, elle nous impose d'abord d'y voir ... Les atouts des résultats électoraux de 2004, la puissance des mouvements sociaux de 2003, 2004 et surtout 2006 avec le mouvement anti-C.P.E., le NON au référendum de 2005, ont été insuffisants pour dégager une perspective crédible, pour construire une forme d'adhésion massive et consciente.
LE POIDS DES MOTS MASQUANT LA POIX DES MAUX
Il faut bien admettre que le rejet des formes traditionnelles de la pratique politique et de ses délégations de pouvoir a favorisé un discours volontariste; celui-ci a perverti cette demande; il est parvenu à donner toutes les apparences non de servir le grand capital, mais de promouvoir le capitalisme pour le mettre au service de valeurs "communes" aussi ambiguës que le mérite, la volonté, l'égalité... des chances, le travail... Dans _Le Guépard,_ de Lampedusa, réédité dans une nouvelle traduction cette année, Tancrède (Delon au cinéma) explique à son oncle, le prince Salina, ses "engagements" auprès des garibaldiens : "il faut que tout change pour que tout reste comme avant". On aurait tort de sous-estimer la culture des porte-plume sarkozystes; dans la profession de foi envoyée aux électeurs pour la présidentielle, le 6 Mai, on peut lire : "c'est en changeant que nous resterons nous-mêmes ": l'emprunt est patent, et enrichi d'une dimension ... collective. S'il y a trente-six façons de maintenir le pouvoir du capital, ce sera toujours en divisant, en trompant, mieux en s'annexant une partie de ceux qui le subissent.
"TU REDIS CAMARADE, ET TOUT RECOMMENCE" (Yannis Ritsos _Sur une
corde_poeme152)
La grande question de toutes celles et tous ceux qui ont intérêt à de véritables changements est donc, plus que jamais, de créer les conditions d'une union solide et puissante, tonique et ouverte, non aveugle. Et pour cela, il faut d'abord débattre, réfléchir. Christine Lagarde ne fait pas dans l'économie pour interdire ce temps de la réflexion et défendre les intérêts de sa classe, ses intérêts (600.000 euros par an de 1999 à 2004). Dans des accents qu'il faut bien qualifier de fascisants, elle a déclaré le 12 juillet 2007: "il faut cesser de penser, de tergiverser, et se retrousser les manches ". A nous de trouver, au contraire, par la pensée, par les contacts et les échanges, les voies d'un rassemblement suffisamment vaste et ferme pour qu'il tétanise les intérêts particuliers ou partisans, les sirènes de la démission. Nous avons absolument besoin de réfléchir pour mieux unir.
Michel Cahen voit juste dans son analyse du 1er Juillet 2007, notamment lorsqu'il écrit : "le plus progressiste n'est pas celui qui a l'orientation la plus "radicale", mais celui qui sait le mieux unir..." et s'il se réfère, à cette occasion, à la notion trostkienne de "revendication de rupture ou transitoire", eh bien que cela nous fasse tous réfléchir, et notamment les plus directement concernés. Il est clair en tout état de cause qu'il faut viser "l'unité anti-libérale de la gauche" plutôt que la plus restreinte, plus confortable, mais aussi plus stérile "unité de la gauche anti-libérale". Après les coups portés contre ceux qui vivent le plus difficilement, après l'accentuation de la présidentialisation du régime, après le choix néfaste de la répression plutôt que de la prévention et de l'éducation, de l'expulsion du territoire plutôt que du respect des droits humains, nul n'ignore que toutes les pistes sont à explorer.
Il faut à coup sûr se poser des questions sur les rapports entre les partis existants et les nouveaux mouvements politiques à créer, pour répondre à des besoins nouveaux de démocratie et d'efficacité. Il faut, aussi, s'intéresser de très près à l'implication politique indispensable et à l'indépendance d'autant plus indispensable, du mouvement associatif et des syndicats. Ces deux questions ne sont pas solubles sans que toutes celles et tous ceux qui ont objectivement intérêt aux changements n'en fassent pas leur "chose". L'humoriste Francis Blanche l'a dit il y a longtemps déjà, mais il dit vrai : " Mieux vaut penser le changement que changer le pansement ".
Aux mauvais coups du mois de juillet succèdent ceux du mois d’août et de début septembre. Le passage de N. Sarkozy et de la quasi totalité du gouvernement Fillon à l’université du MEDEF a confirmé, si besoin était, le choix « de classe » et de casse de la droite au pouvoir. Le dernier exemple, avec la tentative de passage en force de la fusion de Gaz de France et de Suez concentre plusieurs données :
• La remise en cause de la parole donnée par Sarkozy en 2004, lorsqu’il était ministre de l’économie, la soumission à « Bruxelles » puisque la fusion EDF et Gaz de France, nous dit-on, était mal vue par les défenseurs du libéralisme, quelles qu’en soient les conséquences.
• Les risques concrets de remise en cause des tarifs « réglementés», suppression d’emplois dans les entreprises Gaz de France, comme à Suez, mais aussi à EDF par la pression de la concurrence, la diminution de la qualité du service public, l’aggravation des conditions de travail des salariés, tout cela pour un objectif de rentabilité au service d’actionnaires.
Pourtant, malgré le système de matraquage politico-médiatique pour faire passer un choix politique comme inéluctable, la contestation s’exprime, venant des syndicats, des associations et des forces politiques progressistes. Dans ce cas, comme face à toutes les attaques, la TVA dite « sociale », la franchise médicale… et parce que pour convaincre, on ne peut en rester au « contre », les communistes peuvent débuter concrètement l’organisation de la riposte et la bataille des idées comme des travaux pratiques de leurs deux congrès à venir : « l’extraordinaire » les 8 et 9 décembre et « l’ordinaire ou le fondateur » en 2008. A chaque fois ils proposeront de répondre aux questions, sur le fond, « pourquoi cela arrive t-il, peut-on faire autrement et (comme la réponse est très souvent oui ) , comment faire autrement, avec qui, à quel rythme ? ». Mais aussi, plus précisément sur le terrain politique : « Que doivent et peuvent faire la gauche, le PCF ? Qu’ont-ils fait, que font-ils quand ils étaient ou sont « aux manettes » ? Quel parti communiste, ou quelle force de transformation pour tenir compte des expériences passées ? En même temps, à 6 mois de nouvelles échéances électorales, la question de savoir si en mars 2008 la politique de destruction sociale va sortir renforcée ou condamnée se pose dès maintenant ! Dans ce cadre, construire avec les habitants des projets territoriaux, incluant des digues de résistance à la droite, ne peut se faire avec une partie de celle-ci, même labellisée Modem. Tous ces sujets seront au coeur du premier grand rassemblement populaire de ripostes et de réflexions, les 14, 15 et 16 septembre, à la Fête de l’Humanité : il n’est pas trop tard pour inviter amis, collègues, famille, à participer à ce grand rendez vous. - Article paru dans l'Hebdomadaire "Les Nouvelles de Bordeaux et du Sud-Ouest " le Jeudi 6 Septembre 2007 - No 1701 - Abonnement 19,90 Euros pour l'année - Contact : nouvelles.SO@wanadoo.fr - Tél : 05.56.91.45.06 - Adresse : 15, Rue Furtado 33800 BORDEAUX
--- Le clan des riches.
Parmi les propos les plus ineptes proférés par Mme Lagarde dans son discours à l’Assemblée nationale, il y a particulièrement celui-ci: « cessons d’opposer les riches et les pauvres comme si la société était irrémédiablement divisée en deux clans ». Bien sûr ! Et comme il y aura toujours des riches et des pauvres, ma bonne dame, embrassons- nous ! D’ailleurs on est tous dans le même bateau, n’est-ce pas ? Sauf que ce sont toujours les mêmes qui rament... En réalité, on le sait, il n’y a pas plus clanique que le comportement des riches. En général, cela se passe dans une certaine discrétion mais, comme le remarque Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, derrière le capital, les holdings, les fonds de pension, les fonds spéculatifs, les banques il y a des individus bien réels qui voient sans émotion particulière un gouffre se créer entre eux et le reste de la société (1). La première marque du clan, c’est de posséder et l’on est d’autant plus légitime que la propriété est plus ancienne. Le culte des ancêtres et le respect de la lignée s’inscrit dans la demeure adéquate, château ou hôtel particulier, sans parler des résidences secondaires, grands appartements à Londres, Rome ou New York, villas au Maroc, en Espagne ou autres contrées exotiques... Cependant, même si « l’ancienneté est au coeur de l’excellence » (2), le patrimoine ne demande qu’à s’agrandir : on est friand de vignobles, de forêts, d’écuries de courses... La mode est aujourd’hui aux châteaux du Bordelais. Le comble de la consécration est de servir son propre cru à ses invités (3). Au-delà du prestige et du raffinement, il s’agit de s’enraciner dans les usages et les réseaux qui marquent une appartenance sociale. Le château, avec son apparence d’éternité, est bien le « temple parfait de la mémoire familiale » (M.P. et M.P.-C., 16.08.2007). Et permet, accessoirement, d’échapper à l’ISF, la propriété étant, sans vergogne, déclarée comme outil de travail ! Le clan sait aussi coopter de nouveaux entrants méritants. Bernard Arnaud, à Yquem, pour le mariage de sa fille, a pu étaler un faste de nouveau riche, mais l’argent excuse tout et la munificence de l’hôte a confirmé son entrée dans le cercle étroit de ploutocrates à la solidarité sans failles dans la défense de la transmission –tiens donc !- de leurs avantages acquis...
--- Grande bourgeoisie et reproduction sociale.
Car le riche veille attentivement à la reproduction sociale de son clan. Pour ce faire il conçoit avec grâce une nombreuse progéniture dont il va s’efforcer de tirer le meilleur parti. A tous les sens de l’expression. Les héritiers présomptifs seront formés, choyés, éduqués et surtout ne quitteront pas la compagnie de pairs désignés par cooptation sur des critères très exigeants. On pense ainsi redoubler la sélection par l’argent par des « critères sociaux et culturels qui contribuent à définir l’excellence » (M.P et M.P.-C., 09.08.2007). Il s’agit de développer une intense sociabilité interne élargissant les réseaux de relations sociales déjà en place tout en assurant la « permanence de l’homogénéité du groupe de pairs » (M.P. et M.P.- C., 08.08.2007). C’est toute une technologie sociale qui est mise en oeuvre dans les rallyes, les cercles, les sorties culturelles, les soirées dansantes où s’acquiert tout un savoir-vivre, « les techniques de sociabilité, les danses de salon, l’élégance discrète, la culture de bon ton » (M.P. et M.P.-C., 09.08.2007). Les stratégies matrimoniales y occupent évidemment une place centrale. Les jeunes filles de bonne famille, parées de tous leurs atours, sont ainsi menées sur le marché matrimonial. Pour leur plus grande joie : l’intériorisation par ces jeunes gens des critères sociaux de l’amitié et de l’amour propres à leur classe les fait se reconnaître entre semblables et les conduit tout naturellement à éviter la moindre mésalliance. L’endogamie, gage de la transmission pérenne du patrimoine, domaine et avoirs divers est puissante dans ces milieux.
--- De la domination économique à la domination symbolique.
Cette prime éducation donne au riche des qualités d’élégance, de savoir-vivre, de culture, et de bienséance qui, initialement acquises comme propriétés extérieures à la personne, finissent par être perçues comme des qualités intrinsèques de la personne elle-même et la « position sociale, en s’inscrivant dans le corps, induit une sorte de seconde nature ». Cet artifice est largement méconnu et « l’idéologie du don est le produit de cette ignorance, souvent intéressée, de l’origine des qualités et des défauts d’agents sociaux qui sont en réalité le produit de leur histoire » (M.P. et M.P.-C., 14.08.2007). C’est ainsi que, dans les dynasties récentes en particulier (Bouygues, Bolloré, Lagardère...), on voudrait bien faire croire à une transmission héréditaire de la « qualité » de « chef d’entreprise », produisant une humanité d ‘essence supérieure. L’urbanité, le sang-froid, l’équanimité caractérisent, en général, le comportement du grand-bourgeois. C’est le résultat d’une éducation, mais c’est aussi plus facile lorsque sont épargnés tous ces ennuis ordinaires qui pourrissent le quotidien de la plupart d’entre nous. Point de soucis domestiques et répétitifs pour des gens dont les revenus permettent l’utilisation en permanence de personnel de service. Avec en plus une déférence qui rappelle constamment la distance que donne le pouvoir. Et il y a de la demande... Un important « gisement » d’emploi, comme disent les économistes officiels... Le larbinat est l’avenir de l’homme ! Traité en personne exceptionnelle, sûr de sa supériorité, le grand bourgeois peut se montrer en toutes circonstances déterminé mais maître de lui, « la politesse des dominants en impose, elle va permettre, surtout lorsqu’elle est associée à des corps qui affirment l’excellence, le passage de la domination économique à la domination symbolique » (M.P. et M.P.-C., 13.08.2007).
(1) Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, Sur la piste des puissants, l’Humanité, 6 au 10.08.2007; Comment l’argent fait le bonheur, l’Humanité, 13 au 17.08.2007. Cette chronique est largement inspirée de cette série d’articles.
(2) Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, art. cités, 08.08.2007.
(3) Raphaële Bacqué, Bienvenue chez les puissants. Lieux de pouvoir, le Monde,
23.08.2007.
- Article paru dans l'Hebdomadaire "Les Nouvelles de Bordeaux et du Sud-Ouest " le Jeudi 6 Septembre 2007 - No 1701 - Abonnement 19,90 Euros pour l'année - Contact : nouvelles.SO@wanadoo.fr - Tél : 05.56.91.45.06 - Adresse : 15, Rue Furtado 33800 BORDEAUX
40 organisations lancent un appel contre les franchises et prévoient une action pour la sécurité sociale le 29 septembre 2007. La réforme d’août 2004 annonçait le retour à l’équilibre de la sécurité sociale en 2007. Résultat : 12 milliards de déficit prévus et l’équilibre reporté en 2010. Le gouvernement assure, de fait, la gestion de la sécurité sociale. Il veut cacher ses responsabilités en accusant les fraudeurs. Pour Mme Bachelot, ministre de la Santé, M. Xavier Bertrand, ministre du travail et M. Werth, ministre des comptes publics « la lutte contre les fraudes constitue une préoccupation commune et un axe prioritaire ».
--- La mystification
Ils estiment ces fraudes à 120 millions d’euros pour compenser 12 milliards de déficit. Comment ? Cette mystification vise à diviser les assurés entre vrais malades et fraudeurs et les professions de santé. Elle sert à masquer l’ampleur des nouvelles restrictions pour l’accès aux soins. Le comité d’alerte prévu par la loi portant réforme de la sécurité sociale, a estimé à 900 millions d’euros le dépassement de l’objectif des dépenses nationales de l’assurance maladie (l’ONDAM), voté par le Parlement. Le gouvernement porte le redressement des comptes à 1,225 milliard d’euros en année pleine. Mme Bachelot ajoute que « ce n’est qu’une première étape ». Sarkozy et Fillon préparent 4 nouvelles franchises sur les remboursements de soins. Celle en place de 1 € (depuis
2005) a rapporté 450 millions d’euros pris aux assurés en 2006. Les pénalisations frappant les assurés réduiront leur pouvoir d’achat et l’accès aux soins.
--- Mises au point : Commençons par identifier les fraudes.
• Celles des entreprises ?
Les inspecteurs de recouvrement de l’URSSAF de la région parisienne recensent 28 cas potentiels « d’évasions » des cotisations sociales appliquées à toute la France : ils atteindraient 8 milliards d’euros. Les décentralisations fictives de salariés et stagiaires à l’étranger ; le recours illégal aux travailleurs étrangers et non déclarés, etc. Evoquées, puis disparues de l’actualité, les surfacturations dans 300 cliniques privées dont 100 000 dossiers suspects, auraient généré 50 millions de fraudes. Les transferts indus des accidents du travail et des maladies professionnelles sur l’assurance maladie coûteraient plus de 1 milliard d’euros largement sous-estimé.
• Celles des assurés ?
Ils seraient les plus grands fraudeurs ? Non ! Une section mutualiste importante comptant 33 000 assurés et leurs ayants-droits et traitant plus de 722 000 décomptes sécurité sociale et mutuelle a recensé, en 2006, un seul cas de fraude. Des moyens considérables sont mis en oeuvre par la direction du contrôle contentieux et de la répression des fraudes de la CNAMTS. Résultats : 1 291 mises en garde, dont 239 aux assurés entraînant 36 pénalités financières soit, sur 50 millions d’assurés et ayants droits : 0,000004 %.
• Les professions de santé ?
180 médecins sur 54 000 généralistes ont été placés sous accord préalable, pour leurs prescriptions d’arrêt de travail soit : 0,003 %. Sur 1 291 mises en garde dont 1 049 aux professionnels de santé, 11 pénalités financières ont été prononcées. Ramenées à 1 million de professionnels : 0,001 %. En matière pénale, 143 personnes condamnées à des peines de prison ferme ou avec sursis 118 en 2005. 422 procédures devant les instances ordinales entraînant 351 interdictions de donner des soins (285 en 2005). S’il est nécessaire de maintenir des contrôles, leur coût est certainement plus élevé que celui des fraudes.
Mais qui fraude le plus ? L’Etat !
Ses dettes à l’égard de la sécurité sociale s’élèvent à plus de 6,2 milliards fin 2006. Dette sur l’aide médicale d’état : 1 milliard Réduction des cotisations patronales non compensées, chaque année : 2 milliards. Dettes, mais aussi cadeaux : 65 milliards en 2006 dont 57 par l’Etat, dissimulés dans près de 6 000 dispositifs échappant à tout contrôle depuis l’abrogation de la loi Hue.
Le gouvernement veut aggraver cette situation
Le plan Hôpital 2007 (10,4 milliards) a bénéficié d’un financement d’Etat de 6 milliards Le plan 2007-2012 (10 milliards) sera financé pour 5 milliards par la sécurité sociale qui n’en a pas les moyens Les allègements de cotisations sur les heures supplémentaires (en débat) priveront la sécurité sociale de 4 milliards de recettes. Le bouclier fiscal (en débat) privera l’Etat de 13 à 15 milliards de recettes, repoussant leremboursement de sa dette à la sécurité sociale. Cette politique délibérée et destructrice prépare le transfert du financement de la sécurité sociale vers la TVA pour épargner les entreprises de leurs obligations sociales.
Un scandale intolérable
La presse et le gouvernement dénoncent le déficit de la sécurité sociale et condamnent les assurés qui abusent des soins (par plaisir ?). Dans une dette publique atteignant fin 2006 : 1 138,4 milliards (source INSEE mars 2007), vous devez connaître la part de chacun :
• Dette de l’Etat : 78,1 %
• Dette des collectivités locales : 10,4 %
• Dette organismes divers et administrations centrales : 8,4 %
• Dette sécurité sociale : 3,1 %
Face à la désinformation permanente et même aux contrevérités, la réalité des décisions gouvernementales et leurs conséquences financières doivent être plus largement connues pour mobiliser l’ensemble des assurés sociaux. André Lartirigoyen, Militant Mutualiste Hospitalier.
- Article paru dans l'Hebdomadaire "Les Nouvelles de Bordeaux et du Sud-Ouest " le Jeudi 6 Septembre 2007 - No 1701 - Abonnement 19,90 Euros pour l'année - Contact : nouvelles.SO@wanadoo.fr - Tél : 05.56.91.45.06 - Adresse : 15, Rue Furtado 33800 BORDEAUX
L'Université de Bordeaux, chargée de fédérer toutes les facs, vit sa première rentrée. Avec des locaux, un budget, des salariés. Visite de la future tour de contrôle du campus - Les débuts de l'université unique : Julien Rousset
La petite cellule de l'Université de Bordeaux a emménagé cet été cours de l'Argonne. Pour l'instant ils ne sont que 11. Mais l'équipe devrait compter 60 personnes d'ici juin - PHOTO ERIC DESPUJOLS - D'abord, il fallait parler, comme le décret, du « Pres », pôle de recherche et d'enseignement supérieur. Puis, depuis cet été, de « l'Université de Bordeaux », nouveau label approuvé en conseil d'administration. Intitulé qui pourrait bientôt être flanqué du nom d'un grand homme, pour mieux marquer les esprits. Se faire connaître, c'est l'un des chantiers immédiats de l'université unique en cours de création, puisqu'un site web, une signalétique, un logo devraient apparaître. Ses animateurs aimeraient même que l'« Université de Bordeaux » prête son nom à la station de tram, actuellement « Bergonié », dressée cours de l'Argonne. Au pied de l'ancien Hôpital des enfants, où vient de s'installer cette cellule vouée à piloter, à long terme, les facs et grandes écoles du campus (1).
--- Quatre millions de budget. Ces trois étages de bureaux, 900 m2 inondés de lumière, étaient jusqu'alors occupés par le Pôle universitaire. Ce dernier, mobilisé sur des actions comme l'accueil des étudiants, a été liquidé en juillet. «Nous voulons passer de la coordination à l'intégration. L'objectif, c'est d'assurer des missions communes, comme par exemple le sport ou l'orientation, encore gérées fac par fac » précise Bernard Bégaud, président de Bordeaux 2. Le 11 mai dernier, il a été élu pour un an à la tête de cet embryon d'université-mère. A l'époque, faute de locaux, le premier conseil d'administration avait eu lieu à la Victoire. Désormais, le Pres dispose donc d'une adresse, et d'un bataillon : onze salariés, en grande partie transférés de l'ancien Pôle universitaire. Cet effectif est censé s'étoffer d'ici juin d'une cinquantaine de collaborateurs. « Sur des projets transversaux, des personnels devraient peu à peu être détachés des facs ou des collectivités locales pour venir travailler ici cours de l'Argonne » expliquent Bernard Bégaud et Catherine Hardouin, l'une des premières recrues. L'ancienne directrice des ressources humaines de Bordeaux 1 a rejoint le Pres comme directrice des services, dont la plupart (relations internationales, ingénieurs, orientation...) sont encore balbutiants. Deux fonctionnent : la documentation et l'informatique, basé au domaine du Haut-Carré à Talence.
--- Un toit, du personnel... le Pres a aussi sa tirelire. Quatre millions d'euros pour cette année, en grande partie accordés par l'Etat via le contrat de plan. Un budget minimum est assuré par la participation des quatre universités et des quatre grandes écoles membres du pôle. Mais cette base « ne suffira pas » prévient Bernard Bégaud. « Il va falloir que nous trouvions d'autres ressources, avec l'Etat ou les collectivités locales. On veut vraiment construire quelque chose d'important » (1) L'« Université de Bordeaux » a été fondée par : Bordeaux 1, Bordeaux 2, Bordeaux 3, Bordeaux IV, l'Enita, l'Enseirb (électronique), l'ENSCPB (chimie) et Sciences-Po.
http://www.sudouest.com/070907/vil_gir_bordeaux.asp?Article=070907a82690.xml
=====> Loi sur l'autonomie : dans l'attente des décrets
Bernard Bégaud quittera la présidence de Bordeaux 2 cet hiver - ARCHIVES P. TARIS - Les présidents d'université ont rencontré avant-hier Valérie Pécresse, ministre de l'enseignement supérieur, pour évoquer la réforme votée en juillet. Ce texte implique notamment que les présidents ont jusqu'au mois de mars pour mettre en place un nouveau conseil d'administration, largement resserré. Lequel conseil devra désigner un nouveau président d'ici l'été prochain. En fait, sur Bordeaux, sauf coup de théâtre, il s'agira de reconduire les présidents actuels. Seul Bernard Bégaud quittera la présidence de Bordeaux 2 cet hiver. Il ne postule pas pour un nouveau mandat de cinq ans, ce qui est désormais possible avec la réforme Pécresse. « Je suis mitigé sur ce point car le fait de pouvoir faire plusieurs mandats ne favorise pas forcément l'indépendance ». Deux personnalités de Bordeaux 2 sont annoncées comme de possibles candidats à la présidence, dont Roger Salamon, directeur adjoint l'Isped, institut de santé et d'épidémiologie.
--- Aucune création d'emploi. Bernard Bégaud restera à la barre du Pres jusqu'en mai avant d'être remplacé par M. Singaravelou (Bordeaux 3). « Nous avons un calendrier, des statuts à installer, des échéances à respecter... mais avant tout, nous attendons les décrets, prévus pour octobre » a précisé hier Bernard Bégaud. Il juge l'autonomie « très positive », à un fâcheux détail près : « Les statuts, la gouvernance, l'immobilier, c'est bien, mais le problème du sous-financement des facs n'est pas réglé ». Les présidents d'université ont eu confirmation mardi qu'ils ne bénéficieraient pour la rentrée 2008 d'aucune création d'emploi, sauf ajustements de dernière minute. « La bonne nouvelle, c'est qu'on n'est pas affecté par la suppression des 11 000 postes en vue dans l'Education. La mauvaise nouvelle, c'est que, depuis cinq ans, l'Etat créait chaque année une demi-douzaine d'emplois dans chaque université bordelaise, et qu'il va falloir renoncer à ce renfort non négligeable. »
http://www.sudouest.com/070907/vil_gir_bordeaux.asp?ArticleRet=070907a82690.xml&Article=070907a33170.xml
Les élus ont décidé hier de lancer le projet de pont au droit de la rue Lucien-Faure. Des recours sont encore possibles - Coup d'accélérateur pour le pont Bacalan-Bastide : Jean-Bernard Gilles - Alain Juppé l'a rêvé. Alain Rousset l'a concerté. Vincent Feltesse l'a fait. Le 21 septembre, le conseil de Communauté urbaine de Bordeaux décidera formellement de réaliser le pont levant Bacalan-Bastide. Le président signera alors le marché d'environ 120 millions d'euros avec la société GTM Génie civil et Services, filiale de Vinci Construction. Le pont pourrait alors être mis en service, après quelque dix-huit mois d'études, d'ici au début de l'année 2012. Mais il peut encore faire l'objet de recours.
--- Quasi-unanimité. Tout s'est joué hier, à l'occasion de la réunion de bureau de la CUB. Vincent Feltesse a demandé à tous les élus de s'exprimer. Tous se sont déclarés en faveur du projet, à l'exception des deux élus verts. « Nous avons décidé de passer à l'acte car nous croyons que ce pont, d'initiative bordelaise au départ, est pertinent pour l'ensemble de l'agglomération », a déclaré Vincent Feltesse. Les élus vont donc collectivement assumer le risque d'un recours juridique toujours possible. Mais ils estiment avoir aujourd'hui en main toutes les réponses pour répondre aux réserves de la commission d'enquête publique. Rappelons qu'elles portent sur les conditions de circulation lorsque le pont est ouvert, sur l'économie du port de la Lune et sur la justification de l'investissement. « Nous serons peut-être attaqués mais nous estimons que nos services ont les réponses, et les élus portent là, ensemble, un projet d'intérêt d'agglomération », a poursuivi le nouveau président de la CUB, qui franchit élégamment ce premier gros test politique.
--- Les Verts prennent leurs distances. « Il a fait un beau coup » : Michel Duchène (UMP, Bordeaux); « C'est bien joué » : Véronique Fayet (Modem, Bordeaux); « Un choix d'intérêt général » : Max Guichard (PC, Cenon); « Nous n'avions que trop tardé » : Françoise Cartron (PS, Artigues). Seuls les Verts ont souhaité prendre leurs distances avec cette unanimité. « Ce n'est pas un pont urbain et il nous coûte bien cher pour une quinzaine de bateaux par an », estime le Mérignacais Gérard Chausset. Les plus déçues seront sans doute les associations qui s'opposaient à ce projet de pont levant. Mercredi soir, veille du bureau, Denis Teisseire, le leader de ce front anti-pont levant, a tenté de convaincre, en tête à tête, Vincent Veltesse de renoncer. Il a une nouvelle fois plaidé pour un tunnel. En vain.
http://www.sudouest.com/070907/reg_gironde.asp?Article=070907a62105.xml
=====> CUB. -- Baptême du feu ce soir pour le jeune président. Y-a-il une méthode Feltesse? Eléments de réponse
L'agglo à la Feltesse - « S'il faut prendre des décisions, je le ferai », assure le maire de Blanquefort et président de la Communauté urbaine de Bordeaux
PHOTO ERIC DESPUJOL - « En devenant maire, c'est un peu comme si l'historien, qu'il est de formation, était passé à la géographie », résume Damien Mouchague. Actuel responsable de la communication de Blanquefort et ancien directeur du cabinet de Vincent Feltesse entre 2001 et 2003, il se rappelle avoir été surpris par la « force d'imagination » de l'actuel maire de Blanquefort. « La création des "Toute la ville", qui réunit les Blanquefortais autour d'un thème chaque année, est une idée directe de Vincent Feltesse. » Cette année, « Toute la ville » jardine. Un sens de l'échange et du contact que ne lui reconnaissent pas si facilement ses opposants locaux. Marc François, gaulliste sans étiquette, comme Joan Taris (Modem) décrivent l'un et l'autre un personnage plus « technocratique » que de terrain. « Il a fait le choix de Blanquefort par calcul politique. Il a été élu; le calcul était donc bon; mais ça reste de l'opportunisme », juge Marc François. « C'est quelqu'un de tout à fait respectable, concède de son côté Joan Taris. Il a d'indéniables qualités intellectuelles, un côté battant et des convictions. Mais sa vision de la politique est déshumanisée. »
--- « Entre Rousset et Madrelle ». Il y a aussi les « impressions », variables, qu'il inspire. « C'est plus un Alain Juppé, dans la forme, qu'un Philippe Madrelle » commente Marc François. « Il est le juste milieu entre Rousset et Madrelle », rectifie un proche de Philippe Madrelle. Un sentiment d'équilibre également ressenti par différents responsables de service de la Communauté urbaine, qui trouvent en l'ancien vice-président en charge des espaces verts, un homme « affable » et « simple de contact ». « Alain Juppé est très rigoureux. C'est un décideur mais qui reste assez froid », compare un haut fonctionnaire ayant connu les trois derniers présidents de la CUB. « Vincent Feltesse, lui aussi, a cette capacité de décider rapidement, mais il ne porte la cravate que depuis qu'il est président », sourit-il. Dilettante, Vincent Feltesse ? A Sciences Po Bordeaux où il est professeur associé, certains de ses anciens étudiants ne manquent pas d'évoquer le manque d'assiduité du professeur Feltesse. Pourtant à la CUB, c'est bien avec un « a priori positif » que plusieurs cadres saluent l'arrivée du nouveau président. « Il m'a impressionné le jour de sa première prise de parole en tant que président de l'agglomération, dit l'un d'eux. C'était un discours sans note, montrant à la fois une vraie connaissance des dossiers et en même temps une vision claire de ce que devait être la CUB. » Joan Taris lui reconnaît cette vision. Pour mieux l'attaquer. « Mes amis du groupe Communauté d'avenir (UMP et Modem) ont eu tort de le présenter comme un homme du consensus en le portant à la CUB, précise le jeune élu blanquefortais. Alain Juppé l'a qualifié de fréquentable. Si on entend par là qu'il est un socialiste "light" ou détaché des affaires de son parti, on se trompe. A Blanquefort, Vincent Feltesse agit selon des critères politiciens. Il n'est pas le patriarche transcourant que l'on nous a présenté. Ce n'est pas un profil à la Michel Sainte-Marie ou Henri Houdebert. »
--- « Les esprits sont mûrs pour un changement ». « Aujourd'hui j'ai, à la CUB, un quotidien, une intuition et une projection », formule l'intéressé dont nul n'ignore le désir de continuer l'aventure après les municipales. « S'il faut prendre des décisions je le ferai. Je ne compte pas jouer la montre en attendant les municipales, assure-t-il. Je pense que les esprits des élus, des techniciens et des habitants sont mûrs pour un changement au sein de la CUB. Il faut passer d'une gestion intercommunale, où chacun vient défendre l'intérêt de sa ville, à une réalité d'agglomération. Sans pour autant remettre en cause la cogestion. »
« En période préélectorale, personne n'est fait ni n'est là pour apporter quelques choses de nouveau », tranche le maire de Saint-Médard-en-Jalles, Serge Lamaison. Premier élément de réponse ce soir avec le pont Bacalan-Bastide.
« Vincent Feltesse a cette capacité de décider rapidement, mais il ne porte la cravate que depuis qu'il est président »
http://www.sudouest.com/060907/reg_gironde.asp?Article=060907a33771.xml
Il se réjouit de voir lancé le projet de pont levant. Et paraît loin de renoncer à la mairie - Juppé : « Je ne tarderai pas » : Propos recueillis par Dominique de Laage et Anne-Marie Siméon
--- « Sud Ouest ». Bordeaux a retrouvé son attractivité. Et maintenant, quelle est votre ambition pour la ville ?
- Alain Juppé. Il manque encore un petit quelque chose à Bordeaux pour devenir une métropole européenne du niveau de Lyon ou Marseille. Bordeaux peut y arriver. En continuant de combler son retard en matière d'infrastructures. En montant encore en puissance sur le plan de sa démographie. En affirmant son dynamisme économique.
Sur ce plan, la municipalité ne peut pas tout faire. Mais dans cette progression la carte du rayonnement culturel est indispensable. Je fonde beaucoup d'espoir dans la candidature de Bordeaux au titre de capitale européenne culturelle 2013 pour enclencher cette dynamique. Et dans celui de notre mobilisation en faveur du développement durable pour inventer une démocratie participative aussi riche que possible.
--- Le bureau de la Communauté urbaine vient de décider de lancer la construction du pont Bacalan-Bastide. Le président Feltesse a tenu sa promesse...
- Je m'en réjouis. Vous savez l'attachement que j'ai à ce projet. Enfin nous prenons une décision, nous avançons. Que nous reculions encore ou que nous sautions le pas, des recours auraient eu lieu, dans les deux cas. Je pense que nous aurons les moyens d'y répondre.
--- A vous entendre, on sent déjà poindre le candidat pour les prochaines municipales...
- Je n'ai pas pris ma décision. J'ai du temps. Je ne tarderai pas. Je me sens plus libre que jamais. J'écoute.
--- Vous avez dit vouloir renouveler votre équipe. Où en êtes-vous de vos consultations ?
- J'ai déjà rencontré Pierre Hurmic et Marie-Claude Noëlle pour voir si l'on pouvait travailler ensemble. Pour l'heure, je n'ai pas eu de réponse. Cela reste un projet. Des liens anciens existent avec une partie de l'UDF, la traditionnelle. Pour les nouveaux, du Modem, j'attends fin septembre, après leur congrès de Seignosse.
--- Cette perspective de renouvellement ne crée-t-elle pas un sentiment d'insécurité au sein de votre équipe ?
- L'insécurité, je la vis au quotidien depuis des années. Cela donne du sel à la vie. Si je suis candidat, je ferai la liste que je croirai être la bonne. Je ne vais pas m'embarasser.
--- Envisageriez-vous d'être réélu maire de Bordeaux sans présider la CUB ?
- Je le suis depuis un an. C'est difficile. Ce n'est pas une bonne situation. La négociation est permanente pour faire avancer les dossiers bordelais. Lesquels profitent à tout le monde lorsqu'ils aboutissent.
--- En 2008, la CUB est-elle gagnable par la droite sans une vraie alliance avec le Modem ?
- L'écart se mesure à deux ou trois sièges. Tout est donc possible. Effectivement, une alliance à géométrie variable avec le Modem est impossible. Mais je suis optimiste. Je pense que cela peut fonctionner.
--- Comment se fait-il que Nicolas Sarkozy propose des missions à tout-va sans penser à vous. Il vous aurait qualifié d'« homme mort » cet été selon « Le Canard enchaîné »...
- Vous me l'apprenez. Ce genre d'écho m'indiffère. J'ai eu des propositions intéressantes de Nicolas Sarkozy que je n'ai pas acceptées. J'ai réfléchi pendant quarante-huit heures. Cela me conduisait à passer du temps ailleurs, de capitale en capitale. Il faut être cohérent. Les Bordelais ne l'auraient pas compris.
--- Vous restez un homme d'action. Quelle est votre ambition ?
- Maire d'une grande métropole européenne, c'est une bonne façon de servir son pays.
http://www.sudouest.com/070907/reg_gironde.asp?Article=070907a72345.xml
=====> POLITIQUE. --Exemplarité environnementale, dynamique culturelle et économique, action sociale et proximité : Alain Juppé ne va pas chômer
Six mois plein pot : Dominique de Laage et Anne-Marie Siméon
Alain Juppé a présenté hier deux nouveaux directeurs de services (côte à côte à gauche sur la photo) : Brigitte Proucelle, directrice générale des affaires culturelles, et Patrick Guével, directeur général délégué au développement durable et directeur général des services techniques - PHOTO FABIEN COTTEREAU
Alain Juppé s'était donné jusqu'à la fin de l'année pour décider de son éventuelle candidature à sa propre succession (lire aussi en page 2-3). Hier, lors de la conférence de presse de rentrée, il n'a donc pas levé le mystère mais a néanmoins annoncé des délais plus brefs. En attendant, le maire de Bordeaux n'a manifestement pas l'intention de lambiner. Le programme des six prochains mois ressemble davantage à un emploi du temps de candidat que d'élu sur le départ. N'a-t-il pas confié avoir « toujours envie de Bordeaux » ? Rien de très fracassant ni de bien nouveau sur le fond, mais l'ambition est réelle et s'affiche en quatre grands points.
--- 1 « Exemplarité environnementale » Faute d'être resté ministre, Alain Juppé sera privé du Grenelle de l'environnement. Il compte se rattraper localement. Sa priorité ? « Faire de Bordeaux une ville exemplaire » dans ce domaine. Avec l'adjointe Anne Walryck à la manoeuvre. C'est d'ailleurs la seule élue qu'il a citée hier. La « maison écocitoyenne » sur les quais sera à la fois un centre de documentation, un lieu d'échanges, de pédagogie et d'information.
Le « pacte écocitoyen » pris par la municipalité pour gérer ses services va être élargi à l'ensemble de la population. Au programme, beaucoup de réunions : séance plénière de tous les comités de quartier le 13 septembre prochain à l'Athénée; dès octobre, des rencontres mensuelles écocitoyennes en présence de personnalités (Martin Hirsch sera le premier); des ateliers dans les quartiers; des forums Internet; des actions pédagogiques seront menées dans les écoles.
Tout cela pour déboucher en début d'année prochaine sur un congrès. Alain Juppé voit là « un bel exemple de démocratie participative ». Il espère donner une dimension nationale et même internationale à ces actions. Fin septembre, une délégation ira à Los Angeles. Un déplacement à Fribourg pour découvrir son écoquartier est également au menu.
--- 2 « Dynamisme de l'animation » Alain Juppé veut amplifier l'effet Unesco. Avec un nouveau défi de taille : décrocher en 2013 le titre de capitale européenne de la culture. La ville va déposer à la mi-novembre son dossier de précandidature. Celle-ci sera ou non acceptée en décembre. Le nom de la ville candidate sera connu fin 2008 avant la validation par l'Union européenne en 2009. Un long chemin qu'Alain Juppé veut faire rimer avec « événement culturel » permanent et pour lequel il veut mobiliser le plus d'esprits créatifs. Déjà, la CUB, le Département et la Région s'associent à la démarche. Un comité de parrainage, en cours de constitution, sera présidé par Vike Freyberga, l'ex-présidente de la République lettone. Localement, un comité de soutien largement ouvert sera créé. Objectif : réunir 2013 personnes d'ici au 15 novembre.
--- 3 Attirer les entreprises Troisième axe du maire sortant de Bordeaux : le développement économique. Pour renforcer l'attractivité de la ville, il propose d'augmenter l'offre immobilière en lançant de nouveaux projets. Les sites, affirme-t-il, ne manquent pas : Bordeaux-Lac, Ravezies, rive droite, Bacalan... Le deuxième levier est celui de l'accessibilité. D'où son plaidoyer pour les grands projets avec « priorité à la rocade ». Il se battra pour qu'aboutisse « la mise à deux fois trois voies depuis l'A63 jusqu'à Mérignac-Aéroport ». Suivent le pont Bacalan-Bastide (lire par ailleurs), la LGV pour ramener Bordeaux à deux heures de Paris, l'autoroute Langon-Pau « qui avance bien ». En revanche, au sujet du grand contournement, il souhaite « remettre ce dossier à plat en prenant en compte le futur plan de la SNCF relançant le ferroutage ».
Interrogé sur la politique commerciale, il a rappelé être opposé aux projets « détournant la clientèle de Bordeaux », comme le village des marques de Saint-André-de-Cubzac, plaidant en revanche pour le Quai des marques à Bordeaux. Concernant le projet de Floirac, s'il n'est pas opposé à la création d'un Zénith, il refuse que cet équipement soit financé par la création d'une nouvelle zone commerciale.
--- 4 « Proximité et fraternité » Là, Alain Juppé prend soin de n'oublier aucun quartier, et surtout personne. Ainsi, pour les SDF, « qui, en Gironde, se concentrent à 85 % à Bordeaux », il veut diversifier et élargir, en partenariat avec les associations, les offres d'accueil et d'hébergement « de jour comme de nuit ». Egalement au programme, davantage de places dans les crèches et les maisons de retraite avec en projet, au Petit Trianon, « une plate-forme gérontologique, une résidence services » d'ici à 2010. Autre projet, pour l'emploi cette fois : la création d'ici à la fin de l'année d'une antenne de la Maison de l'emploi aux Aubiers. Le maire veut aussi aider, via notamment des séminaires d'insertion, les conjoints d'actifs mutés à Bordeaux. Autant de projets à lancer avant les municipales mais qui, pour la plupart, ne pourront aboutir dans les mêmes délais...
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Jacques Respaud, le leader PS à Bordeaux, n'écarte pas de conduire une liste contre Juppé aux prochaines élections municipales. Quatre candidats pourraient être en lice - Les candidats sortent de l'ombre : Francis Schwarz
A l'occasion de sa conférence de rentrée, Jacques Respaud, vice-président du Conseil général, président du groupe socialiste du Conseil municipal de Bordeaux, a annoncé être « probablement candidat à la candidature » pour conduire une liste d'opposition à Alain Juppé en mars 2008. Dès lundi prochain, le bureau fédéral, chargé d'élaborer le mode de désignation pour les cantonales et les municipales, va se réunir. Selon Jacques Respaud, trois autres candidats seraient susceptibles de se présenter : Alain Rousset, député, président de la Région Aquitaine; Michèle Delaunay, députée, « tombeuse » de Juppé aux dernières législatives, et Philippe Dorthe, conseiller général et conseiller régional.
En fait, seule la candidature de ce dernier paraît aujourd'hui acquise. Elle devrait être officialisée cette semaine. Selon Jacques Respaud, dans l'opposition depuis dix-huit ans, chef de file socialiste bordelais depuis quatre ans après le départ de Gilles Savary, député européen, à Talence, le ou les candidats à la candidature PS seront connus d'ici le 15 octobre. Il restera aux militants encartés au PS de faire un choix. « Mieux vaut s'entendre avant ! Une seule candidature serait préférable ». Pour lui et ses sept colistiers, dont Jean-Michel Perez, remplaçant de Michèle Delaunay, démissionnaire du Conseil municipal pour tenir son engagement de ne pas cumuler les mandats, le principal est « d'avancer uni » pour « une ville plus solidaire » et pas « seulement une ville jolie ». Pour les socialistes bordelais, « la ville est en panne de projets » et ne « répond pas » aux besoins en matière d'habitat, de crèches, d'équipements collectifs. « Bordeaux a construit un musée ou presque. Quand on y vit, c'est difficile. »
--- Deux initiatives. Les élus PS bordelais proposent, lors de cette rentrée, deux initiatives : un comité bordelais pour les libertés publiques et un conseil citoyen pour une haute qualité de vie (HQV) en écho à la haute qualité environnementale (HQE) voulue par Alain Juppé. « Tout est fait pour étouffer la vie démocratique », affirme Jacques Respaud pour justifier son comité des libertés publiques auquel il souhaite associer juristes et élus. « La communication des documents est difficile » et « on n'arrive plus à trouver des salles le week-end. L'affichage associatif est aussi quasi impossible ».
Question qualité de vie, Jacques Respaud envisage la rédaction d'un « livre noir » des équipements collectifs sur la base de treize comités citoyens. A propos du pont Bacalan-Bastide, Jacques Respaud et ses amis sont « toujours très critiques sur la dimension de l'ouvrage. Il faut envisager de mettre le projet de tunnel à l'étude. Et nous sommes d'accord avec Philippe Dorthe pour développer une activité nautique. » Pour la première fois, l'opposition socialiste a fait sa rentrée médiatique avant la majorité de droite du Conseil municipal bordelais. Officiellement, c'était pour « marquer un état d'esprit offensif ». Mais la lutte à pas feutré et hors contingences de courants (1) pour le leadership au sein du PS bordelais ne fait évidemment pas de doute. Ils se marquent à la culotte. Mercredi soir, Philippe Dorthe réunit ses camarades salle du Grand-Parc. Après dialogues et compromis, les militants socialistes feront la différence. (1) Jacques Respaud soutenait Dominique Strauss-Kahn avant la désignation de Ségolène Royal. Celle-ci a été désignée majoritairement lors des primaires dans quatre sections PS dont 60,54 % à Bordeaux-Centre. Seule la section de Bordeaux-Nord (celle de Dorthe) donnait Fabius avec 58,23 %. Cependant l'ancien Premier ministre était majoritaire dans les congrès pour les Bordelais comme pour les autres PS de Gironde. Jacques Respaud : « Mieux vaut s'entendre avant ! Une seule candidature serait préférable »
http://www.sudouest.com/040907/vil_gir_bordeaux.asp?Article=040907a32880.xml
=====> PARTI SOCIALISTE. --Philippe Dorthe est depuis hier officiellement candidat à la candidature pour les prochaines municipales. Il s'en explique
Dorthe se lance : Propos recueillis par Anne-Marie Siméon
Philippe Dorthe a ébauché hier soir, avec flamme, les grandes lignes du programme qu'il souhaite pour Bordeaux devant une assistance de quelque 200 personnes - PHOTO FABIEN COTTEREAU
--- « Sud Ouest ». Vous annoncez d'ores et déjà votre volonté de conduire une liste de gauche aux prochaines municipales. Pourquoi si vite ?
- Philippe Dorthe. Cela fait près de deux ans que je me prépare, que je consulte. Quand on est un homme politique, il y a des logiques. J'ai 51 ans, je suis né à Bordeaux, issu d'une famille bordelaise depuis le XIXe siècle. Cinquante et un ans que je vis là. Je suis très investi dans la vie sociale et associative. Cela fait trente ans, ce mois-ci, que je suis adhérent au PS, dix-neuf ans que je suis élu. J'ai été conseiller municipal en 1995, je suis conseiller régional depuis 1998, conseiller général du canton de Bordeaux 1 depuis 1999. Il est normal de vouloir évoluer. Le mandat de maire est un mandat que je ressens, je suis amoureux de cette ville. Ma décision est très très réfléchie. Je suis déterminé, j'ai travaillé, ébauché l'ossature d'un programme. J'ai rencontré beaucoup de gens. Une centaine de personnes issues de la société civile. Des experts de l'université, des associations, des jeunes... m'entourent. Tout ce que je fais, je le fais dans le cadre et le calendrier fixés par les instances nationales du PS et je souhaite réaliser l'union. Au final, il n'y aura qu'une seule tête de liste socialiste à Bordeaux. Mais je souhaite démontrer que j'en ai le tempérament, la stature et la maturité. Je vais prendre des coups, de tous les bords, y compris du mien, mais je suis un homme solide et d'expérience.
--- Vous n'êtes pas conseiller municipal sortant, vous avez renoncé à ce mandat. Ne le regrettez-vous pas ?
- Non. J'étais frappé par la loi sur le cumul des mandats et j'ai opté pour rester dans des exécutifs, au Département et à la Région, pour participer pleinement aux actions menées. Cela m'a permis d'appréhender de gros dossiers structurants en terme d'aménagement du territoire à l'échelle de la Région, tout en cultivant la proximité à l'échelle du canton. Ce n'est pas un handicap de ne pas être sortant. Les précédents candidats successifs n'étaient pas, loin s'en faut, tous des sortants.
--- Ne craignez-vous pas souffrir d'un manque de notoriété ?
- Je ne me pose pas en candidat d'affrontement. J'ai simplement une autre vision de la ville qu'Alain Juppé. Côté notoriété, je suis très connu dans la vie associative, culturelle, je suis président du Comité départemental du tourisme. Surtout, je ne suis pas certain qu'à Bordeaux il soit nécessaire de présenter quelqu'un de connu. Les échecs, en leurs temps, de Jean-Jacques Servan-Schreiber, Roland Dumas, Catherine Lalumière, François-Xavier Bordeaux l'ont démontré. En outre, je pense que la modernité du PS est justement d'admettre que cette culture de la personnalité est révolue. Je pense que face à Juppé, il faut un candidat différent. Les Bordelaises et Bordelais veulent autre chose et je pense incarner un certain antidote.
--- Pensez-vous qu'Alain Rousset a la même vision que vous ?
- Je ne sais pas. C'est une personnalité très brillante, comme Juppé, et il a donc tendance à se battre sur le même terrain. La politique du contre-pied est selon moi plus porteuse. Je rappelle qu'on ignore si Alain Rousset sera candidat. Il m'a dit qu'il réfléchissait. En tout cas, aujourd'hui, il ne l'est pas.
--- Et si Michèle Delaunay décide d'être candidate ?
- Je l'ai rencontrée. Elle est atypique, comme moi. Disons que nos atypismes sont complémentaires. Je rappelle que lorsqu'elle a été élue députée, elle a aussitôt précisé être contre le cumul des mandats, elle a raison. Elle a trouvé sa dimension qui est nationale. Moi, je ne suis pas dans ces problématiques-là. Mon parti, c'est Bordeaux, et mon courant, celui de la Garonne, même s'il est soumis aux marées.
--- Jacques Respaud, en revanche, a émis clairement l'hypothèse de sa candidature...
- Il le sera peut-être et ce ne serait pas anormal. Je constate cependant que quand il y a débat au PS, on crie de suite à la pagaille, ce que l'on ne fait pas lorsque la même chose se passe dans d'autres partis. Le PS, ce n'est pas la caserne. Le débat y est au contraire une valeur historique.
--- Quel que soit le candidat, il devra convaincre au-delà du cercle socialiste. Comment vous y prendrez-vous ?
- J'ai déjà pris contact avec toutes les forces de gauche, rencontré des Verts. Je ne conçois l'écologie qu'humaine, que si elle intègre la dimension sociale et économique. Mais ma main sera également tendue à tous les démocrates et si certains du MoDem s'y reconnaissent, ils auront toute leur place.
« Les Bordelaises et Bordelais veulent autre chose et je pense incarner un certain antidote »
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======> Incarner « un souffle novateur » : A.-M. S
Quatre des huit secrétaires de section avaient non seulement décliné l'invitation mais incité leurs militants à ne pas se rendre à la réunion publique de Philippe Dorthe hier soir au Grand-Parc. Car si le conseiller régional et général estime respecter le calendrier des instances nationales du parti, la fédération départementale a prévu de fixer les dates et les règles de désignation des têtes de liste le 10 septembre. Un détail qui a suffi pour justifier l'absence de personnalités, telles Michèle Delaunay, Alain Rousset, Alain Anziani, etc. Mais qui n'a pas arrêté Philippe Dorthe, que l'on sentait depuis plusieurs semaines pressé de démarrer, ni les quelque 200 personnes présentes. Aux premiers rangs, se trouvaient même des conseillers municipaux socialistes, tels Martine Diez, Daniel Jault ou encore Matthieu Rouveyre. A leurs côtés des représentants de partis de gauche, Joan Taris, secrétaire général des Radicaux de gauche, Marc Lasaygues, vice-président régional des Verts, mais aussi le conseiller communiste Vincent Maurin, des chevénementistes... Tous ont pu entendre le discours du candidat ancré bien à gauche, décidé à « mettre fin à soixante ans d'une politique monochrome de droite ». Appelant à l'union, le candidat à la candidature estime qu'« il est grand temps de parler de Bordeaux et des Bordelais, de sortir des clichés quasi touristiques ». Pour se lancer, Philippe Dorthe et son équipe ont choisi la chanson de Yannick Noah : « Ose ». Plus sérieusement, c'est Pascal Lafargue, président d'Emmas Gironde, qui a pris la parole le premier afin que « le sort des plus faibles » revienne au coeur du débat.
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Agence d'urbanisme et Ville de Bègles proposent de transformer la rocade en boulevard urbain - Ca phosphore dur sur le quartier TGV : Jean-Bernard Gilles
L'idée : passer une partie de la rocade en deux fois deux voies
PHOTO STEPHANE LARTIGUE - Evidemment, ce n'est pas pour demain. Mais les réunions se succèdent sur le fameux quartier TGV Saint-Jean Belcier Bègles. Au point que ce projet pourrait devenir la grande affaire de l'agglomération à l'horizon 2015. Déjà, au printemps dernier, le voile était levé sur l'étude Treutel Garcia Treutel (TGT), qui proposait, autour de la gare Saint-Jean, un quartier mixte d'affaires et de logements, avec une ou deux tours à proximité immédiate de la gare, et de nouveaux aménagements urbains le long de la Garonne, côté Bordeaux.
--- Côté Bègles. Lors d'un dernier comité de pilotage tenu le 5 juillet dernier, l'Agence d'urbanisme et la Ville de Bègles ont fait plusieurs propositions fortes concernant la voirie et l'accessibilité à la gare Saint-Jean. La plus radicale consiste en la transformation de la rocade de deux fois trois voies, sur environ 1,5 km de sa partie béglaise, en un boulevard urbain de deux fois deux voies : « L'espace ainsi gagné sur la voirie permettrait d'aménager une partie des bords de Garonne en voies de circulation douces pour vélos et piétons », explique Jean-Etienne Surlève-Bazeille, l'adjoint au maire de Bègles chargé de l'urbanisme et des transports. Le projet n'est pas encore chiffré. L'idée est d'autant plus séduisante qu'elle rejoint la proposition de l'étude TGT de prolonger la promenade des quais de Bordeaux vers le boulevard des Frères-Moga. Autre proposition de A'urba : profiter des aménagements de la voie à grande vitesse dans la ville de Bègles pour créer une nouvelle voie d'accès à la gare Saint-Jean, depuis la résidence Maurice-Thorez en direction de l'îlot Armagnac.
Cette nouvelle voie serait de nature à améliorer l'accès à la gare « et libérerait tout le centre-ville de Bègles d'un trafic automobile qui ne lui est pas destiné », explique-t-on à l'Agence d'urbanisme. Point positif : à la Direction de l'aménagement urbain de la ville de Bordeaux, on juge ces études intéressantes et novatrices. Elles devront toutefois être complétées par une analyse plus fine des déplacements à venir dans le quartier TGV et de ses besoins en stationnement futurs.
--- Foncier ferroviaire. Il faut noter que ces comités de pilotage et autres réunions de comités techniques se déroulent dans un esprit plus collégial qu'ailleurs. « Mais c'est aussi parce que nous sommes encore loin de décisions », indique ce responsable communautaire. Ces aménagements dépendront encore des conclusions de l'étude actuellement menée par la SNCF et Réseau ferré de France, aujourd'hui premiers propriétaires de la zone. Ils devront dire ce qu'ils sont prêts à céder et ce qu'ils doivent conserver pour leurs usages ferroviaires.
Plus de 18 millions de voyageurs sont attendus à terme gare Saint-Jean. Il reste encore bien des étapes à franchir avant que des décisions politiques et financières soient prises sur cette future entrée d'agglomération. Ces réflexions ont aussi pour effet de mettre sur le devant de la scène le futur pont Jean-Jacques-Bosc. Un pont qui monte, qui monte dans les milieux communautaires. Mais celui-là ne sera sans doute pas levant...
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Louis-Julien Sourd veut des échanges courtois et complets. Il déplore les propos de Dominique Bussereau - Le président de la commission du débat public appelle au dialogue : Michel Monteil - Les membres de la commission : Claudia Courtois, Gustave Defrance, Louis-Julien Sourd, Corinne Bies et Patrick Loulière - PHOTO ALEXANDRE SIOC'HAN DE KERSABIEC - Bien sûr, « ce n'est pas la guerre », mais Louis-Julien Sourd a été réceptif aux interrogations et aux craintes formulées depuis juillet dans le Médoc et sur l'autre rive de l'estuaire. Entouré des cinq autres membres de la commission particulière du débat public (CPDP) sur le projet de terminal méthanier du Verdon, le président de la commission a joué l'apaisement, hier à Bordeaux, à la veille des neuf réunions publiques prévues (lire l'entrefilet).
--- Une commission « neutre ». D'abord en insistant sur « la neutralité » de la commission : « Elle n'a aucun avis. Nous ferons un compte-rendu public dans lequel nous présenterons tous les avis. » La CPDP s'attend à une forte participation. « Il faut une règle de conduite pour que tout le monde puisse s'exprimer et que chacun se respecte. Les réunions devront être conduites avec courtoisie. » Dans ce souci d'entendre toutes les opinions, la commission a ouvert un bureau dès le 16 août à la mairie du Verdon (une permanence le jeudi). Plus de 50 000 exemplaires du dossier ont été distribués ou envoyés par La Poste, dont 27 000 en Charente-Maritime. La mobilisation des opposants n'a pas surpris Heink Jorkman, PDG de 4Gas. « 4Gas a mené ou mène six projets et dans les six cas il y a des oppositions, dit-il. C'est général pour tout projet industriel. En Hollande, où la procédure du débat public n'existe pas, nous avons pris nous-mêmes l'initiative d'organiser des réunions. » Par contre, il a été étonné par les déclarations de Dominique Bussereau en faveur de La Pallice (notre édition du 4 août), ce port n'étant pas un site potentiel pour 4Gas.
--- Réunion à Royan. L'intervention du secrétaire d'Etat aux transports a également étonné Louis-Julien Sourd. « Précoce et pas opportune », juge-t-il, en précisant que « ce n'est pas le gouvernement qui décide ». Par contre, il a rassuré le conseiller général de Royan sur le désir de la commission d'écouter l'avis des Charentais-Maritimes. Une réunion est prévue à Royan et la commission n'exclut pas d'en organiser une autre si nécessaire. A l'issue de sa mission, à la mi-décembre, la CPDP disposera de deux mois pour rédiger un compte-rendu. La commission nationale en tirera un bilan. En fonction de celui-ci et avant le 14 mai 2008, 4Gas choisira de poursuivre, de modifier ou d'abandonner son projet.
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======> LE VERDON. -- Les écologistes refusent la logique tant économique qu'environnementale du projet
Les Verts sont opposés au terminal méthanier : Jean-Bernard Gilles
Il ne fallait pas venir hier, à Bordeaux, à la conférence de presse des Verts aquitains pour y chercher des arguments en faveur du projet de terminal méthanier du Verdon. « Le projet de 4Gas ne correspond pas aux engagements énergétiques de notre pays à l'horizon 2020, s'intègre dans une logique libérale mondiale que nous refusons et fait du Verdon un hub pour un gaz qui profitera d'abord à l'Espagne », a expliqué Laure Curvale, l'élue verte de Pessac également vice-présidente de la Communauté urbaine en charge de l'énergie. La présidente des Verts aquitains a d'ailleurs rappelé l'opposition de son parti aux trois projets pour lesquels le débat public est concommittent, celui du Havre (Poweo), de Dunkerque (GDF) et celui du Médoc (4Gas). Stéphane Saubusse, représentant des Verts Médoc est venu dire l'opposition croissante de la population de la pointe. Il a même prédit des séances de débat public chaudes.
--- « Un vrai besoin d'énergies renouvelables ». Il a vanté les efforts faits dans le Médoc pour tourner la page industrielle depuis vingt ans en direction de l'écotourisme. « Nous avons un vrai besoin de développpement dans le domaine des matériaux et des énergies renouvelables », a-t-il indiqué. Les Verts ne se sont d'ailleurs pas privés de critiquer les élus de la communauté de communes de Soulac et plus particulièrement leur président, Xavier Pintat, « qui se sont opposés à un projet de développement d'un champ éolien de 12 mégawatts il y a deux ans », a rappelé le dernier candidat Vert de la 5e circonscription.
--- L'éolien, le bois ou l'énergie photovoltaïque. Claire Lelann, conseillère régionale, a reproché à 4Gas, filiale de fonds d'investissement américains, de privilégier une rentabilité à court terme. Les Verts aquitains n'attendront pas les résultats des études d'impact environnemental ni celles de danger pour réclamer le développement de l'éolien, de la filière bois énergie et de l'énergie photovoltaïque en lieu et place d'un projet de surcroît peu porteur, à leur yeux, en terme d'emploi : une cinquantaine plus quelques emplois induits.
Les Verts aquitains sont opposés au terminal méthanier du Verdon. Et ce n'est pas une surprise.
http://www.sudouest.com/080907/cestapunta.asp?Article=060907a44272.xml
=====> TERMINAL MÉTHANIER DU VERDON. --« Une pointe pour tous » organise une réunion vendredi. Avant la manifestation du 13 septembre à Bordeaux
Un film et un débat pour convaincre
Le front des opposants au projet de port méthanier dans l'enceinte du port autonome de Bordeaux, au Verdon (Gironde), commence à se structurer. L'opposition des élus a trouvé un écho démultiplié avec la prise de position du secrétaire d'État aux transports et élu local saint-georgeais Dominique Bussereau, les initiatives locales se développant de part et d'autre.
Le collectif girondin « Une pointe pour tous », premier à tirer le signal d'alarme auprès des édiles de Charente-Maritime, organise une réunion publique vendredi après-midi, manifestation coprésidée par député de la cinquième circonscription Didier Quentin et le sénateur-maire de Soulac-sur-Mer Xavier Pintat. Un avant-goût de la manifestation programmée le 13 septembre à Bordeaux, au départ de la place des Quinconces (à 10 h 30), avec des opposants des deux rives. « À cette occasion, nous expliquerons pourquoi nous sommes contre ce projet et les méfaits d'une telle réalisation pour les deux rives », écrivent les responsables de l'association. Ils entendent de fait diffuser un film réalisé par leurs soins à Fos-sur-Mer, commune déjà dotée d'un terminal méthanier.
--- L'exemple de Fos. « Nous avons demandé à divers intervenants, élus ou pas, de nous parler des avantages et des désavantages résultant de l'implantation d'un port méthanier dans leur commune, explique le secrétaire du collectif Jean-Marie Andreux. La balance penche plutôt du côté des désavantages. »
Le député Didier Quentin se fait principal soutien de l'initiative. « Je serai présent à la réunion, tout comme je manifesterai - sans doute avec l'écharpe tricolore - à Bordeaux le 13. Ce projet est une hérésie dans un secteur voué au tourisme. » Pratique : Réunion débat vendredi 7 septembre à 14 h 30 au Palais des Congrès. Site internet : www.medocpourtous.org.
Le débat public : La commission particulière du débat public organise une réunion à Royan le 4 octobre. Des panneaux d'information ont été mis en place vendredi au Palais des Congrès. Le dossier complet est disponible sur le site : www.debatpublic-leverdon.org
Sur Sudouest.com : vous pouvez faire part de vos réactions et points de vue sur le site internet du quotidien régional Sud ouest : www.sudouest.com/forums.
http://www.sudouest.com/080907/cestapunta.asp?Article=050907aP812988.xml
======> PROPRIÉTAIRES IMMOBILIERS.-- Les 360 adhérents de la chambre syndicale locale de la propriété vont manifester leur opposition au projet de terminal méthanier - Les yeux rivés sur le Verdon : Ronan Chérel
Les adhérents de la Chambre syndicale des propriétaires et copropriétaires de Royan et de la Côte de Beauté (1) lorgnent depuis quelque temps d'un ?il sombre vers l'autre rive de l'estuaire. Les propriétaires immobiliers du cru n'ont aucun grief contre leurs « voisins » girondins du Verdon. Au contraire, comme eux, ils s'inquiètent du projet de la holding 4Gas de créer côté Gironde un imposant terminal méthanier, fort de cuves de 25 mètres de haut et autres torchères inesthétiques. L'opposition à ce terminal méthanier, projet soutenu par le port autonome de Bordeaux, prend l'élan d'une lame de fond. Déjà, côté Verdon, le collectif « Une pointe pour tous » lance les premières salves. La politique de développement touristique du Verdon et la quiétude des habitants de la pointe girondine seraient les premières victimes de la présence d'une telle infrastructure, au-delà de toute considération sur son utilité.
--- « Un impact désastreux ! » Sur la Côte de Beauté aussi, des craintes se font jour. Gérard Filoche, le président de la Chambre syndicale des propriétaires et copropriétaires de Royan et de la Côte de Beauté, ne stigmatise pas l'éventuel danger qu'impliqueraient la circulation fréquente de navires chargés de gaz naturel liquéfié et le stockage dans deux immenses cuves - deux dans un premier temps - de ce GNL. « Les sites classés Seveso sont les sites industriels les mieux protégés d'Europe. Certes, il y a eu le drame d'AZF à Toulouse, mais ce genre d'infrastructures est très surveillé. » La peur première de tout un chacun, sur la côte royannaise, a trait aux retombées en premier lieu visuelles. Les grues de l'espace industrialo-portuaire du Verdon sont nettement visibles depuis la rive droite. La holding 4Gas envisage l'implantation de cuves de stockage d'au moins 25 mètres de haut. Charmant panorama ! « L'impact de ce terminal méthanier va être complètement désastreux pour l'image même de l'estuaire », gémit déjà Gérard Filoche. Le Verdon travaille à son développement touristique. Son port de plaisance pourrait pâtir du voisinage d'un terminal méthanier. La Côte de Beauté, elle, vit depuis des décennies de cette industrie du tourisme. Le statut balnéaire de Royan pèse de toute son influence sur le coût de l'immobilier local, évidemment. Une détérioration, ne serait-ce que visuelle, du cadre qu'offre la Côte de Beauté, Gérard Filoche le craint et nombre de propriétaires avec lui, pourrait peser, négativement cette fois, sur le marché immobilier.
--- « 18 ans d'ignorance ». La question fera débat, vendredi après-midi, à la maison des associations, où la Chambre syndicale des propriétaires et copropriétaires de Royan et de la Côte de Beauté tiendra son assemblée générale, en présence, vraisemblablement, de plusieurs élus locaux. Gérard Filoche adoptera sans doute un discours plus politique qu'à l'accoutumée en pareille circonstance. A ses yeux, le spectre de l'implantation d'un terminal méthanier, « et là c'est dramatique, est la conséquence de dix-huit ans d'ignorance entre les rives droite et gauche ». Une absence présumée de liens et de contacts qui pourrait s'avérer, selon Gérard Filoche, préjudiciable à l'avenir même de l'estuaire de la Gironde, joyau en péril. Car Gérard Filoche ne doute pas un instant qu'on assiste avec l'éclosion du projet de 4Gas à l'amorce « de la décentralisation du port autonome de Bordeaux » vers l'embouchure de l'estuaire. « C'est une crainte fondée », jure Gérard Filoche.
--- 360 « soldats ». La Chambre syndicale des propriétaires et copropriétaires de Royan et de la Côte de Beauté ne restera pas les bras croisés. L'association fournira même un véritable bataillon à l'armée qui se constitue pour barrer la route à 4Gas. Gérard Filoche a laissé le soin à un agent immobilier de ses amis, Patrick Rey, d'organiser la fronde, mais mettra à son service le conséquent contingent de ses adhérents pour réunir le maximum de signatures. Dès vendredi en effet, les 360 adhérents propriétaires et copropriétaires repartiront chacun muni d'un exemplaire d'une pétition qu'ils auront pour mission de faire parapher par le plus grand nombre d'opposants possibles. En bons soldats, les adhérents battront le pavé des rues des villes et villages du pays royannais, solliciteront commerçants, familles, amis. L'embryon d'un soulèvement qui fera sans doute chaud au coeur des voisins girondins.
(1) Association affiliée à l'Union nationale de la propriété immobilière.
http://www.sudouest.com/080907/cestapunta.asp?Article=060907aP816514.xml
Collèges, lycées : la moitié des CAE, contrats d'accompagnement à l'emploi, ne va pas être renouvelée - Des contrats aidés franchement coupés : Julien Rousset
Le non-renouvellement d'un contrat aidé sur deux fait tousser en Gironde. Une manifestation a eu lieu mardi à Villenave-d'Ornon - PHOTO ARCHIVES « SUD OUEST »
« Il était très apprécié » confiait hier, à la volée, une standardiste du lycée Brémontier, cours de l'Yser, à Bordeaux. Elle évoque, entre deux appels, Aziz Aït-Herrou, son ancien collègue. Ce jeune quinquagénaire a travaillé de juillet 2005 à juillet 2007 au lycée technique. D'abord mobilisé sur le filtrage de l'accès à l'établissement, Aziz Aït-Herrou s'est impliqué dans la vie quotidienne du lycée, intervenant pour pacifier les relations entre bandes rivales ou pour prêter main-forte au service de la vie scolaire. Depuis cet été Aziz Aït-Herrou est de retour à la case ANPE. Avec pour principaux appuis le soutien du conseiller municipal socialiste Matthieu Rouveyre et une lettre où le proviseur de Brémontier atteste de sa motivation et de son sérieux. « Il travaillait dans le cadre d'un contrat d'accompagnement à l'emploi qui est arrivé à terme » précise Gérard Filipuzzi.
--- « On en a besoin ». Aziz Aït-Herrou bénéficiait en effet de l'un des 4 600 CAE signés en Gironde en 2005. Ces contrats, promus par Jean-Louis Borloo, visaient des jeunes peu qualifiés, sortis du système scolaire, ou des chômeurs de longue durée, embauchés au Smic horaire par des employeurs (principalement les hôpitaux, les collectivités locales et l'Education nationale) en contrepartie de l'appoint financier de l'Etat. Objectif du CAE : servir de sas entre la précarité et la vie active. Un sas, et pas davantage. Les CAE étaient signés pour six mois, renouvelables dans la limite de deux ans maximum. Or la plupart de ces contrats arrivent présentement à échéance et la disparition annoncée d'une partie d'entre eux électrise ici ou là cette rentrée 2007.
A Villenave-d'Ornon, le personnel administratif du collège de Chambéry a manifesté mardi contre la non-reconduction de six postes. A Bordeaux, au lycée des Menuts, situé en ZEP, Patrick Goujon, chef d'établissement, confie : « J'avais deux CAE à la vie scolaire. Ils travaillaient sur le tutorat et la surveillance. L'un de ces contrats expire en octobre : ça va faire un gros manque. » Son collègue Jean Falller, désormais à la tête de Pape-Clément à Pessac et par ailleurs membre actif du SNPDEN, syndicat des personnels de direction, partage cette inquiétude : « Ici, on compte une demi-douzaine de CAE. On en a besoin ! Je connais des petits collèges sur l'agglo où la direction ne dispose que d'une secrétaire et va devoir se séparer de ces contrats. On nous prive de ce renfort alors que les tâches administratives ne cessent d'augmenter. »
--- Priorité à l'intégration des handicapés. Le recteur William Marois avait détaillé la situation dans une lettre adressée mi-juillet aux proviseurs. Sur l'académie « 937 contrats arrivent à échéance au 31 décembre 2007. Je suis autorisé à en renouveler un sur deux dans les collèges et lycées. Soit 469. »
Un demi-millier de postes que le recteur a décidé d'orienter prioritairement sur l'accueil des élèves handicapés. Au détriment des fonctions d'administration ou de surveillance. D'ici à la fin de l'année, 314 contrats aidés seront ainsi affectés à l'intégration des handicapés, un chantier jugé « prioritaire ». Et 155 seront reconduits sur l'informatique, la surveillance et l'administration. Le recteur a apporté deux précisions hier soir : le primaire n'est pas concerné par ces coupes, pas plus que les emplois déjà consacrés au handicap.
=====> « On a constaté beaucoup d'échecs »
4 600 CAE avaient été signés en Gironde en 2005 année où le nombre de chômeurs sur le département avait baissé de... 4 800 personnes. Deux ans après, les CAE inspirent un avis mitigé à un professionnel de l'insertion, qui préfère rester anonyme. « L'idée est intéressante : mettre le paquet sur la lutte contre la précarité, favoriser un traitement social du chômage, dit-il. Mais la mise en oeuvre n'a pas toujours fonctionné. On a constaté beaucoup d'échecs, de démissions, car il n'y a pas eu la formation attendue. Une partie de ces contrats ont été recrutés dans l'urgence, notamment après les violences urbaines de fin 2005 et selon une logique quantitative. Il a même été demandé parfois aux DRH de créer des postes ne correspondant pas à des besoins trop précis... pour que la suppression de ces contrats ne crée pas un vide. »
http://www.sudouest.com/060907/reg_gironde.asp?Article=060907a50675.xml
Le nouveau plan de redressement pourrait supprimer de nombreux emplois. Poitou-Charentes et la gare de Bègles-Hourcade en première ligne - Un traitement de cheval : Bernard Broustet et Régine Jordan - Le fret ferroviaire n'a pas fini de perdre des emplois. Olivier Marembaud, directeur de cette activité à la société nationale, n'a pas démenti hier les informations parues récemment dans « L'Humanité » faisant état de l'arrêt d'une partie des services de marchandises dans plusieurs centaines de gares. Selon « L'Humanité », ces décisions concerneraient 262 établissements, dont un bon nombre situé en Poitou-Charentes (voir ci-dessous). « La Vie du rail » doit publier une liste supplémentaire de quelque 160 gares qui pourraient être concernées par ce plan. Celui-ci aura de toute évidence des conséquences sur les effectifs. Olivier Marembaud a ainsi évoqué une fourchette de 1 000 à 5 000 supressions d'emplois sans licenciement.
--- 262 gares concernées. Malgré un premier traitement de cheval, la SNCF n'en finit pas de perdre de l'argent avec son activité fret, déficitaire de quelque 230 millions d'euros l'an dernier. Pour en finir avec cette situation, elle veut lutter contre la dissémination géographique du trafic, qui est sa principale source de déficit, selon Pierre Boutier, directeur interrégional pour la zone atlantique. « Jusqu'ici, explique ce dernier, la SNCF pratiquait le transport de wagon isolé, de façon homogène, sur l'ensemble du territoire ». Trop coûteuse en hommes, en matériel et en trafic, cette pratique va de plus en plus s'effacer, la SNCF s'efforçant essentiellement de traiter des trains entiers dans lesquels plusieurs dizaines de wagons sont tractés par une même locomotive. Les régions du Centre-Ouest (Poitou-Charentes) et du Languedoc-Roussillon sont au premier chef concernées par ces mesures. Les 262 gares, dont la liste a été récemment publiée, devraient en principe cesser, à partir du 30 novembre, d'accepter des wagons isolés. Elles pourront cependant traiter des trains entiers dès le départ, ce qui implique que les clients fournissent de flux suffisants. Mais les établissements de plus grande taille, comme Poitiers ou Saint-Pierre-des-Corps n'assumeront plus les fonctions de triage qu'ils exerçaient jusqu'ici, et qui consistaient à assembler des trains d'une certaine taille à partir des wagons isolés en provenance de ces gares.
--- Redistribution du trafic. En Aquitaine, la situation est pour l'instant un peu différente. Officiellement, il n'est pas prévu à ce jour d'arrêter totalement le trafic des wagons isolés. Mais la plate-forme de triage d'Hourcade (Gironde), qui traitait aussi des flux en provenance du nord de la région, va voir son activité sensiblement réduite. Elle ne travaillera plus qu'en 2X8 et non plus en 3X8, perdant de ce fait quelque 65 emplois d'ici 2009. Cette baisse d'activité va de pair avec la tendance de plus en plus forte à la concentration des interconnexions dans un petit nombre de centres de grande dimension. Une part croissante du trafic fret national sera ainsi redistribuée par les trois grands hubs de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), Woippy (Moselle) et Siblin (Rhône-Alpes). Les syndicats semblent vent debout. Eric Halgand (CGT) s'insurge contre cette nouvelle réduction de la voilure qui, au-delà de ses effets sociaux, devrait selon lui compliquer l'accès au fret ferroviaire pour une bonne partie des secteurs industriels. Michel Dubernet (SUD) estime que cette politique aura pour conséquence de mettre davantage de camions sur la route, en contradiction avec les objectifs de développement durable affichés par le gouvernement.
--- Augmenter la compétitivité. Pierre Boutier n'est pas de cet avis. Le directeur interrégional de la SNCF fret affirme que cette stratégie permettra d'augmenter la compétivité du rail ferroviaire sur les gros trafics de longue distance, qui doivent constituer son marché privilégié. Il fait valoir par ailleurs que les clients pourront avoir recours au transport combiné pour amener leurs marchandises jusqu'à des établissements spécialisés dans le transport ferroviaire de conteneurs. Dans ce domaine, la plate-forme multimodale de Cognac a redémarré récemment, tandis que celle de Bègles-Hourcade à ne pas confondre avec la gare de triage connaît un certain rebond d'activité. Plus globalement, le volume de fret ferroviaire, qui avait considérablement chuté, a augmenté de 7 % au premier semestre, dont 3 % pour les nouveaux entrants, concurrents de la SNCF. On saura bientôt si la nouvelle thérapeutique de la compagnie nationale permet ou non de confirmer cette tendance
http://www.sudouest.com/070907/economie.asp?Article=060907a13360.xml
Alternative. Pour Marie-George Buffet, on ne peut faire table rase du passé, ni abandonner la visée communiste du XXIe siècle. À une semaine de la Fête de l’Humanité, Marie-George Buffet, qui partageait hier, sur le terrain du parc de la Courneuve, un déjeuner dominical avec les militants du Blanc-Mesnil, de Stains et de Dugny, dont elle est députée, s’est montrée résolument offensive dans la courte intervention qu’elle a prononcée, au côté d’Hervé Bramy, président du conseil général de Seine-Saint-Denis, et d’autres élus et responsables communistes locaux. Fustigeant la politique de Nicolas Sarkozy, citant le paquet fiscal, les réductions de postes dans la fonction publique, la nouvelle loi contre l’immigration, la dirigeante communiste a insisté sur la nécessité d’« être debout ». La Fête de l’Humanité va être un moment de « la riposte », une occasion de montrer que la gauche a autre chose à faire que d’approuver les réformes de Nicolas Sarkozy. Un lieu de débat également.
En cette rentrée, la gauche se présente comme « un champ de ruines » face à une droite qui a gagné « sur le terrain idéologique », a déploré la secrétaire nationale du PCF, qui a invité la gauche à défendre un projet de société. « La gauche doit se refonder, se réveiller, se révolutionner… » Marie-George Buffet invite les communistes à « un immense effort militant », dès le mois d’octobre lors des mobilisations pour l’emploi et le pouvoir d’achat, et dans la préparation du congrès extraordinaire de leur parti à la fin de l’année. Cette refondation de la gauche ne saurait faire l’impasse, a-t-elle insisté, sur « la visée communiste du XXIe siècle ». Au moment où des prises de position privilégient la création d’un nouveau parti, Marie-George Buffet a évoqué« des amis et des camarades » qui veulent « faire table rase du passé ». La dirigeante communiste ne partage pas cette opinion : « Il faudrait tout mettre en vente, organiser une braderie ? interroge-t-elle. On ne pourra au contraire innover sans procéder à l’inventaire de ce que la gauche a fait au cours de ces dernières années et de ce que l’on a essayé de construire au Parti communiste français. C’est seulement à partir de cet inventaire, poursuit-elle, que l’on pourra trouver une solution. » La refondation de la gauche a besoin d’une force de transformation sociale, d’émancipation humaine : pas question, donc, que le débat se tienne sans les communistes. En tant que secrétaire nationale, Marie-George Buffet entend bien veiller à « la transparence » des débats préparatoires du congrès, à ce que les adhérents ne soient pas « dessaisis de leurs choix ». Évoquant le résultat de l’élection présidentielle, Marie-George Buffet saura, assure-t-elle, se tenir à sa place dans ce débat, mais elle saura aussi donner son avis : « La gauche a besoin du potentiel et du combat des communistes. »
Jean-Paul Piérot
http://www.humanite.fr/2007-09-10_Politique_-Pas-de-refondation-de-la-gauche-sans-les-communistes
Un forum en présence de tous les dirigeants de gauche, le samedi après-midi. Les expériences européennes en débat le dimanche. Événement pour le débat à gauche cette année à la Fête de l’Humanité. L’agora du journal accueillera samedi et dimanche deux débats exceptionnels, l’un sur l’avenir de la gauche en France le samedi à 16 heures, l’autre sur les défis auxquels sont confrontées les forces de gauche en Europe le dimanche à 14 heures. Pour le premier de ces débats, qui réunira Marie-George Buffet pour le PCF, Cécile Duflot pour les Verts, François Hollande pour le PS et Olivier Besancenot pour la LCR, l’objectif est d’apporter dans la confrontation des points de vue une contribution utile et constructive à un moment où il s’agit pour toutes les forces sociales françaises de reconstruire résistance et alternative à la politique Sarkozy. Contrairement à ces dernières années, les universités d’été se sont concentrées sur les débats propres à chacune des formations qui les réunissaient, et ont connu peu d’échanges transversaux à toute la gauche. La Fête de l’Humanité offrira donc un moment d’échange unique. Toutes les formations de gauche affirment la nécessité de la riposte à Sarkozy, mais présentent pour la reconstruction à gauche des offres et des perspectives différentes. Où en est-on exactement ? Que proposent vraiment les uns et les autres ? Quel bilan ont-elles tiré de l’élection présidentielle ? Comment voient-ils l’avenir de leur parti ? Quelles méthodes proposent-ils pour relever les défis de la période ? Deux heures de débat ne seront pas de trop pour évoquer ces enjeux avec nos quatre invités. Le dimanche à 14 heures, ce sont aux défis européens auxquels les forces de gauche sont confrontées que nous consacrerons un autre forum événement. Aux côtés de Francis Wurtz, président du groupe de la gauche unie au Parlement européen, viendront débattre Fausto Bertinotti, le président du Parti de la gauche européenne qui vit en ce moment dans son pays, l’Italie, des expériences politiques inédites, et Lothar Bisky, qui au côté d’Oskar Lafontaine copréside le tout nouveau pari de la gauche allemande, Die Linke, qui est train de secouer sérieusement la situation outre-Rhin. Confrontation des expériences des uns et des autres, portée des enjeux européens pour tous, situation sociale, avenir du traité européen, bouclier antimissile, défis du rassemblement des forces de gauche… là aussi les sujets ne manqueront pas, et réservent un débat passionnant.
Ces deux débats, qui feront sans nul doute évènement dans la fête et au-delà, s’inscrivent dans la démarche plus générale qui animent en cette rentrée le journal et sa fête pour contribuer à relever la gauche des échecs qu’elle vient de subir. Dans l’agora de l’Humanité, la parole offerte aux quartiers populaires durant les trois jours, le colloque public inédit tenu sur le travail, le débat sur l’environnement participent de cette ambition. C’est aussi le cas de très nombreux débats dans la fête, qui sera bien le plus grand rendez-vous de toute la gauche en cette rentrée. À nos lecteurs et à tous les diffuseurs de la vignette de le faire savoir sans tarder au plus grand nombre. Pierre Laurent
http://www.humanite.fr/2007-09-05_Medias_Deux-evenements-pour-relever-les-defis-a-gauche
Le Parti communiste demande que le « collectif riposte » se réunisse de toute urgence. Ce dernier, créé en 2006, regroupe une dizaine de formations politiques de gauche parmi lesquelles le PS, le PCF, la LCR et les Verts. « Réunissons-nous avant la Fête de l’Huma », précise Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF. Marie-George Buffet s’était adressée la semaine dernière à l’ensemble des forces de gauche à cette fin et Olivier Besancenot avait répondu positivement à la proposition. La plupart des organisations de gauche ont fait savoir leur volonté d’organiser la riposte. François Hollande, lors de l’université d’été du PS à La Rochelle, a proposé la constitution « d’un comité de liaison de la gauche » pour « décider d’initiatives à engager sur le pouvoir d’achat, le prochain budget ou les franchises médicales ». Il a suggéré d’organiser « des assises de la gauche et des écologistes » avant les municipales. Il précisait que cette invitation ne concernait pas la LCR : « N’allons pas chercher ceux qui ne veulent pas venir avec nous ; nous perdrons notre temps et surtout notre crédit », avait-il déclaré. « Le Parti communiste souhaite participer à tous les espaces de discussions qui s’ouvriront », affirme Olivier Dartigolles, qui accueille favorablement l’initiative de François Hollande. Mais « il faut maintenant passer aux actes », lance le dirigeant du PCF. Le « collectif riposte existe à cette fin, réunissons-le. Quand il s’agit de résister à Sarkozy, il ne faut pas dresser de murs à gauche », précise t-il, refusant toute exclusive à l’égard de quiconque. « Face à l’offensive de la droite, il faut que la gauche se mobilise rapidement et le plus largement possible », insiste le responsable communiste, qui évoque le pouvoir d’achat, l’école, les franchises médicales, la fonction publique et la privatisation de Gaz de France. Olivier Mayer
http://www.humanite.fr/2007-09-06_Politique_Le-PCF-souhaite-passer-aux-actes
Marseille, correspondant régional. Jean-Noël Guérini a mis fin à un suspense qui n’en était déjà plus un depuis plusieurs jours. Le président socialiste du conseil général des Bouches-du-Rhône a annoncé samedi matin dans la Provence qu’il serait candidat à la mairie de Marseille. Parce qu’il « aime » la ville, dit-il. Mais aussi et surtout, reconnaît-il, parce qu’une deuxième impasse de sa part, après celle de 2001, aurait remis en question son statut de leader de la gauche. Sans jamais attaquer de front le bilan du maire Jean-Claude Gaudin (UMP), à qui il reproche principalement de jouer petit bras, le futur candidat a déjà posé quelques jalons programmatiques : l’extension du métro jusqu’aux confins nord (Saint-Antoine) et est(La Valentine), création de 3 000 places en crèche, augmentation de 50 % des logements construits annuellement. Jean-Noël Guérini veut « que Marseille devienne une ville olympique en 2020 ou 2024 » et « dépasse Barcelone dans les douze ans à venir ». Sur la méthode, il se prononce pour « le rassemblement de la gauche », mais à géométrie variable. S’il entend signer des accords avec les Verts, les radicaux et le MRC, il ne souhaite pas d’« accord d’appareils avec le PC ». Il souhaite qu’Annick Boët (ancienne présidente du groupe communiste à la mairie de Marseille, qui a quitté le PCF il y a quelques mois - NDLR) et Frédéric Dutoit (maire du 8 secteur et actuel président du groupe communiste) le rejoignent, comme « des personnalités de la mouvance Bayrou ». Cette volonté de débauchage individuel a suscité la réaction de Jean-Marc Coppola, secrétaire de la fédération PCF : « Les communistes constituent la deuxième force de gauche à Marseille. Ils ont un rôle à jouer pour battre la droite dans la deuxième ville de France. » Le responsable communiste proposera aujourd’hui que « Frédéric Dutoit soit désigné chef de file des communistes pour les municipales à Marseille ». Christophe Deroubaix
http://www.humanite.fr/2007-09-10_Politique_Guerini-candidat-a-Marseille
Le discours de la plupart des dirigeants socialistes sur la « modernisation de la gauche » entretient une grande confusion d’idées chez les militants.
La Rochelle, envoyé spécial. « Absence d’éléphant ne nuit pas forcément », telle pourrait être une des leçons de l’université d’été du Parti socialiste cette année à La Rochelle. On s’est (un peu) moins pressé devant les micros et caméras, et, du coup, une place plus grande a semblé s’ouvrir pour des réflexions de fond. Cela ne signifie pas que le PS en ait fini avec les grandes (et petites) manoeuvres. La question du leadership, et donc indirectement celle de la succession de François Hollande pour le poste de premier secrétaire, est bel et bien ouverte. Bertrand Delanoë a, en la matière, largement occupé le terrain. Samedi matin, il a bénéficié d’une standing ovation après un discours quasi présidentiel remarqué. Dans la foulée, la presse s’est bousculée à l’invitation qu’il lui a adressée. « Il y a des moments où on intéresse », a-t-il lancé plein de modestie, affirmant qu’il n’était « candidat à rien » mais qu’il pouvait « être candidat à des choses ».
--- Que faut-il changer à gauche ?
Devant les 4 000 participants annoncés, on a donc surtout parlé « diagnostic pour la rénovation ». C’était le thème choisi par le Strauss-Kahnien Jean-Christophe Cambadélis, maître d’oeuvre des universités d’été du PS. Il avait ainsi invité Zaki Laïdi, chercheur à Sciences-Po, pour parler en expert de la modernisation de la gauche avec notamment Arnaud Montebourg, Bertrand Delanoë, Julien Dray et Michel Rocard. L’expert en sciences politiques a invité à « prendre congé » du « modèle léniniste dépassé » inspiré de l’État et la révolution, qui prétend qu’il faut choisir entre « gérer et transformer ». La gauche ne doit plus « avoir pour objectif de transformer la société », affirme-t-il non sans provoquer une bronca vite couverte par les applaudissements. Petit florilège de ce discours : « ce n’est pas le politique qui doit dire ce qu’il faut faire », « le marché est un auxiliaire utile de l’équité », l’OMC est « l’institution la plus démocratique du monde » et « la mondialisation est la fin de la rente de domination de l’Occident sur le monde »… La tonalité générale des discours de Bertrand Delanoë et d’Arnaud Montebourg n’est pas de même nature. Le maire de Paris appelle tout de même à accepter une réforme des retraites qui ne « va pas plaire à tout le monde ». Julien Dray, quant à lui, rend hommage « aux jalons posés » par la campagne de Ségolène Royal sur « l’ordre juste » et appelle « une stratégie d’alliances nouvelles » : « pas de coup de barre à gauche ni au centre, mais des alliances arc-en-ciel ». Bien plus applaudi que sifflé, Michel Rocard, qui vient tout juste d’accepter de Nicolas Sarkozy une mission sur l’enseignement, estime que « le degré de désaccord » entre les socialistes est « moindre que ce qu’(il) croyait ». Il affirme que ce qu’il faut changer dans la gauche, c’est notamment son « étatisme » et « sa proximité avec le PCF ». « Mérite-t-il le respect ? » demande-t-il. Et de préciser : « quinze ans après la fin du goulag, j’ai du mal à me sentir bien avec quelqu’un qui se dit antilibéral ».
--- « faire de la politique autrement »
En présentant un « état de la France », Jean-Marc Ayrault, le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, veut lever « le tabou » de l’âge de la retraite. Il estime juste « le discours des valeurs, la réhabilitation du travail, le donnant donnant » de Ségolène Royal. Il veut « construire un réformisme musclé, assumé ». Pour la plupart des militants présents, ces discours au fort accent de renoncement semblent bien passer. Comme, paradoxalement, ceux fortement marqués à gauche de Gérard Filoche et des amis d’Henri Emmanuelli. Et on a pu remarquer le bon accueil du porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles, par les jeunes socialistes lors du débat où ils ont invité les représentants de toute la gauche. « Humanisme, égalité, sens du collectif et de l’intérêt général, j’ai pu vérifier que j’étais au bon endroit », dit Marie, adhérente en Dordogne depuis 2002. « Il faut oublier les idéologies, le collectivisme, ajoute-t-elle. Il faut abandonner l’assistanat systématique ». Boujemaa, militant dans la Somme, peste contre « ces élus socialistes qui cumulent les mandats, ne sont plus des élus du peuple ». Il leur demande « d’aller vers ceux qui ont vraiment besoin de la gauche ». Il veut qu’on « fasse de la politique autrement ». Mais pour lui, « il faut s’adapter au marché, on ne peut pas faire sans lui ». Quant au Modem, « c’est une coquille vide ». L’alliance, ce doit être « uniquement avec les communistes et les Verts ». « Au plan national, précise-t-il. Parce qu’au plan local, on peut peut-être… » Olivier Mayer
http://www.humanite.fr/2007-09-03_Politique_Une-renovation-teintee-de-renoncements
Jean-Marie Harribey, professeur d’économie à l’université de Bordeaux 4 et coprésident d’ATTAC, souligne le rôle que souhaite tenir l’organisation, ses priorités et les mobilisations à venir. Aquitaine, correspondant régional.
--- Avec ATTAC, vous n’avez pas pris position en faveur d’une candidature ou d’une autre lors des dernières élections. Quelle est, selon vous, la raison première de la défaite de la gauche ?
- Jean-Marie Harribey. Les forces traditionnelles de gauche ont progressivement abandonné toute ambition de transformer la société dans un sens social, écologique, démocratique. Au pire, elles ont participé à l’impulsion des politiques néolibérales au cours des dernières années en termes de déréglementation ou de privatisation. Au mieux, elles ont accompagné les transformations fondamentales du capitalisme actuel. Là est la source première des déroutes électorales successives qui ne s’arrêteront pas si une inversion radicale n’est pas engagée pour reconstruire des alliances entre tous les mouvements sociaux qui se heurtent au néolibéralisme. Croire que l’on peut se contenter de quelques petits aménagements conduirait à l’approfondissement des échecs auxquels on vient d’assister.
--- Quelle place souhaite occuper votre mouvement dans ce contexte ?
- Jean-Marie Harribey. Cette déroute politique nous permet de remettre le doigt sur la façon dont on conçoit notre rôle dans l’espace citoyen. Tout d’abord, nous ne changeons pas de fil conducteur, à savoir que nous ne participons pas à la compétition électorale. ATTAC ne sera pas partie prenante de la recomposition de l’espace politique, absolument nécessaire au demeurant, mais cela ne relève pas de notre responsabilité.
--- Ne pas participer à cette recomposition, cela veut-il dire désintérêt ?
- Jean-Marie Harribey. Non seulement nous ne désintéressons pas du débat politique mais nous voulons contribuer à le nourrir. Que personne n’attende de l’association ATTAC qu’elle lance un appel à créer tel parti plutôt qu’un autre. Ce n’est pas notre rôle. En revanche, l’espace politique à gauche ne se renouvellera que par un travail en amont pour éclairer les enjeux fondamentaux, c’est-à-dire les choix à opérer pour construire des alternatives aux logiques libérales. Nous pensons que notre responsabilité d’association réside là : mettre sur la place publique tout ce que nous considérons comme enjeux fondamentaux politiques au sens premier du terme pour infléchir les logiques globales qui gouvernent le monde. Pour cela, nous avons besoin de nous adresser aux citoyens pour aborder ces questions difficiles que sont la dérégulation, les politiques financières et monétaires au service des classes dominantes. Voyez ce qui se passe au niveau de la fiscalité et de la remise en cause des services publics, de la protection sociale ou de la marchandisation du vivant.
--- Quels chantiers prioritaires aujourd’hui pour ATTAC ?
- Jean-Marie Harribey. Nous lançons des initiatives sur trois grands axes. Premièrement, sur la question européenne à travers deux dimensions. D’abord, l’exigence d’un débat démocratique avec le lancement d’un appel pour obtenir un référendum sur le projet de traité modificatif. Ce dernier vise à réintroduire dans les traités antérieurs l’essentiel du TCE pourtant mis en échec par le double non français et néerlandais en 2005. C’est donc cette même question qui devra être posée aux Français : acceptez-vous ce que vous avez refusé il y a deux ans ? Nous ferons en sorte pour qu’ils répondent de la même manière que le 29 mai 2005. Deuxième élément : au moment où nous demandons que la démocratie préside à l’établissement des futurs traités, nous devons amorcer le débat sur le type d’Europe que nous voulons. Pour résumer notre démarche, nous intervenons pour que la priorité revienne aux choix de type social et écologique et non à l’accompagnement des logiques financières.
Le deuxième axe porte sur l’exigence de solidarité face à la montée des inégalités. C’est pourquoi nous allons participer aux mobilisations contre les franchises médicales, contre le basculement des contributions sociales sur une éventuelle TVA sociale. Cette dernière exonérerait les entreprises de la responsabilité de payer la totalité du salaire, cotisations incluses, en basculant sur les consommateurs par le biais d’une fiscalité indirecte. De même pour la question de l’accès aux services publics menacés avec l’application des directives européennes dans le domaine postal, avec la réforme de l’université… Et, dans le domaine international nous nous mobiliserons contre les accords bilatéraux léonins imposés aux pays du Sud.
Troisième axe : relier les revendications d’ordre social aux revendications d’ordre écologique. Le gouvernement a lancé son Grenelle de l’environnement pour octobre prochain. Nous allons participer à l’organisation de « Grenelle citoyens » afin de répondre aux conclusions qui sortiront de l’initiative officielle et exiger quatre moratoires, un sur le programme autoroutier, un autre sur les OGM, un sur le projet d’EPR et un sur les incinérateurs. La question de l’urgence écologique devient pour nous un axe fondamental.
Ces mobilisations vont se développer dans le cadre d’échéances à moyen terme : au second semestre 2008, la présidence française de l’Union européenne et le Forum social européen. Nous replaçons toujours ces chantiers dans une dimension internationale car la crise financière pèse une fois de plus sur les plus pauvres de la planète. L’aggravation des inégalités dans le monde menace les équilibres sociaux et politiques de notre planète. Nous retrouvons dans ces enjeux l’essence même de l’altermondialisme qui est né de cette idée que la mondialisation capitaliste impose une logique globale à l’ensemble du monde. C’est pourquoi la construction d’alternatives doit s’élaborer sur le terrain local tout en pensant l’action au niveau global. Le 26 janvier 2008, se déroulera une Journée mondiale et décentralisée du Forum social mondial au cours de laquelle nous essaierons de mettre en avant dans le monde entier ces exigences globales face au bulldozer néolibéral. Propos recueillis par Alain Raynal
http://www.humanite.fr/2007-09-06_Politique_-Construire-des-alternatives-face-au-bulldozer-neoliberal
La LCR fait des élections municipales un « test » pour la construction d’un nouveau parti anticapitaliste. Après avoir lancé son appel à créer un grand parti anticapitaliste lors de son université d’été, la LCR a fait le point ce week-end sur l’impact de sa proposition. À l’issue de la réunion de la direction nationale, Olivier Besancenot, porte-parole, a parlé « d’écho positif » tout en expliquant être encore « au début des travaux pratiques ». Les élections municipales seront, pour l’organisation trotskiste, un « test », pour tenter de construire « un rassemblement anticapitaliste à gauche face au ralliement du PS au libéralisme ». Tirant de l’échec d’une candidature unitaire antilibérale lors de l’élection présidentielle la leçon qu’une union d’appareils ne fonctionne pas, la LCR veut s’adresser directement aux « anonymes », à ses sympathisants, à cette « gauche radicale » composée de ceux qui résistent mais « ne sont représentés par personne », argumente Olivier Besancenot. Créer, en fait, un « cadre contraignant » pour que ce nouveau parti ne soit pas prisonnier des histoires des partis qui pourraient le composer. Selon l’échec ou le succès d’une telle entreprise, la fondation concrète n’interviendrait qu’après validation de l’idée par le congrès de la LCR prévu en janvier, et après les élections municipales. D’ici là, la LCR qui veut « faire émerger une résistance sociale et politique », se dit prête à s’investir dans toutes formes de résistances à la politique de Nicolas Sarkozy, y compris dans un cadre unitaire à gauche comprenant le PS. C’est le sens de la participation d’Olivier Besancenot à la rencontre organisée à la Fête de l’Humanité avec Marie-George Buffet (PC), François Hollande (PS) et Cécile Duflot (Verts). La LCR, qui veut constituer des « comités de résistance », est aussi d’accord pour « discuter d’une première manifestation en octobre ». Hier, Olivier Besancenot a tenu à « dire au PS », qui a exclu la LCR de sa proposition de constituer un « comité de liaison » de la gauche, qu’il est « possible de se fédérer face à la droite et de se retrouver dans les luttes », même si même « la discussion contradictoire » doit avoir lieu sur l’avenir de la gauche. P. M.
http://www.humanite.fr/2007-09-10_Politique_Olivier-Besancenot-prone-des-listes-anticapitalistes
--- Lors de l’université d’été du MEDEF, Nicolas Sarkozy a lancé un appel aux patrons pour qu’ils n’oublient pas le pouvoir d’achat des salariés. Est-ce crédible pour vous ?
- Maryse Dumas. Cet appel relève de l’incantation. Le président de la République dit clairement son refus que l’augmentation du pouvoir d’achat relève le coût du travail. Il ne veut pas d’un nouveau partage des richesses entre le capital et le travail. À l’université d’été du MEDEF, il a annoncé sa volonté de dépénaliser le droit des affaires. Cela signifie qu’il renonce à mener le combat contre les « patrons voyous », pourtant thème central de sa campagne électorale. Il engage une logique ou tout va être permis aux actionnaires et aux employeurs. Les salariés seront les dindons de la farce. S’il avait voulu se préoccuper des salaires, il aurait pu, dès le mois de juin, donner un coup de pouce au SMIC, faire pression sur les branches patronales pour négocier la revalorisation des grilles salariales en fonction de l’augmentation du SMIC. Le gouvernement pouvait aussi utiliser le levier des 23 milliards d’euros d’allégement de cotisations sociales que l’État verse aux employeurs pour conditionner ces aides, soit à des négociations salariales, soit à des politiques d’emploi et de recul de la précarité.
--- Comment accueillez vous le discours sur les fonctionnaires qui propose de redistribuer une partie des sommes récupérées par le non-remplacement des départs en retraites ?
- Maryse Dumas. Ce que les fonctionnaires savent, c’est qu’on supprime des emplois. Mais leur salaire n’augmente pas. La meilleure réponse qui soit à ce que promet Nicolas Sarkozy vient de sa ministre de l’Économie quand elle parle de « plan de rigueur » pour la fonction publique.
--- La présidente du MEDEF, Laurence Parisot, réclame une politique économique de l’offre. Pensez-vous que la relance de la croissance par la consommation est toujours d’actualité ?
- Maryse Dumas. Augmenter les salaires est d’abord une question de justice sociale, un moyen de valoriser le travail. Mais il est vrai qu’une relance de la consommation, assortie d’une politique d’investissement, de développement de l’industrie, de la recherche et des services publics est essentiel à la croissance. Au lieu de cela, Nicolas Sarkozy reprend à son compte l’objectif patronal d’obtenir des licenciement plus rapides et plus faciles. De ce fait, le président fait pression sur la négociation entre partenaires sociaux qui commence demain sur le contrat de travail pour que les syndicats signent sur la base des desiderata du Medef. Sans quoi, menace-t-il, il y aura une loi avant la fin de l’année. Un des moyens de lever la pression consiste à présenter un front uni des syndicats pour opposer à la facilité de licenciement de nouvelles sécurités pour les salariés.
--- Avec quels objectifs la CGT aborde la conférence sur les salaires organisée par le gouvernement en octobre ?
- Maryse Dumas. Les salaires sont en berne. Ils étaient déjà le premier motif de conflit dans le secteur privé l’an dernier, en augmentation de 16 %. Il ne s’agit donc pas de repousser aux calendes grecques toute disposition sur le pouvoir d’achat. Plutôt que de distribuer des milliards aux plus riches, il y a besoin d’injecter immédiatement de l’argent dans les rémunérations, mais aussi en modifiant le diktat des allégements de cotisations patronales, en instaurant des mesures d’aide aux conditions de transports, de logement et aux dépenses énergétiques. Entretien réalisé par Paule Masson
http://www.humanite.fr/2007-09-06_Politique_-Augmenter-les-salaires-est-une-question-de-justice-sociale
Alsace. En déplacement dans la région, le président de la République prépare le terrain à de nouvelles réductions du coût du travail. Strasbourg, correspondance particulière. En visite en Alsace pendant deux jours, Nicolas Sarkozy a dû se défendre sur le front de la croissance économique. Alors que l’OCDE révise ses prévisions de croissance française à la baisse, le président affirme, dans une interview aux Dernières Nouvelles d’Alsace que « la croissance, je ne l’attendrai pas, j’irai la chercher. Si elle n’est pas assez forte, eh bien, j’irai encore plus loin dans l’allégement du coût du travail, dans la création des emplois de services et dans la réforme des 35 heures. » Face aux nuages contraires, Sarkozy opte donc pour la fuite en avant dans les réformes libérales.
--- remous au sein de l’ump locale
En attendant des précisions sur ces nouvelles mesures, Nicolas Sarkozy s’est rendu à Mulhouse, hier. Le maire PS, Jean-Marie Bockel, a rejoint le gouvernement Fillon comme secrétaire d’État à la Coopération. Cette nomination a fait des vagues au sein de l’UMP locale. Sa chef de file, Arlette Grosskot, s’est sentie trahie : à quoi bon convaincre les électeurs de voter UMP si le président confie les postes au PS ? Pour la calmer, Sarkozy lui a offert quelques bonbons, comme la garantie de mener la liste UMP aux prochaines élections régionales dans le Haut-Rhin.
--- à mulhouse, le ps en crise
Réglées les questions d’ego à l’UMP, Sarkozy peut savourer les effets sur le PS local de sa stratégie d’ouverture. Sur la lancée de son entrée au gouvernement, Jean-Marie Bockel a annoncé son intention de mener une liste de « rassemblement » entre PS, UMP et Modem aux prochaines élections municipales. En représailles, le bureau national du PS a décidé, mardi, de dissoudre la section locale forte de 200 militants. Résultat, jeudi, Nicolas Sarkozy a eu la joie inouïe de visiter une ville dans laquelle le PS est en pleine crise.
En soirée, Strasbourg fut l’occasion de vanter le rapprochement entre universités et entreprises. D’abord à l’IRCAD (Institut de recherche contre les cancers de l’appareil digestif) dont le directeur, Jacques Marescaux, a l’habitude recevoir du beau monde. Pouvoir opérer des patients à distance, via robot, cela impressionne. Mais l’intérêt du président de la République portait surtout sur la coopération entre organisme public et entreprises privées initiée par le professeur Marescaux. Puis ce fut au tour de Jean-Marie Lehn, prix Nobel de chimie, de présenter au président ses idées sur l’avenir de la recherche lors d’une table ronde sur « l’avenir et la recherche en sciences de la vie ».
Avec trois autres scientifiques français de renom, Jean-Marie Lehn a créé le collectif Du nerf ! (Donner un nouvel essor à la recherche française.) Il milite pour le rapprochement des universités et des organismes de recherche (CNRS, INSERM, etc.) au sein de « campus de recherche » auxquels les établissements membres délégueraient les moyens humains et financiers. Pour lui, les organismes de recherche devraient être transformés en agences de moyens, chargées de financer des projets que leur soumettent les chercheurs. Pour les personnels, Jean-Marie Lehn propose de renforcer l’évaluation et la promotion au mérite. De quoi alimenter les projets de réformes de la recherche que promeut Nicolas Sarkozy. Alain Peter
http://www.humanite.fr/2007-09-07_Politique_Sarkozy-annonce-une-fuite-en-avant-liberale
Surfant sur les lacunes, réelles ou supposées, du système scolaire, le chef de l’État entend modifier en profondeur son organisation comme les objectifs qui lui sont assignés. Sereine, dynamique, sous tension ou explosive… Chaque rentrée écope d’une épithète qui la distingue de ses aïeules et prétend, du même coup, mesurer la teneur en amertume du jus que l’on en tirera. Alors que les enseignants retrouvent aujourd’hui les fumets d’encre et de café froid qui flottent en salle des profs, un mot, cette année, ricoche de bouche en bouche : rupture. L’école atteint son point de rupture, dénoncent une large majorité des acteurs de l’éducation, confrontés à l’annonce d’une suppression sans précédent de postes – 11 200 – au prochain budget (lire le premier volet de notre série en page 8). 2007 sera la rentrée de la rupture, revendique quant à lui le gouvernement, qui entend poursuivre le remodelage du système éducatif engagé depuis 2005. La semaine dernière, Xavier Darcos présentait à la presse les principales mesures mises en oeuvre cette année ou en préparation (lire ci- après). Reprenant point par point la lettre de mission que lui a adressée Nicolas Sarkozy en juillet, le ministre de l’Éducation s’est fait un devoir de ne pas dépasser d’un orteil la ligne tracée par le président de la République. Lequel recycle l’un de ses slogans chéris et souhaite, donc, opérer une rupture avec un système dont il dénonce les défaillances. L’échec scolaire, d’abord, quand 20 % d’une classe d’âge quitte le monde éducatif sans diplôme, chaque année. « L’école tarde trop à réagir face aux difficultés rencontrées par les élèves, laissant ainsi des dizaines de milliers d’élèves accumuler les échecs, entrer en sixième sans savoir bien lire, ni écrire, sortir de l’école sans qualification », résume le chef de l’État dans sa lettre de mission. Son incapacité à en finir avec la sélection sociale, ensuite, quand cet échec frappe avant tout les enfants des milieux populaires. Ainsi le chef de l’É- tat appuie-t-il là où l’école a le plus mal. Et propose pour remède de troquer les principes qui ont jalonné la progression de l’école républicaine, contre d’autres, jugés plus réa- listes. Exemple le plus parlant : celui de la carte scolaire. Elle « sert d’alibi à une politique de mixité sociale qui ne se donne plus les moyens de réussir et dont l’échec le plus visible est la constitution de véritables ghettos scolaires », assène Nicolas Sarkozy. Assoupli dès cette rentrée, ce système de sectorisation en fonction du lieu d’habitation devra avoir dis- paru d’ici à 2010, ordonne le chef de l’État. Ce n’est pas son unique marotte de rentrée. Socle commun de connaissance recentré sur les enseignements fondamentaux, réintroduction de paliers d’orientation avant la fin du collège et valorisation des élèves méritants… La pour- suite de la mise en oeuvre de la loi d’orientation sur l’éducation (dite loi Fillon), votée en 2005, reste d’actualité, de même que celle de la ré- forme des ZEP, engagée en 2006. Pour Nicolas Sarkozy, il s’agit donc d’en venir à une école plus pragmatique et plus économique, adaptée aux besoins du monde professionnel et performante au regard des classements internationaux. Une école construite selon une logique adaptative, quand le parcours de chaque élève serait envisagé à l’aune de ses « talents » initiaux. Logique qui voudrait aussi que les établissements scolaires du second degré se spécialisent peu à peu autour de compétences pédagogiques spécifiques : le sport pour les uns, l’enseignement artistique pour d’autres, l’orientation vers les voies professionnelles, enfin, pour ceux installés en zones prioritaire. La rupture est donc bien en marche, quoique ne datant pas tout à fait de cette an- née. Le temps où les objectifs collectifs visaient, du moins par le discours, à l’acquisition d’une culture commune la plus élevée possible est révolu. Il fait place à un principe que la droite qualifie de réalité : tout le monde n’est pas fait pour l’école. Dès lors, il ne s’agit plus de mettre en place des outils pour permettre la poursuite d’études d’un plus grand nombre d’élèves, mais de garantir des voies de sortie « honorables » pour ceux qui n’auront pas poussé au-delà du collège. Ce n’est, de fait, pas la même visée que de cher- cher à solutionner l’échec scolaire. On peut y voir le renoncement d’une ambition mal assumée, au profit de la résolution plus pragmatique de garantir à tous une qualification minimale. On peut y lire, aussi, la volonté de mettre l’école au service d’un tri socio-économique. Ainsi, le centre d’analyse stratégique du gouvernement, ex-commissariat au plan, espérait-il l’an dernier, une hausse des emplois à faible qualification d’ici à 2015. Les emplois d’aide à domicile, par exemple (+ 28 %) ou de manutention (+ 22 %). Plaidant contre « l’inflation scolaire », le même centre n’en programmait pas moins, toujours pour 2015, 120 000 sorties du système scolaire sans diplôme, soit presqu’autant qu’à l’heure actuelle. Où l’on se prend à douter de la sincérité des objectifs affichés. Marie-Noëlle Bertrand
http://www.humanite.fr/2007-09-03_Societe_L-ecole-au-bord-de-la-rupture
--- Comment réagissez-vous à l’annonce des 11 200 suppressions de postes pour la rentrée 2008, dont Xavier Darcos nous explique qu’elles ne changeront rien au fonctionnement de l’école ?
- Gérard Aschieri. L’addition est salée, contrairement à ce que le ministre soutient. Au-delà de ces 11 200 suppressions, la plus importante réduction jamais connue, il ne faut pas oublier tous ceux déjà supprimés les années précédentes, et les prévisions tout aussi pessimistes. Nous sommes dans une dynamique de suppression, alors que nous avons toujours plus d’élèves dans le monde éducatif. Cette politique va se traduire par une accentuation des phénomènes déjà connus : classes chargées, remplacements moins bien assurés… Nous ne disposons, côté effectifs, d’aucune marge de manoeuvre qui permettrait d’amortir le choc. Ces suppressions massives vont influer inévitablement sur l’offre d’enseignement, même si le gouvernement reste prudent sur cette question. Or si l’on touche à l’offre d’enseignement, les élèves devront trouver, en dehors de l’école, ce que le système ne leur offre pas, notamment en payant des cours particuliers. Les inégalités vont donc s’accentuer.
--- Justement, le récent rapport du haut conseil de l’éducation épingle l’école primaire qui mettrait au ban les élèves en difficulté. Une course au rendement n’est-elle pas en train de s’instaurer ?
- Gérard Aschieri. Je partage cette idée d’une école qui laisserait s’accroître les inégalités, voire contribuerait à leur accroissement, en se contentant d’offrir un minimum vital comme socle commun. Le phénomène n’est pas nouveau. Cette logique comptable oublie le principe de service public. Les mesures sont socialement très coûteuses, effectivement, mais elles ont aussi un impact économique non négligeable à terme. N’oublions pas que le développement de notre pays est tributaire de notre système éducatif.
--- Les suppressions de postes ne marquent-elles pas aussi l’impuissance des syndicats ?
- Gérard Aschieri. C’est d’abord la manifestation de l’impuissance des pouvoirs publics à trouver des solutions pour le développement économique et la lutte contre le chômage. Les derniers gouvernements ont toujours mis en avant la réduction de fonctionnaires commel’une des solutions à la crise, en oubliant que l’éducation était aussi un investissement. En la matière, on ne peut pas faire sans professionnels sur le terrain. Les décideurs l’oublient un peu trop souvent.
--- Les enseignants demandent aussi une amélioration de leurs conditions de travail. Que préconisez-vous dans ce domaine ?
- Gérard Aschieri. Plusieurs réponses sont envisageables. Développer le travail d’équipes, en accordant évidemment le temps nécessaire. Améliorer la formation continue, pour permettre par exemple au personnel confronté aux élèves en très grande difficulté d’avoir un suivi individuel. C’est bien sûr contradictoire avec les suppressions de postes, car cela suppose des moyens supplémentaires. En France, nous avons besoin d’ambition pour l’école. Or on ne peut pas en avoir en partant du postulat qu’il faut à tout prix faire des économies.
--- Xavier Darcos veut mettre en place des études dirigées, et des activités sportives et culturelles avec le concours d’intervenants extérieurs. Ne faut-il pas y voir un d’échec du système éducatif ?
- Gérard Aschieri. C’est plutôt une tendance à ne pas traiter les problèmes où ils se posent, pour essayer d’y remédier en dehors de la classe. Je ne dis pas que c’est inutile, mais je pense que c’est un rafistolage. En occultant le fait que le travail envisagé lors de ces études dirigées devrait entrer dans le cadre classique de la classe, il faudrait au moins qu’il soit en relation avec les cours. Ce qui implique que ce soit aux enseignants d’y participer. Pour ce faire, une réduction de leur temps de travail en classe est nécessaire. Cela a un coût, que le gouvernement ne veut pas payer.
--- Syndicats et associations se sont réunis jeudi dernier. Avez-vous convenu d’actions concrètes ?
- Gérard Aschieri. Nous avons retenu l’idée de préparer plusieurs initiatives nationales sans être, aujourd’hui, en mesure de préciser la date ou la forme. La rentrée arrive juste cette semaine, et nous ne souhaitons pas prendre de décisions à l’aveugle. Il ne faut pas se contenter de mener une bataille sur les suppressions de postes, mais poser les questions de fond sur l’éducation. C’est pour cela que nous allons d’abord faire une campagne d’opinion. Car nous ne pouvons obtenir de résultats qu’avec une mobilisation de masse, qui dépasse le seul personnel de l’éducation. Il est impératif, par exemple, que les parents d’élèves comprennent nos inquiétudes. Entretien réalisé par Adrien Viguié
http://www.humanite.fr/2007-09-03_Societe_-La-logique-comptable-nuit-au-service-public
François Fillon, pour tenter de désamorcer le mécontentement, préfère parler de plan de revalorisation… qui supprimera 22 700 fonctionnaires. La ministre de l’Économie, Christine Lagarde, l’a reconnu dimanche sur Europe 1, le « plan de rigueur » dénoncé par l’opposition existe. Mais il est « destiné à la fonction publique pour l’essentiel », a-t-elle réaffirmé, « puisque le président de la République a pris l’engagement de ne pas remplacer tous les fonctionnaires qui partent à la retraite », soit 22 700 agents d’ici à 2009. Panique à l’Élysée. Aiguillonné par le président de la République, Claude Guéant, son secrétaire général, rectifie dans la soirée, sur RTL : « Depuis des années, on ne répond aux problèmes de la fonction publique que par des satisfactions données aux revendications sur les effectifs, or il y a bien d’autres choses à faire. » Là où Christine Lagarde reconnaît la rigueur, Claude Guéant voit « un plan de revalorisation » de la fonction publique. Les fonctionnaires « veulent le défi, participer au développement de leur pays, ils veulent soutenir le développement des activités privées », estime-t-il, dévoilant la conception pour le moins étriquée de l’Élysée sur le service public. La ligne officielle établie par le communicant du « château », qui, une fois de plus, lui a grillé la politesse, le premier ministre, François Fillon, ne peut en dévier, quitte à désavouer sa ministre de l’Économie. Pas de « plan de rigueur » selon le chef du gouvernement, interrogé par France Inter hier matin, qui professait toutefois qu’« on ne peut pas ne pas réduire la dépense publique ». Mais en assurant qu’il faut que « les fonctionnaires soient mieux traités dans notre pays », le premier ministre cherche à désamorcer une mobilisation des fonctionnaires.
--- Réduire les dépenses de l’État
Sa méthode ? Instiller l’idée d’un rééquilibrage financier équitable pour les agents de la fonction publique. Mais même en disant cela, l’homme qui avoue lui-même « travailler dans l’ombre » apporte la preuve qu’il n’a pas de marge de manoeuvre. Le premier ministre ne fait que reprendre un axiome de Nicolas Sarkozy, qui, en campagne à Perpignan, avait assuré vouloir « un État où les fonctionnaires soient moins nombreux mais mieux considérés, mieux payés, avec de meilleures perspectives de carrière ». Comme si de meilleurs salaires pouvaient compenser la fatale dégradation des conditions de travail due à la baisse d’effectifs… Les propositions gouvernementales seront-elles assez alléchantes pour éviter une mobilisation dans la fonction publique ? Pas si les fonctionnaires retiennent les mots de la ministre de l’Économie, qui affirmait dimanche que « la revue générale des dépenses publiques va amener chaque fois que c’est possible à faire des économies ». Ou ceux du premier ministre, qui, malgré sa tentative d’apaisement, n’a pu que souligner « l’effort constant pour réduire les dépenses de l’État ». Nicolas Sarkozy devrait s’exprimer, le 12 septembre, pour « dire ses ambitions pour la fonction publique ». Au vu des déclarations de ses collaborateurs, la teneur de son discours ne sera pas une surprise. Grégory Marin
http://www.humanite.fr/2007-09-04_Politique_Le-gouvernement-avoue-preparer-un-plan-de-rigueur
=====> FONCTIONNAIRES : Vous avez dit «rigueur»?
Malencontreusement lâché dimanche soir par Christine Lagarde, le grand mot «rigueur» entraîne réactions et mises au point - Vous avez dit «rigueur»? - Christine Lagarde et François Fillon. Le Premier ministre dément tout « plan de rigueur » dans la fonction publique après les propos de la ministre de l'Economie - PHOTOS PQR ET AFP - Le Premier ministre a récusé tout « plan de rigueur » dans la fonction publique en France, quelques heures après les propos tenus par la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, sur l'antenne d'Europe 1. François Fillon a toutefois jugé nécessaire une réduction de la dépense publique. « Il n'y a pas de plan de rigueur, il y a un effort constant pour réduire la dépense de l'Etat », a-t-il déclaré hier matin sur France Inter. Il s'est employé à défendre l'argumentaire de Mme Lagarde, niant toute bourde de sa part. « Elle a dit au fond quelque chose qui correspond à sa fonction. Il faut de la rigueur dans la gestion des dépenses publiques. » « Si on prend l'Education nationale, il y a 900 000 enseignants, il y a 12 millions d'élèves. (...) Personne ne peut sérieusement prétendre qu'il n'y a pas des améliorations à apporter au fonctionnement de l'école », a-t-il souligné. « On peut faire mieux avec des effectifs moindres », a-t-il réaffirmé. Le mot « rigueur » rime en France, rappelle « Le Monde », « avec coupes claires, tour de vis, front syndical ».
--- « Revalorisation » pour Guéant. « Ce plan de rigueur », avait expliqué dimanche la ministre de l'Economie, « est destiné à la fonction publique pour l'essentiel (car) nous souhaitons maintenir une parité entre nos dépenses et nos recettes ». Il consiste, a-t-elle confirmé, à ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Peu après avoir tenu ces propos, Christine Lagarde a été désavouée par le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, qui intervenait, lui, sur la radio RTL. « Moi, je parlerais plutôt d'un plan de revalorisation de la fonction publique », a-t-il nuancé, notant qu'« il faut aussi récompenser les fonctionnaires sur le plan social, sur le plan de la rémunération ». Claude Guéant a ajouté que Nicolas Sarkozy aurait l'occasion, le 12 septembre, de s'exprimer sur ce sujet. Quant à Eric Woerth, le ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, il a lui aussi, dès hier matin, nuancé les déclarations de sa collègue du gouvernement : « Non, il n'y a pas de plan de rigueur aujourd'hui visant la fonction publique. Il y a, d'une manière générale, sur les finances publiques, sur l'argent public, la volonté de conduire un effort constant de bonne gestion », a-t-il déclaré sur l'antenne de RTL. Ajoutant : « La bonne gestion, c'est limiter les dépenses publiques, on le fera de façon très forte (...). On ne peut pas aujourd'hui dépenser plus que ce qu'on gagne. »
--- Croissance faible. Le Parti socialiste estime, pour sa part, que Christine Lagarde dit « la vérité » quand elle annonce un plan de rigueur, « les autres ne font que masquer la réalité ». « Un plan de rigueur est en préparation parce que les prévisions de croissance sont mauvaises », a affirmé Stéphane Le Foll.
Les syndicats de fonctionnaires ont prévu de se réunir à la mi-septembre pour décider des mesures à prendre face à ces réductions d'effectifs qui affecteront surtout l'Education nationale ainsi que les ministères de l'Intérieur et de la Défense. Ils n'excluent pas manifestations et arrêts de travail. http://www.sudouest.com/040907/france.asp?Article=040907a11051.xml
Négociée par l’Élysée, la fusion-privatisation de l’entreprise publique avec le groupe Suez doit être annoncée aujourd’hui. La CGT invite ses partenaires à se concerter. La fusion du groupe Suez avec l’entreprise publique Gaz de France devrait être annoncée aujourd’hui. Un projet est bien une privatisation, a confirmé, hier soir, le secrétaire général de l’Élysée, Claude Guéant, sur LCI. Le premier ministre, François Fillon, a prévu de s’exprimer à ce sujet sur France Inter, ce matin. Dimanche soir, les conseils d’administration des deux entreprises se réunissaient, afin de donner leur accord à l’opération. Celles-ci devraient annoncer elles-mêmes si elles fusionnent ou non. Une procédure bien huilée, pour faire croire à une décision conjointe des deux entreprises, alors que l’accord a été directement négocié entre Nicolas Sarkozy et le PDG de Suez, Gérard Mestrallet, vendredi, sans les représentants des personnels des deux entreprises. Les syndicats n’ont été reçus qu’après par l’Élysée. Dès jeudi, à l’université du MEDEF, le chef de l’État avait « proposé » à Suez de finaliser cette fusion. Nicolas Sarkozy, auteur de la loi d’ouverture du capital d’EDF et de GDF en 2004, renie ainsi son engagement pris devant le Parlement, en tant que ministre de l’Économie et des Finances, de « ne pas privatiser » ces entreprises publiques en conserver 70 % du capital à l’État.
--- Opposition syndicale
« Nous avons fait savoir que nous sommes en totale opposition avec ce projet, a déclaré le secrétaire général de la CGT énergie, Frédéric Imbrecht. Si ce projet va à son terme, on va vers la fin des tarifs administrés pour le gaz. » La CGT énergie a indiqué qu’elle va, « dès maintenant, prendre les contacts nécessaires avec les autres organisations syndicales pour prolonger la bataille menée unitairement en 2006 contre le projet de fusion ». Une réunion devrait avoir lieu ce matin. De son côté, Force ouvrière a estimé qu’« il s’agit bel et bien d’une privatisation puisque les capitaux publics sont inférieurs à 50 % ». Hier, GDF et Suez devaient « informer » leurs comités d’entreprise, préalablement aux conseils d’administration. Mais des syndicats ont refusé de s’y rendre, réclamant la convocation, dans les délais légaux, des comités d’entreprise. De 80 % de participation actuelle dans GDF, l’État ne détiendrait plus, à l’issue de la fusion, que 34 % dans le nouveau groupe, correspondant à la minorité de blocage. Une part qui pourrait monter à 40 % en incluant les actions que détiennent la Caisse des dépôts et consignations et Areva dans le capital de GDF. Une participation extrêmement minoritaire, dont la possibilité a été actée par la loi de l’automne 2006 en vue de permettre cette fusion-privatisation. Dans les cartons depuis février 2006, le projet achoppait jusqu’alors sur les conditions d’« équité » de l’échange d’actions entre GDF et Suez. Pour ne pas « léser » les actionnaires de Suez, dont le cours en Bourse est supérieur de cinq euros par action à celui de GDF, un montage financier complexe a été imaginé. Suez filialisera son pôle environnement, évalué à vingt milliards d’euros, un tiers de son capital revenant à Suez, qui souhaite garder une minorité de blocage, les deux tiers restants étant distribués aux actionnaires de Suez.
--- Explosion des prix à prévoir
En acceptant la fusion, le président de la République sacrifie la sécurité d’approvisionnement et le service public de l’énergie pour satisfaire les appétits financiers privés. Sans qu’aucun des « avantages » annoncés ne soit au rendez-vous. Dans les faits, il s’agit de mettre en concurrence EDF avec le nouveau groupe, Suez étant producteur d’électricité. Il s’agit aussi, avec la privatisation, de permettre aux actionnaires de réaliser des bénéfices en jouant sur la revente du stock de gaz de GDF au plus offrant dans le monde, au détriment de la gestion prévisionnelle des besoins nationaux. Les « garanties » avancées sont complètement illusoires. La « minorité de blocage » de l’État ne pourra rien en cas d’augmentation de capital, ni ne protégera d’une OPA d’un concurrent, alors que le statut public de GDF l’en préservait. De plus, les termes de la fusion doivent être acceptés par la Commission européenne. Celle-ci a adressé une « lettre de griefs » l’an dernier aux deux entreprises, pour conformer le nouveau groupe aux règles européennes de la « libre concurrence ». Des cessions d’actifs de GDF très importantes seront à prévoir, selon Bruxelles. La naissance du « géant gazier » tant vanté n’aura pas lieu. GDF pourrait ainsi accepter de céder, selon un courrier confidentiel révélé l’an dernier, 21 % de son approvisionnement en gaz à des concurrents. La fusion devrait conduire aussi GDF à se séparer de son réseau de distribution et de transport, et à céder ses contrats d’approvisionnement à long terme négociés à des conditions avantageuses, pour aligner les prix sur les cours fluctuants du marché. Enfin, Bruxelles met la pression pour que GDF abandonne ses tarifs réglementés, dans le cadre de l’ouverture totale du marché du gaz. Ce qui signifie, à brève échéance, une explosion de la facture des consommateurs comme cela se vérifie avec l’électricité. Sébastien Crépel
http://www.humanite.fr/2007-09-03_Politique_Sarkozy-livre-GDF-au-prive
Sept collaborateurs de son cabinet sont partis. Ambiance sous tension
Démissions à répétition chez Rachida Dati : Dominique Richard
L'accouchement a été difficile. Hier matin, le ministère de la Justice a rendu publique la composition du cabinet de Rachida Dati. Trois mois après l'installation du nouveau garde des Sceaux place Vendôme, il est enfin opérationnel (lire ci-contre). L'icône de la génération Sarkozy, propulsée sur le devant le scène par le président de la République, a bien du mal à fidéliser ses collaborateurs. En quelques semaines, sept d'entre eux ont rendu leur tablier ou ont été invités à boucler leurs valises. Du jamais-vu dans les couloirs du ministère, où le ton est d'ordinaire feutré, et les échanges, empreints de diplomatie. Si l'on en croit les propos rapportés par « Le Canard enchaîné », Valérie Bonnard, la dernière à être jugée « indésirable », aurait été évincée à la hussarde : « Inutile de revenir lundi, et si vous l'ouvrez on se charge de faire savoir que vous êtes une bonne à rien ! »
--- Mots blessants. Soucieux de se recaser dans les meilleures conditions, les partants restent silencieux, à l'image de Michel Dobkine. L'éphémère directeur de cabinet de la dame de fer a été le premier à aller au clash, au début du mois de juillet, alors que le Parlement examinait le projet de loi sur la récidive. Homme de réseaux, ce juriste brillant, marqué à droite, semblait pourtant avoir le profil du poste. Alors qu'il était à la tête de l'Ecole nationale de la magistrature de Bordeaux, il avait été recommandé par l'Elysée pour sa connaissance des arcanes judiciaires. Elles n'ont pas convaincu la ministre. Querelle d'ego, incapacité d'assumer les missions demandées ? « Nous n'avions pas le même rythme de travail », a sèchement commenté Rachida Dati.
« Quand on accepte un poste au ministère, on sait qu'on ne va pas ronronner comme dans une cour d'appel et que ce sera pour une période assez brève », relève un magistrat parisien familier de la chancellerie. « Mais de là à être taillables et corvéables à merci ! On peut vous réveiller dans la nuit pour pondre un rapport. Et vous n'avez pas le droit de faire la moindre objection. Elle ne supporte pas la contradiction. A plusieurs reprises, il y a eu des mots blessants. » C'est la personnalité du garde des Sceaux, son autoritarisme, qui focalisent aujourd'hui les critiques. « Etre traité de con parce qu'au bout de dix minutes on ne parvient pas à faire ce qu'elle veut, cela va un temps », relève un de ceux qui l'ont approchée.
--- Un fossé. Fille d'immigrés maghrébins, Rachida Dati a taillé sa route à force de travail et de culot, n'hésitant pas à frapper à la porte de chefs d'entreprise réputés ou d'hommes et de femmes politiques. Avant de rejoindre Nicolas Sarkozy en 2002, elle avait brièvement passé la robe de magistrate. Trois ans. Pas le temps d'intégrer les codes et les usages d'un milieu qui lui reproche aujourd'hui son immaturité et son manque de compétence.
« Elle évolue et elle est issue d'un monde politique totalement étranger à la culture judiciaire », relève un haut magistrat aquitain. A ceux qui lui recommandent de peser la complexité des choses, cette femme pressée de réussir répond souvent : « Je veux des actes politiques, je veux de l'affichage. »
Si le message passe bien dans l'opinion c'est l'une des ministres les plus populaires du gouvernement, il s'arrête à la porte des palais de justice. « Cela part dans tous les sens », déplore un haut fonctionnaire du ministère. « Dans l'affaire du double meurtre de Pau, on parle à nouveau de juger les fous, alors que, sur cette question, une commission a rendu un rapport il y a deux ans, dont les conclusions sont restées lettre morte. Elle n'a qu'un mot à la bouche : Sarkozy. » Dès que le chef de l'Etat réagit à un fait divers en évoquant la possibilité d'une nouvelle loi, le cabinet du garde des Sceaux est sous tension. Ce n'est sans doute pas un hasard si cinq des sept conseillers partants étaient des magistrats. Jamais, sans doute, dans l'histoire de la Ve République, le fossé entre les juges et leur ministre n'avait été aussi profond.
=====> « J'accepte les attaques »
En visite hier à Nantes où elle a successivement visité un centre éducatif et les locaux où sont tenus à jour le Casier judiciaire national et le fichier des auteurs d'infractions sexuelles, Rachida Dati a affirmé qu'elle acceptait les attaques et les critiques : « Cela fait partie du rôle de ministre. » Au même moment, le garde des Sceaux rendait publique la composition de son nouveau cabinet de 18 membres dont fait désormais partie l'ancien procureur de Rochefort, Jean-David Cavaillé. Rachida Dati compte sur cette équipe réorganisée où apparaît aussi le fils de Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée, pour remplir l'obligation de résultat qui lui incombe. « Les Français ont des attentes. Ils souhaitent qu'il y ait de la sécurité, que les décisions de justice soient rapides, qu'elles soient compréhensibles, qu'elles soient efficaces. Je souhaite qu'ils retrouvent confiance en leur justice », a-t-elle indiqué. http://www.sudouest.com/060907/france.asp?Article=060907a31896.xml
--- Vous avez proposé il y a trois mois la création d’une force politique nouvelle à la gauche du PS. Pourquoi une telle proposition ?
- Jean-Claude Gayssot. Pour être efficace. Pour peser et compter. Qui ne voit que se joue un affrontement essentiel sur l’idée même de la transformation sociale ? Chez nous comme ailleurs, le risque est réel d’une évolution vers un bipartisme politique et idéologique dont le socle commun serait le système capitaliste, la marchandisation de tout érigée en loi irréversible ! La fin de l’histoire. Le PS, non sans affrontement en son sein, voudrait devenir la force politique allant du centre à la gauche de la gauche pour représenter l’alternance, en se social libéralisant de plus en plus ouvertement. Comme communiste, je me refuse à cette perspective.
--- Le PCF n’est plus capable d’être cette force de transformation ?
- Jean-Claude Gayssot. Je crois que les militants communistes, leur intelligence collective, sont capables d’être à l’initiative de la création d’une nouvelle force politique. J’ai vu que Marie-George Buffet disait qu’il faudrait aller plus loin que tout ce qui avait été fait et tenté dans le passé. Qu’elle n’excluait pas le changement de nom. Très bien. Mais je pense honnêtement qu’il faut surtout en finir avec la conception de l’organisation qui a prévalu jusqu’ici. À mes yeux la force transformatrice qu’il faut créer ne peut l’être sous le label ou la houlette du parti !
--- La LCR fait aussi la proposition de créer un nouveau parti. Quelle est la différence ?
- Jean-Claude Gayssot. Olivier Besancenot dit qu’il ne veut pas rester figé sur la matrice trotskiste. Je lui reconnais un certain mérite car il le fait après un résultat à la présidentielle que beaucoup ont jugé honorable. Le problème, c’est que sa proposition est malheureusement liée à une stratégie uniquement contestataire et d’isolement. Je propose le contraire. Ce qu’il nous faut, c’est contester et construire. C’est être indépendant - ne pas se fondre dans une aile gauche du PS - et unitaire. Et ne pas négliger la conquête de positions dans les institutions.
--- Cette formation n’aurait pas pour vocation de représenter la gauche à la place du PS ?
- Jean-Claude Gayssot. Non ! Mais elle devrait avoir l’ambition de devenir majoritaire et d’être tout de suite incontournable. C’est possible si on travaille à la fois à un projet transformateur, si on a la volonté de rassembler contre la politique de régression que met en oeuvre la droite, si on prend l’initiative de proposer le débat et la rencontre avec toutes celles et tous ceux qui, dans les autres partis et mouvements, refusent le compromis libéral.
--- Pourquoi pas le PCF avec sa visée communiste ?
- Jean-Claude Gayssot. Regardons la réalité en face. Nous subissons de plein fouet ce que j’ai appelé le « vote inutile ». À l’échelle du monde combien de partis communistes se sont créés et combien ont disparu ? Quelle image prévaut du communisme dans la jeunesse ? Au mieux celle de l’échec et celle du passé. Depuis quarante ans notre influence a chuté considérablement. 21 % avec Jacques Duclos en 1969 à moins de 2 % lors de la dernière élection présidentielle. Et pourtant depuis quarante ans et même avant, le Parti communiste a mené de beaux combats et a fait des efforts pour se réformer. C’est pour ne pas laisser mourir ou banaliser tous ces combats, toutes ces avancées auxquelles nos aînés et nous-mêmes avons participé, que je propose la création de cette force nouvelle dans laquelle les communistes, mais pas seuls, joueraient pleinement leur rôle en phase avec la société actuelle.
--- Vous semblez dire que même s’il le voulait le PCF serait incapable de se transformer ?
- Jean-Claude Gayssot. Si l’on ne débat qu’en interne, qu’entre communistes, on arrivera au mieux à faire ce qu’on sait faire : « Changer pour que tout reste comme avant. » Or j’ai la conviction qu’il faut créer pour poursuivre ce qu’il y a de plus beau dans le combat des communistes et du PCF et qu’il faut rompre avec la matrice pour revivifier les valeurs de ce combat. C’est pour cette raison que nous devrions, dès la préparation du congrès extraordinaire, annoncer notre volonté de créer avec d’autres cette force politique nouvelle. Ainsi sera engagé le processus - qui sera long car il n’y a pas de schéma tout ficelé - et cela créera tout de suite le choc nécessaire pour mobiliser l’intérêt des gens et des militants.
--- D’autres, c’est qui ? Des citoyens intéressés ? D’anciens communistes ? Il y a aussi des forces politiques…
- Jean-Claude Gayssot. Au sein du PS, des gens se refusent à la social-libéralisation. Il faut parler et travailler avec eux. Je pense aussi aux altermondialistes, aux écologistes, aux humanistes… Il faut construire une formation où se retrouveront toutes celles et tous ceux qui refusent que le monde soit une simple marchandise.
Vous mettez la priorité sur la construction d’une nouvelle force alors que d’autres estiment qu’il faut d’abord parler projet.
Jean-Claude Gayssot. Il faut travailler le contenu et le contenant en même temps. La forme est l’expression du fond. Il faut annoncer qu’on veut oeuvrer, avec d’autres, à un projet et à une force politique nouvelle. Sinon, nous allons être perçus comme voulant rallier les autres à notre panache ou en faire des « compagnons de route ».
--- Est-ce que c’est le collectivisme, l’étatisme, le productivisme qu’il faut remettre en cause ?
- Jean-Claude Gayssot. Oui, il faut une articulation nouvelle entre l’État et le citoyen, entre individu et collectif. C’est là que nous avons le plus à créer. Ce n’est pas tant le marché mais sa loi, fondée sur la concurrence entre les peuples et les individus, sur l’exploitation et les dominations, qui est inacceptable. Il faut répondre aux défis d’aujourd’hui : l’épanouissement humain, le développement social, à l’échelle de l’Europe et de la planète.
--- Est-ce que les congrès communistes programmés pour cet automne et pour 2008 sont capables de répondre à ces attentes ?
- Jean-Claude Gayssot. C’est mon voeu le plus cher, mais je ne vous cache pas ma crainte de voir les réticences et les atermoiements l’emporter ou, en tout cas, freiner les ruptures et les rencontres nécessaires.
Nécessaires pour rassembler et mobiliser sans attendre face à la politique de régression sociale et démocratique à l’oeuvre.
Nécessaires pour faire grandir dans tout le pays l’exigence d’un référendum concernant le traité « simplifié » européen que Nicolas Sarkozy veut faire passer par le seul parlement !
Nécessaires pour refonder les valeurs de gauche face à l’hégémonie des idées de droite. C’est ce que nous faisons avec « Gauche Avenir ».
Face aux besoins et aux attentes, le pire serait le repli sur nous-mêmes. Le meilleur, que soit perçu qu’il y a vraiment du nouveau à gauche et chez les communistes. Entretien réalisé par Olivier Mayer
http://www.humanite.fr/2007-09-07_Politique_-Une-force-independante-unitaire-pour-contester-et-construire
Le 24 août 2007, le président de la République est venu communiquer avec la presse après avoir rencontré, à Bayonne, les familles de l’infirmière et de l’aide-soignante assassinées par Romain Dupuy dans l’hôpital psychiatrique de Pau, la nuit du 17 au 18 décembre 2004. La souffrance à chaud des familles, le caractère horrible du meurtre avec une décapitation qui ravive les nostalgies d’une peine capitale en miroir, le métier des victimes qui travaillaient dans la nuit d’une psychiatrie encore imaginée comme un lieu de dangers et d’étrangetés, tout est là pour que l’équipée présidentielle se pare d’une puissance émotionnelle altière, susceptible d’en mettre à l’arrière-plan le propos. Mais que dit le président : « L’irresponsabilité n’est pas un sujet pour un ministre de l’Intérieur ou un président de la République, ce n’est pas à nous de nous prononcer (…). En revanche, en tant que chef de l’État, je dois veiller à ce que les victimes aient le droit à un procès où le criminel, où les experts, où chacun devra exprimer sa conviction (…). Je ne suis pas sûr que le mot non-lieu soit parfaitement compréhensible pour un mari dont on a égorgé la femme ou par une soeur dont on a décapité la tête (sic). » La définition de ce qui fait « un sujet » pour le président interroge le citoyen inquiet. Le président de la République « n’a pas à se prononcer sur l’irresponsabilité »… S’il s’agit de dire qu’un président de la République ne se prononce pas au cas par cas sur la décision de déclarer une personne irresponsable, on conviendra aisément qu’il y a là une certaine sagesse. C’est pourquoi d’ailleurs on a pu s’étonner que celui-ci soit venu spécialement sur place pour « prononcer », quatre jours avant le juge d’instruction, les mots qui, de fait, ont rendu publique la décision de non-lieu psychiatrique dans le procès de Romain Dupuy. Mais si le président de la République considère que l’irresponsabilité pénale liée à un état de conscience de la personne au moment des faits la définit comme un être exorbité des lois de la cité, « exonéré » c’est la porte ouverte à une tout autre logique, celle du renvoi dans la mauvaise nature, la monstruosité biologique, dans un lieu de « pas de loi », ouvert à bien des excès. Les positions philosophiques exprimées il y a quelques mois par le candidat Sarkozy sur l’origine génétique de la pédophilie sont congruentes avec une telle perspective. Mais plus étonnantes apparaissent des critiques de la pensée présidentielle qui portent non pas sur l’hypothèse qu’il existerait des humains qui, sous un certain rapport, pourraient être sortis du monde humain, mais qui s’insurgent contre l’idée de dépenser l’argent des contribuables pour faire des procès concernant des non-sujets, en somme des humanoïdes et même, pourquoi pas, des hommes-animaux. Ainsi, au Canard enchaîné, sous la plume de Louis-Marie Hureau, et sous le titre Flagrants délirants, dans la une du 29 août : « la perspective de voir une cour d’assises se réunir autour d’un cinglé qui ne comprend rien »… « et pourquoi pas juger un chien ? (…) le stafforshire qui a tué une fillette à Épernay » avec pour avocat général « un rottweiler ». Ou encore, dans Lutte ouvrière, du 31 août 2007, sous le titre Démago, Sarkozy veut juger les aliénés : « Après tout, il y a eu une époque où l’on jugeait les animaux pour leurs méfaits, et le Moyen, Âge n’est pas si loin… »
Retenons ceci : en 2007 en France, un vaste arc d’opinions, allant depuis le président de la République jusqu’à Lutte ouvrière, est prêt à considérer qu’un homme qui a commis un acte délictueux ou criminel dans un état très dégradé de sa conscience, et ceci sans quait provoqué lui-même un tel état à l’aide d’une substance, cet homme-là, donc, aurait perdu la qualité de sujet de la République, et même la qualité d’humain. Il y eut autrefois un ministre de la Santé, au demeurant homme de culture, qui pensait qu’il devait s’occuper de la psychiatrie. Il pensait aussi qu’un si grave sujet ne se traitait pas sur des tréteaux de foire, et le 12 octobre 1981, Jack Ralite, donc, prononça à Rouen un discours dont le tranchant des positions contre les logiques aliénistes des asiles fut largement entendu par les professionnels de la psychiatrie. Alors fut mise en place une commission comportant les principaux responsables de l’administration centrale de la psychiatrie, des psychiatres de service public, comme Tony Lainé, Jean Demay ou Guy Baillon, des représentants de la psychiatrie privée, de la psychothérapie institutionnelle, le psychanalyste Serge Leclaire… Le rapport que nous avons produit paraîtrait presque scandaleux aujourd’hui, puisqu’il mettait au premier plan l’éthique de la pratique, soulignant par exemple qu’aucun état pathologique ne pouvait être considéré comme définitivement hors d’une évolution possible et il insistait sur la nécessaire démocratisation de la gestion de la santé mentale. Dans cette commission, la question de l’irresponsabilité pénale des personnes jugées « démentes au moment des faits » fut longuement débattue. Il ne s’agissait certes pas de cliver la société en imaginant que ces criminels appartiendraient à un autre monde que celui que la République administre, mais, bien entendu, de faire ce que l’on peut attendre de la justice : réaccorder l’ordre de la cité, adapter la citoyenneté juridique aux femmes et aux hommes réels, ce qui supposerait pour chacun un procès équitable et des sanctions adaptées à la fois à la nature des faits établis et à ce que le projet initial de réforme du Code pénal de Robert Badinter appelait sagement la « punissabilité » de la personne. Selon une conversation que j’ai pu avoir avec lui, le ministre Badinter partageait la même vision que celle qui s’était dégagée de la commission psychiatrique d’alors : répondre de ses actes devant les lois de la cité est une attribution de chaque humain quelle que soit sa situation psychologique au moment des faits et par la suite. La représentation nationale n’avait pas suivi. Un épisode a marqué ce débat. Pressé d’annoncer l’arrivée de nouveaux philosophes de cour, le magasine le Point en fit trop. À la suite des portraits des vieux maîtres à penser dont la disparition était alors récente : Lacan, Barthes et Sartre, figurait un portrait de Louis Althusser qui avait « bénéficié » d’un non-lieu à la suite
du meurtre de son épouse Hélène, quelques mois plus tôt. Le Point n’écrivait pas que le cas Althusser devait être traité par un secrétariat d’État aux affaires canines, mais il le déclarait mort vivant. J’eus avec lui un bref échange épistolaire à ce propos, quelque temps avant qu’il entreprenne une autobiographie marquée par le souci de rendre compte des pans les plus obscurs de sa vie. Au fond, l’alternative est claire. Ou bien on considère qu’il existe dans la société des êtres sortis des lois humaines qui ne sauraient être « des sujets » pour les garants de la chose publique et, dans le cas de l’irresponsabilité pénale, aucun procès véritable n’est possible. Le justiciable comme la victime sont donc exclus de la citoyenneté juridique. L’idée de procès de non-sujets à vocation thérapeutique pour les victimes et leurs familles, par le caractère factice qu’elle instaurerait, n’aiderait probablement pas celles-ci à construire activement une histoire humaine avec la tragédie qu’elles ont vécue. Cette ligne, qui ne peut se passer de la mise à mort d’une présence, ne pourrait probablement pas dépasser le morcellement des liens humains dont elle procède. Ou bien la société se donne les moyens d’une justice qui soit en capacité d’inscrire tous les hommes et les femmes réels dans les lois de la cité. (*) Dernier ouvrage paru : la Dignité, Éditions la Dispute, 2006
http://www.humanite.fr/2007-09-05_Tribune-libre_Citoyennete-juridique-pour-tous-ou-morcellement-social
En dépit de la pénurie budgétaire, le mouvement coopératif de l’école moderne manifeste toujours sa grande vitalité pédagogique. Il est bien vivant, le mouvement Freinet ! Plus de six cents participants venus d’une quinzaine de pays pourraient en témoigner, qui se sont retrouvés récemment à Paris (1) à l’occasion du 48e congrès de l’ICEM (Institut coopératif de l’école moderne). Un véritable bouillonnement d’ateliers et de rencontres par lequel s’entretient la vigueur des principes de la pédagogie inaugurée par Célestin Freinet, au début du siècle dernier. Le pédagogue et ses successeurs s’étaient attachés à faire de leurs classes hétérogènes des milieux de vie organisés pour libérer l’élève, en donnant au travail son rôle de geste créateur, vivant et personnel, en favorisant l’auto-organisation des apprentissages et des règles de vie par les enfants eux-mêmes. Affirmation d’une ouverture de l’école primaire sur le monde, « nous rejetons l’illusion d’une éducation qui se suffirait à elle-même hors des grands courants sociaux et politiques qui la conditionnent », souligne la Charte de l’école moderne. On retrouve cette inspiration dans nombre de travaux en cours dont le congrès s’est d’ailleurs fait l’écho : qu’il s’agisse du tâtonnement expérimental, de la correspondance scolaire, de l’esperanto, de la méthode naturelle en lecture, des créations mathématiques, des ateliers de philosophie pour enfants et de bien d’autres recherches, dont certaines scènes de classe filmées constituent un remarquable matériau de réflexion collective. Avec ses groupes départementaux et ses chantiers de recherche qu’animent ses trois mille membres, le mouvement Freinet rassemble aujourd’hui une riche expérience d’intervention contre l’échec et l’ennui scolaires. Et pourtant le mouvement est en butte à des difficultés liées à une baisse significative des subventions de tous les gouvernements depuis 2002. Bien qu’agréé par les ministères de l’Éducation nationale et de la Jeunesse et des Sports, l’ICEM a vu sa subvention diminuer de moitié. D’où des difficultés qui ont contribué à la liquidation de la société d’édition qui publiait des outils de grande qualité (revues, livres, fichiers pour les classes, cédéroms, DVD…) et qui est dans l’attente d’un repreneur. Sous couvert de la recherche d’une plus grande efficacité dans la répartition des subventions aux associations, les ministres de l’Éducation de droite successifs ont même réduit les mises à disposition en personnel accordées à l’ICEM. Les associations d’éducation populaire sont dans le collimateur du gouvernement, souligne Catherine Chabrun, l’une des animatrices de l’association. L’éducation à la citoyenneté et l’intégration sociale sont mises sous la tutelle du ministère de l’Intérieur, le soutien scolaire livré à des organismes commerciaux comme les séjours de vacances ou les outils et matériel pédagogiques. C’est sans compter la force de ce mouvement dont les principes et la visée éminemment culturelle et sociale ne peuvent être réduits à coups de baisses de subventions. Les enseignants du mouvement Freinet continuent de s’engager pour une école autre dans une société différente. (1) Du 17 au 20 août.
http://www.humanite.fr/2007-09-03_Tribune-libre_Freinet-vivant-et-menace
Rappel des faits Les marchés financiers ont dû faire face, cet été, à une crise née de la déroute du crédit immobilier à risque américain. Lourdes conséquences.
La crise couvait depuis longtemps, aux États-Unis. Mais personne n’avait imaginé, ni a fortiori anticipé ( !), le scénario catastrophe qui a vu, en quelques jours, se propager une véritable panique à toutes les places financières de la planète. Une cécité d’autant plus étonnante que les premières difficultés des établissements spécialisés dans le crédit immobilier étaient apparues dès la fin 2006. La formation d’une bulle immobilière outre-Atlantique et en Europe, alimentée notamment par le système des prêts hypothécaires américains, dits « subprime », résonnait pourtant comme un avertissement. Ce système permet à un ménage déjà endetté de souscrire un nouvel emprunt aussitôt qu’augmente la valeur de son bien immobilier : tant que les prix montent, tout va bien, les emprunteurs bénéficient d’une hausse de leurs ressources directement indexée sur les prix du marché de l’immobilier. Mais quand le marché vient à se retourner, tout s’inverse ! Les ménages dont l’encours de la dette se révèle supérieur à la valeur du bien acheté ne peuvent plus renégocier leur crédit et se trouvent rapidement acculés à la cessation de paiement, laissant à leurs créanciers une hypothèque dévaluée. Voilà le processus qui fut à l’origine de la crise de cet été. Quant aux enchaînements qui ont permis la contagion, beaucoup pensent qu’ils tiennent paradoxalement aux initiatives pour diminuer les risques. Les premières difficultés survenant, la défiance généralisée s’est installée. Les banques refusèrent alors de prêter de l’argent, ont contraint les Banques centrales, selon un scénario désormais bien rôdé et inauguré par Alan Greenspan en 1987 lors du krach boursier, intervenir massivement : 350 milliards d’euros injectés sur les places boursières en quelques jours (1), révélant au passage l’hypocrisie du discours des responsables de la Banque centrale européenne. Avec eux, les robinets du crédit sont toujours fermés, sauf pour renflouer les Bourses ! Après des années d’emballement et de prise, de risques, la crise de l’été sonne-t-elle le rappel à la raison ou marque-t-elle l’entrée dans une nouvelle ère d’instabilité ? (1) Jeudi 6 septembre, la FED a encore réinjecté 30 milliards de dollars. Jean de Leyzieu
http://www.humanite.fr/2007-09-08_Tribune-libre_La-crise-financiere-est-elle-terminee
La crise financière actuelle est susceptible de ralentir un peu la croissance mondiale et de menacer des emplois dans certains secteurs (immobilier aux États-Unis). Elle engendre des pertes et des perdants, alors que les gagnants sont plus difficiles à identifier. Mais elle conduit aussi à une meilleure appréciation des risques, largement sous-estimés dans l’euphorie financière de ces dernières années, et dégage des leçons significatives pour l’avenir.
Une première leçon touche à la nature de la crise. Nous vivons depuis quelques semaines une sorte de paradoxe : une crise de liquidités dans un monde où celles-ci ont rarement été aussi abondantes. Rappelons ceci : certaines banques et certains fonds ont depuis le début août des difficultés pour se refinancer, parce qu’ils sont directement ou indirectement exposés à la crise des « subprimes » aux États-Unis, ou qu’ils sont victimes de la méfiance contagieuse qui s’est installée sur le marché interbancaire. Donc, ces difficultés sont parfaitement compatibles avec la pléthore de liquidités dans le monde. Avec la chute de l’immobilier américain, les investisseurs prennent (enfin !) conscience des risques sur certains crédits et pour certains emprunteurs. Une deuxième leçon touche au rôle des Banques centrales. Je sais gré à celles-ci d’avoir réagi vite, en prêtant de l’argent aux opérateurs en difficulté et en exerçant donc la fonction de « prêteur en dernier ressort ». Le pragmatisme de la Réserve fédérale américaine a été impressionnant, et la BCE, après des déclarations peu fondées sur le risque d’inflation, est revenue à de meilleurs sentiments en ne remontant pas son taux directeur cette semaine. Cette crise confirme une fois de plus le rôle moteur joué par les prix des actifs (immobiliers, financiers…), très volatils et soumis à d’amples mouvements, et la difficulté pour les Banques centrales d’exercer leur fonction de pilotage monétaire dans ce nouveau contexte. À côté de la gouvernance monétaire, la régulation financière et toutes les questions relatives à la nécessaire information des épargnants. Nos systèmes financiers se sont depuis vingt ans perfectionnés mais aussi complexifiés au point de devenir beaucoup plus opaques. Au rang des suspects, figurent l’innovation financière en général, spécialement la titrisation et des produits financiers sophistiqués comme les instruments dérivés, gigantesque machine à se refiler le mistigri avec de redoutables défis sur la « traçabilité » des risques. Il nous faut conserver les avantages des innovations financières (élargissement des possibilités de financement, d’investissement et de placement, meilleure gestion individuelle des risques…) tout en en réduisant certaines conséquences négatives. À titre d’exemple, je suis pour resserrer la surveillance sur les grandes agences de notation, largement défaillantes dans cette crise. Il faut également améliorer l’information à la disposition des épargnants, et mieux surveiller les fonds. Les « hedge funds » (fonds spéculatifs) et autres fonds d’investissement n’ont pas été à l’origine de la crise, mais ils ont pu l’aggraver. Il faut les amener à plus de transparence et à une information plus fréquente sur leurs risques. Une dernière leçon concerne la gouvernance financière internationale. Sur des points importants (comme les agences de notation), la réponse doit être mondiale via un G7 élargi et relancé. Sur d’autres, la concertation doit d’abord être européenne. L’Europe a été trop absente depuis un mois des réponses face à la crise. Enfin, sur d’autres aspects, les gouvernements et les régulateurs financiers nationaux doivent, sans prétendre remettre le couvercle sur la « marmite financière », tirer rapidement les leçons, même si le film n’est probablement pas terminé.
http://www.humanite.fr/2007-09-08_Tribune-libre_Premieres-lecons-de-la-crise
Pour tous ceux qui chantent depuis près de trente ans les vertus de la libre circulation des capitaux sur la planète, au point d’avoir voulu en faire un principe constitutionnel en Europe, la crise financière ne saurait être que passagère, moyennant quelques ajustements. En effet, la foi en la finance globale n’a pas été affectée par les accidents majeurs qui scandent pourtant l’histoire de la libéralisation financière. Les - salariés ont payé l’ardoise silencieuse de la déréglementation financière et des risques inconsidérés pris par les financiers. La crise présente a le mérite d’être explicite. Elle est en effet partie du marché hypothécaire des USA, des « subprimes », crédits immobiliers consentis à des ménages peu solvables, garantis sur des biens immobiliers, et portés par la croyance en un marché immobilier toujours à la hausse. Ce sont les difficultés de ces ménages qui ont contribué à provoquer le retournement du marché immobilier. Accablés de dettes et incapables de rembourser leurs emprunts à taux variables, alors que les taux pratiqués par la Réserve fédérale ont eu tendance à augmenter, ils ont été contraints à la vente de leurs biens hypothéqués, enclenchant ainsi une baisse sur le marché immobilier et la faillite d’organismes prêteurs. Et ce n’est qu’un début. Car ces prêts ont été consentis avec des mensualités faibles les deux ou trois premières années et des mensualités très fortes ensuite. Les très nombreux prêts consentis depuis 2004 vont provoquer de nouvelles défaillances des ménages emprunteurs. Déjà, entre deux et trois millions de ménages se trouvent dépouillés de leurs biens. La crise n’est pas circonscrite à l’immobilier et au marché financier états-unien. En effet, dans l’euphorie de la hausse, ces créances douteuses sont sorties du bilan des banques et ont été vendues sur les marchés financiers à des fonds qui achètent du risque contre une forte rémunération. En apparence, le risque se trouve ainsi dilué et ces produits dérivés sillonnent toute la planète. Mais c’est sans compter sur la contamination des retournements de confiance qui se mettent à peser sur l’ensemble du système. Cette crise de confiance se traduit par une tendance à la restriction des prêts et par une réduction des liquidités sur le marché monétaire sur lequel les banques se refinancent pour faire face à leurs engagements. Face à ce risque de panique générale, les Banques centrales n’ont pas hésité à ouvrir les robinets du crédit et continuent à alimenter ces marchés en liquidité, pour sauver les établissements financiers… et leurs pratiques douteuses. Jusqu’à quand ? Retrouver et maintenir un climat à la hausse sur les marchés financiers suppose que ces marchés soient en permanence alimentés et réalimentés par une épargne financière. La pression sur les revenus du travail et sur le financement de la protection sociale, en « libérant » les revenus du capital, en est la première condition. C’est le régime néolibéral imposé depuis les années quatre-vingt. Mais selon le modèle libéral productiviste, l’impératif d’une croissance générale exige une consommation privée toujours plus forte. L’endettement des ménages devient alors une nécessité, voire une cause nationale. N’a-t-on pas entendu Nicolas Sarkozy faire l’éloge du crédit « revolving » qui engage les ménages et notamment les plus pauvres, dans des processus d’endettement permanent et de dépendance sans retour ? Or, la croissance mondiale, tirée par le surendettement des ménages et la « désépargne », rendue possible aux USA par la captation de l’épargne mondiale, atteint manifestement ses limites.
http://www.humanite.fr/2007-09-08_Tribune-libre_La-croissance-atteint-ses-limites
La crise financière du mois d’août a son origine aux États-Unis, dans les pratiques d’institutions financières privées. Ces entreprises sont massivement entrées, depuis peu d’années, dans le secteur du crédit (au logement, mais aussi à la consommation), garanti par l’hypothèque du logement. Elles se sont engagées sur le marché « juteux » des ménages présentant une faible capacité de paiement (« Personne ne veut vous prêter, nous si ! »). Elles financent leur activité en revendant à d’autres agents (particuliers ou fonds, nationaux ou étrangers) des titres qui sont la matérialisation de créances hypothécaires sur les ménages emprunteurs. Cette caractéristique explique pourquoi la crise se trouve « exportée », notamment en Europe, à ceux qui se sont rendus acquéreurs de ces titres (et pourquoi elle affecte la Bourse). Enfin, elles se sont substituées à des agences publiques, fraîchement nationalisées, dont la part du marché est en voie de régression. L’État néolibéral s’est donc privé d’un outil d’intervention dans les mécanismes du crédit. Sachant que le taux d’endettement des ménages aux États-Unis est gigantesque, on peut imaginer que la situation n’est pas prête de s’apurer. On prétend que deux millions de ces ménages seraient confrontés à la saisie de leur logement. Le problème est de savoir si les politiques de lutte contre les effets de la crise (la contamination à l’économie réelle et aux autres institutions financières) pourront assurer ce qu’on appelle « un atterrissage en douceur ». Les chiffres, qu’on peut lire dans la presse, correspondant au refinancement des banques par les crédits que leur octroie la Banque centrale (la « politique monétaire »), sont souvent fantaisistes. Aux États-Unis, le montant (le stock) de ces crédits a été porté de 25 milliards de dollars environ à 50 milliards pendant quelques jours. Rien de si fantastique (beaucoup plus avait été fait pour le 11 septembre 2001). On peut néanmoins observer, en fin de mois, une seconde vague de crédits, moins forte mais plus durable, qui révèle une persistance certaine de la crise - une seconde intervention de la FED qui semble avoir peu de précédents. Jeudi 6 septembre, nouvelle injection de 30 milliards, et pour quinze jours. Odeur de roussi ! L’ancien président de la FED, Alan Greenspan fait une déclaration explosive, comparant la situation actuelle à de - redoutables précédents historiques, notamment la panique financière de 1907 (il évite soigneusement d’inclure 1929 dans sa liste). Bien malin celui qui sait combien de temps il faudra pour méner l’assainissement à son terme. Mais il est clair que le gouvernement des États-Unis est complètement engagé à soutenir son économie, ce qui ne signifie pas qu’il métrise tout, notamment la - propagation internationale. Nous ne sommes plus en 1929. La situation est compliquée, car - de toute manière, crise financière ou pas -, l’économie états-unienne est au bord d’une nouvelle récession. Tous les leviers des politiques de soutien de la production sont tirés (taux d’intérêt des crédits à long terme faibles, déficits budgétaires, dollar bas), si ce n’est que les taux à court terme sont remontés. Probablement pas pour longtemps, mais cela suffira-t-il à éviter la récession ?
En fait, il faut voir dans cette menace de récession et dans la crise financière deux manifestations des problèmes liés à la trajectoire sur laquelle s’est engagée l’économie des États-Unis depuis le début du néolibéralisme (soit plus de vingt-cinq ans) : consommation folle, déficit du commerce extérieur, financement de l’investissement par le reste du monde. Une trajectoire sans précédent, caractéristique de la configuration actuelle néolibérale impérialiste, sous hégémonie états-unienne. La rectification de cette trajectoire sera longue. Elle aura un coût ; crise et récession en sont les premiers épisodes. (1) http://www.jourdan.ens.fr/levy
http://www.humanite.fr/2007-09-08_Tribune-libre_Une-trajectoire-neoliberale-imperialiste
Une cause fondamentale des turbulences boursières actuelles est la prévalence de l’accumulation financière et la tendance à la suraccumulation financière qui règne depuis vingt-cinq ans. La taille et le pouvoir des marchés financiers se sont démesurément accrus depuis la fin des années soixante-dix, sous l’impulsion notamment des États-Unis. Ce pouvoir s’est exercé en relation avec les politiques publiques et sur les gestions d’entreprise, de sorte que les entreprises donnent plus que jamais la priorité à la rentabilité de leur capital pour les plus gros actionnaires, et rationnent, pour y parvenir, les salaires, l’emploi et les dépenses de formation. De leur côté, les politiques économiques néolibérales poussent à la « flexibilisation » du marché du travail, mettent en cause les systèmes de protection sociale, freinent le développement et privatisent les services publics. Tout cela a fragilisé la croissance. Le krach du printemps 2000, qui a annoncé la récession de 2001-2002, a partiellement « dégonflé » cette suraccumulation. Un nouveau cycle conjoncturel s’est enclenché, conduisant à une forte croissance dans le monde depuis 2004 avec l’essor des pays émergents, particulièrement. Mais le dégonflement n’a été que partiel. Depuis, les Bourses ont battu de nouveaux records avec, notamment, le financement d’implantations dans les « pays émergents » et les rachats d’entreprises avec effet de levier (LBO). Une partie de l’argent placé dans la finance s’est reportée sur l’immobilier. Cette inflation financière n’a été possible que grâce à une expansion extrêmement forte du crédit et de la création monétaire. Le retournement du marché immobilier aux États-Unis a mis en difficulté dans le monde entier certains fonds fortement impliqués dans cette spéculation et de nombreuses banques, obligeant les Banques centrales à intervenir. Par leurs injections massives de liquidités, elles réussiront probablement à éviter, dans l’immédiat, un effondrement du système bancaire, mais elles auront relancé l’inflation financière : elles n’auront fait que repousser les échéances, jusqu’à une prochaine crise, qui sera encore plus grave, car déclenchée dans une conjoncture globale moins favorable. Les mesures gouvernementales adoptées en France tendent à acclimater dans notre pays les moeurs dangereuses du marché hypothécaire américain. Et l’idée d’introduire plus de « transparence » dans le fonctionnement des marchés ne résoudra pas le problème. Dans l’hypothèse, sans doute la plus vraisemblable à ce stade, où les Banques centrales permettraient au système financier de tenir le choc et où la croissance économique serait encore suffisamment robuste pour résister au krach immobilier, les problèmes seraient-ils résolus pour autant ? Non, la suraccumulation financière serait toujours là. Et les dangers des prochaines crises seraient d’autant plus grands qu’elles risqueront de se produire dans une conjoncture mondiale beaucoup moins favorable. Les solutions doivent porter sur le fond. Une composante essentielle consisterait à intervenir contre ce qui a permis la suraccumulation financière : la mobilisation des crédits bancaires au service de la spéculation et de la croissance des marchés financiers. Les Banques centrales devraient renverser la logique de leur politique monétaire. Au lieu de favoriser les opérations financières et de sacrifier l’emploi et la croissance réelle, elles devraient encourager les banques à financer en priorité les projets contribuant à développer l’emploi, la formation des salariés, le développement des nouvelles technologies. Elles en ont les moyens techniques. Leur mise en oeuvre est une question de volonté politique et d’efficacité des luttes sociales. (1) Auteur de Un autre crédit est possible, Éditions le Temps des cerises.
http://www.humanite.fr/2007-09-08_Tribune-libre_Renverser-la-logique-des-Banques-centrales
Crise financière
--- Peut-on dire que la crise financière est derrière nous ?
- Jacques Marseille. Non, je ne dirais pas ça, le propre des crises c’est qu’elles s’accompagnent d’une grande incertitude, personne n’en sait rien… Mais on sort toujours de ce type de crise, il faut attendre que la purge soit faite. Est-ce le cas ? Nous n’en savons rien. Il y a une règle boursière, qui fonctionne depuis plus de soixante-dix ans, en France en tout cas, c’est que la Bourse n’augmente jamais plus de quatre années de suite. Cette année était la cinquième et j’avais d’ailleurs rédigé un article fin 2006 qui évoquait la probabilité d’une crise boursière et financière en 2007.
--- Il s’agit donc, pour vous, d’un cycle « naturel » de l’économie ?
- Jacques Marseille. Oui. De vieux historiens économiques, je pense à Clément Juglar, au XIXe siècle, parlaient d’un cycle des affaires qui durait entre sept et dix ans, et en effet si vous regardez l’évolution depuis trente ans, nous avons eu deux crises pétrolières en 1973 et 1979, le crack de 1987, la crise de la 1re guerre du Golfe en 1991-1993, le crack de la nouvelle économie en 2000 et celle que nous avons aujourd’hui, en 2007. On peut donc dire que cette crise arrive à son heure, selon le « métronome » des activités économiques en histoire.
--- Est-elle plus grave que celles qui l’ont précédée ?
- Jacques Marseille. Non. Souvenons-nous qu’après la crise de 1929 la production mondiale avait chuté de 30 % alors qu’on nous parle - aujourd’hui d’un point de croissance perdu ! La vraie question est : comment les défauts de paiement d’un million de ménages américains, s’élevant environ à 300 milliards de dollars, peuvent provoquer une réduction de la capitalisation boursière de 10 000 milliards de dollars, soit 300 fois plus, et avoir de telles répercussions sur l’économie mondiale ? Cela n’a pas de sens. On - remarque que les crises boursières amplifient toujours des détails. Les vieux manuels d’histoire économique expliquaient l’origine de la crise de 1929 par le suicide d’un financier, par ailleurs inventeur des Photomatons, dont l’acte désespéré avait suscité la méfiance et précipité le désordre économique. Imaginez la disproportion entre l’événement et tous les phénomènes dramatiques mondiaux qui suivront : l’arrivée de Hitler au pouvoir, la Seconde Guerre mondiale et tous les désordres des années trente. Il en est de même aujourd’hui, le défaut de paiement de quelques centaines de milliers de ménages américains est anecdotique face aux désordres disproportionnés qu’il fait peser sur l’économie mondiale.
--- Vous n’imaginez donc pas de répercussions sur le quotidien des ménages français ?
- Jacques Marseille. Non, pour que ce soit le cas, il faudrait imaginer que la crise pénalise l’industrie du bâtiment, qu’elle ait des répercussions sur les autres secteurs économiques et qu’elle entraîne une plus faible croissance et se solde par des difficultés d’emploi. Il n’y a pas de lien mécanique entre les cours de la Bourse et la croissance et l’emploi. Bien sûr, il y a une question de « climat » économique. Un climat de méfiance pénalise l’ensemble de l’économie et il est vrai qu’aujourd’hui les banquiers sont très inquiets, les différentes banques ne se prêtent plus. Pourtant globalement l’économie mondiale est solide. La France rencontre des difficultés particulières en Europe liées à son manque d’investissement dans la recherche et l’innovation mais aussi à un coût du travail qui reste comparativement trop élevé. Je ne parle pas des entreprises du CAC 40, qui, elles, se portent très bien, mais plutôt des PME-PMI qui ont de vraies difficultés. (1) Dernier ouvrage publié : Les bons chiffres pour ne pas voter nul en 2007. Éditions Perrin, 2007.
Entretien réalisé par Frédéric Durand
http://www.humanite.fr/2007-09-08_Tribune-libre_-Un-cycle-naturel-de-l-economie
Les causes profondes de la crise financière de l’été sont toujours là, notamment les déséquilibres énormes nés des risques excessifs pris sur les marchés par les banques et les fonds d’investissement. Un grand nombre d’investisseurs ont acheté des titres représentatifs des créances mis sur les marchés par les établissements de crédit immobilier américains spécialisés dans les « subprimes » (prêts immobiliers à risque). Ces « papiers » de mauvaise qualité sont toujours logés dans leurs bilans sans que l’on sache très bien qui en détient et combien. Ce manque de transparence crée un mouvement de défiance générale sur les marchés. Les banques hésitent à se prêter entre elles et à prêter aux investisseurs qui ont des besoins de financement. C’est ce manque de liquidités des marchés qui a poussé les Banques centrales du monde entier à en injecter massivement à plusieurs reprises au plus fort de la crise. Si l’on note une accalmie, la liquidité des marchés n’est plus aussi bonne qu’avant. Et cela aura un impact sur les relations que les banques entretiennent avec leurs clients. Elles vont être très prudentes, très - réticentes. Ce d’autant plus que les banques ont toujours tendance à surréagir. Quand tout va bien, elles sont euphoriques. Quand le vent tourne, elles freinent, parfois de manière excessive. C’est ce que l’on appelle le phénomène de pro-cyclicité des banques. Après le temps de « l’argent facile », on peut donc craindre un retour de balancier. Les observateurs les plus pessimistes - dont le magazine The Economist pourtant favorable au fonctionnement actuel des marchés - ont évoqué un risque de « credit crunch », c’est-à-dire d’arrêt brutal de crédits. Il me semble que le risque est plutôt celui d’un « krach rampant », une crise rampante qui pourrait durer plusieurs mois. Cette situation aura des effets induits sur la sphère réelle. Les banques vont d’une part prêter moins et d’autre part faire payer leurs prêts plus cher. Les entreprises, notamment les PME qui sont toujours les premières touchées, auront des difficultés pour financer leurs investissements. Et les ménages plus de difficultés pour accéder au crédit à la consommation et aux prêts immobiliers. Pour éviter un tarissement du crédit, on l’a vu, les banques centrales ont injecté massivement des liquidités sur les marchés monétaires. Elles peuvent aussi jouer - à la baisse - sur leurs taux d’intervention. Même le gouverneur de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, semble avoir renoncé à poursuivre la hausse des taux d’intérêt qu’il avait engagée depuis un an et demi au nom de la lutte contre l’inflation - alors que la seule qui demeure provient de la hausse des prix des matières premières ou du pétrole sur laquelle la manipulation des taux n’a aucun impact. Mais se pose la question de sa stratégie et de ses objectifs. Dans une période de tension comme celle que l’on vit actuellement, c’est la stabilité financière - c’est-à-dire la stabilité des prix d’actifs et des banques - qui doit être sa priorité, sans qu’elle devienne pour autant l’otage des financiers. Les banques et les investisseurs qui ont pris des risques excessifs doivent être sanctionnés financièrement. Si la Banque centrale vient à leur secours à chaque fois qu’ils ont des problèmes, ils recommenceront à la première occasion. Les contradictions dans lesquelles se trouve aujourd’hui la BCE soulignent l’inadaptation de la politique monétaire, qui n’est pas ciblée sur les besoins de l’économie. C’est l’occasion de revoir le dispositif actuel. Ce qui ne se fera sans doute pas, car, par définition, un banquier central est conservateur et qui plus est, indépendant ! http://www.humanite.fr/2007-09-08_Tribune-libre_On-va-vers-un-krach-rampant
La crise est finie, si et seulement si les Banques centrales font leur travail. Il faut que la Réserve fédérale américaine baisse ses taux d’intérêt. Elle avait déjà cet été baissé son taux de l’escompte. Le 18 septembre prochain, date de sa réunion de politique monétaire, il faut qu’elle baisse le taux objectif des fonds fédéraux, le taux principal de sa politique monétaire puis le faire une fois encore début 2008. Cela permettra de relancer les marchés en relançant l’économie américaine. Le noeud du problème, c’est le dégonflement de la bulle immobilière aux États-Unis, associé au ralentissement économique. C’est à sa racine qu’il faut agir, en évitant que le dégonflement de la bulle ne se transforme en krach. Et en évitant que la tempête financière fasse tâche d’huile sur l’économie. C’est le rôle d’une Banque centrale de relancer la croissance.
Si la Réserve fédérale engage cette baisse des taux, l’Europe en bénéficiera. Mais le problème c’est que la Banque centrale européenne (BCE), même si elle marque une pause, non seulement ne veut pas baisser les taux d’intérêt mais même les augmenter. Chez nous, la crise n’est peut-être pas encore commencée ! En France, nous sommes sur une bulle immobilière qui va de toute façon finir par se dégonfler. Les prix vont de toute façon baisser dans les deux années à venir, de 15 à 20 % sans doute. Si la croissance n’est pas au rendez-vous - comme c’est le cas aujourd’hui, ce que vient de confirmer l’OCDE -, la situation sera difficile. Et l’on prendra conscience des erreurs passées et à venir de la BCE. La Réserve fédérale est indépendante comme la BCE. À deux grandes différences près. La Réserve fédérale a un objectif explicite de croissance, alors qu’il est implicite pour la BCE. Et surtout la Réserve fédérale doit rendre des comptes au Congrès, alors que la BCE n’a de comptes à rendre à personne. Le lui imposer changerait tout. Dans l’état actuel des choses, avec des dirigeants de la BCE monétaristes purs et durs, l’Europe risque d’être une fois encore le dindon de la farce.
http://www.humanite.fr/2007-09-08_Tribune-libre_Europe-dindon-de-la-farce
Il y a cinq ans disparaissait une grande figure de la Résistance. Le 8 septembre 2002, Henri Rol-Tanguy, « Rol », nous quittait. Né en 1908, métallo hautement qualifié, militant communiste et surtout syndicaliste, Henri Tanguy est permanent du syndicat des Métaux CGT de la région parisienne lorsqu’il s’engage dans les Brigades internationales en février 1937, voici soixante-dix ans. Il est en mai 1938 commissaire politique de la 14e brigade et combat sur l’Ebre. En ces mois anniversaires de la guerre d’Espagne, je veux rappeler que cet engagement fut essentiel pour le résistant qu’il fut dès 1940. En 1939, si l’annonce du pacte germanosoviétique ne change en rien sa détermination antifasciste, l’expérience espagnole y est pour beaucoup, et c’est dès sa démobilisation en août 1940, qu’il reprend contact avec ses camarades des Métaux, par l’intermédiaire de Cécile, sa femme, à ses côtés pendant toute la guerre. Il oeuvre immédiatement au lancement des comités populaires, premier pas vers un syndicalisme clandestin de combat. C’est avec son affectation à la lutte armée, en juillet 1941, que, dans des conditions évidemment très différentes, l’expérience espagnole est décisive : dans les triangles de direction FTP, « militaire » en région parisienne (été 1941-septembre 1942), « politique » en Anjou-Poitou (jusqu’en avril 1943) puis en région parisienne (avril-septembre 1943) ; dans les FFI, notamment comme chef régional Ilede- France (juin-août 1944). Deux exemples, parmi d’autres. Commissaire politique de la 14e brigade, Henri Tanguy a su se faire accepter par l’étatmajor et les hommes d’une unité déjà aguerrie, en respectant leur expérience et en donnant lui-même de sa personne au combat. Dans les FFI, ses compétences militaires aidant – fruit de l’engagement espagnol et de nombreuses lectures très éclectiques –, il saura établir des relations de confiance avec les officiers de son état-major, d’origine et de conviction très diverses. Son équipe fut de ce fait à même de préparer puis de diriger l’insurrection parisienne. Second exemple : la conviction, confortée par la bataille de l’Ebre, que toute action exige une préparation minutieuse et doit être adaptée à la réalité. Aussi refuse-t-il d’appliquer des consignes FTP qu’il estime improvisées ou irréalistes (par exemple pour célébrer l’anniversaire de Valmy). Mais en 1942, vu la diversification des actions et les réactions de la police et de l’occupant, il élabore avec Roger Linet (« politique ») et Raymond Colin (« technique »), une tactique nouvelle utilisant plusieurs groupes FTP de trois, chacun ayant une mission précise : intervention, soutien, protection du repli. Mise en oeuvre avec succès lors de la manifestation de ménagères rue Daguerre à Paris, le 1er août 1942, cette tactique est déployée au printemps 1943, lorsque Henri Tanguy est de retour à Paris comme « politique », avec Joseph Epstein (« militaire ») et Édouard Vallerand (« technique »). On retrouve ce même souci de faire face aux rapports de forces réels dans les objectifs fixés à l’insurrection parisienne : non pas libérer à elle seule la capitale, mais forcer l’ennemi à se retrancher dans quelques bastions, afin que les Alliés les en chassent. D’où l’envoi par Rol de la mission Gallois pour prendre contact avec les forces américaines. Il y a encore beaucoup à dire sur le rapport d’Henri Tanguy. à la guerre d’Espagne. Rappelons ce symbole fort : son dernier pseudo, « Rol », emprunté à un brigadiste tué sur l’Ebre, et dont le nom deviendra une composante de son patronyme. (*) Auteur de Rol-Tanguy, éditions Tallandier, 2004. http://www.humanite.fr/2007-09-08_Tribune-libre_-Rol-et-l-experience-brigadiste
Quels enjeux pour les élections législatives au Maroc ? Il est manifeste que le paysage politique marocain est singulièrement émietté. Une gauche parcellisée, dominée par l’Union socialiste des forces populaires (USFP) laquelle depuis plusieurs décennies s’est délestée de son option révolutionnaire et tend depuis lors vers la social-démocratie. Une droite et un centre qui se cherchent ; en effet, hormis le vieux parti conservateur d’Allal el Fassi (Istiqlal), les autres formations, dont le Rassemblement national des indépendants (RNI), le Mouvement populaire (MP) ont été instrumentalisés durant quarante ans pour servir avant tout les intérêts du Palais et ainsi contrer l’opposition de gauche de sorte que leur base idéologique est plutôt fluctuante. Longtemps, ces partis inféodés au Makhzen ont été les supports des gouvernements de Sa Majesté Hassan II, jusqu’à l’alternance consensuelle de 1998. Fruit de concessions réciproques entre la monarchie et les leaders de l’ancienne opposition, il en résulta une alliance hétéroclite incluant outre le bloc socialiste (dont les dirigeants accédaient pour la première fois aux responsabilités et à la primature), l’Istiqlal, et des partis administratifs. En 1997, une formation, qui prendra une année plus tard l’appellation de Parti de la justice et du développement (PJD), fait son entrée au sein du Parlement. Ces islamistes qui se qualifient de « modérés » deviennent en 2002 avec 42 sièges sur 325 à la Chambre des représentants, la troisième force politique du pays, et ceci bien qu’ils aient consenti à l’époque à s’autolimiter (ils ne briguaient des sièges que dans 60 % des circonscriptions). Le « parti de la lampe » prospère en se positionnant comme le défenseur de l’identité arabo-musulmane, qui serait menacée de toutes parts. Il apparaît comme la caisse de résonance du profond malaise de la société marocaine : des inégalités sociales abyssales conjuguées aux carences chroniques de l’État en la matière. Quel que soit le verdict des urnes et les multiples tractations qui en résulteront, il est indéniable que la consultation électorale à venir est un exercice de respiration démocratique (le pays devra encore démontrer que son déroulement a été régulier et que les résultats sont transparents). Son incidence réelle sur la vie politique du royaume doit être sérieusement tempérée dans la mesure où il a pour cadre un régime politique évoluant aux antipodes d’une monarchie constitutionnelle classique, objet d’un consensus sans faille au sein de l’échiquier politique marocain. Si l’on peut se réjouir de l’élaboration au sein de chaque formation politique de programmes largement lisibles et rendus publics, les engagements ne peuvent être qu’étroitement circonscrits. Au Maroc, c’est le roi qui trace le sillon de sorte que les promesses des uns et des autres ne peuvent relever que des orientations royales qui sont inscrites dans chaque discours du Trône et plus particulièrement dans celui du 30 juillet dernier, lequel s’avère la matrice des diverses propositions émises par les partis. La question de fond qui est seulement effleurée par les partis pendant la campagne (hormis la gauche radicale) est la suivante : un souverain qui se définit comme « roi-citoyen » qui a su rompre avec le despotisme du règne précédent tout en engageant des réformes de sociétés majeures (refonte du Code la famille, installation de l’Instance équité et réconciliation destinée à solder le passif douloureux des années de plomb…) est-il prêt à partager le pouvoir ? Cette nouvelle donne impliquerait que le gouvernement puisse pleinement conduire la politique de la nation sous le contrôle du Parlement et concomitamment nécessiterait un net renforcement des prérogatives du premier ministre. C’est seulement dans un tel contexte que le renouvellement de la Chambre des représentants recouvrirait toute sa signification puisque la votation exprimerait alors un véritable choix pour l’avenir et ne serait plus conditionnée par « le bon plaisir ». Cette révolution dans son sens étymologique ne sortira pas des urnes, elle ne peut s’effectuer que par le haut, c’est-à-dire par volonté royale. Mohammed VI et ses conseillers de l’ombre, le Makhzen, consentiront-ils à franchir le Rubicon afin d’éviter que le Maroc ne s’engonce dans une déprimante continuité politique ?
http://www.humanite.fr/2007-09-08_Tribune-libre_Les-conditions-d-une-nouvelle-donne
Après les affaires Persichetti et Battisti, voici venu le tour de Marina Petrella, arrêtée à Argenteuil sous le prétexte fallacieux d’un contrôle de véhicule, vendu il y a plus d’un an. À l’heure actuelle, Marina Petrella, détenue à la maison d’arrêt de Versailles, est menacée d’extradition en Italie. Marina Petrella est l’une des membres de la communauté d’Italiens qui s’est exilée en France à la suite de ladite doctrine Mitterrand lancée en 1981 et formalisée en 1985. Cette doctrine offrait un accueil à toutes ces personnes poursuivies par la justice de leur pays d’origine et avait plusieurs effets :
* l’octroi d’un asile de fait, non pas au cas par cas, mais solidaire et indivisible, pour toutes sans distinction ;
* la reconnaissance du caractère politique des actes de ces militants condamnés par la justice italienne, et donc le refus de les traiter comme des « terroristes » (pour précision, ce caractère politique est contextuel au cadre normatif italien, d’ailleurs encore en vigueur, qui qualifie les inculpations de ces militants « de délits contre la personnalité de l’État ») ;
* la régularisation de tous les Italiens exilés via la délivrance de permis de séjour, ouvrant la possibilité de vivre et de travailler régulièrement sur le sol français – ce que faisait Marina Petrella, mère de famille de deux filles, dont une de dix ans, et assistante sociale depuis son arrivée. La Convention européenne sur l’extradition de 1957 reconnaît explicitement – article 3 – que l’extradition ne sera pas accordée pour des infractions politiques. Les faits reprochés à Marina Petrella relèvent de la définition donnée par la Convention européenne en tenant compte du contexte dans lequel ces faits se sont produits. En acceptant la demande d’extradition de l’Italie – ce dont s’est félicité le gouvernement de ce pays –, le gouvernement français remet, radicalement, en cause le droit d’asile et sape la notion même de délit politique, figure largement reconnue par le droit international conventionnel. Pour toutes ces raisons, nous, élus signataires, soucieux des valeurs qui fondent la démocratie et désireux que la France ne se mette pas au ban de la communauté internationale en enfreignant les instruments internationaux, nous demandons, d’une part, la mise en liberté de Marina Petrella et, d’autre part, l’application de la normativité européenne en matière d’extradition. Nous appelons tous les élus et les personnalités, respectueux du droit international et des droits humains, à se joindre à cet appel. Premiers signataires : Patrick Braouezec, député de Seine-Saint-Denis ; Jean-Paul Lecoq, député de Seine-Maritime ; Noël Mamère, député de Gironde ; Martine Billard, députée de Paris ; Serge Blisko, député de Paris ; Francis Wurtz, député européen ; Jordi Pedret, député de Catalogne, Espagne ; Alain Liepietz, député européen ; Hélène Flautre, députée européenne ; Catherine Gégout, conseillère de Paris ; Pierre Mansat, adjoint au maire de Paris ; Jean Vuillermoz, conseiller de Paris ; Sophie Meynaud, conseillère de Paris ; José Espinosa, conseiller de Paris ; Clémentine Autain, adjointe au maire de Paris ; Pénélope Komites, adjointe au maire de Paris ; Fernanda Marrucchelli, conseillère du XXe arrondissement, Paris ; Yves Cochet, député de Paris ; Fred Vargas, romancière ; Jo Vargas, peintre ; Alain Lhostis, adjoint au maire de Paris ; Marie-Hélène Amiable, députée des Hautsde-Seine. Signatures à faire parvenir : appelpetrella@ hotmail. com
http://www.humanite.fr/2007-09-08_Tribune-libre_Au-nom-du-droit-d-asile
Face à la privatisation de GDF, la CGT en appelle « aux citoyens et aux forces opposées à la marchandisation de l’énergie ». Dès hier, Gérard Mestrallet a tenu à mettre les choses au point. Non, la fusion Suez-GDF ne correspond pas à une « nationalisation partielle » de Suez, avec l’entrée de l’État actionnaire de GDF dans le nouveau groupe, dont la future constitution a été annoncée hier. Mestrallet répondait ainsi à l’argumentaire de circonstance répété à l’envi toute la journée de lundi par le journaliste Jean-Marc Sylvestre, qui s’efforçait de répondre aux critiques sur la privatisation de GDF. L’éditorialiste économique de France Inter invoquait, pour les besoins de sa démonstration, la minorité de blocage conférée par les 35 % de la participation de l’État. L’homme fort de la fusion, actuel PDG de Suez, a donc martelé, primo, que « GDF est privatisé, c’est clair », secundo, que « le projet est extrêmement attractif pour les actionnaires ». Pour autant, la bataille n’est pas perdue aux yeux des défenseurs de l’énergie publique, qui entendent bien se mobiliser pour contrer un projet lourd de menaces sur la maîtrise de l’approvisionnement énergétique et la stabilité des tarifs, jusqu’ici réglementés. Ces menaces sur les prix réglementés, Jean-François Cirelli, PDG de Gaz de France, appelé à devenir le numéro 2 de GDF-Suez, ne peut les écarter. « Un jour, reconnaissait-il hier sur les ondes de BFM, la Commission européenne va nous dire : "Il faut les supprimer", et nous aurons un combat à mener. » Les organisations syndicales ont fait connaître leur hostilité. La CGT prépare le lancement d’une pétition nationale exigeant l’arrêt du processus de privatisation que le gouvernement voudrait voir boucler pour 2008. Les syndicalistes de GDF et de Suez engagent une campagne d’information et de mobilisation auprès des citoyens, de l’ensemble des organisations syndicales, des associations de consommateurs et des forces opposées au processus de marchandisation des services publics », soulignent-ils dans un communiqué. De son côté, la CFTC énergie organise, jeudi, un rassemblement devant le siège de Gaz de France, à Paris, jour où doit se tenir un conseil supérieur consultatif des comités mixtes de production (équivalent d’un CCE). J.-P. P. - http://www.cgt.fr/internet/
http://www.humanite.fr/2007-09-05_Politique_Une-petition-nationale-contre-la-fusion-GDF-Suez
Savoir-Agir nº 1, revue trimestrielle de l’association Raisons d’agir, Éditions du Croquant, septembre 2007, 15 euros. La séquence électorale de 2007 a mis cruellement en évidence le retard que la gauche a pris dans la bataille idéologique. La gauche de la gauche n’échappe pas à la critique, même si elle a porté l’exigence d’un renouvellement de l’analyse du capitalisme contemporain et de propositions alternatives. C’est pour contribuer à ce renouvellement que l’association Raisons d’agir (ttp ://www.raisonsdagir.org/>) publie cette nouvelle revue, Savoir-Agir, qui complète la collection de livres qu’elle publie sous le même nom aux Éditions du Croquant depuis 2003. L’association souhaite poursuivre ainsi le travail de construction d’un « intellectuel collectif autonome international », lancé naguère par Pierre Bourdieu. Le projet peut certes sembler modeste au regard du chemin qui est à parcourir pour regagner le terrain perdu. Il s’agit de forger un « véritable outil de lutte symbolique, un outil de diffusion des savoirs critiques et d’intervention plus directe dans le débat politique », comme le précise l’éditorial de lancement de la revue. La lutte symbolique est en effet particulièrement nécessaire au moment où la domination des intellectuels médiatiques, c’est-à-dire non critiques, se confirme tous les jours. La revue paraîtra à la fin de la semaine prochaine et sera diffusée à l’occasion de la Fête de l’Humanité. Au sommaire du premier numéro, figure un dossier sur les élections de 2007, avec des articles de Frédéric Lebaron, Gérard Mauger, Annie Collovald, Patrick Lehingue, Rémi Lefebvre et Frédéric Sawicki, notamment. Cette première livraison contient en outre un « grand entretien » avec Céline Braconnier et Jean-Yves Dormagen, récents auteurs de la Démocratie de l’abstention (Éditions Gallimard, « Folio Actuel »), ainsi que diverses rubriques ayant vocation à revenir dans chaque numéro (des entretiens pour « Donner la parole au peuple », une « Chronique de la gauche de la gauche », « Politiques d’ailleurs », avec des articles sur l’Indonésie et les récentes élections en Écosse, une chronique sur la « Rhétorique réactionnaire », etc.). La revue est diffusée au numéro et sur abonnement. Renseignements, commandes : revue@raisonsdagir.org. Laurent Tisserand
http://www.humanite.fr/2007-09-08_Tribune-libre_Une-nouvelle-revue-pour-enrichir-la-reflexion-critique-de
* ÉDITORIAL par Patrick Le Hyaric.
Utilisez la Fête comme porte-voix Les responsables de la gauche s’y retrouveront, c’est une première depuis les élections.
* DOSSIER
POUVOIR D’ACHAT ET SALAIRES Ils vous escroquent !
Augmenter les revenus, c’est stimuler la demande mondiale.
* SOCIAL
fusion GDF-Suez. Sarkozy se parjure pour faire plaisir aux actionnaires de Suez.
Les cheminots ne veulent pas être pris en otages.
* POLITIQUE
La gauche au pied du mur Va-t-on prendre pour 10ans de droite ?
* SOCIÉTÉ
École Dérogations à la carte scolaire : une bombe à retardement
Nouvelles solidarités Les sorcières s’installent à Montreuil.
* FORUM DES LECTEURS
« Merci Émilienne… Adhérente fidèle de la Société des lecteurs de l’Humanité, elle a déjà versé des sommes importantes à notre journal. Elle vient de nous adresser 3 000 euros. . » HENRI MALBERG, Président de la société des lecteurs.
* RÉGIONS
Parcs naturels régionaux, , oui ! Réserves d’Indiens, non !
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Sarkozy veut « libérer » la croissance en enchaînant les travailleurs !
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Cinéma. Sicko.Combien coûte un doigt aux Etats-Unis ? Le docteur Michael Moore répond.
Livre Octave et Maria, du Komintern à la résistance, par Jean Rabaté.
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Trafics d’organes Ils vendent leur rein !
Maroc Le royaume chérifien face à ses islamistes.
Europe Sale temps pour la grève.
Afghanistan Le choix périlleux de l’opportunisme.
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Rugby l’histoire de la coupe du monde.
Pierre Villepreux « Voici pourquoi les All Blacks ont tout compris »
* VIE QUOTIDIENNE
Études 20/20 pour le soutien scolaire gratuit !
* REFLEXIONS de Hubert Reeves, astrophysicien et écrivain : Vénus et l’effet de serre
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L’Empire de l’université. Sur Bourdieu, les intellectuels et le journalisme, Geoffroy de Lagasnerie. Éditions Amsterdam, 2007. 8,50 euros. À la fin des années soixante-dix, Foucault, Bourdieu, Derrida et Deleuze s’attaquent simultanément au journalisme, qui leur semble la manifestation la plus menaçante pour la vie des idées des forces extérieures au champ intellectuel. Dans le même temps, ils s’affichent en défenseurs de la « communauté des pairs », seule à même de juger de la pertinence d’un travail intellectuel et de l’université, contre laquelle ils avaient pourtant dû batailler pour imposer leurs travaux. C’est à expliquer ce retournement, qu’il fustige sous le nom d’« académisme », que s’emploie l’auteur de ce livre stimulant. À ses yeux, le vieux principe de « communauté des pairs » repose sur un double acte de « magie » (l’obtention d’un titre universitaire) et de consécration sociale (l’obtention d’un poste). Non seulement la division de l’espace intellectuel qui en résulte est arbitrairement imposée par l’État (via l’école) mais elle s’enracine dans « une ratification des jugements d’État », puisque c’est lui qui désigne ceux qui jugent de la compétence intellectuelle. Or, poursuit l’auteur en repérant une analogie entre champ intellectuel et champ artistique, c’est toujours par des alliances nouées à l’extérieur de leurs champs (tel Manet, en lutte contre l’académisme de l’art pompier) que les « hérétiques » parviennent à triompher. Quitte à vouloir innover dans le domaine des idées, mieux vaudrait donc soutenir « la communauté des hérétiques (…) contre la communauté scientifique ». Et d’inviter à rompre avec l’idée qu’il y aurait « des différences de nature et donc de valeur entre un livre de recherche, un traité philosophique, un essai, une intervention dans la presse, voire une manifestation ou un tract politique ». On touche ici le noeud de la démonstration et son point critique : la communauté scientifique-universitaire s’illusionnerait lorsqu’elle croit bâtir la vérité intellectuelle. Si tous les discours se valent, s’ils sont interchangeables, c’est que le critère déterminant de la pertinence académique, loin d’être la démonstration ou la preuve, se confond avec une fonction sociopolitique. L’autonomie de la science serait donc prétentieuse et illusoire. On regrettera ici que l’auteur n’interroge pas davantage les limites et les frontières du champ qu’il remet en question. Comment se construit en effet un corpus scientifique ? Avec quels types d’arguments se noue par exemple une controverse en sciences humaines ? Sont-ils essentiellement rhétoriques ? S’il est raisonnable de penser que le savoir n’appartient pas seulement à l’université, qu’il relève du savoir-faire, de la pratique, de l’action (le critère de la pratique), il est loin de se ramener à une question de goût. Ni même d’intérêts. À une interrogation pertinente (pourquoi quatre intellectuels défendent-ils l’université face au journalisme ?), l’auteur propose une réponse qui se piège à son propre relativisme. Ne faudrait-il pas plutôt comprendre la pression qui s’exerce actuellement sur le champ scientifique-universitaire comme l’effet de l’emprise croissante de l’économie (incitation aux recherches rentables, discours sur le rapprochement entre entreprise et laboratoire, apologie des savoirs utiles…), elle-même liée à la contre-révolution libérale entamée à la fin des années soixante-dix ? Foucault, Bourdieu et quelques autres en tout cas la voyaient venir de loin. Nicolas Chevassus-au-Louis
http://www.humanite.fr/2007-09-10_Tribune-libre_Bourdieu-et-l-universite
Dominique Rousseau retrace l’histoire politique et institutionnelle de la Ve République et le défi qu’elle pose à la démocratie citoyenne. La Ve République se meurt, vive la démocratie, par Dominique Rousseau. Éditions Odile Jacob, 2007, 250 pages, 23 euros. À défaut de pouvoir maîtriser les graves infirmités sociales de notre régime politique, le débat public s’est orienté, depuis quelques années, autour des questions proprement institutionnelles. Cet ouvrage de l’un de nos meilleurs constitutionnalistes s’inscrit largement dans cette démarche, même s’il ne préconise pas le passage à une VIe République. Sa contribution se présente d’abord comme une étude historico-juridique de la Ve République, dont on peut regretter l’absence de réel arrière-plan social s’agissant d’une confrontation aux exigences de la démocratie. Les trois premières parties retracent minutieusement l’histoire de la Ve République selon la brillante construction qui marque l’empreinte de l’école juridique. Certains faits perdus de vue sont opportunément rappelés : le score du centriste Jean Lecanuet, crédité de 16 % des voix lors de la première élection présidentielle au suffrage universel direct en 1965, correspondant d’assez près au score récent de François Bayrou, pourtant salué par les chroniqueurs comme une grande mutation de la vie politique. Idem de la tentation centriste du Parti socialiste sous la Ve République : mise notamment en oeuvre en 1969 « alors que le socialiste Defferre se place dans la perspective d’une alliance avec les centristes… le communiste Duclos lui oppose la stratégie d’union des forces de gauche. La sanction est immédiate et sans appel. Si Duclos réalise un bon score (21 %), Defferre s’effondre (5 %)… ». Mais le coeur du diagnostic formulé par Dominique Rousseau quant à « la déliquescence » de la Ve République tient à l’abandon de la conception gaullienne de la responsabilité politique en termes de découplage du pouvoir et de cette responsabilité. Ce basculement mortifère consécutif aux pratiques d’un « présidentialisme absolu et irresponsable » est imputé d’abord à François Mitterrand, puis à Jacques Chirac qui « lui a porté les coups fatals » (refus de démission après la dissolution de 1997 ou le référendum négatif de 2005). Convaincant sur ce terrain critique concernant aussi l’établissement du quinquennat, « ou plus exactement l’élection du président suivie deux mois après par l’élection des députés » qui assied une « hégémonie présidentielle absolue », l’auteur l’est moins dans la partie de l’ouvrage relative aux thérapies préconisées. Refusant de remettre en cause l’élection présidentielle au suffrage universel direct, il préfère privilégier l’introduction du pouvoir judiciaire dans le jeu de la séparation des pouvoirs, en suggérant de réorganiser le Conseil constitutionnel et le Conseil supérieur de la magistrature substitué au ministre de la Justice. Constatant par ailleurs, à juste titre, que « la pensée constitutionnelle ignore le citoyen » et que le régime représentatif participe aussi à étouffer la démocratie, il suggère d’autres pistes que celles de la « démocratie d’opinion » qui aggrave ces effets pervers en substituant une personne à un ensemble institutionnel. C’est évidemment ici que le chantier reste largement ouvert et que les interpellations de l’auteur comportent des vertus stimulantes dans une actualité toujours plus nettement marquée par l’hégémonie présidentielle… Serge Regourd professeur de droit public
http://www.humanite.fr/2007-09-06_Tribune-libre_Une-Constitution-poussee-a-l-agonie
Ludwig Wittgenstein, Correspondance (Cambridge), éditée par B. Mc Guinness et G.H. von Wright, traduction de Gérard Granel et Élisabeth Rigal. Éditions TER, 2007, 272 pages, 24 euros. « Je ne sais toujours pas quoi dire de votre livre, sinon que je suis certain que c’est une oeuvre d’une importance et d’un génie extraordinaires. À tort ou à raison, il domine toutes les discussions fondamentales à Cambridge depuis qu’il a été écrit », tel est le jugement porté par Keynes, le plus grand économiste du XXe siècle, sur le Tractatus logico-philosophicus de Wittgenstein trois ans après sa publication, dans une lettre de 1924. Ce n’est pas un des moindres charmes de la passionnante correspondance de Wittgenstein avec Russell, Moore, Keynes, Ramsey et Sraffa (Cambridge Letters) que d’y lire de tels témoignages, avec des notes personnelles parfois touchantes, de la part de membres de l’intelligentsia du Cambridge de la première moitié du XXe siècle, et de voir se développer au fil de ses lettres le talent d’un tout jeune Wittgenstein d’abord ébloui par ses mentors britanniques. Après les premières missives du jeune Autrichien venu étudier la logique avec Russell en 1911, on voit s’affirmer très vite l’auteur d’un chef-d’oeuvre en gestation, qui ne s’appelle pas encore Tractatus et, après la coupure de la Première Guerre mondiale, se dessiner les derniers préparatifs à la publication de ce livre sous l’égide de Russell, puis se dérouler le scénario du retour de Wittgenstein en Grande-Bretagne, grâce aux efforts déployés par Keynes et Ramsey pour le faire revenir d’Autriche à Cambridge, après la guerre qui l’a détourné de toute carrière universitaire, et même de la philosophie. C’est donc l’histoire du retour de Wittgenstein à Trinity College et à la philosophie, de sa réinsertion académique puis de ses efforts inaboutis pour abandonner finalement la philosophie, ponctués de quatre querelles et quatre réconciliations dont on laisse la surprise au lecteur, que nous livre cette correspondance. Le ton est libre, avec des touches d’humour, les sujets souvent intimes, familiers, pittoresques, factuels, ou au contraire techniques (discussions sur la logique avec Russell puis Ramsey), mais aussi philosophiques, et le caractère de Ludwig parfois exécrable, à la mesure de son exigence vis-à-vis de lui-même et des autres, quoique par moments amical et attentionné. Entre autres témoignages précieux figure l’échange de lettres, au moment de l’Anschluss, avec Keynes et Sraffa qui, plus ancrés que lui dans le réel de l’histoire, conseillent à Wittgenstein d’opter pour la nationalité britannique quand son passeport autrichien va lui être retiré et qu’il doit se déclarer juif allemand ou anglais. Bien qu’il ait passé sa vie à la fuir, Cambridge est le port d’attache auquel Wittgenstein revient toujours. Rappelons aussi, en 2006-2007, outre la publication (Gallimard) d’un des ultimes recueils de notes de Wittgenstein, le plus clair et le plus lisible de tous, De la certitude, dans une nouvelle traduction de Danièle Moyal-Sharrock (commenté dans le très bon petit livre d’élise Marrou (Ellipses), une floraison d’excellents ouvrages sur ou à partir de Wittgenstein : l’Illusion de sens. le Problème du réalisme chez le second Wittgenstein, de Layla Raïd (Kimè), Wittgenstein et l’énigme de l’existence, d’Emmanuel Halais (PUF), les Formes sociales de la pensée et la Sociologie après Wittgenstein, d’Albert Ogien (Colin). L’oeuvre de Wittgenstein demeure manifestement une des sources qui irrigue la pensée contemporaine dans plusieurs domaines, notamment en sciences sociales. Christiane Chauviré philosophe
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Éric Maurin décortique les idées reçues sur le système éducatif en soulignant l’échec des conceptions libérales et élitistes en vogue. La Nouvelle Question scolaire. Les bénéfices de la démocratisation, par Eric Maurin. Éditions du Seuil, Paris, 2007, 272 pages, 18 euros. Ce livre va certainement marquer les débats de politique scolaire et donner des arguments aux partisans de la démocratisation de l’enseignement. L’auteur instaure, en effet, un « véritable dialogue » fondé sur l’examen d’un grand nombre d’expérimentations naturelles et sociales et de leurs effets dans les histoires nationales d’une dizaine de pays. Cette méthode scientifique d’économie empirique, à la recherche des lois fondamentales qui régissent les sociétés, est appliquée à ce large « spectre géographique de la réflexion ». La démarche se conjugue avec un juste questionnement de la démocratisation et une exacte appréciation de l’histoire du système éducatif et de l’avènement d’une « forme très inachevée de collège unique », comme du tournant conservateur du milieu des années quatre-vingt-dix en France. Ce qui conduit l’auteur à démonter par le détail les idéologies conservatrices : élitisme, malthusianisme et libéralisme, actuellement dominants, et à critiquer le mythe de la dévalorisation du niveau des diplômes, en reprenant la statistique du chômage des jeunes. Il met en évidence et oppose les solutions véritables : bourses et logements décents, qui créent les conditions de l’ambition ; aux solutions illusoires, orientation précoce, libre choix des parents, autonomie des écoles, amélioration des performances à moyens constants. Enfin, il démontre l’importance des bénéfices sociaux de l’expansion scolaire : meilleure insertion professionnelle, réduction de la criminalité, satisfaisante construction des enfants. On formulera une réserve : pourquoi vouloir s’engager dans l’augmentation des droits d’inscription universitaire pour financer l’enseignement supérieur ? N’est-ce pas une voie dangereuse et contraire précisément au processus de démocratisation ? Tous ceux qui se sentent concernés par la question scolaire, en tout cas, s’empareront des démonstrations d’Éric Maurin. Pierre Roche historien de la pédagogie
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Le livre de Simone Mazauric redonne toute sa place au fondateur d’une discipline qui place l’exercice de la raison critique au coeur du savoir. Fontenelle et l’invention de l’histoire des sciences, de Simone Mazauric. Éditions Fayard, 380 pages, 22 euros (à paraître le 19 septembre). Il y a deux cent cinquante ans mourait, presque centenaire, Bernard Le Bovier de Fontenelle. Entre la date de sa naissance à Rouen en 1657 et celle de sa mort à Paris en 1757, la société s’est profondément transformée : on est entré dans le temps des Lumières. De cette transformation Fontenelle est sans conteste l’un des acteurs importants. Cependant, de cet homme à l’oeuvre considérable, il ne reste bien souvent, aujourd’hui, que des souvenirs un peu lointains : celui d’un secrétaire perpétuel de l’Académie royale des sciences d’une longévité exceptionnelle, celui de l’auteur d’un beau succès littéraire et scientifique d’inspiration cartésienne, les Entretiens sur la pluralité des mondes, publiés en 1686, un an avant les Principes mathématiques de la philosophie naturelle de Newton. Le livre de Simone Mazauric vient donc à point pour redonner une place à Fontenelle mais aussi à un certain travail de la pensée où s’affirme clairement ce qu’on peut appeler l’exercice de la raison critique. Un exercice de la pensée pour la liberté qui, prenant son essor à l’aube du XVIIIe siècle, doit toujours être réactivé, ce qui n’est pas une mince affaire. Loin d’écrire un livre sur Fontenelle, l’auteure s’attache à penser, à partir de l’homme, l’invention de l’histoire des sciences au tournant des XVIIe et XVIIIe siècles. Dans sa vie même, en effet, Fontenelle se trouve à la croisée des chemins et des débats qui vont déterminer à la fois l’engendrement d’une discipline, l’histoire des sciences et une orientation critique de la pensée. Dans ce livre toujours bien documenté et d’une lecture agréable, Simone Mazauric nous invite à découvrir, en l’inscrivant dans la vie intellectuelle et scientifique de l’époque, les conditions de la genèse de la vie et des transformations de l’Académie royale des sciences, créée en 1666 sous la protection de Louis XIV. Fontenelle y entre en 1697, en qualité de géomètre et de secrétaire perpétuel, dont il prend officiellement la charge lors de la restructuration de l’Académie en 1699. Décision est alors prise de publier chaque année les mémoires présentés aux séances de l’Académie ainsi qu’une partie introductive appelée « Histoire de l’Académie » dont la rédaction échoit au secrétaire perpétuel. Fontenelle va s’acquitter de cette tâche jusqu’en 1740 lorsqu’on lui accorde enfin, à quatre-vingt-trois ans, le droit de prendre sa retraite… Une retraite fort méritée, car c’est en rédigeant cette partie historique des mémoires que leur auteur a, si l’on peut s’exprimer ainsi, inventé l’histoire et la philosophie des sciences. S’attachant en effet à présenter et à mettre en perspective les différents mémoires, il en précise les contextes historiques et scientifiques d’une façon souvent très détaillée. En outre, tant dans ces textes que dans les éloges qu’il rédige des académiciens disparus, il introduit de nombreuses remarques sur la nature des objets mathématiques, la méthode scientifique, le rôle de la recherche fondamentale et l’utilité des sciences et des techniques : une véritable réflexion sur le vif s’élabore à partir de la science en acte.
Autant de textes merveilleux d’intelligence et de finesse où l’histoire des concepts, déjà, s’instaure comme ce qui doit faire le coeur de l’histoire des sciences, mais aussi le coeur de la pensée active parce que critique et réfléchie. Il faut lire le livre de Simone Mazauric et relire Fontenelle pour redécouvrir ce que signifient la jubilation et le sourire de la raison.
Michel Blay, directeur de recherches au CNRS
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Histoire de la Brigade rouge internationale de Savoie. La BRI du commandant Amiot, 1944, de Robert Amoudruz, Éditions Bellier, 2007, 320 pages, 28 euros. L’ouvrage se traverse comme une aventure au coeur d’une France troublée aux lisières de la défaite allemande. Il conte le quotidien de lutte de la Brigade rouge internationale qui vit le jour dans les Alpes en juin 1944. Au moment précisément où il s’agissait, comme le disent encore de vieux FTPF savoyards, « d’en finir avec l’ennemi qui souillait de vert de gris les forêts magnifiques qui brodent versants alpestres ». Tous les objectifs de la formation de combat sont déjà contenus dans son appellation. « Brigade » par référence à Brigade internationale, ces combattants de la liberté qui tentèrent de sortir la République espagnole des filets de Franco. « Rouge » pour marquer les idées. L’ensemble des combattants, une cinquantaine environ, sont de gauche ou d’extrême gauche. Ceux qui témoignent encore se disent parfois « anarcho-syndicalistes ». Et puis « internationale » comme les couleurs qu’affichent les résistants du groupe : tous revendiquent la filiation avec les MOI, à l’image d’un des responsables, le Russe Nicolas. Le chef, Léopold Martin, alias commandant Amiot, artisan de Bonneville, n’a jamais caché sa sympathie pour le PCF et les Francs-Tireurs qu’il dirige ne sont pas des nouveaux venus dans le mouvement ouvrier et la Résistance. Anti-maréchalistes convaincus, combattants de la première heure, ils ont auparavant, en usines ou aux champs, vécu les blessures patronales des années noires 1938-1939. L’ouvrage parcourt ainsi entre planques et attaques de garnisons, sabotages d’usines ou assauts de front des troupes allemandes, toutes les grandes batailles finales de la Libération. On suit dans l’ombre les évolutions du groupe, souvent « en liberté » par rapport aux directives des mouvements de résistance, qu’ils soient AS ou FTP. Escarmouches sur les hauts d’Annecy, embuscades au château de St-Gingolph, heurts sanglants lors de la reconquête de la Maurienne. On plonge dans l’épopée des grands parachutages comme celui des Saisies en août 1944, on grimpe sur les crêtes ferraillant l’ennemi réfugié aux frontières du Petit-Saint-Bernard. L’écriture est menée comme on va à l’assaut avec la même force sans doute que celle qui tenaillait ces hommes dont on dit parfois qu’ils avaient un « comportement libertaire ». L’ouvrage sent le soufre des combats mais aussi celui des âpres discussions menées au fil des maquis pour définir la meilleure façon de chasser l’ennemi, de débusquer le traître et d’envisager les lendemains de la Libération. En filigrane, se perçoivent également les débordements, les dérapages (mais aussi tant d’actes héroïques…) d’une période complexe qui reste encore à étudier longuement. L’ouvrage les aborde et peut être est-ce pour cela qu’il suscite tant de débats aujourd’hui au sein des organisations de résistance. Michel Etiévent
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Contre-enquête. Le nouveau film du réalisateur Michael Moore, Sicko, dénonce les ravages du système de santé aux états-Unis. Il alerte sur les menaces qui pèsent en France. Entretien. Lors d’un bref passage à Paris, le réalisateur a rencontré les journalistes dans un emploi du temps serré dont il s’excuse avec beaucoup de gentillesse. Le film est sorti aux États-Unis à la fin du mois de juin. Avant que le public français ne l’accueille, Michael Moore semble soucieux de bien lui faire comprendre son propos et souligne spontanément ce qui en constitue l’essentiel : « la santé comme un droit de l’homme ».
--- Pourquoi ce souci de ne pas être compris ?
- Michael Moore. Aux États-Unis, le film fait bouger beaucoup de choses mais certains critiques, et pas parmi ceux qui me sont traditionnellement hostiles, ont considéré que Sicko serait mon film le moins politique. Je pense que c’est le plus radical. Aucun critique américain n’a, par exemple, relevé que je figure à un moment du film sur la tombe de Marx à Londres. Ce n’est pas anecdotique. Je viens d’un pays où la première cause de faillite individuelle réside dans les dépenses de santé. Le film a donc un écho. J’aurais pu m’arrêter aux situations de désastres qu’entraîne le fait de ne pas avoir de couverture sociale. J’ai choisi d’aller au-delà et de m’adresser à tous ces gens qui ont une assurance santé, croient au capitalisme et au « travail qui paie ». Comme metteur en scène, c’était un vrai défi. Réaliser un film sur les plus déshérités, pour un homme de gauche comme moi, il y a une certaine facilité. Je connais cela de l’intérieur. Pas la misère mais une vie compliquée par le manque d’argent. Lorsque nous vivions ma femme et moi dans le Michigan avant que je ne devienne cinéaste, nous conservions les dix cents de consigne de chaque canette de soda pour aller au cinéma. Avec Sicko, je tente de m’adresser aux classes moyennes, voire aux classes moyennes supérieures, ce qui ne va pas de soi, même si personne ne croit plus tout à fait au « rêve américain ».
--- Vous offrez des systèmes de santé canadien, anglais et français une vision idéale dans laquelle peineront à se reconnaître ceux qui en éprouvent la réalité. Quel est le sens de ces séquences ?
- Michael Moore. Ces différents pays du monde capitaliste occidental sont parvenus à mettre en place des systèmes de solidarité. J’en connais les inégalités comme je sais qu’en France des menaces pèsent sur la Sécurité sociale. Je voulais montrer au public américain que je viens d’évoquer qu’il est possible d’envisager des systèmes de ce type, de considérer la santé non comme un privilège mais comme un droit. Je donne de ce qui se passe dans ces pays une vision superficielle, mais souvenez-vous que huit Américains sur dix, toutes couches sociales confondues, n’ont pas de passeport. Aucun américain ne devrait se sentir autorisé à parler de la France. Je montre d’ailleurs des images de grandes manifestations, de luttes sociales que mènent les Français pour maintenir leurs droits. Chez vous une femme et de surcroît sous l’étiquette « socialiste » a pu se porter candidate à l’élection présidentielle et remporter quelque 47 % des suffrages. Même compte tenu de la défaite, c’est une situation qui serait totalement surréaliste aux États-Unis.
--- Et Cuba, qui n’est pas un pays capitaliste ?
- Michael Moore. Ce qui rend les conservateurs américains furieux dans mon périple cubain, ce n’est pas le fait qu’il s’agisse d’un pays socialiste. La diabolisation qu’ils en font ne permet pas une comparaison rationnelle entre différents régimes politiques. Ils m’en auraient moins voulu si j’étais allé en Chine, ce qui aurait pu être pertinent lorsqu’en plus on connaît la qualité de la médecine chinoise et son histoire ancestrale. Que je me sois rendu à Cuba est surtout pour les conservateurs un - facteur d’humiliation. Cette île petite et pauvre soigne ses habitants alors que les États-Unis, première puissance mondiale, arrivent au 37e rang dans ce domaine, juste devant la Slovénie.
--- Comment le public français peut-il recevoir votre film ?
- Michael Moore. Comme une alerte. Si vous voulez ressembler aux Américains, vous allez au-devant d’énormes problèmes sociaux. On tente chez vous aussi de manipuler l’opinion sur la Sécurité sociale qui coûterait trop cher ou les immigrés dont il vaudrait mieux se débarrasser. Je suis un homme d’images et je regarde beaucoup la télévision. Entre mon premier séjour en France il y a trente-trois ans et aujourd’hui, « l’américanisation » de votre télévision est très frappante. Et dangereuse. Entretien réalisé par Dominique Widemann
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Les deux écrivains analysent le recul de civilisation que signifie le ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité et du Codéveloppement. Ils montrent comment, par cette initiative, la France trahit son plus grand message historique, « lde la liberté ». Ils appellent « toutes les forces humaines » à protester « par toutes les formes possibles » contre la création du « mur-ministère ».
--- Extraits(*)
Une des richesses les plus fragiles de l’identité, personnelle ou collective, et les plus précieuses aussi, est que, d’évidence, elle se développe et se renforce de manière continue, nulle part on ne rencontre de fixité identitaire, mais aussi qu’elle ne saurait s’établir ni se rassurer à partir de règles, d’édits, de lois qui en fonderaient d’autorité la nature. Le principe d’identité se réalise ou se déréalise parfois dans des phases de régression (perte du sentiment de soi) ou de pathologie (exaspération d’un sentiment collectif de supériorité) dont les diverses « guérisons » ne relèvent pas, elles non plus, de décisions préparées et arrêtées, puis mécaniquement appliquées.
Essayons d’approcher cette multiplicité complexe, jamais donnée comme un tout, ni d’un seul coup, que nous appelons identité. Un peuple ou un individu peuvent être attentifs au mouvement de leur identité, mais ne peuvent en décider par avance, au moyen de préceptes et de postulats. On ne saurait gérer un ministère de l’identité. Sinon la vie de la collectivité deviendrait une mécanique, son avenir aseptisé, rendu infertile par des régies fixes, comme dans une expérience de laboratoire. C’est que l’identité est d’abord un être dans le monde, ainsi que disent les philosophes, un risque avant tout, qu’il faut courir, et qu’elle fournit ainsi au rapport avec l’autre et avec ce monde, en même temps qu’elle résulte du rapport. Une telle ambivalence nourrit à la fois la liberté d’entreprendre et, plus avant, l’audace de changer.
--- Identité nationale
En Occident et d’abord en Europe, les collectivités se constituent en nations, dont la double fonction fut d’exalter ce qu’on appelait les valeurs de la communauté, de les défendre contre toute agression extérieure et, si possible, de les exporter dans le monde. La nation devient alors un État-nation, dont le modèle peu à peu s’impose et définit la nature fondamentale des rapports entre peuples dans le monde moderne. La communauté qui vit en État-nation sait pourquoi elle le fait, sans jamais pouvoir le figurer par postulats et théorèmes, c’est la raison pour laquelle elle exprime cela par des symboles (les fameuses valeurs), auxquels elle prétend attribuer une dimension « d’universel ». Une telle organisation est au principe des conquêtes coloniales, la nation colonisatrice impose ses valeurs et se réclame d’une identité préservée de toute atteinte extérieure et que nous appellerons une identité racine unique. Même si toute colonisation est d’abord d’exploitation économique, aucune ne peut se passer de cette survalorisation identitaire qui justifie l’exploitation. L’identité racine unique a donc toujours besoin de se justifier en se définissant, ou du moins en essayant de le faire. Mais ce modèle s’est aussi trouvé à l’origine des luttes anticolonialistes, c’est dans la revendication d’une identité nationale, héritée de l’exemple du colonisateur, que les communautés dominées ont trouvé la force de résister.
(…)
--- Faire-monde
Ainsi en plein XXIe siècle, une grande démocratie, une vieille République, terre dite des droits de l’homme, rassemble, dans l’intitulé d’un ministère appelé en premier lieu à la répression, les termes : immigration, intégration, identité nationale, codéveloppement. Dans ce précipité, les termes s’entrechoquent, s’annulent, se condamnent, et ne laissent en finale que le hoquet d’une régression. La France trahit par là une part non codifiable de son identité, un des aspects fondamentaux, l’autre en est le colonialisme, de son rapport au monde : l’exaltation de la liberté pour tous. C’est vrai que l’espace démocratique est un champ de forces antagonistes extrêmement virulent. Que ce moins mauvais de tous les systèmes demande une attention de tout instant, et comme une vigilance de guerrier. C’est vrai aussi que nous avons abandonné l’idée d’une progression rectiligne de la conscience humaine, et appris que régression et avancée sont comme indissociables : là où s’intensifie la lumière, l’ombre s’affirme tout autant. (…).
--- Mur et relation
La tentation du mur n’est pas nouvelle. Chaque fois qu’une culture ou qu’une civilisation n’a pas réussi à penser l’autre, à se penser avec l’autre, à penser l’autre en soi, ces raides préservations de pierres, de fer, de barbelés, ou d’idéologies closes, se sont élevées, effondrées, et nous reviennent encore dans de nouvelles stridences. Ces refus apeurés de l’autre, ces tentatives de neutraliser son existence, même de la nier, peuvent prendre la forme d’un corset de textes législatifs, l’allure d’un indéfinissable ministère, ou le brouillard d’une croyance transmise par des médias qui, délaissant à leur tour l’esprit de liberté, ne souscrivent qu’à leur propre expansion à l’ombre des pouvoirs et des forces dominantes. La notion même d’identité a longtemps servi de muraille : faire le compte de ce qui est à soi, le distinguer de ce qui tient de l’autre, qu’on érige alors en menace illisible, empreinte de barbarie. Le mur identitaire a donné les éternelles confrontations de peuples, les empires, les expansions coloniales, la traite des nègres, les atrocités de l’esclavage américain et tous les génocides. Le côté mur de l’identité a existé, existe encore, dans toutes les cultures, tous les peuples, mais c’est en Occident qu’il s’est avéré le plus dévastateur sous l’amplification des sciences et des technologies. Le monde a quand même fait Tout-Monde. Les cultures, les civilisations et les peuples se sont quand même rencontrés, fracassés, mutuellement embellis et fécondés, souvent sans le savoir. La moindre invention, la moindre trouvaille, s’est toujours répandue dans tous les peuples à une vitesse étonnante. De la roue à la culture sédentaire. Le progrès humain ne peut pas se comprendre sans admettre qu’il existe un côté dynamique de l’identité, et qui est celui de la relation. Là où le côté mur de l’identité renferme, le côté relation ouvre tout autant, et si, dès l’origine, ce côté s’est ouvert aux différences comme aux opacités, cela n’a jamais été sur des bases humanistes ni d’après le dispositif d’une morale religieuse laïcisée. C’était simplement une affaire de survie : ceux qui duraient le mieux, qui se reproduisaient le mieux, avaient su pratiquer ce contact avec l’autre : compenser le côté mur par la rencontre du donner recevoir, s’alimenter sans cesse ainsi : à cet échange où l’on se change sans pour autant se perdre ni se dénaturer.
(…)
--- L’imaginaire libre.
Les murs qui se construisent aujourd’hui (au prétexte de terrorisme, d’immigration sauvage ou de dieu préférable) ne se dressent pas entre des civilisations, des cultures ou des identités, mais entre des pauvretés et des surabondances, des ivresses opulentes mais inquiètes et des asphyxies sèches. Donc : entre des réalités qu’une politique mondiale, dotée des institutions adéquates, saurait atténuer, voire résoudre. Ce qui menace les identités nationales, ce n’est pas les immigrations, c’est par exemple l’hégémonie états-unienne sans partage, c’est la standardisation insidieuse prise dans la consommation, c’est la marchandise divinisée, précipitée sur toutes les innocences, c’est l’idée d’une « essence occidentale », exempte des autres, ou d’une civilisation exempte de tout apport des autres, et qui serait par là même devenue non humaine. C’est l’idée de la pureté, de l’élection divine, de la prééminence, du droit d’ingérence, en bref, c’est le mur identitaire au coeur de l’unité diversité humaine.
(….)
--- Mondialité
La mondialité (qui n’est pas le marché-monde) nous exalte aujourd’hui et nous lancine, nous suggère une diversité plus complexe que ne peuvent le signifier ces marqueurs archaïques que sont la couleur de la peau, la langue que l’on parle, le dieu que l’on honore ou celui que l’on craint, le sol où l’on est né. L’identité relationnelle ouvre à une diversité qui est un feu d’artifice, une ovation des imaginaires. La multiplicité, voire l’effervescence, des imaginaires repose sur la présence vivifiante et consciente de cela que toutes les cultures, tous les peuples, toutes les langues, ont élaboré en ombres et en merveilles, et qui constitue l’infinie matière des humanités. La vraie diversité ne se trouve aujourd’hui que dans les imaginaires : la façon de se penser, de penser le monde, de se penser dans le monde, d’organiser ses principes d’existence et de choisir son sol natal. La même peau peut habiller des imaginaires différents. Des imaginaires semblables peuvent s’accommoder de peaux, de langues et de dieux différents. Mme Condoleezza Rice relève du même imaginaire que M. George W. Bush, et n’a rien à voir avec M. Mandela ou avec Martin Luther King.
(…).
--- De la repentance
Face à de tels bouleversements, il y a des équilibres économiques, des aléas sociaux, des exigences de politique intérieure à inventer, maintenir ou réparer. Les flux excessifs d’immigration, des pays pauvres vers les pays riches, peuvent être équilibrés par un grand nombre de mesures qui ne seraient pas à caractère immédiat et irrévocable : par exemple, l’entreprise délibérée et proclamée d’une stabilisation juste de l’économie mondiale, le rétablissement des revenus des matières premières des pays du Sud, le transfert systématique des technologies, partout où cela serait possible, l’établissement patient, obstiné d’un réseau Nord-Sud de commerce durable et équitable. Il y a là les principes d’une grande politique pour une nation, qui de les proclamer et de les étudier et de commencer à les mettre en pratique, se grandirait. C’est à chacun de mesurer son degré de prudence, l’éclat de son audace, la hauteur de sa vue.
Mais la folie serait de croire inverser par des diktats le mouvement des immigrations. Dans le mot « immigration » il y a comme un souffle vivifiant. L’idée d’« intégration » est une verticale orgueilleuse qui réclame la désintégration préalable de ce qui vient vers nous, et donc l’appauvrissement de soi. Tout comme l’idée de tolérer les différences qui se dresse sur ses ergots pour évaluer l’entour et qui ne se défait pas de sa prétention altière.
(…).
--- L’appel
Les murs menacent tout le monde, de l’un et l’autre côté de leur obscurité. C’est la relation à l’autre (à tout l’autre, dans ses présences animales, végétales, environnementales, culturelles et humaines) qui nous indique la partie la plus haute, la plus honorable, la plus enrichissante de nous-mêmes.
Nous demandons que toutes les forces humaines, d’Afrique, d’Asie, des Amériques, d’Europe, que tous les peuples sans États, tous les « républicains », tous les tenants des « droits de l’homme », que tous les artistes, toute autorité citoyenne ou de bonne volonté élèvent, par toutes les formes possibles, une protestation contre ce mur-ministère qui tente de nous accommoder au pire, de nous habituer à l’insupportable, de nous faire fréquenter, en silence, jusqu’au risque de la complicité, l’inadmissible. Tout le contraire de la beauté.
Toutes les initiatives en rapport avec cet appel seront répertoriées sur le site de l’Institut du Tout-Monde. www.tout-monde.com
(*) Le texte intégral est à paraître le 4 octobre chez Galaade Éditions.
(1) Prix Goncourt pour Texaco, 1992
(2) Prix Renaudot pour la Lézarde, 1958
http://www.humanite.fr/2007-09-04_Tribune-libre_Les-murs
Les ministres des Affaires étrangères réunis ce week-end au Portugal veulent éviter à tout prix un débat populaire sur le traité européen. La présidence portugaise de l’Union européenne veut faire vite. Objectif : boucler, dès le Conseil européen des 18 et 19 octobre prochains, l’accord sur le nouveau traité européen qui recycle la substance du projet de Constitution rejeté en 2005 par les électeurs français et néerlandais. Un calendrier que les ministres des Affaires étrangères de l’UE, convoqués vendredi à Viana Do Castello, au Portugal, pour une réunion informelle, ont dit vouloir tenir en dépit de la tenue annoncée d’élections législatives anticipées en Pologne. « C’est comme ça dans la vie démocratique, il y a des élections, ça ne m’inquiète pas spécialement », a commenté Bernard Kouchner, chef de la diplomatie française. « Nous gardons le cap », a également insisté le ministre portugais des Affaires étrangères, Luis Amado, tout en reconnaissant « quelques problèmes ». Mais, a-t-il indiqué, « jusqu’à présent, tout ce que nous avons entendu nous renforce dans notre conviction que ce sera possible ». Les promoteurs du nouveau traité craignent que la crise politique en Pologne, après l’éclatement de la majorité conservatrice sur laquelle s’appuyaient les frères Kaczynski, n’encourage ces derniers à revenir une nouvelle fois sur le compromis obtenu en juin dernier, en revendiquant un mécanisme de blocage des décisions prises à la majorité qualifiée et en demandant que la Pologne soit exemptée, comme le Royaume-Uni, de l’application de la Charte des droits fondamentaux.
--- inextricable puzzle d’amendements
Mais en réalité, l’incertitude porte davantage sur les délais que sur l’objectif final et le fond du texte sur lequel les Vingt-Sept doivent se mettre d’accord. Il n’est cependant pas question, ont prévenu la présidence portugaise et la Commission, d’envisager, pour l’instant, le moindre report qui pourrait ouvrir la brèche d’un début de débat démocratique. Après la présentation, le 23 juillet, à l’ouverture de la Conférence intergouvernementale, d’une première mouture du document, des groupes « d’experts juridiques » ont planché tout l’été à huis clos. Vendredi, les ministres des Affaires étrangères devaient examiner l’état d’avancement de ces travaux, présentés comme des ajustements « techniques » sur le « traité modificatif ». Celui-ci se présente sous la forme d’un inextricable puzzle d’amendements issus du projet de constitution avorté, qui doivent s’inscrire dans les traités actuellement en vigueur. Le document - plusieurs centaines de pages, sans compter les innombrables déclarations et protocoles - n’a rien de « simplifié », comme promis par Nicolas Sarkozy, et ferait presque passer le texte rejeté le 29 mai 2005 pour un parangon de clarté. Quant à son contenu, ce traité modificatif consacre, comme le projet de traité constitutionnel, le sacro-saint principe de « concurrence libre et non faussée » au fondement des orientations libérales de l’Europe, la toute-puissance de la Banque centrale européenne en matière de politique monétaire et le carcan de la discipline budgétaire qui dicte la baisse des dépenses sociales et utiles au développement (voir ci-contre).
--- Les États membres pressés de faire vite
Si un accord est entériné dès le Conseil européen d’octobre, les chefs d’État et de gouvernement pourraient signer formellement le nouveau traité en décembre, ouvrant ainsi la voie aux ratifications dans les États membres. Ceux-ci sont pressés de faire vite, et surtout d’éviter le recours à des consultations populaires, jugées trop risquées. Si l’engagement du président français, Nicolas Sarkozy, de procéder à une ratification parlementaire rassure les dirigeants européens, les pressions se multiplient, en revanche, sur le premier ministre britannique, Gordon Brown, qui n’exclut pas l’organisation d’un référendum si le texte devait franchir les « lignes rouges » fixées par Londres. Les tractations vont bon train pour éviter à tout prix cette perspective, qui pourrait remettre en cause l’objectif d’une entrée en vigueur du nouveau traité avant les élections européennes de 2009. Rosa Moussaoui
http://www.humanite.fr/2007-09-10_Politique_Une-course-de-vitesse-contre-la-democratie
Pour Francis Wurtz, président du groupe GUE-GVN au Parlement européen, les citoyens doivent exiger la clarté sur ce traité élaboré à huis clos pour recycler l’ex-constitution européenne.
--- Les ministres des Affaires étrangères de l’Union ont examiné vendredi l’état d’avancement des travaux des « experts » sur le projet de traité modificatif. Que vous inspire cette méthode ?
- Francis Wurtz. Les dirigeants européens craignent avant tout que les citoyens ne se mêlent du contenu de ce traité. Ils savent que ce qui s’est exprimé par la victoire du « non » en France et aux Pays-Bas ne peut se résumer à un problème français ou néerlandais. Même Peer Steinbrück, le ministre allemand de l’Économie et des Finances, a reconnu récemment dans un petit cercle « un risque de crise de légitimité du modèle économique et social européen ». Les applications du principe d’une « économie de marché ouverte où la concurrence est libre » suscitent de très fortes interrogations, voire le rejet de la part de couches de plus en plus larges de la population européenne. Ils en ont conscience. Cela explique l’opacité de la méthode adoptée. La Conférence intergouvernementale a été lancée le 23 juillet, quand l’Europe entière était en congés. Ils veulent achever au plus vite les travaux, si possible les 18 et 19 octobre. Ils travaillent à huis clos. Ils dissuadent enfin les gouvernements d’organiser des consultations, et même des débats publics sur le contenu de ce traité. C’est une sorte de reconnaissance implicite du divorce grandissant entre les opinions publiques et les institutions.
--- L’illisibilité de ce texte, véritable puzzle d’amendements aux traités existants, est-elle délibérée ?
- Francis Wurtz. Le traité constitutionnel a été rejeté, en France, au terme d’un débat très approfondi sur les ressorts de l’Europe libérale. Le problème des dirigeants européens était, dès lors, de faire accepter demain ce qui a été refusé hier. Nicolas Sarkozy leur a apporté la clé : l’engagement à ne pas faire ratifier ce traité par référendum. Pour faire passer ce coup de force, il a imaginé l’entourloupe du « traité simplifié », qui dissimule en fait un jeu de piste quasiment inaccessible aux citoyens. Il s’agit de recycler la même substance, mais sous une forme qui déroute les citoyens, donne à certains l’illusion de changements et aux autres le sentiment de n’y rien comprendre.
C’est une démarche profondément antidémocratique, directement liée au contenu inavouable de ce texte, en particulier sur les questions de l’économie libérale.
--- Faut-il un nouveau référendum ?
- Francis Wurtz. Il faut, évidemment, exiger un nouveau référendum. Et demander, sans attendre, la clarté, avec des informations précises sur ce qu’il est advenu, dans ce nouveau texte, des points les plus contestés de l’ex-projet de constitution. Cela ne peut passer que par l’obtention de débats publics, pluralistes, contradictoires dans les grands moyens d’information.
--- Sur quels leviers s’appuyer pour une réorientation de la construction européenne ?
- Francis Wurtz. Il faut faire sauter les blocages inscrits dans les traités actuels. Prenons l’exemple de l’actuelle crise financière. Aucun enseignement n’a été tiré. Les missions de la Banque centrale européenne restent inchangées. Aucune condition n’a été créée pour favoriser une économie moins dépendante des marchés financiers. De même, contrairement à ce que prétend Nicolas Sarkozy, il n’y a pas de « réorientation profonde » en ce qui concerne la concurrence. Rien ne vient entraver le dumping social et fiscal. Rien n’a été modifié dans le pacte de stabilité, comme l’ont demandé de nombreuses voix, pour soustraire du calcul des déficits les dépenses indispensables au développement, comme la formation, la santé, l’éducation, la recherche. Au contraire de cette logique, les citoyens attendent de l’Europe qu’elle les protège contre les effets de la mondialisation libérale. Et qu’elle se donne les moyens de porter, dans la mondialisation, un modèle social avancé et solidaire. Entretien réalisé par R. M.
http://www.humanite.fr/2007-09-10_Politique_L-entourloupe-du-traite-simplifie
Le projet, un lacis inextricable pour décourager tout débat, ne tient aucun compte des raisons qui ont conduit les citoyens à voter non il y a deux ans. Le travail auquel se livrent les experts mandatés par les chefs d’État et de gouvernement, consiste à ajouter aux traités existants : Rome 1957, Acte unique 1986, Maastricht 1992, Amsterdam 1997 et Nice 1999, les éléments nouveaux qui étaient contenus dans le projet de constitution rejeté par référendum par la France et les Pays-Bas. Au chapitre institutionnel, l’essentiel des dispositions prévues dans le traité constitutionnel européen se retrouve dans le « traité modifiant le traité de l’UE ». Le mot « constitution » a disparu, tout comme le drapeau et l’hymne, opération camouflage pour faire avaler le contenu en modifiant formellement le contenant. Le nouveau traité prévoit donc la création d’un poste de président(e) du Conseil européen avec un mandat de deux ans et demi, renouvelable une fois. Le « responsable des Affaires étrangères et de la politique de sécurité de l’UE, prévu dans le TCE troque son titre de ministre contre celui de « haut représentant » jugé moins fédéraliste. La majorité qualifiée est portée à partir de 2014 à 55 % des membres du Conseil, comprenant au moins quinze d’entre eux et représentant au moins 65 % de la population de l’UE. Le droit communautaire prime le droit national. La Commission comptera à terme un nombre réduit de commissaires (les deux tiers du nombre des États membres). En revanche, le rôle du président de la Commission sera renforcé. La Commission a seule l’initiative des lois, appelées « actes législatifs de l’Union ». Avec le président du Conseil (on évoque le nom de Tony Blair), et le président de la Commission, le nouveau traité pousse les feux d’une présidentialisation de l’Union européenne. Comme dans la précédente mouture, le traité « modificatif » a prévu des modes de décision à géométrie variable. Une majorité simple suffit pour admonester un État pour « déficits excessifs ». En revanche, l’harmonisation fiscale exige l’unanimité des États. Le dumping social et fiscal a de beaux jours devant lui.
--- Une charte des droits fondamentaux réduite à néant
Au centre des critiques essuyées, pendant la campagne référendaire, par la charte des droits fondamentaux : les multiples restrictions à sa portée juridique. Celles-ci demeurent, et sont même aggravées, réduisant ce texte à une fonction purement esthétique. Comme dans le projet de constitution européenne, il est précisé à plusieurs reprises, dans le projet de traité modificatif, que cette charte « confirme les droits, les libertés et les principes reconnus par l’Union et les rend plus visibles, sans toutefois créer de nouveaux droits ou principes ». Un protocole sur son application au Royaume Uni dispense purement et simplement ce pays de la respecter. « Pour dissiper tout doute », précise ce texte, « rien dans le titre IV de la charte (relatif aux droits sociaux et au droit du travail - NDLR) ne crée des droits justiciables applicables au Royaume-Uni, sauf dans la mesure où le Royaume-Uni a prévu de tels droits dans sa législation nationale ». De même, une déclaration de la Pologne stipule que la charte ne « porte atteinte en aucune manière au droit des États membres de légiférer dans le domaine de la moralité publique, du droit de la famille ». Enfin, la batterie d’« explications » annexées au projet de constitution, dont certaines affirmaient le contraire des droits et principes énoncés dans la charte, est intégralement reprise. L’une d’entre elles indique ainsi ce qu’il faut entendre par « régime de limitations » : « Selon une jurisprudence bien établie, des restrictions peuvent être apportées à l’exercice des droits fondamentaux, notamment dans le cadre d’une organisation commune de marché… ». De même, l’une de ces « explications » précise que « la référence à des services sociaux vise les cas dans lesquels de tels services ont été instaurés …, mais n’implique aucunement que de tels services doivent être créés quand il n’en existe pas ». Pire, même l’abolition de la peine de mort, comme dans l’ex-projet de constitution, est soumise à des « restrictions ».
--- Toujours la « concurrence libre et non faussée »
Le concept de « concurrence libre et non faussée », abandonné, comme le proclamait en juin dernier Nicolas Sarkozy ? Loin s’en faut, puisque ce principe demeure l’une des pierres angulaires de l’Union européenne. Le texte initial du traité instituant la Communauté européenne, dans lequel s’inscrit le projet de traité modificatif, stipule clairement que l’Union européenne comporte « un régime assurant que la concurrence n’est pas faussée dans le marché intérieur » et consacre les quatre « libertés » qui fondent l’Union (libre circulation des marchandises, des personnes, des services et des capitaux). L’un des protocoles annexés au traité modificatif précise, si cela n’était pas assez clair, que « l’Union européenne comprend un système garantissant que la concurrence n’est pas faussée ». Celle-ci dispose d’ailleurs, précise le projet de traité modificatif, d’une « compétence exclusive » dans « l’établissement des règles de concurrence nécessaires au fonctionnement du marché intérieur ». Des règles de concurrence qui sont au fondement de la libéralisation. Et n’épargnent pas les services publics en dépit de la « marge de manoeuvre » consentie, dans ce domaine, aux États. Sont préservées les dispositions du traité instituant la Communauté européenne qui soumettent les entreprises publiques aux règles de la concurrence et restreignent les possibilités pour les États membres d’accorder des aides à ces entreprises. Au-delà du marché intérieur, ajoute le texte, c’est au « développement harmonieux du commerce mondial » que l’Union doit contribuer par « la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux ».
--- Toujours les pleins pouvoirs à la BCE
Dans un avis rendu le 5 juillet dernier sur le traité modificatif par la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet se réjouit de voir réaffirmée l’indépendance de l’institution qu’il préside et constate que « la stabilité des prix est (toujours) l’un des objectifs de l’Union ». « Les changements introduits par la CIG dans les traités existants seront limités et contiendront toutes les innovations prévues en 2004 », ajoute-t-il. En clair : les statuts et les missions de la Banque centrale européenne restent inchangés, et les dispositions relatives à cette institution compilées dans la partie III du projet de constitution européenne ne varient pas d’un iota. Son objectif unique : lutter contre l’inflation, maintenir un euro fort. Et ce, en appui des marchés financiers, sans considération pour la croissance et l’emploi.
L’Union, affirme le projet de traité modificatif, « dispose d’une compétence exclusive pour la politique monétaire pour les États membres dont la monnaie est l’euro ». Autrement dit, les gouvernements, en la matière, n’ont pas voix au chapitre. D’ailleurs, la BCE, précise le texte, « est indépendante dans l’exercice de ses pouvoirs et dans la gestion de ses finances. Les institutions, organes et organismes de l’Union ainsi que les gouvernements des États membres respectent cette indépendance. » Dans le domaine, si crucial, de la politique monétaire, la Banque centrale européenne reste donc seul maître à bord.
--- Renforcement de l’allégeance aux États-Unis
Le nouveau projet confirme et conforte le lien entre l’Union et l’OTAN. Le protocole numéro 4, qui explicite les articles consacrés à la politique de défense et de sécurité est clair : l’Union « respecte les obligations découlant du traité de l’Atlantique Nord pour les États qui considèrent que leur défense commune est réalisée dans le cadre de l’OTAN qui reste le fondement de défense collective de ses membres ». La politique de l’Union est « compatible » avec le traité de l’Atlantique Nord. et « un rôle plus affirmé de l’Union en matière de sécurité et de défense contribuera à la vitalité d’une Alliance atlantique rénovée ». En d’autres termes, la défense européenne est conçue au mieux comme un pilier de l’Alliance atlantique, en contradiction avec la volonté affichée pour l’Europe de jouer un rôle actif en faveur de la paix de la prévention des conflits, du renforcement de la sécurité internationale. L’expérience de ces dernières années marquée par la guerre de Bush en Irak, est une incitation pour l’Union à faire preuve de plus de circonspection avant de s’enrôler derrière la bannière étoilée. Le texte stipule également que les États membres s’engagent à améliorer progressivement leurs capacités militaires, sous la houlette de l’Agence européenne de défense, qui identifiera « les besoins opérationnels » et, le cas échéant, mettra en oeuvre toute mesure utile pour renforcer la base industrielle et technologique du secteur de la défense ». Enfin, il invite les pays membres à s’engager dans des opérations militaires extérieures « afin de préserver les valeurs de l’Union ». À cette fin, le Conseil peut confier à un certain nombre d’États des « missions »… notamment pour « combattre le terrorisme ». La porte est ouverte aux pires aventures. Pour consulter le texte du traité modificatif : http://www.consilium.europa.eu/showPage.asp ?id=1317 & lang = fr & mode = g
R. M. et J.-P. P.
http://www.humanite.fr/2007-09-10_Politique_Le-traite-modificatif-recycle-la-constitution-rejetee-en-2005
Lutte victorieuse des salariés d’une société privée du métro de la capitale britannique pour l’emploi et les retraites. Londres, correspondance particulière. Après une grève qui a duré moins de vingt-quatre heures mais qui a paralysé le métro de Londres, les salariés ont repris le travail hier. Selon Bob Crowe, secrétaire général du syndicat des tranports RMT, le mouvement a été couronné de succès car il a réussi a sauvegarder l’emploi et les retraites des salariés menacés par la faillite de la société privée, responsable de la maintenance de la plupart des lignes du réseau. La grève, votée à 95 %, a été suspendue. Mais elle pourrait reprendre la semaine prochaine au cas où les négociations ne déboucheraient pas sur un accord concret et satisfaisant pour la partie syndicale. La société privée Metronet, en place depuis la privatisation de 1998, est sous administration judiciaire : elle s’est retrouvée avec 3 milliards d’euros de déficit, à la suite du versement de substantiels dividendes à ses actionnaires qui ne lui ont pas permis d’investir suffisamment dans les infrastructures. Les négociations de mardi ont eu lieu entre l’administrateur de Metronet, le syndicat RMT et Transport for London (TfL), l’autorité publique qui chapeaute toutes les sociétés de transports métropolitains. Bob Crowe a déclaré hier : « Nous avons maintenant par écrit la garantie que les retraites seront restituées et que la menace de 691 suppression d’emplois est retirée. » « Nos membres peuvent se féliciter de leur action déterminée », a poursuivi le dirigeant syndical. « Ils retournent au travail la tête haute après avoir fait face à beaucoup d’hostilité. Ce conflit a souligné la nécessité de rendre au secteur public la responsabilité de la maintenance. C’est cela que veulent nos membres ainsi qu’une grande majorité des Londoniens. » Le maire de Londres, Ken Livingstone, qui s’est opposé dès le début à la privatisation de l’Underground, partage ce point de vue, bien qu’il ait traité la grève de cette semaine d’« inutile ». L’Underground, ouvert en 1863 et qui est donc le plus vieux réseau de chemin de fer souterrain au monde, a transporté un milliard de passagers à travers la capitale britannique l’année dernière. Il emploie 75 000 salariés. Peter Avis
http://www.humanite.fr/2007-09-06_International_Le-tube-paralyse
De vifs débats internes s’instaurent suite aux déclarations pro-« femmes au foyer » ou en faveur de l’intégration dans un « bloc de centre gauche » de personnalités du nouveau parti. Deux mois après le congrès fondateur du nouveau parti de gauche, entérinant la fusion de l’ex-Linkspartei. PDS, implanté à l’Est, et de l’Alternative électorale pour l’emploi et la justice sociale (WASG), enraciné surtout à l’Ouest, une double polémique de taille secoue la formation. Premier sujet de controverses : les déclarations sur la politique familiale de Christa Müller, la compagne d’Oskar Lafontaine (qui assure avec Lothar Bisky la présidence bicéphale de la nouvelle formation). Cette ex-économiste, devenue elle-même « mère au foyer » depuis qu’elle élève Carl-Maurice, le fils du couple aujourd’hui âgé de dix ans, réclame l’instauration d’un « salaire d’éducation ». « C’est, justifie-t-elle, dans les familles où le père et la mère travaillent à temps partiel et dans celles où la mère reste à la maison que les enfants se sentent le mieux. »
--- « prime aux fourneaux »
Chargée de la politique familiale au sein de la branche sarroise de Die Linke, elle se prononce contre le développement des infrastructures publiques estimant que « l’encadrement par l’État » ne suffit pas à « socialiser » les jeunes et en veut pour preuve « les troubles de la jeunesse en France ». Ces propositions ont suscité aussitôt de très vives réactions au sein du nouveau parti. Plusieurs dirigeantes de la formation ont dénoncé des vues « anciennes » dignes de « l’Église catholique ». Un groupe d’adhérents a publié une lettre ouverte contre l’idée d’une « prime aux fourneaux ». Et une responsable du groupe parlementaire, Dagmar Enkelmann, a rappelé les engagements pris le 16 juin, lors du congrès fondateur, « pour la création d’un vaste réseau de crèches » dont le pays est aujourd’hui notoirement dépourvu et non pour « encourager les femmes à pouponner ». Réuni le 25 août, la direction du parti a évoqué le trouble suscité par « le cas Müller » en présence d’Oskar Lafontaine qui a défendu sa femme.
Cet éclat se produit après une autre controverse déclenchée par une violente diatribe contre d’autres engagements de gauche, décidés par les délégués du congrès fondateur. Elle est l’oeuvre du député européen André Brie, présenté le plus souvent comme l’un des penseurs de l’évolution stratégique de l’ex-PDS dans les années quatre-vingt-dix. Dans une interview publiée dans le magazine Der Spiegel (1) il part en guerre contre le ton « manichéen » de son parti visant notamment sa requête de retrait immédiat des troupes allemandes d’Afghanistan ou encore l’exigence d’abrogation pure et simple des mesures Hartz IV de libéralisation du marché du travail. Et de qualifier la définition de ces priorités comme un « populisme » qui ouvrirait la voie au retour à des pratiques telles que les affectionnait le SED (2), le Parti socialiste étatiste de l’ex-RDA. Les raisons de cette attaque frontale : ces mots d’ordre trop affirmés empêcheraient « tout début de discussion » avec le Parti social-démocrate (SPD) et les Verts et donc l’émergence rapide d’une coalition avec ces deux formations qu’André Brie estime « possible dès l’échéance de 2009 » (date de l’élection du prochain Bundestag). « Le caractère de la Nouvelle Gauche n’est pas encore défini, explique-t-il. Reste ouverte la question de savoir si nous construisons un parti réellement moderne qui soit capable de s’installer durablement politiquement et culturellement au sein d’un bloc de centre gauche. »
--- Une identité en devenir
Ces controverses sont d’autant plus âpres que l’identité de Die Linke, comme le fait remarquer Brie, est encore en devenir - rappelons que lors du congrès fondateur du parti il a été décidé de ne pas débattre immédiatement de la question du programme et de se donner une année supplémentaire pour l’élaborer (l’Humanité du 15 juin 2007). Elles soulèvent naturellement les plus grandes inquiétudes chez tous les militants qui sont attachés à de vraies valeurs de gauche et à l’existence d’un parti capable de proposer une alternative de transformation sociale, vraiment en rupture avec le consensus néolibéral des autres formations du spectre politique germanique. Nonobstant la posture conservatrice de son épouse sur la politique familiale, les ambiguïtés d’Oskar Lafontaine accroissent sans doute encore le malaise. Ralliant bien souvent dans ces discours les aspirations les plus radicales exprimées par les militants (sur la paix, contre les mesures Hartz IV ou pour la nationalisation du secteur de l’énergie), l’ex-président du SPD ne perd en effet pas une occasion pour souligner combien la nature de Die Linke serait en fin de compte identique à celle du SPD d’avant 1998 (c’est-à-dire d’avant l’ère Schröder). Et si cette position sans cesse réitérée nourrit incontestablement une dynamique - des cadres du SPD ou des Verts, des syndicalistes ont, ces dernières semaines, franchi le pas d’adhérer à Die Linke - elle conforte aussi l’inquiétude des plus progressistes. D’autant qu’Oskar Lafontaine fonde sa démarche en théorisant ouvertement sur un retour à l’État social des années soixante-dix qui leur apparaît limitée pour affronter les défis de la crise actuelle. En dépit de ces polémiques qui confirment la tentation très pesante des courants les plus influents au sein de la direction pour la simple transformation de la Nouvelle Gauche en un « meilleur SPD », rien n’est sans doute encore joué. Car la base qui a voté majoritairement en faveur d’engagements de gauche forts qui figurent dans les points saillants « Eckpunkten » des documents du congrès n’est sûrement pas prête à accepter une version soft de Die Linke. Et cela alors que le contexte germanique - crise de la social-démocratie, du syndicalisme dudit partenariat social et impopularité croissante des réformes libérales - crée, dans l’opinion, un climat bien plus favorable, à de vraies alternatives de gauche.
(1) Der Spiegel, du 30 juillet 2007.
(2) Sozialistische Einheitspartei Deutschlands (Parti socialiste unifié d’Allemagne).
Bruno Odent
http://www.humanite.fr/2007-09-07_International_Die-Linke-en-proie-aux-controverses
En visite en Colombie, le président vénézuélien confirme son implication sur le dossier épineux des otages et invite les FARC à Caracas. L’espoir subsiste, les réserves aussi après la rencontre bilatérale qui a réuni vendredi le chef de l’État vénézuélien et son homologue colombien, Alvaro Uribe, dans la résidence présidentielle de Hato Grande, à proximité de Bogota, durant laquelle Hugo Chavez a confirmé son rôle de médiateur en vue d’aboutir à un échange humanitaire. En invitant le 20 août dernier, à Caracas, les familles des prisonniers politiques retenus par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), le président vénézuélien a ouvert une brèche dans l’imbroglio colombien, alors que les négociations sont au point mort entre la guérilla et Bogota. Dans la foulée, son gouvernement a gracié 41 paramilitaires colombiens, poursuivis depuis 2004, pour avoir comploté contre lui.
--- possible Libération de 45 prisonniers
« Si une norme doit nous guider, c’est la prudence », a prévenu Hugo Chavez, lors d’une conférence de presse au cours de laquelle il a indiqué avoir reçu une réponse directe des FARC, sans en révéler la teneur, quant à un éventuel accord humanitaire pouvant conduire à la libération des 45 otages aux mains des FARC en échange de 400 guérilleros emprisonnés. À cette occasion, le président vénézuélien a déclaré qu’il accueillerait un envoyé des FARC, désigné par l’organisation, en vue d’activer le dialogue. « Je pense que Chavez est la personne appropriée pour cette médiation, parce qu’il est le chef de file de la gauche latino-américaine et que les FARC sont aussi de gauche », a estimé Juan Carlos Lecompte, le mari d’Ingrid Betancourt, enlevée par la guérilla en 2002. Nicolas Sarkozy, qui n’est pas étranger à la décision d’Uribe de libérer unilatéralement une centaine de guérilleros en juin dernier, mais sans aboutir à l’effet escompté à savoir la libération de la Franco-Colombienne, s’est entretenu par téléphone avec ses homologues latino-américains avant leur rencontre. « Une porte s’ouvre et cela laisse de l’espace au président Chavez pour faire avancer son initiative (de paix), pour élaborer des propositions », a déclaré, « modérément optimiste », Carlos Lozano, directeur du journal communiste Voz et fin connaisseur du dossier. Le président colombien, qui a toujours prôné la politique de la force, n’est pas disposé à changer de stratégie. Si Alvaro Uribe a déclaré voir « d’un bon oeil » le rôle qu’entend jouer son homologue et donné quitus à la rencontre entre Chavez et un émissaire des FARC, en revanche, il a posé son veto sur deux points à même de compromettre tout début de dialogue. D’une part, il refuse de démilitariser les zones de Pradera et Florida (800 km2 dans le sud-ouest de la Colombie), condition de sécurité avancée par les FARC afin de procéder à un échange viable et, d’autre part, il exige des guérilleros éventuellement libérés qu’ils renoncent à leur engagement politique. Avec de tels préalables, la partie s’annonce rude pour Hugo Chavez. Les FARC, quant à elles, par l’intermédiaire de leur porte-parole, Raul Reyes, ont confirmé leur disposition à « dialoguer dans n’importe quel lieu », mais « l’échange de prisonniers doit (avoir lieu) en Colombie », a-t-il insisté auprès du journal argentin Clarin. La détermination de Hugo Chavez suffira-t-elle ? Geste significatif, le chef de l’État vénézuélien a rencontré samedi les avocats de Sonia et Simon Trinidad, deux chefs de la guérilla extradés aux États-Unis, pièces maîtresses dans la réalisation d’un échange humanitaire. Cathy Ceïbe
http://www.humanite.fr/2007-09-03_International_Hugo-Chavez-en-mediateur-d-un-echange-humanitaire
Le débat autour d’une nouvelle loi fondamentale bat son plein. Une fois adopté par l’Assemblée nationale, le texte sera soumis à référendum. La balle est désormais dans le camp des Vénézuéliens. Dans son émission dominicale, Alo presidente, le chef de l’État, Hugo Chavez, a exhorté ses concitoyens à « travailler dur, débattre et réfléchir », certain néanmoins que « le peuple va adopter la proposition et le fait de réformer la Constitution de 1999 ». Le coup d’envoi des discussions a été lancé le 15 août dernier, lors de la présentation à l’Assemblée nationale du projet de réforme constitutionnelle visant à fonder le « socialisme du XXIe siècle » et à consolider « le pouvoir populaire », entraînant pour ce faire la modification de 33 articles sur les 350 actuels. Depuis, les critiques de l’opposition et des médias privés s’enchaînent en cadence. Selon Luis Ignacio Planas de Copei, du Parti social-chrétien, cette réforme est « inutile et non nécessaire ». Elle est « l’imposition d’un modèle autoritaire », juge-t-il. Même son de cloche du côté de l’Alliance Bravo Peuple (ABP). « C’est un coup constitutionnel parce que nous ne parlons pas d’une petite réforme, a estimé Antonio Ledezma, président d’ABP. (Ils veulent) modifier la liberté d’expression, le principe de propriété privé, le concept d’éducation libre et l’autonomie universitaire. » L’opposition, qui s’érige désormais en gardienne d’une Constitution qu’elle avait pourtant savamment conspuée lors de son adoption en 1999, est partie bille en tête contre l’article prévoyant la modification de la limitation des mandats présidentiels actuellement fixée à deux. La nouvelle mouture propose en effet d’abroger ce principe, et de rallonger ledit mandat de six à sept ans. De quoi déchaîner une salve d’attaques de type « Chavez veut être président à vie », l’objectif de l’opposition étant de parer à une éventuelle réélection de Hugo Chavez alors que ce dernier jouit d’une croissante popularité depuis son élection en 1998. Et de passer sous silence le fait que les mandats illimités sont monnaie courante dans nombre de pays d’une part et, d’autre part, que le texte fondateur vénézuélien assure le droit de révoquer tout élu à mi-mandat, comme ce fut le cas pour le président en 2004, par voie référendaire. Dimanche, Hugo Chavez s’est évertué à contrecarrer les diatribes, en rappelant que le projet garantirait « un système de propriété sociale, collective, communale, d’État, et privée ». Dans le cadre de l’approfondissement du pouvoir populaire, il a également annoncé que les conseils communaux géreraient dorénavant 5 % du budget national. Outre la valeur décisionnelle, cette mesure permettrait, selon le président, de lutter contre la corruption, véritable fléau national. Le texte graverait dans le marbre, entre autres, « la suppression de l’autonomie de la banque centrale, la création d’un fonds de stabilité sociale », censée garantir « les droits fondamentaux comme les retraites, les pensions, les congés prénataux et postnataux » ainsi que la proscription de « l’exploitation des travailleurs » dans le cadre de la réforme de la réduction du temps de travail (voir l’Humanité du 7 août).
Le nouveau texte qui doit être approuvé par l’Assemblée nationale sera soumis à référendum. Bien que le Conseil national ait opté pour un vote en bloc des articles à modifier, les adversaires de Hugo Chavez bataillent désormais pour un scrutin séparé. Un coup d’épée dans l’eau, pour l’heure. Cathy Ceïbe
http://www.humanite.fr/2007-09-04_International_Quelle-nouvelle-Constitution-pour-le-Venezuela
Les « fuites » du général Petraeus confirment que Bush cherche à adapter sa stratégie en liaison avec le calendrier électoral américain. Le général David Petraeus, commandant des forces américaines en Irak, a laissé entendre mardi qu’il pourrait recommander un - début de retrait des troupes américaines de ce pays en mars 2008, dans une interview à la chaîne de télévision américaine ABC. Interrogé par une journaliste sur le fait de savoir si les troupes pourraient être réduites en mars, le général a répondu : « Vos calculs semblent justes. Il y a des limites à ce que nos forces militaires peuvent fournir, donc dans mes recommandations, je prendrai en compte l’effort qui a été demandé à nos forces armées, - même si elles ne seront pas dominées par cela », a-t-il expliqué. « Je pense que la question que tout le monde a en tête, c’est : D’accord, on a besoin d’une stratégie de long terme. Quel doit être le niveau de notre engagement pendant ce temps ? Et la réponse est : sans doute franchement moins élevé que jusqu’à présent », a-t-il ajouté. Mais, a-t-il estimé, la présence des troupes américaines en Irak correspond à des opérations anti-insurrectionnelles qui, « historiquement », peuvent durer « au moins neuf ou - dix ans ». Tout cela apparaît bien comme une nouvelle tactique, ainsi que le soulignait dans ces colonnes la chercheuse française Alexandra de Hoop Scheffer (l’Humanité du 5 septembre). Lors de son discours au mois de janvier dernier, qui prônait notamment l’envoi de 30 000 hommes supplémentaires en Irak, George W. Bush demandait au Congrès de laisser du temps au temps, en l’occurrence jusqu’au mois de septembre pour évaluer les résultats de son « nouveau chemin pour aller de l’avant », ainsi qu’il l’a appelé. Autant dire que ce mois-ci sonne comme une date butoir pour les membres du Congrès. Pas seulement pour la majorité démocrate mais également pour de nombreux Républicains qui se disaient être circonspects quant à la stratégie militaire de Bush. C’est aussi ce qui explique la visite surprise du président américain en Irak, une semaine avant que le général David Petraeus, et l’ambassadeur des États-Unis en Irak, Ryan Crocker, ne présentent au Congrès un rapport sur les progrès effectués dans ce pays. Il a dit que les recommandations de Petraeus et Crocker lui serviraient à formuler une stratégie, mais il n’a pas précisé si le rapport qu’il soumettra au Congrès après leur intervention contiendrait des précisions sur l’évolution des effectifs militaires. Mardi cependant, devant la Commission des relations internationales, le président du GAO (Government accountability office), organisme chargé de contrôler l’action gouvernementale américaine, son président David Walker a exprimé ses doutes. « Il est difficile de dire si les violences interconfessionnelles ont diminué. C’est un objectif essentiel (…). La moyenne des agressions contre les civils est restée inchangée de février à juillet 2007 ». L’insécurité semble toujours régner en Irak, et ce malgré les propos optimistes de George Bush lundi. Le nombre d’agents de sécurité irakiens capables de mener des opérations indépendantes a même diminué selon le rapport. Enfin sur le plan politique, la législation sur la débasification, qui vise à favoriser la participation des Sunnites au sein du gouvernement, ne progresse pas. Pas plus que le partage des ressources pétrolières. C’est dire si le rapport de Petraeus aura une incidence politique considérable, en Irak comme aux États-Unis. Pierre Barbancey
http://www.humanite.fr/2007-09-06_International_Probable-debut-de-retrait-de-troupes-US-d-Irak-en-mars
Batna puis Dellys : les attentats kamikazes se suivent, revendiqués par « Al Qaeda au Maghreb islamique », ex-groupe salafiste, résidu de la guérilla terroriste des années 1990. Un attentat suicide à la voiture piégée contre une caserne de l’armée algérienne a fait au moins 30 morts et 47 blessés samedi à Dellys, un petit port de Kabylie situé à 70 kilomètres à l’est d’Alger. Il s’agit de l’un des attentats les plus meurtriers survenus en Algérie ces derniers mois. Il fait suite à celui perpétré jeudi à Batna (est du pays), visant le cortège du président Abdelaziz Bouteflika et qui avait fait 22 morts et plus de 100 blessés. Les deux forfaits ont été revendiqués par l’organisation Al Qaeda au Maghreb islamique (AQMI), anciennement GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat), dans une déclaration mise en ligne sur un site Internet traditionnellement utilisé par les mouvements islamistes radicaux. Selon des experts algériens de l’antiterrorisme, ce groupe affilié à la nébuleuse d’Oussama ben Laden aurait constitué une brigade de kamikazes parmi les jeunes recrues du maquis, dont le fils d’Ali Belhadj, ancien numéro deux du Front islamique du salut (FIS, dissous), Abdel Qahar Belhadj, âgé de vingt ans.
--- Volonté de médiatisation ?
Une ou deux personnes conduisaient une fourgonnette bourrée d’explosifs, qui a défoncé une porte à l’arrière de la caserne des garde-côtes de la marine algérienne et pénétré à une vingtaine de mètres à l’intérieur, selon des témoins. La fourgonnette, immatriculée dans le département d’Alger, servait à l’approvisionnement de la caserne. Elle a explosé à l’intérieur du camp militaire, composé de chalets en préfabriqué, dont la plupart ont été éventrés par la puissance de la déflagration. Des débris de bois, de ferraille et de béton jonchaient le port sur plusieurs centaines de mètres. Des vêtements et des valises ont été projetés sur des poteaux électriques et des barrières du port.
À quelques jours du début du ramadan, mois généralement propice aux activités des groupes islamistes, ces deux attentats ne manquent pas d’inquiéter. D’autant que de nombreuses questions se posent. La transformation du GSPC en filiale d’al Qaeda au Maghreb est-elle le signe d’un changement de politique (l’ex-GSPC inscrit-il son combat au niveau international plutôt qu’au niveau national ?) ou s’agit-il d’une volonté de médiatisation visant à recruter plus de djihadistes dont certains auraient fait leurs armes en Irak comme la génération précédente en Afghanistan ?
--- incapacité à régler les vrais problèmes
On ne peut cependant manquer de constater que la région de Dellys avait été le théâtre de plusieurs attaques islamistes ces dernières années. Adossée à la montagne de Sidi Ali Bounab, elle est considérée comme un fief des islamistes depuis le début des violences en 1990 en Algérie. La continuité est réelle entre l’Armée islamique du salut (AIS), le Groupe islamique armée (GIA), le GSPC et maintenant l’AQMI, même si les méthodes peuvent changer (utilisation de kamikazes, par exemple) ce qui est perceptible un peu partout (en Afghanistan la méthode de la prise d’otages irakienne a fait des émules). Plus importants sans doute, ces attentats - qui ne sont sans doute que les premiers d’une longue série - montrent que la politique de concorde nationale engagée par le président algérien Abdelaziz Bouteflika après son élection en 1999 marque non seulement ses limites (de nombreux islamistes libérés dans le cadre de l’amnistie ont repris le maquis) mais son incapacité à régler les vrais problèmes de la société algérienne, qui nourrissent le terrorisme islamiste. P. B.
http://www.humanite.fr/2007-09-10_International_Les-islamistes-algeriens-multiplient-leurs-attaques
Plus des deux tiers des électeurs n’ont pas voté, infligeant un camouflet au pouvoir. Pas de « percée » islamiste, la gauche perd du terrain. Casablanca, envoyé spécial. En s’abstenant massivement (63 %), les Marocains ont infligé un revers à toute la classe politique. En effet, sur les 15,5 millions d’électeurs, seuls 5,7 millions (37 %) se sont rendus aux urnes pour élire les 325 députés. À Casablanca, la participation n’a été que de 27 %, du jamais-vu. Il en est de même à Tétouan et à Tanger, deux fiefs de l’islamisme radical, qui ont enregistré un taux de 30 % de participation. De manière générale, a fait observer Chafik Benmoussa, ministre de l’Intérieur, le taux de participation en milieu urbain a été de 30 % contre 40 % en milieu rural. Cela étant, même les plus pessimistes ne s’attendaient pas à un tel désaveu. « En refusant de se rendre aux urnes, une majorité de Marocains a manifesté un mécontentement social pourtant visible pour qui veut bien regarder la réalité en face », explique un cadre d’Ennahj (Voie démocratique) qui a appelé au boycottage des urnes. Pourtant, tout avait été fait pour qu’il y ait une forte mobilisation : des spots ont été diffusés régulièrement par les médias. À la veille des élections, des ONG comme l’association « Daba 2007 » avaient distribué des centaines de milliers de tracts écrits en arabe - « Voter pour le Maroc de demain » - pour inciter la population à aller aux urnes. En vain. Le Parti Istiqlal (PI), au discours islamo-nationaliste, arrive en tête du scrutin avec 52 sièges. S’il reste la première formation du pays, il perd cependant 8 sièges. Avec 47 sièges contre 42 en 2002, soit cinq sièges de plus, les islamistes du Parti de la justice et du développement (PJD), que tout le monde donnait vainqueur, arrivent en deuxième position. Les socialistes de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) sont les grands perdants de ce scrutin : 36 sièges, contre 50 en 2002. Classé en cinquième position, leur parti est devancé par le Mouvement populaire (MP), qui a obtenu 43 sièges, et le Rassemblement national indépendant (RNI, parti de l’administration), en quatrième position avec 38 sièges, contre 37 en 2002. Le Parti du progrès et du socialisme (PPS, héritier du Parti communiste marocain) a également perdu du terrain : il a obtenu 17 sièges, en perdant 7 par rapport à 2002. Pire : des ministres - et non des moindres - ont été battus. Nabil Benabdellah, le fringuant ministre de la Communication, membre du PPS, a été défait par un islamiste à Témara. Deux ministres socialistes, A. Achâari (Culture) et Nezha Chekrouni ont également été battus. Quant au duel qui opposait l’islamiste Saadeddine Othmani, chef du PJD, à l’avocat Mohamed Karam, un ténor de l’USFP, dans le quartier de Hay Hassani et que les socialistes avaient qualifié de test national, il a tourné en faveur des islamistes. Pour avoir été au pouvoir depuis 1998, l’USFP, plus que les autres formations politiques, escomptait tirer son épingle du jeu. Elle avait jeté toutes ses forces dans la bataille. Les Marocains lui reprochent de n’avoir tenu aucun de ses engagements en matière de réduction du chômage et de la pauvreté. « Dans l’opposition, elle affirmait qu’aucune réforme socio-économique ne pouvait se faire sans une réforme politique (révision de la Constitution). C’est l’inverse qu’elle pratique depuis qu’elle est au pouvoir », assure le politologue Mohamed Darif. Pire, elle a été l’artisan des privatisations des entreprises publiques. De ce fait, les bonnes performances de l’économie marocaine (croissance du PIB de 8 % en 2006) dont se targuent les socialistes n’ont pas profité au plus grand nombre mais à une minorité. La fracture sociale est plus béante que jamais. Quant au PJD (islamiste), que chacun voyait arriver en tête de ces élections, il a été perçu, par cette frange de l’électorat pauvre travaillé au corps par l’islamisme et opposé à la monarchie, comme un parti de l’establishment. Aux yeux de la base islamiste que lui disputent le mouvement de Cheikh Yacine, Justice et bienfaisance, mais aussi les islamistes radicaux, le PJD, qualifié d’« islamiste de sa Majesté », qui a accepté la Constitution accordant au roi Mohamed VI de détenir l’essentiel du pouvoir politique et religieux, a tourné le dos à l’établissement d’un État islamiste. Plus généralement, le Bloc démocratique, alliance formée par l’Istiqlal, l’USFP et le PPS, qui détenait 134 sièges dans le Parlement sortant, n’en détient plus que 105. Autrement dit cette alliance, qui constituait le noyau dur de la coalition gouvernementale sortante, disposera d’un poids politique moindre qu’en 2002. Qui plus est, au regard de l’affaiblissement de ses alliés socialistes et communistes, l’Istiqlal, qui a réussi à sauver les meubles, ne serait pas tout à fait contre une alliance avec les islamistes du PJD : ses leaders ne l’excluent pas. Il est donc possible qu’on assiste à un jeu d’alliances, voire à un renversement dont la gauche traditionnelle risque de faire les frais. Quant au roi Mohamed VI, qui doit désigner un premier ministre dans les jours qui suivent, il devra tenir compte d’une réalité politique à laquelle ni lui ni ses conseillers ne s’attendaient. En s’abstenant si massivement, une majorité de Marocains ont exprimé un refus net des politiques d’inspiration néolibérale comme du fonctionnement d’un système politique (monarchique) qui laisse peu ou pas de marge au gouvernement et au Parlement. Hassane Zerrouk
http://www.humanite.fr/2007-09-10_International_Une-ecrasante-majorite-de-Marocains-a-boude-les-urnes